Tracy Higley

Chapitre 28

Amulets and Alibis: A Historical Mystery Romance in 1920s EgyptRésumé 🇫🇷 Français

Invitation au cœur du complot De retour à bord après l’excursion à Edfou, Clarissa Bell est immédiatement confrontée aux conséquences de la découverte du portefeuille de Mullen. Un capitaine de police égyptien, dont la méfiance est aussi visible que son imposante moustache, examine minutieusement les documents étalés dans le salon du navire. Il interroge Hassan sur leur origine, mais concentre en réalité toute son attention sur Clarissa. Les papiers contiennent les notes de Mullen concernant l’authentification d’objets, ses observations sur plusieurs passagers et surtout ses recherches sur la Brotherhood of the Blue Flame. Comme Clarissa a manipulé ces documents après avoir découvert le cadavre de Mullen, elle sait que les preuves risquent de se retourner contre elle. Lorsqu’on lui demande pourquoi ces éléments n’ont jamais été remis aux autorités, elle reconnaît avoir agi par curiosité professionnelle, expliquant qu’en tant qu’archéologue elle est naturellement poussée à examiner tout indice susceptible d’éclairer une énigme. Quinn intervient alors pour confirmer que cette curiosité est un trait constant de son caractère, rappelant un épisode où elle avait consacré plusieurs jours à l’étude d’un simple fragment de poterie ignoré par tous les autres chercheurs. Son geste de soutien et la pression discrète de sa main sur son épaule rassurent Clarissa malgré les tensions persistantes entre eux. Lorsque le policier évoque la Brotherhood of the Blue Flame et demande si elle pense que cette organisation est liée aux meurtres, Hassan intervient habilement pour minimiser son importance. Il présente la confrérie comme une simple société philosophique composée d’Européens fortunés fascinés par l’Égypte ancienne, sans activité véritablement dangereuse. Clarissa comprend qu’il cherche autant à protéger l’enquête qu’à éviter un scandale diplomatique. Pendant cet interrogatoire, elle remarque que tous les membres de la confrérie sont présents autour d’elle. Chacun adopte une attitude soigneusement étudiée. Dr Waverly feuillette un livre avec une sérénité affectée, Colonel Hartwell demeure immobile comme un officier en service, Lord Ashford affiche une décontraction impeccable, Lady Penelope masque difficilement sa nervosité derrière son collier de lapis-lazuli, tandis que Fraulein Becker observe toute la scène depuis la mezzanine sans laisser paraître la moindre émotion. Clarissa souligne que les théories de Mullen sur les résonances acoustiques des temples rejoignaient en partie ses propres recherches, ce qui justifie selon elle son intérêt pour les documents. Après une brève discussion entre policiers à propos de problèmes de compétence judiciaire, Hassan accepte d’assumer officiellement la responsabilité de cette dissimulation, tout en récupérant définitivement le portefeuille de Mullen. Il rappelle ensuite fermement à Clarissa qu’il ne pourra plus la défendre si elle continue à cacher des preuves. Elle accepte cette décision, consciente d’avoir déjà mémorisé les informations les plus importantes. Une fois les policiers partis, Quinn lui reproche avec douceur de ne pas lui avoir confié l’existence du portefeuille dès le début, laissant apparaître une question implicite sur le degré de confiance qu’elle lui accorde réellement. Leur échange reste inachevé lorsque Mrs Pemberton vient leur adresser quelques paroles maladroites avant d’être immédiatement éloignée par Colonel Hartwell, confirmant une fois de plus qu’elle est constamment surveillée. Clarissa et Quinn constatent ensemble que cette protection ressemble davantage à un contrôle permanent qu’à une simple courtoisie. Annie leur apporte ensuite du thé et, en observant les membres de la confrérie quitter progressivement le salon, Clarissa décide qu’il est temps d’abandonner les approches discrètes. Selon elle, toutes les preuves montrent désormais que ces personnes agissent de façon coordonnée. Il ne reste plus qu’à découvrir leur véritable objectif. Le dîner du soir se déroule dans une atmosphère raffinée qui contraste fortement avec la menace omniprésente. Les rideaux de velours, le jazz diffusé par le gramophone et les tenues élégantes donnent l’illusion d’une soirée mondaine, tandis que le navire poursuit lentement sa route vers Assouan. Clarissa a choisi une robe suffisamment élégante pour le repas tout en restant adaptée à une confrontation. Quinn apparaît, comme toujours, parfaitement vêtu, mais son expression révèle une vigilance constante. Dès que le plat principal est servi, Clarissa décide de provoquer ouvertement les membres de la Brotherhood of the Blue Flame. Elle annonce qu’elle a étudié leurs activités et demande publiquement quel est le véritable but de leur organisation. La réaction est immédiate. Un bref silence traverse la table avant que chacun ne reprenne un discours soigneusement préparé. Dr Waverly affirme qu’il ne s’agit que d’une association savante consacrée à l’étude de certaines idées. Colonel Hartwell évoque les propriétés acoustiques des monuments antiques. Clarissa répond que ces phénomènes sont bien connus par les spécialistes de l’archéoacoustique, mais qu’aucune recherche sérieuse ne leur attribue de pouvoirs surnaturels. Dr Waverly défend alors une science ouverte à ce qui reste encore inexpliqué, tandis que Lord Ashford prétend avec désinvolture avoir rejoint la confrérie uniquement pour les excellents alcools servis lors des réunions. Clarissa poursuit ses questions en demandant ce qu’ils comptent précisément démontrer une fois arrivés à Assouan. Les regards rapides échangés entre Dr Waverly et Colonel Hartwell lui confirment que sa question touche un point sensible. Lady Penelope feint de ne rien savoir d’une quelconque démonstration, alors que sa nervosité est visible. Montague intervient à son tour et affirme que les théories scientifiques peuvent être validées de nombreuses façons sans forcément donner lieu à des démonstrations publiques. Refusant de se laisser détourner, Clarissa rappelle que deux hommes ont déjà été assassinés alors qu’ils enquêtaient sur des anomalies concernant l’authentification d’objets archéologiques. Mrs Pemberton tente maladroitement de changer de sujet, tandis que Montague la rabaisse avec condescendance en insinuant que ses compétences d’archéologue ne font pas d’elle une enquêtrice criminelle. Le capitaine Mason soutient officiellement la version de la police selon laquelle les meurtres seraient liés à des conflits professionnels sans rapport avec une société philosophique. Clarissa remarque cependant que tous les membres de la confrérie se relaient parfaitement pour répondre, chacun complétant les interventions des autres sans jamais se contredire. Elle change alors d’approche et affirme que, si leur théorie sur l’harmonie est fondée sur des rapports mathématiques précis, elle pourrait bouleverser toute la compréhension actuelle des sanctuaires égyptiens. Cette remarque suscite enfin une réaction sincère chez Dr Waverly, dont les yeux brillent en répondant qu’elle a parfaitement compris l’enjeu. Malgré cette ouverture, les conversations reviennent rapidement vers des sujets anodins et Clarissa ne parvient à obtenir aucune révélation concrète. À la fin du repas, elle se sent découragée, même si Quinn semble impressionné par la manière dont elle a réussi à déstabiliser leurs adversaires. Lorsqu’il lui fait remarquer qu’elle a été particulièrement directe, elle répond que le temps manque désormais et que les détours ne servent plus à rien. Peu après le dîner, Montague demande à parler seul à Clarissa. Sous son apparence de professeur courtois, il laisse entendre qu’il perçoit désormais l’étendue de son intelligence et de sa compréhension des recherches de la confrérie. Clarissa affirme qu’elle ne peut accepter une théorie aussi ambitieuse sans calculs, expériences ni démonstrations. Montague paraît sincèrement impressionné et lui révèle alors qu’il donnera, à neuf heures du soir, une conférence privée intitulée « The Harmony of Heaven and Earth », consacrée aux liens entre les connaissances astronomiques des anciens Égyptiens et les propriétés acoustiques de leur architecture. Il l’invite personnellement à y assister, tout en précisant que cette réunion est réservée à un cercle restreint de spécialistes et que Quinn n’y serait pas admis, sous prétexte qu’il ne possède pas les compétences archéologiques nécessaires. Clarissa comprend immédiatement que cette invitation représente une occasion exceptionnelle d’approcher enfin le cœur du projet de la Brotherhood, mais aussi un risque considérable. Quinn réagit aussitôt avec inquiétude lorsqu’il apprend qu’elle envisage de s’y rendre seule. Il lui rappelle que deux personnes ont déjà été assassinées sur ce même navire et qu’elle pourrait être la prochaine cible. Clarissa refuse pourtant de renoncer. Elle estime que les notes de Mullen et les indices accumulés depuis le début du voyage convergent enfin vers une piste concrète, et qu’il serait impensable de reculer à moins de deux jours de leur arrivée à Assouan. Elle ajoute qu’elle ne lui demande pas son autorisation, ce qui blesse visiblement Quinn. Celui-ci lui répond qu’elle n’a effectivement sollicité ni son avis ni sa confiance, avant de s’éloigner avec une froideur qui masque difficilement son inquiétude. Annie intervient alors avec son pragmatisme habituel. Elle suggère que Quinn confond parfois protection et contrôle, tandis que Clarissa reconnaît que, jusqu’à présent, ses problèmes concernaient surtout des rivalités universitaires ou des erreurs de catalogage, non des meurtriers. Elle finit toutefois par comprendre que leur désaccord ne porte pas réellement sur l’autorité, mais sur la confiance mutuelle. Annie lui répond qu’ils gagneraient tous deux à apprendre à se faire confiance. Lorsque l’heure de la conférence approche, Clarissa rassemble son carnet de notes et son crayon. Malgré les avertissements de Quinn et le danger évident, elle décide d’assister seule à cette réunion privée. Convaincue que les théories de la Brotherhood mêlent une véritable érudition à des croyances inquiétantes, elle est déterminée à découvrir avant l’arrivée à Assouan les méthodes, les intentions et les motivations de ceux qui semblent désormais au centre des meurtres et du complot.