9. Le commencement de l homme et la fausseté des cycles
The City of God, Volume I — Résumé 🇫🇷 Français
La réfutation des théories philosophiques concernant les cycles temporels et les renaissances perpétuelles du monde s appuie sur l affirmation de la vérité éternelle et du salut accordé aux fidèles. L opinion selon laquelle les âmes devraient retourner sans cesse de la béatitude à la misère au sein de révolutions périodiques est qualifiée d impie et d absurde. La vie éternelle promise par la religion ne saurait souffrir d interruption ni de retour vers la souffrance, car de tels circuits détruiraient l amour véritable et le repos de l âme dans la contemplation divine. L abandon de ces erreurs cycliques permet d affirmer que Dieu a créé des choses nouvelles dans le temps sans altérer en rien son dessein immuable.
L examen de l ancienneté de la race humaine rejette avec force les documents mensongers et fabuleux qui attribuent des milliers d années d existence au monde et aux civilisations. En se fondant sur l autorité des Écritures saintes, le temps écoulé depuis la création du premier homme n atteint pas même six mille ans, ce que confirment la brièveté des annales historiques et la comparaison avec d autres chronologies. Demander pourquoi l homme n a pas été créé plus tôt s avère vain, car toute durée mesurée par le temps demeure infiniment petite face à l éternité sans commencement de Dieu.
Dieu a choisi de produire le genre humain à partir d un seul individu afin de cimenter l unité de la société, le lien de la concordance et la charité fraternelle. Cet homme unique fut façonné dans la chair et doté par son Créateur d une âme raisonnable et intelligente, le plaçant au-dessus des bêtes et le préparant, par son obéissance, à une immortalité bienheureuse. Bien que la désobéissance ait introduit la mort, la providence divine a prévu la rédemption d un peuple appelé à la grâce et uni aux saints anges dans la cité de Dieu.
Le châtiment et la mort humaine
La religion véritable enseigne que la mort de l homme n est point une fatalité naturelle originaire, mais le juste châtiment de la désobéissance du premier homme. Le péché d Adam a vicié la nature humaine dans son ensemble, transmettant à toute sa descendance la corruption, l imbecilité corporelle et la nécessité de mourir. La séparation de l âme et du corps, qui constitue la première mort, s avère ainsi la conséquence inévitable de cette condamnation primitive. Toutefois, par l ineffable miséricorde de la grâce divine, ce châtiment redoutable a été transformé pour les croyants et les martyrs en un instrument de vertu et en une porte d accès vers la vie éternelle.
La condition mortelle de l humanité se caractérise par une marche incessante et inévitable vers son terme, depuis le moment même où l homme commence à habiter ce corps périssable. Toute la durée de notre existence terrestre ressemble à une course rapide où les jours et les heures se consument sans qu il soit permis de s arrêter. Cette réalité douloureuse montre que la vie présente est moins une véritable vie qu un cheminement progressif vers la mort, échappant aux définitions rigides du temps présent mais manifestant pleinement la condition misérable de l homme déchu. Seule la rédemption offerte par le Christ permet d échapper à la seconde mort et de triompher de cette perdition éternelle.
La chute et l avènement de la mort
L humanité tout entière tire son origine de ce premier individu créé par Dieu, posant ainsi les fondements invisibles de ces deux cités que sont la cité céleste et la cité terrestre. Le péché originel des premiers parents rompit l harmonie de l obéissance, entraînant la perte du commandement sur le corps et introduisant la nécessité de la mort. La séparation de l âme et du corps, qui définit la première mort, devint le châtiment héréditaire transmis à toute leur descendance. Toutefois, par l un des plus grands mystères de la miséricorde divine, ce châtiment pénal fut transformé par la foi et le sacrifice des martyrs en un instrument de victoire et en un chemin d accès vers la vie éternelle.
La discussion théologique s oppose vivement aux conceptions des philosophes païens et platoniciens, lesquels estiment que la souillure de l âme provient nécessairement de son union avec le corps. L auteur démontre l absurdité de cette doctrine en rappelant que le Créateur lui-même a pourvu à l immortalité des corps de ses créatures selon son bon vouloir, et que les corps terrestres des saints ressusciteront incorruptibles et spirituels. Ni le poids naturel de la terre ni la nécessité d échapper à toute enveloppe charnelle ne sauraient empêcher la toute-puissance divine de glorifier la chair humaine. Ainsi, la véritable béatitude ne réside pas dans la désincarnation prônée par les sages orgueilleux, mais dans la rédemption intégrale de l homme, âme et corps, affranchi de la corruption pour jouir éternellement de la présence de Dieu.
L institution de la mort et la condition terrestre
La suite de cette étude théologique aborde la nature et l origine de la mort en lien avec la faute des premiers parents. La mort corporelle, qui sépare l âme du corps, est universellement reconnue comme le juste châtiment de la transgression divine, bien que la grâce de la rédemption ait transformé ce châtiment pour les saints et les martyrs en un instrument de victoire et de témoignage. Les philosophes qui voient dans la chair une prison ou un mal dont il faut s affranchir contredisent l enseignement de l Écriture et les vérités même de leur maître Platon, qui reconnaissait la conservation des corps de ses dieux. L humanité, viciée dès son origine par le péché d Adam, subit la condition mortelle, tandis que les croyants attendent dans l espérance la résurrection de corps spirituels et incorruptibles.
L examen approfondi de la création de l homme et du souffle de vie montre que le premier homme fut doté d une âme vivante dans un corps animal, susceptible de mourir s il enfreignait le commandement de Dieu. La désobéissance entraîna non seulement la perte de l immortalité terrestre, mais aussi le désordre des mouvements de la chair et la honte de la nudité. Cet état de faiblesse et de convoitise fut transmis à toute la descendance humaine, rendant nécessaire l intervention d un Médiateur pour affranchir les hommes de la tyrannie du péché et de la mort éternelle.
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