Le mot mystérieux gravé dans la tour
Il y a quelques années, lors d'une visite ou plutôt d'une fouille dans l'église Notre-Dame, l'auteur de cet ouvrage a découvert dans un recoin sombre de l'une des tours un mot grec gravé à la main sur la pierre. Ces majuscules anciennes et profondément taillées, portant les empreintes d'une calligraphie gothique ainsi qu'un sens à la fois fatal et mélancolique, ont profondément frappé l'esprit de l'observateur. Il s'est alors interrogé sur l'identité de cette âme tourmentée qui avait souhaité laisser un tel stigmate de malheur ou de crime sur le monument avant de quitter ce monde.
Par la suite, ce témoignage a totalement disparu après avoir été effacé ou blanchi par des travaux d'entretien, illustrant la manière dont les églises du Moyen Âge sont traitées depuis deux siècles. Selon l'auteur, ces monuments subissent des mutilations constantes provenant aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur, menées successivement par les prêtres, les archidiacres et la population elle-même.
Par conséquent, à l'exception du fragile souvenir immortalisé dans ces pages, il ne subsiste plus aucune trace matérielle de ce mot mystérieux ni de la destinée tragique qu'il résumait. L'homme qui l'a inscrit a disparu depuis des siècles, l'inscription elle-même a été effacée du mur, et l'édifice tout entier pourrait bien s'évanouir de la surface de la terre à son tour. C'est précisément sur la signification de ce mot oublié que le présent livre se trouve fondé.