La jument verte

Résumé : La jument verte

Marcel Aymé

5.La jument verte de Claquebue

Dans le village ennuyeux de Claquebue, Jules Haudouin voit naître dans son écurie une jument totalement verte, un événement extraordinaire qui bouleverse la torpeur locale. La nouvelle provoque un tel enthousiasme que plusieurs vieillards meurent de rire ou d'apoplexie, inaugurant une série de décès insolites dans la commune. L'animal attire rapidement la curiosité des environs, enrichit le maquignon et redynamise la vie du village. La réputation de la bête parvient jusqu'à Paris, incitant même l'Empereur à rendre visite à la ferme lors de son passage dans la région. Séduit par la propriétaire des lieux, le souverain accorde à Haudouin des promesses politiques qui lui permettent de devenir maire et de prospérer durablement. Malgré les décennies, les guerres et les bouleversements politiques, la famille Haudouin continue de s'enrichir et d'asseoir son influence locale. Après la mort de la jument, un portrait peint par un artiste de passage conserve la mémoire de l'animal dans la salle à manger familiale. Ce tableau, doté d'une conscience mystérieuse, observe attentivement les mœurs et la vie intime de quatre générations de Haudouin. À travers ce regard immobile, le texte dévoile les traditions érotiques, les superstitions paysannes et la pruderie religieuse qui rythment la vie conjugale et quotidienne des habitants de Claquebue.

6.Le triomphe de Ferdinand et la jument verte

Ferdinand Haudouin s’installe à Saint-Margelon en tant que vétérinaire et épouse Hélène Brochard, avec qui il a trois enfants, Frédéric, Antoine et Lucienne. Homme laborieux et méthodique, il s’élève dans la société locale, entre au conseil municipal et évolue politiquement vers le radicalisme, obtenant de hautes distinctions tout en regrettant parfois ses compromissions avec l'Église. Son père, le vieil Haudouin, admire sa réussite et lui lègue la mystérieuse jument verte après avoir partagé sa succession entre ses trois fils. Les frères de Ferdinand subissent en revanche des fortunes diverses. Alphonse dissipe rapidement son héritage dans l'alcool et la débauche avant de s'exiler à Lyon, tandis qu'Honoré, devenu simple cultivateur à Claquebue après la faillite de son négoce de bestiaux, s'endette et cède sa maison à Ferdinand. La jument verte, accrochée dans le salon du vétérinaire, semble veiller sur sa prospérité croissante et sur sa famille malgré les tensions domestiques. En effet, la maison de Ferdinand est assombrie par la mélancolie de sa femme, le caractère insoumis d'Antoine qui hait son père et les ambitions de Frédéric. Malgré leurs divergences, Ferdinand rend régulièrement visite à son frère Honoré à Claquebue avec toute sa famille. Les deux frères affichent des convictions républicaines et anticléricales, bien que le vétérinaire cache une piété nostalgique que son frère raille volontiers. Alors qu'Honoré se contente de son sort malgré une vieille humiliation jamais cicatrisée, l'activité politique de Ferdinand s'apprête à faire resurgir ce douloureux passé au grand jour.

7.La Chaleur De La Moisson Et Les Rancœurs Du Passé

Honoré Haudouin fauche le blé sous le soleil ardent de l'été. Il rentre chez lui pour se rafraîchir et trouve sa femme, l'Adélaïde, occupée à récurer le carrelage en prévision de la visite de leur fils Ferdinand. Un moment distrait par la pénombre et par l'illusion passagère d'une présence étrangère en observant sa femme, Honoré se dispute bientôt avec elle au sujet de leur condition modeste et de leurs regrets mutuels. La querelle s'apaise cependant lorsque l'Adélaïde lui rappelle avec tendresse d'oublier son chapeau, provoquant chez son mari un soudain remords. Peu après, le cabriolet de Ferdinand débouche sur la route. Le vétérinaire est venu annoncer qu'il ne pourra pas venir le lendemain, mais il profite surtout de l'occasion pour aborder une question politique délicate. Il tente de persuader Honoré de soutenir la candidature de Zèphe Maloret à la mairie de Claquebue, appuyée par le député Valtier. Honoré refuse catégoriquement d'aider un homme qu'il méprise et dont les opinions et le passé lui répugnent. Devant l'insistance de son frère qui minimise de vieux conflits, Honoré finit par céder à une violente colère et lui révèle la vérité sur un épisode de la guerre franco-prussienne. Il raconte comment un jeune franc-tireur terrifié avait cherché à se cacher dans leur maison, risquant de faire fusiller toute la famille, et comment Zèphe Maloret avait été le témoin de cette fuite. Ferdinand, surpris et bouleversé par ces révélations, mesure enfin la profondeur de la rancœur qui sépare les deux hommes. Le Sacrifice et la Rancœur Le vétérinaire tente de convaincre son frère Honoré d'appuyer la candidature de Zèphe Maloret à la mairie de Claquebue, espérant ainsi s'attirer les bonnes grâces du député Valtier pour la carrière de son propre fils. Honoré refuse net, motivé par un profond mépris pour cet homme. Pour justifier son implacable hostilité, Honoré finit par révéler à son frère un lourd secret de famille datant de la guerre contre les Prussiens. Il raconte comment un jeune franc-tireur terrifié s'était réfugié chez eux pour échapper à l'ennemi, et comment Zèphe Maloret avait conduit les soldats bavarois jusqu'à leur maison. Cette confrontation met en lumière les rancœurs profondes qui divisent les deux frères, exacerbées par le souvenir de leur mère ayant dû se sacrifier pour sauver les siens. Ferdinand, bien qu'ébranlé par ces révélations et conscient de la lâcheté de Maloret, reste prisonnier de ses ambitions personnelles et tente vainement de faire plier son aîné. Mme Haudouin se repent amèrement de sa faute commise lors de l'occupation bavaroise. Ce remords constant pèse lourdement sur sa conscience et altère profondément sa santé physique. Elle dépérit peu à peu au fil du temps dans le village de Claquebue. Cette culpabilité incommensurable finit par l'emporter irrémédiablement. Elle décède ainsi en moins de trois années après les faits.

8.Le repas du soir chez Haudouin

Le soir venu, la famille Haudouin se réunit autour de la table de cuisine dans une atmosphère agitée. Les enfants se disputent bruyamment et les parents surveillent tour à tour leurs actes, entre les réprimandes de la mère Adélaïde et les préoccupations politiques d'Honoré. Ce dernier craint par-dessus tout que ses fils ne ressemblent à son frère Ferdinand, le vétérinaire, qu'il méprise profondément. Bientôt, le père découvre qu'Alexis a la chemise et le pantalon gravement déchirés à cause d'une bagarre avec Tintin Maloret. Après un moment de tension, Alexis avoue qu'il a également aidé Maloret à importuner une jeune fille, ce qui amuse curieusement Honoré, ravi que ses garçons montrent de l'audace envers les filles. Cependant, l'Adélaïde rappelle à son mari les dégâts causés par les vaches laissées sans surveillance, ce qui ravive la sévérité du père. Peu après, leur fille Juliette rentre enfin de sa course, escortée par trois prétendants, dont Noël Maloret. Honoré fronce les sourcils en entendant ce nom, redoutant l'influence et les ambitions de cette famille ennemie. Inquiet pour l'avenir de la mairie de Claquebue et pour son propre toit si un conflit éclate avec son frère, Honoré décide de rendre visite à Philibert Messelon, le vieux maire souffrant. Arrivé chez les Messelon, Honoré se rend au chevet du malade. Philibert, alité et sentant sa fin proche, s'entretient en secret avec lui de la situation politique locale. Le vieux maire confirme qu'une machination est en cours pour lui succéder, menée par les cléricaux et par Zèphe Maloret, appuyé en cela par les manœuvres du frère d'Honoré. Refusant de céder aux partisans de la réaction, Honoré exprime sa ferme opposition et menace de tout abandonner. Voyant le danger imminent d'une prise de pouvoir par les Maloret, Honoré supplie le vieil homme de tenir bon encore un peu pour lui laisser le temps de se retourner. Après une âpre discussion, Philibert Messelon accepte de s'accrocher à la vie pour trois semaines supplémentaires, en échange du remboursement de ses frais de pharmacie et d'une indemnité journalière. Rassuré pour un court répit, Honoré conclut ce marché secret pour barrer la route à ses adversaires.

9.La lettre et la tournée de Déodat

Dans son bureau, le vétérinaire rédige avec soin une longue lettre destinée à son frère Honoré. Il y défend l'idée d'une union politique pragmatique autour du général Boulanger afin de faire face au péril de la guerre, quitte à soutenir un candidat de compromis comme Z... pour la mairie de Claquebue. Il tente également de justifier et de relativiser l'attitude de cet homme compromettant ainsi que le drame vécu par leur mère durant l'occupation, avant de confier sa missive à la poste avec une pointe d'anxiété. Pendant ce temps, le facteur Déodat effectue sa tournée matinale vers Claquebue d'un pas régulier et méthodique. Tout en marchant, il philosophe sur la noblesse de son métier, salue les habitants avec bienveillance et lit une lettre à la veuve Dominé qui ne sait pas déchiffrer les nouvelles de sa fille Angèle. Son professionnalisme et son allure posée caractérisent son habitude de servir le village. En approchant de Claquebue, Déodat tombe sur une troupe d'enfants en train de se disputer violemment à propos d'un oiseau aperçu dans la haie. La querelle dégénère rapidement en insultes politiques entre les partisans de la République et les cléricaux. Subitement emporté par la ferveur et l'ambiance belliqueuse de la bagarre, le paisible facteur oublie sa dignité professionnelle, se joint aux jeunes républicains et participe activement aux échauffourées en rossant Tintin Maloret. La bataille apaisée, Déodat reprend ses esprits et réalise qu'il a perdu une lettre dans la cohue. Les enfants se mettent alors à fouiller les fossés et les buissons pour retrouver le courrier égaré, tandis que leurs adversaires s'éloignent en reprenant leurs chants provocateurs au loin. La lettre égarée et les tourments du vétérinaire Déodat, découvrant la disparition de sa meilleure lettre, interroge les jeunes du village et apprend par Jude Messelon et Clotilde Haudouin que Tintin Maloret l’aurait volée. Malgré sa nature paisible de facteur, il perd patience et court affronter l'accusé avant de se confier à Juliette Haudouin, qui le conseille avec pragmatisme. Déodat se rend alors chez Zèphe Maloret pour réclamer le courrier perdu. Bien qu'une fouille minutieuse de Tintin ne donne aucun résultat, le père du garçon le soumet à un châtiment sévère dans l'écurie pour le contraindre à dire la vérité sur son acte. La narration s'oriente ensuite vers la psychologie complexe d'Honoré, qui savoure l'amour paternel à travers ses enfants turbulents, y voyant le prolongement de ses propres désirs et joies de vivre. Cette conception naïve et spontanée de la famille contraste violemment avec la pudeur maladive et les tourments moraux de son frère Ferdinand, le vétérinaire. Ce dernier, hanté par des obsessions secrètes, la peur du péché et le souvenir de sa propre jeunesse troublée, s'épuise à persécuter sa femme et ses enfants sous le joug d'une rigueur excessive et d'une suspicion permanente. Incapable de trouver l'apaisement spirituel malgré ses voyages lointains et ses confessions infructueuses auprès de prêtres distraits, le vétérinaire s'enferme dans une rigueur maniaque. Il surveille ses fils Antoine et Frédéric ainsi que sa fille Lucienne avec une sévérité intolérable, espérant racheter par une respectabilité de façade les fantômes impurs qui hantent son imagination. Cloué par une angoisse intérieure constante, il impose à sa maisonnée un climat de morosité étouffante où personne n'échappe à son regard inquisiteur et soupçonneux. Le silence de fin de chapitre Le texte s'achève sur la conclusion de cette section romanesque, marquant la fermeture officielle du chapitre. Les derniers repères textuels confirment la fin de la narration en cours sans introduire de nouveaux éléments factuels ou narratifs. L'ensemble de l'extrait se résume ainsi à la transition textuelle finale.

10.Le départ pour Claquebue

Sur le chemin de la gare, la famille Haudouin se dirige vers le train dans une atmosphère de préparatifs et de tensions familiales. Les garçons marchent en avant en échangeant des propos sur l'école et sur leurs camarades, tandis que le vétérinaire discute avec sa femme d'un projet politique local impliquant leur fille Lucienne. Ferdinand espère que Lucienne jouera de l'harmonium à l'église de Claquebue pour envoyer un signal favorable aux cléricaux et s'assurer des appuis en vue des élections. Hélène, bien qu'ennuyée par ces manœuvres, accepte de jouer un rôle sentimental auprès d'Honoré pour faire avancer la carrière de son fils Frédéric. Dans le compartiment du train cahotant, chacun se perd dans ses réflexions et ses songes intimes. Lucienne s'inquiète de sa robe blanche et de ses bas de coton tout en calculant comment se confesser pour satisfaire ses maîtresses de pension. Ferdinand se laisse emporter par une rêverie grandiose où il s'imagine en chef militaire et en protecteur de la patrie acclamé par les fidèles. Antoine repense amoureusement à la petite Jasmin tout en subissant l'humeur cassante et le regard sévère de son père. Hélène, quant à elle, repense secrètement au lieutenant de hussards Galais et à ses anciens rêves romanesques d'officiers. À l'arrivée à Valbuisson, la famille est accueillie par Mainehal, un débiteur nonchalant qui annonce d'emblée qu'il ne pourra pas payer ce qu'il doit. Tout le monde s'installe ensuite dans la carriole pour achever le trajet. Agacé par l'attitude silencieuse d'Antoine, le vétérinaire l'interroge brusquement sur l'histoire de France afin de le punir de sa rêverie. Acculé et retenant ses larmes, Antoine finit par murmurer la date exacte des traités de Westphalie pour échapper à la colère paternelle.

11.Les dimanches mouvementés de Claquebue

La famille d’Honoré se prépare dès l’aube pour recevoir le vétérinaire et sa famille, dans une cohue matinale où chacun s’active entre les corvées, les vêtements à rapiécer et les enfants à surveiller. Lorsque la voiture arrive enfin, les effusions et les embrassades masquent à peine la méfiance habituelle qui reprend vie entre les deux frères dès qu’ils inspectent les bêtes dans l’écurie. Ce dimanche-là, cependant, l’arrivée inattendue de Mainehal bouleverse toutes les habitudes. Le vétérinaire apprend avec désespoir qu’une lettre compromettante concernant leur mère et un soldat bavarois a été égarée par le petit Déodat et se trouve désormais entre les mains de Zèphe Maloret. Tandis que Ferdinand se lamente et craint le pire pour sa réputation et son argent, Honoré entre d’abord dans une violente colère avant de retrouver son calme. Après réflexion, Honoré prend la situation avec philosophie et envisage même cette fuite comme l’occasion inespérée de nourrir une vieille haine et de se venger enfin de Maloret. Inquiet pour son propre avenir et redoutant les manœuvres politiques de ses adversaires, le vétérinaire s’effondre à nouveau sous les reproches, allant jusqu’à évoquer indirectement la maison de son frère et les dettes familiales. Les tensions culminent lorsque Honoré menace de tout quitter et de s’en aller dès le milieu de la semaine, ce qui jette Ferdinand dans un désarroi total. Pris de remords devant la détresse de son cadet, Honoré l’apaise et lui demande de réciter le contenu exact de la lettre perdue pour évaluer les dégâts. Alors que Ferdinand reprend ses consultations vétérinaires avec une maladresse craintueuse, les rôles s’inversent subtilement et Honoré s’impose définitivement comme le véritable chef de la famille Haudouin. Les ébats de Claquebue Le vétérinaire, profondément ulcéré par les quiproquos et persuadé qu'on le prend pour un imbécile, quitte l'écurie en serrant sa jaquette tandis qu'Honoré affiche une belle humeur triomphante. Cette situation amène l'auteur à décrire les mœurs amoureuses et la grande liberté qui règnent à Claquebue, où les hommes finissent par se limiter au travail de la terre après une jeunesse insouciante. Les enfants, en particulier, se livrent sans entraves à des jeux licencieux et à des curiosités sexuelles que les adultes et le curé feignent largement d'ignorer. Alexis Haudouin se distingue particulièrement par son audace et son habileté à conter ses entreprises aux autres enfants. Toutefois, une incartade de trop pousse le garde champêtre à alerter Honoré, provoquant une immense frayeur chez le garçon qui craint la colère paternelle. En allant le chercher dans les prés au crépuscule, Honoré le serre tendrement dans ses bras et le rassure, consolidant un lien fort entre le père et son fils qui retient définitivement la leçon. De son côté, le curé de la paroisse tolérait ces jeux d'enfants, voyant dans cette agitation corporelle un signe d'innocence avant les rigueurs de l'âge adulte et les difficultés de la vie. Alexis lui-même, devenu plus strict, surveille désormais sévèrement ses cadets Gustave et Clotilde pour leur éviter les mauvaises fréquentations. Finalement, malgré la turbulente liberté de la jeunesse et le cynisme de certains vieillards, tout ce petit monde parvient à maintenir un équilibre précaire sous le regard complice ou indifférent des autorités du village. Le silence de fin de chapitre Le texte s'achève sur la conclusion de cette section romanesque, marquant la fermeture officielle du chapitre. Les derniers repères textuels confirment la fin de la narration en cours sans introduire de nouveaux éléments factuels ou narratifs. L'ensemble de l'extrait se résume ainsi à la transition textuelle finale.

12.Le retour de Marguerite Maloret

Déodat le facteur poursuit sa tournée dominicale d'un pas régulier et sans hantise, s'arrêtant d'abord chez Zèphe Maloret où il apprend à l'Anaïs que sa fille Marguerite rentrera de Paris dès le lendemain soir. Partagé entre son métier et ses petits rituels, le facteur reprend sa route pour rejoindre la grande table des Haudouin, où le repas bat son plein au milieu d'un vacarme inhabituel orchestré par l'oncle Honoré. Ce dernier cherche manifestement à braver son frère Ferdinand le vétérinaire, tendu par l'affaire de la lettre volée et agacé par l'indiscipline générale des enfants. Les piques échangées sur le vin coupé d'eau finissent par déclencher une violente altercation verbale entre les deux frères, frôlant l'affrontement physique avant d'être interrompue in extremis par l'arrivée pacifiante de Déodat dans la cour. Autour du repas désormais radouci, le facteur évoque le souvenir de leur père et du fameux parapluie vert, un récit nostalgique qui réconcilie les deux hommes et plonge toute l'assemblée dans une tendre complicité. Pendant que les adultes partagent des histoires de basse-cour et que le jeune Gustave, malade après avoir bu du vin, est soigné par son père, les adolescents s'isolent discrètement dans la grange. Là, Frédéric rejoint sa cousine Juliette, mais celle-ci le trouble profondément en lui demandant de se faire appeler Noël et en laissant exprimer des désirs inattendus qui laissent le garçon à la fois confus, humilié et épris. De retour à table, les convives apprennent l'arrivée imminente de la fille Maloret, plongeant le vétérinaire dans de sombres suppositions tandis qu'Honoré se réjouit par avance de cette complication inattendue.

21.Le triomphe discret des Maloret

Dans la cuisine des Maloret, la tension s’installe entre Zèphe, son fils Noël et Anaïs après une journée marquée par les reproches du curé. Alors que le père sombre dans l'apathie en évoquant les lourds secrets de sa famille, Haudouin surgit soudainement dans la pièce. Profitant de la vulnérabilité de Noël à demi nu, il le maîtrise sans peine avant de l’enfermer sous le lit, puis neutralise Zèphe en l'enfermant directement dans la grande armoire. Maître des lieux, Haudouin se tourne vers Anaïs et lui avoue ses sentiments tout en l'enlaçant avec tendresse. Après avoir tiré les persiennes pour plus d'intimité, il l'entraîne sur le lit de plume pendant que les gémissements étouffés des prisonniers résonnent dans toute la maison. Dehors, la famille d'Honoré observe la scène avec un mélange de fascination et de jalousie, tandis que le vétérinaire s'inquiète des conséquences de cette intrusion. Sur le chemin du retour, le facteur annonce une mort soudaine qui redistribue immédiatement les cartes politiques du village. Alors que Ferdinand entrevoit brièvement ses propres ambitions, Honoré met fin aux illusions en évoquant d'autres noms pour la mairie. Il achève enfin de capter l'attention générale en sortant une lettre froissée de sa poche pour en faire la lecture à ses proches stupéfaits.

22.Notice bibliographique de la collection

Cet ouvrage représente le trois cent quatre-vingt-treizième titre publié au sein de la collection Classiques du vingtième siècle par la Bibliothèque électronique du Québec. Cet organisme littéraire et numérique constitue la propriété exclusive de Jean-Yves Dupuis.

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