Cécile Maldar et son frère Frédéric passent une soirée paisible dans leur maison, autour d’un repas simple et chaleureux. Le crépuscule, d’abord admiré pour sa beauté, réveille pourtant chez Frédéric une inquiétude inexplicable. Après le dîner, il se retire dans la bibliothèque, entouré de livres accumulés depuis plusieurs générations. Il commence par lire Gaspard des Montagnes, retrouvant avec plaisir ses personnages et les paysages d’Auvergne, puis se tourne vers les récits des voyages du capitaine Cook. Le périple du navigateur à travers le Pacifique, la Nouvelle-Zélande, les terres australes et septentrionales, jusqu’à sa mort aux îles Sandwich, fascine Frédéric. Il rêve de ces anciennes expéditions, de l’immensité du monde et de l’aventure qui semblait encore possible à une époque où la terre paraissait vaste et inconnue.
Lorsque Cécile, qui lit un ouvrage consacré à la sorcellerie, évoque les souffrances infligées par les hommes, Frédéric prolonge sombrement la réflexion en rappelant les atrocités de la guerre récente et la persistance des tortures dans certaines régions du monde. Cécile refuse cette conversation qu’elle juge mauvaise et préfère se réfugier dans une lecture plus douce. Frédéric, lui, contemple la bibliothèque, puis le paysage nocturne visible derrière les fenêtres protégées de barreaux. La tranquillité du jardin, le ruisseau, les arbres, la lune et la colline éveillent en lui une impression paradoxale d’ancienneté et de jeunesse. Malgré la paix environnante, son anxiété revient avec une intensité croissante. Il se demande pourquoi l’homme ne peut jamais connaître une paix intérieure complète alors que son corps, ce soir-là, ne souffre d’aucun mal. Pour combattre son malaise, il sort marcher dans le jardin.
Près du ruisseau, sous une lune bientôt masquée par un nuage, Frédéric aperçoit soudain une silhouette humaine dissimulée dans l’oseraie. Saisi d’angoisse, il crie pour demander qui est là, mais la silhouette recule et disparaît. De retour dans la maison, il hésite entre deux explications également désagréables, une présence réelle et énigmatique ou une hallucination. Il redoute particulièrement l’idée d’un désordre nerveux, car rien, selon lui, ne justifie une telle vision. Incapable de se concentrer sur sa lecture, il recommence à marcher, tandis que Cécile remarque son visage assombri et s’inquiète de son état. Frédéric lui assure qu’il ne souffre d’aucun malaise et attribue son trouble à de simples idées. Il finit par reprendre son livre, se demandant si le récit, qui contient une sorte de fantôme, a pu influencer son imagination. Pourtant, il sait qu’au moment où la silhouette est apparue, aucune lecture ne pouvait expliquer ce qu’il venait de voir.