1. La froide surveillance de la societe oceanienne
1984 — Résumé 🇫🇷 Français
Winston Smith rentre dans son appartement situé dans la capitale d'Aérozone Prime au cours d'une froide journée d'avril. L'environnement urbain est marqué par la dégradation des bâtiments, la pauvreté et la présence omniprésente d'immenses affiches montrant le visage d'un homme moustachu avec la mention Tonton te surveille. Partout dans la ville, les quatre grands ministères du gouvernement totalitaire dominent le paysage, dont le ministère de la Vérité où travaille Winston et le terrifiant ministère de l'Amour. Dans son appartement, un télécran diffuse en permanence des programmes officiels tout en surveillant les moindres faits et gestes des citoyens, rendant toute intimité impossible et soumettant la population à la menace constante de la police des pensées.
Cherchant à échapper temporairement au regard inquisiteur du télécran en se plaçant dans une petite alcôve de sa pièce, Winston commet un acte éminemment subversif en sortant un carnet acheté clandestinement dans un vieux magasin. Il utilise un vieux porte-plume et de l'encre pour consigner ses pensées sur un papier crémeux qui n'est plus fabriqué depuis des décennies. Après avoir lutté contre un vertige d'impuissance et l'incertitude quant à la date exacte, il inscrit le quatre avril mil neuf cent quatre-vingt-quatre. Il commence alors à consigner un flux de conscience erratique, décrivant d'abord une séance de cinéma de la veille consacrée à des films de guerre violents et l'indifférence cruelle du public face à la souffrance de réfugiés bombardés.
L'écriture du journal ramène ensuite Winston au souvenir des Deux Minutes de Haine vécues le matin même au département des Archives. Les employés s'installent en hâte pour assister à la projection montrant Emmanuel Goldstein, l'ennemi du peuple et le traître suprême qui conspire contre l'État. La foule bascule rapidement dans une frénésie violente et incontrôlable, hurlant sa rage face aux critiques de Goldstein contre le parti. Pris dans cette tourmente collective, Winston ressent une haine féroce qui se déplace de manière imprévisible, le poussant à imaginer des violences contre une jeune femme du département des fictions avant de se focaliser brièvement sur sa propre détestation du système. La séance s'achève sur l'apparition du visage rassurant de Tonton, provoquant une adoration religieuse et hypnotique parmi les spectateurs rassemblés.