Le premier chapitre du second livre s'ouvre sur la description de la banque Tellson, un établissement financier situé près de Temple Bar à Londres en l'an 1780. Cette institution se distingue par son aspect particulièrement ancien, sombre, exigu et incommode, des défauts dont les associés tirent curieusement une grande fierté. Selon eux, le manque de confort et de lumière garantit la respectabilité de la maison, qui refuse catégoriquement toute modernisation. Les clients y effectuent leurs transactions dans une poussière étouffante, entourés de vieux tiroirs en bois vermoulu et de parchemins jaunis, tandis que l'époque se caractérise par une législation impitoyable où de nombreux délits mineurs sont punis par la peine de mort.
À l'extérieur de cette vénérable institution veille un homme à tout faire nommé Jerry Cruncher, qui sert de messager et de signal vivant pour la banque. Tôt un matin de mars, dans son modeste logement de Hanging-sword-alley, Jerry se réveille de mauvaise humeur et s'en prend violemment à sa femme. Il l'accuse de prier contre sa prospérité financière et de lui porter malheur par ses dévotions secrètes. Malgré les protestations de son épouse, qui affirme prier pour lui et pour leur fils, Cruncher persiste dans sa colère et met en garde son jeune garçon contre les prières jugées néfastes de sa mère.
Après s'être restauré difficilement au milieu de ses récriminations, Jerry Cruncher se rend à son poste habituel devant la banque Tellson, accompagné de son fils. Il s'installe sur son siège de fortune composé d'un vieux tabouret et d'un peu de paille, prêt à saluer les employés et à accomplir ses tâches de messager. Alors que son père entame sa journée de travail sous le regard vigilant de son fils, l'appel d'un employé de la banque retentit pour réclamer un porteur. Le jeune Jerry reste alors seul sur le tabouret en s'interrogeant sur un étrange détail qui le mystifie.