05 Murder of a Movie Star

Résumé : 05 Murder of a Movie Star

L.B. Hathaway

2.Informations Légales et Publication du Livre

Cette section comprend les mentions légales et les informations de publication du livre Murder of a Movie Star par L B Hathaway publié à Londres en 2017 par Whitehaven Man Press. Elle indique les droits d auteur de l écrivain ainsi que les interdictions de reproduction et de diffusion sans autorisation préalable. Elle précise également les numéros ISBN pour la version électronique et la version brochée avec des illustrations de Red Gate Arts et une conception de J D Smith.

3.Informations légales et bibliographiques

Cette section contient les mentions éditoriales du roman Murder of a Movie Star de L.B. Hathaway. Elle indique que l’ouvrage a été publié pour la première fois au Royaume-Uni en 2017 par Whitehaven Man Press à Londres et précise les informations relatives aux droits d’auteur détenus par l’autrice. Le texte rappelle que tous les personnages et événements du livre sont fictifs, à l’exception des éléments clairement issus du domaine public ou signalés dans la note historique finale. Il présente également les restrictions concernant la reproduction, le stockage ou la diffusion de l’œuvre sans autorisation écrite, en soulignant l’importance du respect des droits de l’autrice. Enfin, cette page fournit les références bibliographiques du livre, notamment les numéros ISBN des éditions électronique et papier, ainsi que les crédits liés à l’illustration de couverture réalisée par Red Gate Arts et à la mise en page conçue par J.D. Smith.

5.Structure d’un mystère cinématographique

Cette section présente la place de Murder of a Movie Star dans la série policière consacrée à Posie Parker par L.B. Hathaway. Elle énumère les cinq premiers titres de la collection The Posie Parker Mystery Series, depuis Murder Offstage jusqu’à Murder of a Movie Star, situant ainsi ce roman comme la cinquième enquête de la série. La table des matières du livre est ensuite présentée. Elle indique l’organisation générale du récit en plusieurs parties, avec une première partie se déroulant le mercredi 25 juillet 1923, une deuxième partie le jeudi 26 juillet 1923 et une troisième partie intitulée The Wrap. Le volume comprend un prologue, trente-sept chapitres répartis entre ces sections, puis un épilogue. Les pages finales annoncées comprennent également une note de remerciement aux lecteurs, une note historique, un texte consacré aux films muets britanniques et aux vedettes de cinéma de 1923, des remerciements, des suggestions de lecture complémentaire et une présentation de l’autrice.

6.Un meurtre dans les coulisses

Le chapitre d’ouverture présente le cadre macabre de l’enquête de Posie Parker autour de la mort d’une vedette de cinéma. Dans un petit dressing sombre et étouffant, le corps de Silvia Hanro est découvert affaissé sur une chaise, le visage contre le sol et une perruque blonde couvrant entièrement sa tête. La scène donne l’impression qu’elle a été retirée de l’eau après une noyade, mais les circonstances exactes de sa mort restent inconnues. Le meurtre semble déjà ancien lorsque Chief Inspector Lovelace demande à Posie d’examiner les lieux avant l’arrivée complète de l’équipe médico-légale de Scotland Yard. Posie Parker, détective privée, entre dans la pièce avec un profond sentiment de culpabilité. Elle avait rencontré Silvia Hanro seulement la veille et avait été chargée de veiller sur sa sécurité, une responsabilité qu’elle estime avoir échouée à assumer. Pourtant, son malaise ne vient pas seulement de la mort de la jeune femme. Elle ressent dans ce petit espace une présence inquiétante, presque palpable, une impression de mal qui dépasse la simple découverte d’un cadavre. Malgré son émotion, elle se concentre sur son rôle d’enquêtrice et commence à observer méthodiquement les détails de la scène. Le dressing semble presque identique à celui qu’elle avait quitté la veille lorsqu’elle discutait avec Silvia Hanro. Les produits de beauté sont encore éparpillés sur la table, une carafe d’eau repose sur une petite table basse et des orchidées rouges diffusent leur parfum sucré dans la chaleur accablante. Posie remarque aussi plusieurs éléments étranges dans la pièce, notamment une petite glacière dans un coin qui lui inspire un malaise immédiat. Silvia porte toujours le même kimono vert émeraude qu’elle portait lors de leur dernière rencontre, mais aucun élément visible ne permet d’expliquer sa mort. Un verre renversé près de sa main pourrait contenir un indice, mais la chaleur intense a probablement effacé toute trace de liquide ou de substance qui aurait pu s’y trouver. En examinant le corps sans le toucher, Posie informe Chief Inspector Lovelace qu’elle ne voit aucune blessure évidente. Aucun coup de couteau, aucune trace de balle ou signe extérieur permettant d’identifier immédiatement la cause du décès. Elle respecte les consignes et ne retourne pas le corps, laissant cette tâche aux spécialistes. Lovelace partage son intuition que quelque chose ne correspond pas à l’apparence ordinaire d’un décès, et Posie confirme qu’elle ressent également une anomalie dans cette scène. Leur instinct commun leur indique que la mort de Silvia Hanro cache probablement davantage qu’un simple accident. Alors qu’elle poursuit son observation, Posie remarque un détail inhabituel sur la main gauche de la victime. Un épais anneau doré entoure le doigt de Silvia Hanro, mais il ne s’agit pas d’un véritable bijou en or. Il est fabriqué avec du papier d’aluminium, un objet qui semble volontairement placé là et qui attire immédiatement l’attention de la détective. Ce symbole étrange suggère une mise en scène ou un message laissé par quelqu’un. Avant même de pouvoir analyser cette découverte, Posie aperçoit une autre anomalie sous le kimono de la défunte. Une petite touche de couleur apparaît sous le vêtement, un détail qui semble changer complètement la compréhension de la scène. Elle interrompt son examen avec une exclamation alarmée et avertit Chief Inspector Lovelace que la situation est encore plus grave qu’ils ne le pensaient. Le chapitre s’achève sur cette révélation inquiétante, laissant entendre que le meurtre de Silvia Hanro dissimule un secret plus profond et que Posie devra découvrir ce qui s’est réellement passé dans ce dressing.

7.Un étrange meurtre au cinéma

Dans un petit dressing sombre et étouffant, le corps de la vedette de cinéma Silvia Hanro est découvert dans une position macabre. La jeune femme est affaissée sur une chaise, le visage tourné vers le sol, une perruque blonde tressée recouvrant entièrement sa tête, donnant l’impression qu’elle aurait été repêchée après une noyade. Sa mort semble remonter à plusieurs heures lorsque Chief Inspector Lovelace demande à Posie Parker, détective privée, d’examiner la pièce avant l’intervention de l’équipe médico-légale de Scotland Yard dirigée par Mr Maguire. Posie entre dans le dressing avec une lourde charge émotionnelle. Elle avait rencontré Silvia Hanro la veille seulement et avait été chargée de protéger la jeune actrice, ce qui lui fait ressentir un profond sentiment d’échec. Pourtant, son malaise vient aussi d’une impression plus difficile à expliquer. Elle perçoit dans la pièce une présence inquiétante, comme si quelque chose de mauvais s’y était produit au-delà de la simple découverte d’un corps. Elle tente néanmoins de mettre ses émotions de côté pour observer la scène avec le regard méthodique d’une enquêtrice. Le lieu semble presque inchangé depuis sa dernière visite. Posie se souvient de sa conversation avec Silvia Hanro la veille, lorsque son amie Dolly, Lady Cardigeon, était assise dans la pièce à boire du champagne et à fumer ses cigarettes violettes habituelles. Les mêmes produits de beauté sont éparpillés sur la table, la même carafe d’eau repose sur une petite table basse et les mêmes orchidées rouges dégagent leur parfum trop sucré. La chaleur est accablante, et chaque détail familier rend la découverte de la mort encore plus troublante. Posie remarque plusieurs éléments qui attirent son attention. Silvia porte encore le kimono vert émeraude qu’elle portait lorsqu’elle était dehors la veille. Un verre renversé se trouve près de sa main, mais il est impossible de déterminer ce qu’il contenait, car la chaleur intense a fait disparaître toute trace de liquide. Aucun indice évident ne permet d’expliquer ce qui s’est passé, et aucune marque visible ne révèle immédiatement une cause de décès. Une petite glacière présente dans la pièce provoque également une réaction de malaise chez Posie, même si elle ne parvient pas encore à comprendre pourquoi. À la demande de Chief Inspector Lovelace, Posie examine le corps sans le toucher. Elle indique qu’elle ne voit aucune blessure apparente, aucun coup de couteau ni trace de balle. Elle rappelle cependant qu’elle n’a pas l’autorisation de retourner la victime et que l’examen complet devra être réalisé par les spécialistes. Lovelace lui-même ressent que quelque chose ne correspond pas à l’apparence d’une mort ordinaire. Tous deux partagent le sentiment qu’un élément caché rend cette scène particulièrement suspecte. En continuant son observation, Posie découvre un détail étrange sur la main gauche de Silvia Hanro. Un épais anneau doré entoure son doigt, mais elle comprend rapidement qu’il ne s’agit pas d’un véritable bijou précieux. L’anneau est fabriqué en papier d’aluminium, ce qui lui paraît être un signe volontairement placé sur le corps de la victime. Cette découverte transforme son analyse de la scène, car elle suggère que quelqu’un a voulu transmettre un message ou créer une apparence particulière autour de la mort de l’actrice. Alors qu’elle poursuit son inspection, Posie aperçoit également une touche de couleur sous le kimono de Silvia. Ce détail inattendu attire immédiatement son attention et semble révéler que la situation est encore plus grave qu’elle ne l’imaginait. Elle interrompt son examen avec surprise et avertit Chief Inspector Lovelace qu’ils viennent de découvrir quelque chose de bien plus inquiétant. Le chapitre se termine sur cette révélation, laissant l’enquête ouverte et indiquant que la mort de Silvia Hanro cache un mystère plus complexe qu’un simple décès dans un dressing de cinéma.

8.Chaleur étouffante à Londres et ennuis imminents

La détective Posie Parker passe une matinée de juillet étouffante dans son agence de Bloomsbury à Londres, luttant contre la chaleur et essayant sans succès de tricoter un pull pour son fiancé Alaric. Sa vieille amie Lady Cardigeon, connue sous le nom de Dolly, arrive à l'improviste avec ses bébés jumelles bruyantes et sans leurs nourrices qu'elle a renvoyées. Posie est assaillie de prémonitions sombres concernant son mariage et l'absence prolongée d'Alaric au Maroc. Len Irving, l'associé de Posie, arrive au bureau et parvient à calmer les enfants en faisant rouler la grande poussette sur le palier. Posie et Dolly décident alors de s'échapper pour une heure afin d'aller à Knightsbridge. Les deux amies sortent dans les rues désertes de Londres où la chaleur est accablante et font face à l'absence totale de taxis. Dolly se souvient de l'année dix-neuf cent quinze passée comme infirmière en France pendant la guerre, une époque qu'elle évoque avec nostalgie malgré les raids de zeppelins. Posie s'inquiète pour Dolly, qui semble amaigrie et perdue depuis la naissance de ses filles. Alors qu'elles renoncent à leur projet initial de transport, Posie aperçoit soudain les deux imposantes nourrices de Lord Cardigeon assises près d'un glacier et suspecte qu'elles espionnent Dolly. Pour changer d'air, Posie propose d'aller manger des croquettes de poisson au restaurant Kettner à Soho. Durant leur courte marche vers Soho, Posie acquiert la certitude qu'elles sont filées par un jeune garçon aux cheveux noirs qui se cache dans les portes et les allées. Dolly rejette ses craintes en bloc et la traite de paranoïaque, mais Posie commence à se demander si ce jeune garçon est lié aux menaces potentielles contre Lord Cardigeon ou si les nourrices sont en réalité des gardes du corps engagés pour les protéger. Soudain, le garçon surgit dans la rue et fait un signe de main en direction d'une automobile. Une voiture verte foncée s'arrête brusquement près d'elles, et un homme attend à l'intérieur, plongeant les deux femmes dans l'angoisse la plus totale alors qu'une confrontation se prépare.

9.Chaleur, doutes et filature

Par une journée de juillet exceptionnellement étouffante, Posie Parker travaille dans les bureaux de son agence de détectives de Grape Street en tentant de tricoter un pull destiné à Alaric pour son anniversaire. L’ouvrage est si mal commencé que Dolly Price, désormais Lady Cardigeon mais toujours l’amie la plus proche de Posie, le prend d’abord pour un amas informe de laine. Avec son humour habituel, Dolly se moque gentiment des talents de tricoteuse de Posie et lui conseille d’abandonner ce projet au profit d’un cadeau acheté chez Harrods. Elle s’étonne aussi qu’un vêtement aussi épais soit confectionné au cœur d’un été suffocant. La conversation glisse rapidement vers la situation sentimentale de Posie. Dolly lui rappelle qu’elle pensait assister depuis longtemps au mariage de son amie avec Alaric, mais que le sujet semble avoir disparu de leurs échanges. Cette question met immédiatement Posie mal à l’aise. Depuis son réveil, elle est poursuivie par un mauvais pressentiment né d’un rêve dans lequel Alaric tentait désespérément de lui annoncer une nouvelle urgente et probablement inquiétante. Même après s’être levée et avoir choisi une tenue jaune éclatante pour essayer de se remonter le moral, elle n’a pas réussi à dissiper cette impression. Entendre une chanson populaire consacrée au mariage pendant son trajet jusqu’au bureau n’a fait qu’accentuer son malaise. Lorsqu’elle répond finalement à Dolly, elle affirme que tout va bien mais reconnaît que leur mariage est sans cesse repoussé parce qu’Alaric se trouve au Maroc depuis deux mois et ne reviendra qu’à l’occasion de son anniversaire. Refusant d’approfondir ce sujet douloureux, elle préfère accepter la proposition de sortir déjeuner, heureuse d’abandonner un tricot qui ne lui apporte que frustration. Au moment où les deux femmes s’apprêtent à quitter le bureau, les jumelles de Dolly, Bunny et Trixie Cardigeon, se réveillent simultanément dans leur immense landau et éclatent en pleurs. Dolly, dépassée, ne sait absolument pas comment calmer ses filles. Posie lui rappelle avec irritation qu’elle a renvoyé les deux nourrices qui auraient justement pu les aider. Dolly avoue qu’elle ne supporte pas ces nouvelles employées choisies par son mari Rufus, car elle a l’impression constante qu’elles l’espionnent. Les deux femmes peinent également à déplacer le lourd landau sans assistance. Posie remarque intérieurement que les bébés, rouges de colère, ressemblent davantage à leur grand-père, le comte de Cardigeon, qu’à de charmants nourrissons. Leur difficulté est heureusement interrompue par l’arrivée de Len Irving, associé de Posie. Chargé d’un énorme ventilateur métallique, il comprend immédiatement la situation et se contente de faire rouler doucement le landau sur le palier. Le mouvement suffit à calmer instantanément les jumelles. Dolly, presque au bord des larmes, lui demande alors s’il accepterait de surveiller les enfants pendant leur courte absence. Len accepte volontiers, expliquant que la période estivale est particulièrement calme pour son activité de détective spécialisé dans les affaires d’adultère. Posie lui précise qu’elles seront absentes au maximum une heure, profitant également du fait que Prudence Smythe est en vacances et que leur secrétaire remplaçante, Tess, est loin d’être aussi compétente. Len rassure les deux femmes et les laisse partir. Une fois dehors, elles sont immédiatement frappées par une chaleur presque insupportable. Les rues semblent désertes tant les Londoniens cherchent à fuir le soleil. Même les vendeurs ambulants et les mendiants ont disparu. Posie se sent ridicule dans son élégant costume jaune de la maison Harlow, qui lui donne désormais l’impression d’être un énorme canari. Elle tente de retrouver un peu de fraîcheur en s’aspergeant abondamment de parfum à la violette. En cherchant un taxi qui ne vient jamais, les deux amies évoquent leurs souvenirs de la précédente grande canicule, celle de 1915. Dolly se rappelle parfaitement cette année parce qu’elle s’apprêtait alors à partir comme infirmière en France pendant la Grande Guerre. Avant son départ, Londres suffoquait déjà sous la chaleur tandis que les raids de Zeppelins menaçaient quotidiennement la population. Elle raconte avoir échappé de peu à une attaque près de Red Lion Square avant d’être envoyée à Folkestone, où elle se souvient des milliers de soldats alignés sur la Road of Remembrance, brûlant au soleil en attendant leur embarquement. Contrairement à ce que Posie a toujours entendu de sa bouche, Dolly parle cette fois de cette époque avec une étrange nostalgie plutôt qu’avec tristesse. Cette attitude inquiète profondément Posie. Depuis la naissance des jumelles, son amie lui paraît transformée. Autrefois vive et pétillante, elle semble désormais épuisée, amaigrie et souvent absente, comme si toute sa lumière intérieure s’était éteinte. Posie réfléchit à cette évolution en se rappelant que la visite improvisée de Dolly est inhabituelle. Lady Cardigeon est normalement absorbée par d’innombrables obligations mondaines et ne passe presque jamais sans prévenir. Les deux femmes renoncent finalement à attendre un taxi pour Harrods, car elles ne pourraient pas effectuer l’aller-retour dans le temps prévu. Dolly suggère même de rentrer délivrer Len de la garde des enfants, tout en regrettant de ne pas pouvoir profiter davantage de ce moment de liberté avec Posie. Elle évoque alors avec enthousiasme le dernier film de Betty Balfour, qu’elle recommande chaleureusement, tandis que Posie avoue ne pas l’avoir vu. Refusant que leur rare sortie se termine aussi vite, Posie propose simplement d’aller déjeuner ensemble. Elle persuade finalement Dolly en vantant les célèbres croquettes de poisson du restaurant Kettner’s, situé à quelques minutes de marche dans Soho. Cette perspective suffit à rendre le sourire à Dolly, qui reprend le bras de son amie comme au temps de leur première rencontre. Malgré cette apparente légèreté retrouvée, Posie est incapable de se débarrasser d’un sentiment de malaise. En traversant les rues presque vides de Soho, elle éprouve à plusieurs reprises l’impression d’être observée. Avant même d’en parler, elle aperçoit les deux imposantes nourrices assises devant le glacier Caspari, occupées à déguster des glaces tout en lançant à Dolly des regards désapprobateurs. Posie comprend qu’elles étaient en train de médire de leur employeuse. Dolly, absorbée par son maquillage, ne les remarque pas. Convaincue que ces femmes rendent probablement la vie de son amie plus difficile, Posie l’éloigne discrètement sans provoquer d’incident. Cependant, l’étrange sensation persiste. À plusieurs reprises, elle croit apercevoir un jeune garçon brun qui se cache dès qu’elle se retourne. Son expérience de détective lui fait reconnaître un « stringer », un jeune filateur en apprentissage. Dolly tourne cette inquiétude en dérision, persuadée que Posie se laisse emporter par son imagination. Pourtant, Posie commence à envisager une hypothèse plus sérieuse. Elle se demande si Rufus Cardigeon ne craindrait pas un enlèvement visant sa femme ou ses filles et si les nourrices n’auraient pas été recrutées autant comme gardes du corps que comme domestiques. Elle s’agace de n’avoir reçu aucune information à ce sujet. Au même instant, le jeune garçon court devant elles, gagne Romilly Street et adresse un signal à quelqu’un tout en criant qu’il a retrouvé les deux femmes. Quelques secondes plus tard, une élégante Ford verte ornée d’un blason s’approche silencieusement et s’arrête près d’elles. Le garçon grimpe aussitôt à l’avant du véhicule. Posie aperçoit alors, à travers la vitre arrière, la silhouette d’un homme brun assis à l’arrière. Dolly, désormais aussi inquiète qu’elle, secoue la tête lorsqu’on lui demande si elle connaît cet inconnu. Convaincue qu’elles vont être victimes d’un enlèvement, Posie reste figée aux côtés de son amie. La portière s’ouvre soudain dans un déclic sec, l’homme commence à sortir de la voiture et une silhouette vêtue de blanc apparaît brusquement, interrompant la scène au moment où les deux femmes s’apprêtent à découvrir son identité.

10.Rencontre avec une vedette

Convaincue que la mystérieuse voiture verte qui vient de s’arrêter devant elles annonce un enlèvement, Posie tente instinctivement de protéger Dolly en se plaçant devant elle. À sa grande surprise, son amie la repousse aussitôt avec enthousiasme et court accueillir l’homme vêtu de blanc qui descend du véhicule. Celui-ci embrasse chaleureusement Dolly, preuve qu’ils se connaissent déjà, tandis que Posie le découvre enfin de près. Elle est frappée par son apparence exceptionnelle. Grand, athlétique, au teint très brun, impeccablement coiffé et vêtu d’une tenue blanche éclatante, il semble presque irréel tant il paraît élégant malgré la chaleur écrasante qui accable Londres. Son allure parfaitement soignée, ses dents éclatantes, ses cheveux brillants couverts de brillantine et son assurance naturelle donnent à Posie l’impression d’être face à un personnage sorti d’un autre monde. L’homme s’adresse aussitôt à elle avec une courtoisie étudiée. Il explique qu’il est passé à son agence mais qu’elle était déjà partie. Il ajoute qu’un jeune garçon l’a suivie dans les rues afin de permettre de la retrouver. Il affirme avoir été chargé de conduire Posie auprès d’une personne qui se croit en grand danger et souhaite l’engager. Cette personne promet de la rémunérer généreusement, mais exige le plus grand secret, au point d’avoir interdit tout contact téléphonique de peur que la conversation ne soit entendue. Malgré le ton posé de son interlocuteur et son léger accent écossais dissimulé sous une prononciation soignée, Posie reste extrêmement méfiante. L’apparition théâtrale de cet inconnu, l’existence du jeune filateur qui les suivait et le caractère mystérieux de la demande réveillent immédiatement ses soupçons. Son expérience lui a appris à ne jamais faire confiance aux hommes trop séduisants, et le souvenir d’un précédent enlèvement subi avec Dolly l’incite à envisager le pire. Craignant que cette histoire ne soit qu’un prétexte pour atteindre Lady Cardigeon, elle croise les bras et prétend même porter un revolver chargé afin de décourager toute tentative d’enlèvement. L’homme éclate de rire, assuré qu’elle plaisante, puis précise qu’il ignorait même que Dolly serait présente et qu’il n’est venu chercher que Posie. Lorsque Posie exige enfin de connaître son identité, Dolly soupire avec amusement et lui révèle que cet inconnu n’est autre que Robbie Fontaine, la plus grande vedette masculine des studios Sunstar Films. Elle lui rappelle qu’elle a rencontré l’acteur quelques mois auparavant lors d’un gala de bienfaisance organisé au Savoy Hotel, en compagnie de Silvia Hanro, célèbre actrice et compagne de Robbie. Selon Dolly, tous deux incarnent depuis la fin de la guerre le couple mythique du cinéma britannique, connu de tout le pays. Cette révélation plonge Posie dans un profond embarras. Elle reconnaît qu’elle ne fréquente presque jamais les salles de cinéma et qu’elle accorde peu d’importance aux célébrités dont les visages envahissent les magazines. Elle connaît seulement le nom de Silvia Hanro et se souvient vaguement d’avoir entendu parler de sa carrière, sans suivre son actualité. Dolly, au contraire, nourrit depuis longtemps une véritable passion pour le théâtre puis pour le cinéma. Ancienne costumière dans le West End, elle collectionne les revues spécialisées et, depuis qu’elle est devenue Lady Cardigeon, soutient financièrement de nombreuses productions artistiques. Il lui paraît donc tout naturel de connaître personnellement les grandes vedettes du moment. Robbie tente alors de séduire Posie avec le même charme qui fait son succès auprès du public. Il prend familièrement son bras et lui assure qu’elle passe à côté d’un univers merveilleux en négligeant les films. Posie se dégage aussitôt, irritée par cette familiarité. En l’observant de très près, elle remarque pourtant des détails qui fissurent l’image parfaite de la star. Son visage paraît excessivement orangé à cause d’un maquillage de scène encore visible, et des traces de khôl autour de ses yeux donnent l’impression qu’il vient de pleurer. Lorsqu’il comprend que son sourire ne produit aucun effet sur elle, Robbie perd brutalement patience. Son masque charmeur disparaît, il consulte ostensiblement sa montre en or et annonce sèchement qu’il doit les conduire sans délai aux studios de Worton Hall, à Isleworth. La personne qui sollicite Posie les y attend. Même s’il n’avait reçu pour mission que de ramener la détective, il accepte volontiers que Dolly les accompagne si elle le souhaite. Posie hésite de plus en plus. Le trajet jusqu’à Isleworth lui paraît long, la chaleur devient insupportable et l’attitude autoritaire de Robbie renforce encore sa méfiance. Elle est sur le point de refuser lorsque Dolly, émerveillée, monte déjà dans la voiture des studios Sunstar. Elle supplie son amie de venir avec elle, ravie à l’idée de visiter enfin les célèbres studios installés dans la demeure historique de Worton Hall. Robbie s’impatiente de nouveau, rappelant qu’il doit retourner rapidement sur un tournage. Posie remarque alors le chauffeur en uniforme, immobile au volant, ainsi que le jeune filateur installé à l’avant, absorbé par une sucette et un exemplaire du Beano. En voyant le visage rayonnant de Dolly, presque redevenue la femme joyeuse qu’elle connaissait autrefois, Posie comprend qu’elle ne parviendra pas à la faire renoncer. Elle soulève toutefois une difficulté importante. Les jumelles Cardigeon sont restées sous la surveillance de Len Irving, et il serait injuste de le laisser seul toute l’après-midi. La simple évocation des bébés provoque un mouvement de panique chez Robbie, qui semble redouter cette complication. Finalement résignée, Posie accepte d’accompagner la vedette mais exige un détour immédiat par le glacier Caspari, persuadée d’y retrouver les deux nourrices afin de les renvoyer auprès des enfants. La voiture s’arrête effectivement devant l’établissement, où les deux femmes sont toujours assises sous l’auvent. Dolly pâlit en les apercevant. Posie descend seule pour leur ordonner de reprendre immédiatement leur service auprès des jumelles. Les nourrices refusent avec fermeté. Elles rappellent qu’elles ont été congédiées quelques heures plus tôt par Lady Cardigeon elle-même et qu’elles profitent simplement du temps libre qui leur a été accordé. Elles précisent qu’elles ne reçoivent pas d’ordres de Posie, ce qui laisse cette dernière sans solution. Alors que Posie mesure son échec et regrette de ne pas avoir adopté un ton plus conciliant, Robbie Fontaine s’approche à son tour. Son humeur maussade s’est totalement dissipée. Arborant de nouveau un sourire éclatant et son assurance de vedette, il avance lentement vers les nourrices, cigare à la main. Leur réaction est immédiate. Les deux femmes reconnaissent instantanément l’acteur et restent bouche bée devant lui. Posie découvre alors que le magazine qu’elles lisaient est une revue de cinéma dont la couverture est entièrement consacrée à Robbie, présenté comme une véritable merveille du monde. Profitant de cette admiration, l’acteur salue poliment les deux femmes, leur propose de signer leur magazine et leur explique avec une grande courtoisie qu’il aurait besoin de leur aide pour résoudre un petit problème. Posie observe cette scène avec un mélange d’agacement et d’admiration. Elle demeure convaincue que Robbie Fontaine est avant tout un charmeur professionnel, habitué à obtenir ce qu’il veut grâce à son sourire, à sa célébrité et à son aisance naturelle. Pourtant, devant l’efficacité avec laquelle il retourne une situation que tous les arguments de Posie avaient laissée bloquée, elle est obligée de reconnaître qu’un tel talent peut parfois rendre de précieux services, surtout lorsqu’il s’agit d’apaiser les tensions ou de convaincre des personnes jusque-là parfaitement inflexibles.

11.Arrivée sous haute tension

En quittant Londres pour rejoindre les studios de Worton Hall, près d'Isleworth, Posie Parker tente à plusieurs reprises d'obtenir de Robbie Fontaine une explication sur les raisons de sa présence. L'acteur refuse obstinément de lui révéler quoi que ce soit, affirmant qu'il a reçu des consignes strictes de garder le silence. Pendant le trajet, Posie profite malgré tout du paysage de la campagne et de l'air plus frais, tout en feignant de dormir afin d'échapper aux interminables récits narcissiques de Robbie qui fascinent Dolly. À leur arrivée, elles découvrent une élégante demeure blanche entourée de jardins impeccables, dont le calme presque irréel contraste avec la chaleur écrasante. Robbie explique brièvement que les véritables studios s'étendent derrière la maison, puis renvoie précipitamment son assistant, le chauffeur et tout le personnel avant de demander à Posie d'attendre dans la voiture qu'une personne vienne la chercher. Sans lui laisser le temps de protester, il disparaît. Les minutes passent dans un silence inquiétant. Seul un fourgon de costumier traverse brièvement les lieux avant de repartir. Cette absence totale d'activité finit par éveiller les soupçons de Posie, dont l'imagination s'emballe. Convaincue qu'elles pourraient être tombées dans un piège, elle élabore la théorie d'un enlèvement organisé, peut-être destiné à rançonner Dolly ou à régler un vieux compte avec elle. Persuadée qu'elles courent un danger immédiat, elle décide de fuir à pied avec Dolly. Celle-ci rappelle naïvement que Posie possède prétendument un revolver chargé, ce qui oblige la détective à avouer qu'elle avait simplement bluffé auparavant et qu'elle ne porte jamais d'arme. Toutes deux retirent leurs chaussures et s'apprêtent à s'enfuir lorsque la voix d'une femme les arrête au dernier instant. Une jeune femme entièrement dissimulée sous un large chapeau et des voiles de mousseline monte alors dans la voiture et leur demande de rester, s'excusant pour cette attente peu professionnelle. Lorsqu'elle retire ses protections destinées à préserver son maquillage du soleil, Posie et Dolly découvrent avec stupeur Silvia Hanro, la plus célèbre vedette du cinéma du pays. Silvia explique que son abondant maquillage de scène fondrait sous la chaleur et justifie ainsi son étrange accoutrement. La présence de cette personnalité rassure immédiatement Posie, qui comprend qu'elle s'est laissée entraîner par des hypothèses excessives et éprouve un certain embarras d'avoir imaginé un complot. Peu après, Brian Langley, producteur, réalisateur et propriétaire de Sunstar Films, surgit à son tour. Fatigué, nerveux, autoritaire et dénué de toute courtoisie, il accueille Posie avec brusquerie, traite Dolly avec condescendance et insiste sur le fait que Silvia Hanro et Robbie Fontaine représentent les véritables piliers de son studio. Il reproche ensuite vivement à Silvia que Robbie n'ait pas conduit Posie directement jusqu'à elle, rappelant que la plus stricte confidentialité était indispensable. Silvia révèle alors qu'elle n'a pas vu Robbie de la journée et qu'elle n'a appris la présence de Posie que grâce au chauffeur, auquel Robbie avait demandé de s'éloigner volontairement. Brian confirme qu'il souhaite que Posie règle rapidement un problème mystérieux avant la fin du tournage prévue le lendemain. Il lui interdit d'appeler la police ou de révéler sa véritable identité, évoque seulement l'existence d'un inquiétant harceleur susceptible d'être impliqué, puis lui remet une importante avance en espèces en promettant une somme identique si elle résout l'affaire. Refusant toujours d'expliquer précisément la nature du problème, il repart aussitôt, laissant Posie mal à l'aise devant cette mission obscure et ces méthodes clandestines. Silvia détend brièvement l'atmosphère en plaisantant sur le mauvais caractère de Brian et sur son incapacité à conduire. Comme Posie maîtrise parfaitement la conduite grâce à son expérience d'ambulancière durant la guerre, elle prend le volant et emmène Silvia jusqu'à sa loge afin d'entendre enfin les véritables raisons de cet appel. Dans la loge de Silvia, située au cœur d'un dédale de couloirs animés, l'atmosphère contraste fortement avec le calme apparent des extérieurs. La petite pièce, sans fenêtre, est envahie par les odeurs de maquillage, de livres humides et d'un immense bouquet de fleurs dont le parfum rappelle presque celui d'une cérémonie funéraire. Silvia applique elle-même son maquillage épais, adapté aux éclairages sombres du plateau de tournage de « Henry the King », ajuste son imposant costume et explique qu'elle refuse que d'autres pénètrent dans son intimité, préférant préparer seule son apparence malgré la présence d'une habilleuse. Dolly, installée confortablement avec une coupe de champagne, retrouve avec bonheur l'univers des acteurs qu'elle connaît si bien et remarque que les célébrités attirent inévitablement des admirateurs déséquilibrés. Silvia confirme que cette loge constitue son unique refuge, où elle peut parler librement sans craindre d'être écoutée. Posie, désormais apaisée et prête à travailler, prépare son carnet pour recueillir enfin les faits. Elle est favorablement impressionnée par Silvia, qu'elle trouve professionnelle, polie et disciplinée, bien différente d'une autre actrice célèbre qu'elle avait rencontrée auparavant. En attendant les explications promises, Posie profite d'une cabine téléphonique des studios pour appeler son bureau de Grape Street. Len la rassure sur le bon déroulement des affaires courantes, lui annonce que son chat Mr Minks a été nourri, que les jumelles Trixie et Bunny Cardigeon sont rentrées chez elles avec leurs nourrices et que le cabinet est resté calme. Il mentionne toutefois un appel étrange reçu plus tôt dans la journée. Un homme à l'accent écossais avait simplement demandé si Posie était présente avant de raccrocher immédiatement. L'opératrice avait identifié l'origine de l'appel comme provenant des studios de Worton Hall et la secrétaire avait signalé une ligne inhabituellement parasitée. Ce détail inquiète profondément Posie, qui demande aussitôt à Len de faire vérifier la ligne téléphonique, craignant qu'elle ne soit de nouveau placée sous écoute comme cela s'était déjà produit autrefois. En quittant la cabine, elle bouscule un homme attendant son tour sans vraiment distinguer son visage, puis retourne auprès de Silvia. De retour dans la loge, Posie recentre la conversation sur la véritable raison de sa venue. Lorsqu'elle demande enfin pourquoi sa présence est si urgente, elle aperçoit dans le miroir le regard de Silvia se remplir d'une peur authentique qui tranche avec son assurance habituelle. Après un instant d'hésitation, l'actrice révèle simplement que sa vie a été menacée. Convaincue que le danger est réel, elle ouvre un tiroir de sa coiffeuse, en retire un objet destiné à servir de preuve et le tend à Posie afin qu'elle puisse constater par elle-même la gravité de la situation. Le chapitre s'achève au moment où la détective s'apprête à examiner cet élément, comprenant que la mission secrète qui lui a été confiée dépasse largement les simples préoccupations d'un studio de cinéma.

12.Menace avant la dernière scène

Dans la loge de Silvia Hanro, Posie examine enfin la raison de son appel précipité. L'actrice lui remet une feuille arrachée à un scénario sur laquelle un message, écrit à l'encre verte, annonce sans ambiguïté qu'elle mourra le lendemain, le jeudi 26 juillet, présenté comme sa « dernière grande entrée ». Une postface ajoute qu'il ne s'agit pas d'une plaisanterie et promet une preuve destinée à convaincre la victime. Silvia explique que cette lettre lui a été remise le matin même, glissée dans une enveloppe cachetée avec son café par Elaine, sa costumière et assistante. Posie, qui a déjà traité des affaires de chantage mais jamais de véritables menaces de mort, prend immédiatement la situation au sérieux, même si elle s'efforce de ne pas alarmer davantage son interlocutrice. Dolly, beaucoup plus émotive, manifeste son horreur et sa compassion. En enquêtrice méthodique, Posie commence aussitôt à interroger Silvia. Elle veut savoir si cette lettre est la première, si elle peut n'être qu'une mauvaise plaisanterie, et surtout pourquoi l'actrice a préféré faire appel à une détective privée plutôt qu'à la police. Silvia rejette aussitôt cette possibilité. Elle refuse de voir les policiers envahir les studios, craignant que les journalistes ne suivent aussitôt et que le scandale ne compromette le tournage. Elle précise que Brian Langley supporterait très mal une telle publicité au moment le plus critique de la production. Silvia révèle ensuite que cette troisième lettre n'est pas un incident isolé. Deux autres messages identiques lui sont déjà parvenus les lundi et mardi précédents. Tous annonçaient qu'elle mourrait précisément le jeudi 26 juillet, sans exiger d'argent ni proposer le moindre marché. Les enveloppes ont disparu et ne portaient aucun cachet postal, ce qui conduit Silvia à penser qu'elles ont été déposées directement sur place. Posie s'étonne que l'actrice n'ait attendu que le dernier moment pour demander de l'aide. Elle insiste sur cette contradiction, persuadée que quelque chose a changé depuis la veille. Silvia répond seulement qu'à présent l'échéance est devenue beaucoup plus proche et que la peur est devenue insupportable, mais cette justification laisse Posie sceptique. Elle croit percevoir chez la vedette une inquiétude plus profonde, voire un secret qu'elle ne souhaite pas encore dévoiler. Pour mieux comprendre les enjeux, Posie demande pourquoi cette date du 26 juillet est si importante. Silvia explique que ce jour correspond à la fin du tournage de Henry the King, un film monumental réalisé depuis près de trois mois à Worton Hall. Brian Langley loue les studios depuis longtemps à leur propriétaire Bertie Samuelson, mais cette location coûte si cher qu'il ne peut plus prolonger son contrat. L'équipe doit donc impérativement terminer le film le lendemain. Silvia décrit alors les énormes enjeux financiers qui pèsent sur toute la production. Brian Langley a investi toutes ses ressources personnelles et convaincu plusieurs investisseurs de financer cette œuvre ambitieuse, avec des centaines de figurants, des costumes prestigieux fournis par Nathan's Costumiers et un budget considérable. Toute l'équipe travaille sans relâche, parfois toute la nuit, parce que chacun considère ce film comme la dernière chance de sauver Sunstar Films. Face à la concurrence des productions hollywoodiennes et au recul du cinéma britannique depuis la guerre, Henry the King doit devenir un succès capable d'être vendu également aux États-Unis. En cas d'échec, Langley risque la faillite et son studio pourrait disparaître. Tout en poursuivant cette conversation, Silvia continue calmement sa préparation devant son miroir. Elle ajuste une longue perruque blonde tandis que Dolly, ravie de retrouver l'univers du cinéma, l'aide spontanément à la mettre en place avec l'habileté d'une ancienne habituée des coulisses. Posie remarque que, malgré la pression, Silvia reste professionnelle et garde suffisamment de recul pour parler de Brian Langley avec une certaine affection. Elle reconnaît son mauvais caractère, mais affirme que son agressivité cache un homme passionné uniquement par les films, les vedettes et même les orchidées qu'il cultive avec soin grâce à un jardinier spécialisé. Elle précise qu'il n'est pas marié et ne partage sa maison qu'avec une gouvernante nommée Cleeves. Revenant à son enquête, Posie demande si d'autres événements particuliers sont prévus le lendemain. Silvia évoque alors la traditionnelle fête de fin de tournage, la Wrap Party, organisée dans la demeure et les jardins de Worton Hall. Le déjeuner commencera à midi avant de se prolonger tout l'après-midi. Tous les investisseurs, Bertie Samuelson, les principales vedettes de Sunstar Films, des représentants des distributeurs britanniques et américains ainsi qu'une foule de personnalités mondaines y assisteront. Brian Langley compte profiter de cette réception pour convaincre les acheteurs de soutenir son film, même si celui-ci n'est pas encore totalement terminé. Posie comprend immédiatement que cette célébration offrira un cadre idéal à quiconque souhaiterait assassiner Silvia au milieu d'une foule immense, d'autant plus que l'actrice refuse catégoriquement toute intervention policière. En relisant les mots « votre dernière grande entrée », elle imagine que Silvia et Robbie Fontaine feront une arrivée remarquée devant les invités, ce qui pourrait constituer un moment particulièrement vulnérable. Posie s'intéresse enfin à la dernière phrase de la menace, celle qui promet une preuve destinée à convaincre la victime que le danger est réel. Silvia admet que cet élément est précisément ce qui a poussé Brian Langley à faire venir une détective. Elle se lève, traverse la loge jusqu'à une petite glacière placée sur une console, puis en sort un minuscule paquet soigneusement enveloppé dans un papier argenté. Avant de le remettre à Posie, elle prévient que son contenu est répugnant et qu'il lui a fait perdre son sang-froid au point de lui faire vomir son petit déjeuner, alors qu'elle ne se considère pas comme une personne impressionnable. Malgré cette mise en garde, Posie accepte de l'examiner. Son cœur bat plus vite lorsqu'elle déballe le paquet. À peine le contenu apparaît-il qu'elle le laisse aussitôt tomber sous le choc. Dolly pousse un cri d'horreur. Le prétendu gage envoyé avec la lettre n'est pas un simple objet symbolique, mais un véritable doigt humain, preuve terrifiante que l'auteur des menaces est prêt à passer de l'intimidation à une violence bien réelle.

13.Mensonges sous les projecteurs

Après le choc provoqué par la découverte du doigt humain sectionné, Posie reprend son sang-froid et examine l’objet avec méthode. Le doigt, qui semble appartenir à une femme en raison de sa forme et de son annulaire gauche, présente une coupe nette, sans autre blessure visible. Son aspect grisâtre et rigide lui fait penser qu’il a été conservé au froid depuis longtemps, peut-être pendant des semaines ou des mois, ce qui l’amène à conclure qu’il ne provient probablement pas d’une victime récemment mutilée mais qu’il s’agit vraisemblablement d’un élément prélevé sur un cadavre ancien ou conservé comme une macabre pièce à conviction. Cette hypothèse ne rend pas la menace moins inquiétante, mais elle modifie la nature du danger. Silvia replace alors le doigt dans la glacière où elle l’avait conservé depuis sa réception. Posie demande ensuite pourquoi elle a été sollicitée plutôt que la police. Silvia explique que ce n’est pas elle mais Brian Langley qui a insisté pour faire appel à une détective privée. Après avoir d’abord minimisé les deux premières lettres de menace, le producteur a changé d’avis lorsque le troisième message est arrivé accompagné du doigt. Craignant autant un scandale médiatique que la perte de sa principale vedette, il a préféré une enquête discrète. Ayant aperçu une annonce de Posie dans un magazine, il a estimé qu’elle pourrait enquêter sous une fausse identité, en se faisant passer pour une ancienne camarade d’école de Silvia, sans attirer l’attention. Dolly soutient chaleureusement cette idée en vantant les talents de détective de Posie. Silvia, qui connaît déjà sa réputation et sait qu’elle est liée à Alaric Boynton-Dale, l’invite même à venir avec lui à la réception prévue le lendemain, sans se douter que cette simple allusion ravive chez Posie un profond malaise personnel. Leur conversation est interrompue par l’arrivée d’Elaine, la discrète habilleuse de Silvia, venue annoncer que le prochain tournage commence dans vingt minutes et préparer des sièges pour Posie et Dolly près du plateau. Une fois Elaine partie, Silvia révèle un secret qu’elle exige de garder confidentiel. Contrairement à ce que tout le pays croit, Robbie Fontaine n’est absolument pas son compagnon. Leur romance est une invention soigneusement entretenue par Sunstar Films afin de vendre leurs films et d’alimenter la presse. En réalité, Robbie est marié depuis quinze ans à Sheila, une femme qu’il a connue bien avant sa célébrité lorsqu’il travaillait encore dans les chantiers navals de Glasgow comme riveur et pratiquait la lutte amateur. Silvia reconnaît également avoir aimé un homme nommé Tom avant de devenir une vedette. Lorsque Brian Langley les a réunis à l’écran, il leur a imposé de sacrifier leur vie privée afin de préserver l’image du couple idéal que le public adore. Sheila et Tom existent toujours mais vivent dans l’ombre, réduits au silence pour protéger cette illusion. Posie comprend le poids de ce mensonge permanent, tout en étant légèrement agacée par le mépris social que Silvia manifeste envers les origines modestes de Robbie. Silvia précise que Robbie est venu chercher Posie uniquement parce que Brian le lui a ordonné, les acteurs étant entièrement soumis aux exigences de leur producteur. Cette précision rappelle à Posie un détail troublant. Len lui avait signalé qu’un homme à l’accent écossais avait téléphoné plus tôt dans la journée à son bureau depuis les studios. Elle soupçonne désormais qu’il s’agissait de Robbie et note mentalement d’éclaircir ce point plus tard. Revenant à l’enquête, Posie demande qui pourrait être l’auteur des lettres. Silvia désigne d’abord Robbie lui-même. Selon elle, leur haine réciproque est réelle. Robbie supporterait mal qu’elle soit plus célèbre que lui et pourrait espérer retrouver librement sa femme si Silvia disparaissait. Posie reste sceptique. Elle ne voit pas pourquoi Robbie compromettrait la fin d’un tournage aussi important, au moment où le succès du film pourrait profiter à sa propre carrière. Silvia reconnaît que cette hypothèse n’est pas parfaite et cite d’autres suspects. Le premier est sa sœur Pamela, avec laquelle elle est brouillée depuis avant la guerre en raison de leurs divergences politiques. Pamela, ancienne suffragette, lui reproche depuis longtemps de ne pas l’avoir soutenue. Après la célébrité de Silvia, elle a tenté de la faire chanter en menaçant de révéler aux journaux que Robbie n’était pas son véritable compagnon et d’exposer son ancienne relation avec Tom. Silvia lui a versé deux fois cinquante livres sur un compte postal afin d’acheter son silence, puis n’a plus eu de nouvelles d’elle. Posie observe que cette femme semble tirer davantage profit de Silvia vivante que morte, d’autant plus que Silvia affirme avoir rédigé un testament léguant toute sa fortune à une œuvre caritative pour les enfants. Pamela n’y reçoit rien, tandis que Tom a déjà bénéficié d’un appartement acheté par Silvia. Le second suspect est Hector Mallow, un admirateur obsessionnel qui réussit depuis des années à s’introduire sur les plateaux de tournage malgré les expulsions répétées des agents de sécurité. Maître du déguisement, il se fond régulièrement parmi les figurants ou les techniciens avant de réapparaître près de Silvia avec des fleurs, des chocolats ou des lettres. Il ne s’est jamais montré violent, mais son comportement étrange laisse planer un doute. Silvia ajoute toutefois qu’il semble désormais reporter son intérêt sur une autre actrice prometteuse, Meggie Albanesi, que Brian Langley tente également de recruter. Posie s’interroge ensuite sur Tom, mais Silvia assure qu’ils sont profondément amoureux et qu’il travaille lui aussi pour la production, rémunéré essentiellement pour garder le secret de leur relation. Interrogée sur Brian Langley, elle rejette catégoriquement l’idée qu’il puisse vouloir sa mort, rappelant qu’il est justement à l’origine de l’appel à Posie. La détective souligne néanmoins que les motivations criminelles tournent souvent autour de l’amour ou de l’argent et s’interroge sur un éventuel intérêt financier du producteur si Silvia venait à disparaître. Elle remarque surtout que Silvia semble cacher une certaine peur lorsqu’elle parle de lui. Enfin, Posie établit la liste des personnes informées des menaces, à savoir Silvia, Brian, Tom, Robbie, Sheila et Bertie Samuelson, propriétaire des studios. Silvia affirme que personne d’autre n’est au courant et que tous ont juré de garder le silence. Avant de quitter la loge, elle demande à Posie de surveiller discrètement chacun pendant le tournage et de la protéger sans éveiller les soupçons. Pour rendre leur couverture crédible, elle lui révèle qu’elle a étudié à Wycombe Abbey, où elle a connu la sœur d’Alaric Boynton-Dale. Cette nouvelle rapproche encore davantage l’enquête de la vie personnelle de Posie, ce qui la met mal à l’aise. En quittant la loge avec Dolly, Posie confie qu’elle hésite encore à accepter cette affaire, convaincue que Silvia lui cache une partie de la vérité et que toute cette histoire repose sur des couches successives de mensonges. Dolly, au contraire, estime que la star a désespérément besoin d’elle pour survivre jusqu’à la grande réception du lendemain et l’encourage à rester malgré les dangers évidents.

14.Le plateau des faux-semblants

Posie, Dolly et Silvia Hanro quittent la loge de l’actrice pour rejoindre le plateau de tournage sous le soleil éclatant. Dans le long couloir vitré puis sur la terrasse, Silvia semble presque irréelle aux yeux de Posie, enveloppée dans ses bandages de maquillage et protégée par un petit parasol japonais violet. Le chemin vers le studio traverse les anciens jardins de Worton Hall, désormais transformés en immense zone de production où une centaine de personnes travaillent sans relâche. Posie découvre l’ampleur du tournage de Henry the King : des menuisiers fabriquent des décors imposants, des ouvriers peignent des toiles de scène, des chevaux attendent près de chariots chargés de matériel et les figurants profitent d’une pause sous une tente. L’activité ressemble davantage à celle d’un chantier naval qu’à celle d’un simple studio de cinéma, confirmant les propos de Robbie Fontaine sur cette véritable petite ville qu’est devenue Worton Hall Studios. La présence de Silvia attire immédiatement tous les regards, car sa silhouette imposante, ses vêtements blancs et son parasol coloré la rendent impossible à ignorer. Posie, qui regrette d’avoir choisi une tenue jaune trop voyante, tente de rester discrète tandis que Dolly, au contraire, semble apprécier l’attention. Sur le chemin du studio sombre, plusieurs personnes suivent leur progression. Elaine, la coiffeuse-habilleuse de Silvia, avance péniblement avec des rideaux ou des tissus dans les bras malgré des chaussures orange très peu pratiques. Sidney, le jeune assistant déjà rencontré par Posie, les suit également en répétant une chanson agaçante tout en transportant des accessoires. Il est interrompu par un homme grand et impressionnant qui s’approche de Posie. Cet homme, blond, bronzé, vêtu comme un sportif et portant une énorme lampe de cinéma, dégage une présence presque mythique. Posie remarque son allure et son parfum de bois et de menthe, intriguée par cet inconnu qui semble appartenir pleinement à l’univers du studio. Silvia, qui le remarque aussi, ne lui adresse pourtant aucun signe. Peu après, ils arrivent devant le studio sombre, un immense bâtiment de tôle semblable à un hangar. Une pancarte indique que le tournage de Henry the King est en cours, avec Silvia Hanro et Robbie Fontaine dans les rôles principaux. À l’intérieur, la fraîcheur et l’obscurité contrastent avec la chaleur extérieure. Posie et Dolly découvrent un monde nouveau fait de décors en bois, de projecteurs puissants, de caméras et d’une agitation constante autour de la scène. Brian Langley apparaît bientôt, furieux, un mégaphone à la main. Il reproche à Silvia son retard de deux minutes et son absence mystérieuse du matin, puis critique durement son apparence après avoir retiré ses vêtements de protection. Son maquillage a souffert de la chaleur et sa perruque est en désordre. Il accuse Elaine de ne pas faire correctement son travail, ce qui révèle immédiatement à Posie que la jeune femme est terrorisée par le producteur. Silvia prend les reproches avec légèreté, mais Dolly intervient rapidement pour réparer son maquillage avec une grande efficacité. En quelques instants, elle redonne à l’actrice une apparence impeccable. Brian, impressionné par ses talents, propose alors à Dolly un travail ponctuel pour le reste de la journée et lui promet un salaire équivalent à celui des figurants. Dolly accepte avec enthousiasme, tandis que Posie s’interroge sur les implications de cette proposition et sur les contraintes professionnelles imposées aux femmes mariées à cette époque. Une fois Silvia prête, Brian Langley se concentre sur la scène à tourner et affirme qu’elle ressemble désormais davantage à Anne Boleyn. Posie est stupéfaite par cette interprétation qu’elle juge historiquement absurde, car Silvia, grande blonde et imposante dans la réalité, doit jouer une reine connue pour son apparence très différente. Elle n’a toutefois pas le temps de protester, car Robbie Fontaine apparaît dans son costume royal, vêtu de velours richement décoré et portant une couronne. Là encore, Posie trouve son apparence peu crédible pour incarner Henri VIII, mais elle observe surtout la transformation immédiate du couple devant les caméras. Robbie embrasse Silvia avec passion en public, tandis qu’elle lui répond avec des mots tendres, jouant parfaitement leur rôle d’amants célèbres. Les membres de l’équipe réagissent avec amusement, habitués à cette représentation permanente du couple idéal. Posie comprend alors pleinement ce que Silvia appelait le « spectacle Robbie et Silvia », une mise en scène aussi importante devant les caméras qu’en dehors. Lorsque Brian ordonne le début du tournage, tout le monde disparaît rapidement dans l’obscurité du plateau. Posie et Dolly restent momentanément seules, ne sachant pas où s’installer pour observer la scène et assurer la protection de Silvia. Elaine revient finalement les guider vers des chaises placées au premier rang, près des caméras, avec une vue directe sur le décor. Elle leur propose du thé, du champagne et des pâtisseries préparées par le cuisinier du studio. Posie choisit le thé et demande toutes les sortes de gâteaux, heureuse de retrouver un peu de confort après cette matinée éprouvante. Brian exige ensuite le silence et le tournage commence. Silvia entre en scène sous sa perruque blonde, incarnant Anne Boleyn dans une séquence particulièrement dramatique. Posie observe avec un mélange d’amusement et d’agacement, tout en remarquant qu’Elaine regarde Robbie Fontaine avec une admiration évidente, comme beaucoup d’autres femmes semblent le faire. Elle demande à Elaine quelle scène ils tournent et apprend qu’il s’agit de l’exécution d’Anne Boleyn avec une guillotine. Cette révélation choque Posie, qui souligne que cette invention n’existait pas encore à l’époque supposée du récit. Dolly, elle, minimise l’importance de la précision historique, estimant que dans le cinéma le spectacle compte davantage que la réalité.

15.Un faux-semblant sur le plateau

Posie observe une répétition longue et répétitive orchestrée par le réalisateur Brian Langley, qui exige que Silvia Hanro rejoue sans cesse une scène d'exécution face à Robbie Fontaine. La chaleur étouffante des projecteurs, le bruit et la lenteur des opérations finissent par lasser la détective, tandis que son amie Dolly apprécie pleinement le spectacle. Posie passe en revue la liste des suspects soupçonnés d'avoir envoyé des menaces de mort à l'actrice principale, notamment Robbie Fontaine, le réalisateur Brian Langley, Hector Mallow, le frère de l'actrice Pamela et son compagnon Tom Moran. Souhaitant s'éloigner du plateau pour enquêter de manière plus active avant la fête de fin de tournage prévue le lendemain, elle décide de quitter la sombre salle de visionnage. Sur le point de partir, Posie est abordée par Tom Moran, l'assistant du sous-directeur et compagnon de Silvia Hanro. Il se propose de la guider à travers les dédales du studio jusqu'à la lumière du jour tout en la prévenant que son apparence physique risque de l'effrayer. Une fois dehors, la détective découvre la gravité des blessures de guerre subies par le jeune homme en 1917 à Ypres, lequel porte un bandeau, des gazes et de profondes cicatrices sur toute la partie gauche de son visage. Ayant elle-même conduit des ambulances sur le front de l'Ouest pendant le conflit mondial, Posie ne manifeste aucun dégoût et engage une discussion sincère avec lui sur le regard cruel de la société face aux anciens combattants mutilés. La conversation oriente rapidement Posie vers son enquête théorique. Tom affirme prendre les menaces de mort très au sérieux, en particulier après le colis macabre reçu le matin même contenant un doigt coupé. Tout en clamant son amour pour Silvia, il exprime ses réserves quant à l'efficacité d'une détective isolée pour contrer un assassin armé et soutient l'idée d'une intervention policière discrète lors de la fête du lendemain. Il oriente les soupçons de Posie vers le partenaire de jeu Robbie Fontaine, motivé par la jalousie financière, mais aussi vers Brian Langley, qui pourrait tirer un immense profit commercial d'un drame survenu sur son tournage. Il indique également à Posie leur adresse londonienne commune avant qu'il ne l'aide subtilement à se faire passer pour une journaliste auprès du secrétaire de production, Reggie Jones. Reprenant cette couverture improvisée de reporter pour le magazine The Lady, Posie interroge Reggie Jones au sujet des figurants et plus particulièrement d'Hector Mallow. Le secrétaire lui confirme le comportement obsessionnel de cet admirateur banni des plateaux, tout en précisant que l'homme n'apparaît que les week-ends en raison d'un probable emploi en semaine. Jones révèle également à Posie que l'absence matinale inattendue de Silvia Hanro, retenue à Londres pour un rendez-vous urgent, a contraint le réalisateur à modifier son calendrier de tournage au dernier moment. Cette contradiction concernant l'emploi du temps de l'actrice et sa présence récente à Londres retient toute l'attention de Posie, qui conserve précieusement cet indice pour la suite de son investigation.

16.Visite guidée des studios Worton Hall

Reggie Jones fait visiter l intérieur de la grande maison à Posie. Ils traversent le rez de chaussée où se trouvent les loges des acteurs principaux ainsi que les salles de costumes et d accessoires. Ils aperçoivent la grande salle de bal en cours de décoration pour la fête de fin de tournage ainsi que la cantine. Reggie explique que l équipe technique et les acteurs vedettes y mangent tandis que les figurants et les ouvriers vont au pub local. Au dernier étage baigné de lumière par un puits de jour se trouvent les bureaux de l équipe de production ainsi que des appartements réservés aux vedettes. Reggie précise que le producteur Brian Langley a loué l ensemble de la propriété et a dû garder le personnel permanent du propriétaire Mr Samuelson. Reggie emmène ensuite Posie dans la salle de projection obscure où quelques hommes observent les rushes de la veille. Posie découvre sur l écran le visage de Silvia Hanro et réalise à quel point la caméra magnifie l actrice. Reggie explique que le producteur passe parfois la nuit entière enfermé dans cette pièce pour travailler sur le montage. Ils se rendent ensuite dans le bureau de Mr Samuelson où Reggie cherche une adresse dans un grand classeur avant de donner une note manuscrite à Posie. Soudain Mr Samuelson entre dans la pièce. Il s agit d un jeune homme imposant et élégant qui demande à Reggie de les laisser seuls. Une fois Reggie parti Mr Samuelson révèle à Posie qu il sait qu elle est détective privé et non simplement journaliste. Ils discutent des menaces de mort reçues récemment. Même si Posie pense que la solution se trouve ailleurs Mr Samuelson lui confie un passe partout ouvrant toutes les portes du domaine pour l aider dans son enquête. Il lui permet également d utiliser son téléphone privé pour passer ses appels et met sa voiture personnelle avec chauffeur à sa disposition pour son retour à Londres.

17.Appel decisif de detresse a Scotland Yard

Posie Parker appelle le Chief Inspector Richard Lovelace a New Scotland Yard depuis les studios de Worton Hall pour obtenir de l aide dans l affaire impliquant Silvia Hanro et des menaces de mort. Le Chief Inspector se prepare a assister a une ceremonie de remise de prix et a un diner de gala a l Inner Temple. Malgre son impatience et ses projets de soiree, il accepte d ecouter le resume de l enquetrice concernant les indices troublants, les suspects et la decouverte macabre d un doigt humain coupe. Lovelace promet de charger le Sergeant Binny de rassembler des dossiers officiels sur les protagonistes et donne rendez-vous a Posie le soir meme pres de la Temple Church pour faire le point sur l enquete. Apres cet echange, Posie contacte le Sergeant Binny pour obtenir rapidement des coordonnees telephoniques concernant Brian Langley et Pamela Hanro. Le policier grogne face a cette charge de travail supplementaire mais finit par l aider en cherchant dans les registres. Pendant qu elle attend les informations, Posie telephone a son ami Lord Cardigeon, nomme Rufus, depuis le bureau de Bertie Samuelson. Elle souhaite verifier la situation de Dolly et comprendre pourquoi de mysterieuses nourrices aux airs de gardes du corps surveillent le foyer. Rufus confirme l existence d un reel danger pesant sur Dolly et demande a Posie de veiller etroitement sur elle sans rien lui reveler pour ne pas l affoler. Peu apres, le Sergeant Binny rappelle Posie pour lui transmettre l adresse actuelle de Pamela Hanro situee a South Kensington ainsi que des details croustillants sur son passe. Il lui apprend que Pamela a trempe dans des activites militantes radicales liees a des incendies criminels durant les annees precedent la premiere guerre mondiale et qu elle figure sous surveillance policiere. Le rapport mentionne egalement que Pamela possede une fille adoptee recueillie a l hɔpital des enfants trouves a Bloomsbury au cours de l annee 1918. Armée de ces nouvelles pistes, Posie mesure l ampleur des zones d ombre qui entourent l entourage de Silvia Hanro et se prepare a demeler les secrets de cette affaire complexe.

18.Incursions dans les chambres closes et secrets de tournage

Posie Parker attend l impatiente venue du chauffeur de Bertie Samuelson pour quitter Worton Hall mais décide auparavant d explorer le couloir des loges et des résidences du personnel. Elle parcourt plusieurs chambres vides ou occupées par des membres de l équipe technique et des acteurs avant de fouiller la pièce d une mystérieuse femme qui s avère être une future mariée entourée de magazines consacrés au mariage royal. Surprit par l arrivée agressive de la cuisinière des lieux, Posie s en extrait de justesse en prétextant un mal de tête et l autorisation de Silvia Hanro. Elle pénètre ensuite dans la suite somptueuse de Silvia Hanro et Robbie Fontaine où elle découvre des indices dissimulés sous un pot de crème, notamment un minuscule bout de papier carbone et un feuillet orange qu elle empoche immédiatement. Repoussant l exploration de la chambre de Robbie en raison du temps qui presse, elle retourne dans le sombre studio de tournage où la production observe une courte pause cigarette tandis que Silvia et Robbie s affichent publiquement enlacés sous le regard désapprobateur de l entourage. Posie tente alors d exiger le départ immédiat de son amie Dolly conformément aux consignes strictes de Rufus mais Dolly refuse obstinément de quitter le tournage qu elle adore. Face à cette résistance, Posie sollicite l intervention du producteur Brian Langley en révélant la véritable identité aristocratique de Dolly pour la contraindre à partir. Brian Langley refuse cependant de la renvoyer, choisit de la garder bénévolement malgré l interdiction professionnelle du mariage et renvoie Posie avec un mépris manifeste. Humiliée et exaspérée par l attitude cavalière de Brian Langley qui vient de grimper en tête de ses suspects, Posie quitte définitivement les lieux après avoir mis en garde Dolly et fixé un point de rendez vous ultérieur avec l inspecteur en chef. Elle rejoint enfin le véhicule de Bertie Samuelson garé à l extérieur et quitte Worton Hall avec un soulagement mêlé d incompréhension face à l enthousiasme persistant de son amie.

19.Secrets dans les jardins de Richmond

Posie Parker arrive à contrecœur en voiture à Richmond, déposée par son chauffeur Fred devant la luxueuse demeure moderne de Brian Langley nommée Globe Garden. Tandis que Fred l'informe avec volubilité de la passion secrète de Langley pour les orchidées rares et de la présence de redoutables fleurs vénéneuses de type Foxtrot, Posie réalise soudain qu'elle tient là un prétexte idéal pour s'introduire dans la propriété. Elle se présente à l'entrée et parvient à duper la gouvernante, une femme austère nommée Mrs Cleeves, en se faisant passer pour l'épouse d'un investisseur passionné de jardinage. Une fois à l'intérieur, Posie observe l'architecture blanche et épurée de la maison tout en traversant un superbe atrium paysagé menant à la grande serre. Alors que Mrs Cleeves s'éloigne pour aller préparer du café, Posie profite de ce répit pour fouiller le bureau encombré de Langley resté sans surveillance. Elle y découvre rapidement un relevé bancaire compromettant qui mentionne le versement régulier de frais de scolarité à la prestigieuse école de Queensgate, ainsi qu'une lettre manuscrite signée de la main de P Hanro et rédigée à l'encre verte. Revenue in extremis dans la serre débordante de fleurs colorées, Posie déguste des biscuits tout en apercevant à travers la vitre le jardinier oriental, Shay, en train de cueillir des brassées d'orchidées Foxtrot roses et rouges. Ces fleurs s'avèrent rigoureusement identiques à celles observées plus tôt dans la loge et la résidence de Silvia Hanro, renforçant l'étrangeté de la situation et les soupçons de l'enquêtrice. Sur le chemin du retour, une discussion anodine avec le chauffeur Fred lui apprend de nouveaux détails sur les relations entre Mrs Cleeves et Mrs Thynne, la cuisinière de Worton Hall. Alors que les pièces du puzzle commencent lentement à s'assembler dans son esprit, Posie réalise qu'elle doit rapidement structurer sa pensée avant d'aller à la rencontre imminente de Pamela Hanro.

20.Le mystère de Bute Street

Posie Parker quitte Fred et se retrouve devant une porte d'entrée bleue à Londres dans le quartier de South Kensington. Elle sent l'odeur du poisson et des frites provenant de la boutique de Tacy voisine pendant que les clients font la queue sur le trottoir. Posie vérifie l'adresse que le sergent Binny lui a fournie pour le numéro quinze de Bute Street. Elle remarque les deux sonnettes et les cartes avec les noms de Smith pour le premier étage et Hanro pour le second étage. Elle appuie sur la deuxième sonnette tout en portant ses vêtements jaunes très voyants qui attirent le regard des passants. Posie connaît bien ce quartier pour y avoir habité autrefois dans une petite chambre avant que sa vie ne change. Bute Street se révèle différente du reste de South Kensington avec ses boutiques fonctionnelles et ses restaurants modestes plutôt que les avenues riches. Une femme d'une cinquantaine d'années au nez pointu portant une robe d'intérieur olive ouvre alors la porte. Cette voisine du premier étage prénommée Miss Smith prend Posie pour une cliente de Pamela Hanro en raison de sa tenue élégante. Miss Smith laisse entrer Posie dans le couloir sombre et verrouille la porte avec des chaînes. Elles montent ensemble un escalier étroit aux tons bruns tandis que l'odeur de friture devient de plus en plus forte. Miss Smith explique que Pamela Hanro donne le bain à un petit enfant au même moment chaque jour dans la salle de bains partagée. Arrivée sur le palier du haut, Posie entend des bruits de rires et de courses d'un enfant adopté en mille neuf cent dix-huit que l'on élève seule ici. Un jeu de cache-cache se déroule à l'intérieur de l'appartement pendant que Miss Smith observe la scène depuis l'étage inférieur. Posie finit par frapper à la porte qui s'ouvre brusquement sur Pamela Hanro. Pamela Hanro présente un visage soupçonneux avec des yeux bleus perçants et une chevelure courte semblable à celle d'une jeune femme émancipée. Elle porte une robe de soirée rose en brocart qui contraste fortement avec les jeux d'enfants. Posie chuchote qu'elle souhaite entrer pour parler à l'abri des regards indiscrets de la voisine du dessous au sujet de sa sœur. Pamela Hanro retient son souffle et affirme qu'elle n'a pas de sœur avant de laisser finalement Posie franchir le seuil de l'appartement.

21.Secrets of the past and family shadows

Posie Parker visits the tiny flat of Pamela Hanro, finding her living in sparse conditions while secretly raising an adopted daughter named Hilda. Although initially hostile and protective of her child, Pamela eventually recognizes Posie and agrees to talk about her famous sister, Silvia Hanro, who is currently the target of violent death threats. The two women discuss their aristocratic upbringing and their parents who died of Spanish flu in Vienna years earlier. Pamela explains how a family trust left Silvia wealthy while cutting Pamela out entirely, forcing her to work as a seamstress. Moreover, Silvia refused to marry her injured partner due to career restrictions, choosing to maintain her status as a prominent movie star instead. Pamela expresses deep resentment toward Silvia, who let her down twice in 1918 over financial matters and an unspoken personal betrayal. Despite her obvious animosity and use of cheap green ink, Pamela denies sending the threatening letters and dismisses other potential suspects like Brian Langley and Robbie Fontaine, though she remains firmly on Posie's list of suspects as the interview concludes.

22.Sous l'orchidée jaune

Posie mange tranquillement son repas de poisson-frites à l'ombre d'un auvent, mais son choix d'emplacement n'a rien d'un hasard. Installée en face de la maison où vit Pamela Hanro, elle continue de surveiller les fenêtres de l'appartement avec la conviction diffuse que quelque chose lui échappe encore. Après le départ de la foule qui s'était formée plus tôt dans la rue, le calme revient et lui permet d'observer attentivement les lieux. Soudain, un léger mouvement attire son attention. Derrière une orchidée jaune posée sur le rebord d'une fenêtre apparaît le visage inquiet d'une petite fille, le nez collé contre la vitre sale. En reconnaissant ce visage, Posie comprend brusquement la vérité qu'elle cherchait sans savoir exactement laquelle. Toutes les incohérences du comportement de Pamela prennent instantanément un sens. Quelques secondes plus tard, Pamela surgit à son tour derrière la fenêtre, aperçoit Posie qui la fixe depuis la rue et comprend immédiatement qu'elle a été découverte. Les deux femmes échangent un regard chargé de peur et de tension avant que Pamela ne disparaisse précipitamment de la fenêtre. Décidée à obtenir une confirmation, Posie rédige rapidement une courte note avant de traverser la rue pour sonner une nouvelle fois à la porte de la maison. Après une attente, Pamela finit par ouvrir, furieuse et visiblement paniquée. Posie lui remet le billet sur lequel elle a écrit que Silvia ne sait rien, mais que Brian est au courant. La réaction de Pamela confirme aussitôt ses soupçons. Sans nier le contenu du message, elle accuse Posie de se mêler de ce qui ne la regarde pas et regrette de lui avoir fait confiance. Elle refuse désormais de lui révéler le moindre détail supplémentaire et lui ordonne de partir. Posie tente malgré tout de la rassurer en expliquant qu'elle ne souhaite ni lui nuire ni lui enlever quoi que ce soit, et qu'elle considère même que ce qu'elle a fait relevait de la bonté. Pamela la coupe aussitôt en affirmant que son passé de jeune femme turbulente appartient au passé et qu'elle est désormais avant tout une mère. Elle révèle alors clairement que Hilda est sa fille adoptive, toute sa famille et la personne qui donne un sens à sa vie. Elle claque ensuite la porte sans laisser à Posie la moindre possibilité de poursuivre la conversation. En quittant les lieux, Posie remarque encore un voisin indiscret qui observe la scène depuis une fenêtre, tandis que les rideaux de l'étage supérieur sont désormais fermés et que l'orchidée jaune est repoussée tout contre la vitre, comme si elle servait à dissimuler encore davantage l'enfant cachée derrière. De retour à son agence de détective, installée sous une chaleur accablante, Posie ouvre toutes les fenêtres pour tenter de faire entrer un peu d'air dans les bureaux étouffants. Cette atmosphère lui rappelle sa solitude et son parcours depuis la mort de son père, le révérend Parker, qui l'avait laissée presque sans ressources quelques années auparavant. Elle se remémore comment elle avait quitté le presbytère familial avec pour seule véritable compagnie Mr Minks, le vieux chat siamois tant aimé de son père. D'abord contraint de vivre dans l'agence parce que sa propriétaire refusait les animaux, le chat s'y est finalement installé définitivement et fait désormais partie intégrante de son quotidien. Posie lui apporte le second repas de poisson-frites qu'elle avait acheté pour lui, tout en remarquant avec irritation que Len lui avait déjà laissé une boîte de sardines ouverte de façon dangereuse. Pendant que Mr Minks dévore son repas, elle inspecte les bureaux. L'absence de Prudence Smythe se remarque immédiatement dans le désordre inhabituel des lieux. Son exemplaire d'un roman récent d'Agatha Christie traîne par terre avec un marque-page glissé au milieu, signe évident qu'on le lui a emprunté sans permission. Son tricot inachevé destiné à Alaric est abandonné près du bureau de la secrétaire, ce qui l'agace particulièrement, tandis que le magazine The Lady laissé par Dolly complète cette impression de négligence. Sur le bureau l'attendent également une carte postale envoyée par Prudence et une lettre encore fermée. En l'ouvrant, Posie découvre une invitation à une réception de la veille de Noël envoyée par une connaissance rencontrée à Maypole Manor l'année précédente. L'idée de cette future réunion l'amuse et l'intrigue, mais Noël lui paraît encore très lointain. Elle range soigneusement l'invitation en pensant qu'elle en discutera avec Alaric avant de prendre une décision. Alors qu'elle s'apprête à poursuivre sa soirée avant son rendez-vous avec le chef inspecteur, le téléphone sonne. L'opératrice lui annonce qu'un appel l'attend depuis le Royal Oak d'Isleworth. Posie réfléchit aussitôt aux personnes susceptibles de la joindre depuis cette auberge proche des studios de cinéma. Elle imagine qu'il pourrait s'agir d'un membre de l'équipe souhaitant lui transmettre discrètement des informations sur les menaces de mort ou d'une personne incapable de téléphoner depuis Worton Hall sans être entendue. Pendant que la communication est établie, elle ramasse distraitement son tricot, manque sa corbeille en le jetant et feuillette le magazine The Lady dont la couverture est consacrée au mariage de Lady Elizabeth Bowes Lyon. Cette illustration lui rappelle les coupures de journaux soigneusement conservées par la cuisinière de Worton Hall, et elle songe qu'elle pourrait lui apporter ce numéro pour enrichir son album. Pourtant, une impression persistante lui souffle que quelque chose demeure étrange chez cette cuisinière sans qu'elle parvienne encore à définir quoi. Lorsque la communication est enfin établie, la voix faible et couverte de parasites se révèle être celle de Silvia Hanro, qui téléphone sous le faux nom de Mme Delacroix. Silvia explique avec enthousiasme qu'elle est sortie déguisée afin que personne ne la reconnaisse, qu'elle boit tranquillement un lait-soda dans le salon du pub et que ni Brian ni Tom ne savent où elle se trouve. Elle se réjouit même du sentiment de liberté que lui procure cet anonymat. Elle s'excuse de n'avoir pu parler plus tôt avec Posie devant les studios et lui demande avec impatience si son enquête en ville a porté ses fruits. Posie répond prudemment qu'elle a bien avancé et promet de tout lui raconter le lendemain lorsqu'elle viendra la voir dès le matin. En réalité, elle sait déjà qu'elle ne révélera pas ce qu'elle vient de découvrir au sujet de Pamela, car elle estime que cette vérité ne lui appartient pas. Silvia lui apprend ensuite que la journée de tournage est terminée, que Brian travaille encore au montage, que la reprise est prévue le lendemain matin et que Dolly est repartie en toute sécurité avec le chauffeur de Bertie Samuelson. Soulagée d'apprendre que son amie est bien rentrée, Posie remercie Silvia avant que la communication ne soit interrompue. Restée seule dans son bureau après avoir raccroché, elle mesure le poids du secret qu'elle porte désormais et comprend qu'elle devra choisir avec soin ce qu'elle révélera ou non au cours de la suite de son enquête.

23.Secrets de famille dévoilés

Posie se tient devant la fenêtre de son bureau londonien et contemple les façades grises des immeubles voisins, un paysage que beaucoup trouveraient triste mais qui lui rappelle au contraire son indépendance et tout ce qu'elle a construit. Alors que la plupart des employés sont déjà rentrés chez eux, elle se prépare à une longue soirée de travail. Elle abandonne sa tenue poussiéreuse pour enfiler une élégante robe noire plus sobre que les vêtements voyants qu'elle portait autrefois, lorsqu'elle parlait encore de sa « glamour attack » avec Len Irving. Une touche de parfum et de rouge à lèvres lui redonnent confiance avant qu'elle ne s'installe à son bureau pour réfléchir aux révélations de la journée. Son esprit revient vers Silvia Hanro, la vedette de cinéma qu'elle vient de rencontrer, probablement encore cachée dans un pub sous une fausse identité. Posie rassemble mentalement les indices découverts à Bute Street et comprend peu à peu que plusieurs secrets soigneusement enfouis depuis des années sont désormais reliés entre eux. Elle s'interroge toutefois sur la question essentielle. Parmi toutes ces révélations, existe-t-il un motif assez puissant pour pousser quelqu'un à menacer Silvia de mort. Le souvenir de la petite Hilda, aperçue à la fenêtre du numéro 15 de Bute Street, devient la pièce maîtresse de son raisonnement. En repensant aux traits de l'enfant, Posie constate qu'elle possède les yeux et les cheveux dorés de Silvia Hanro, mais aussi l'expression inquiète et les traits du visage de Brian Langley. Cette ressemblance lui paraît irréfutable. Hilda est la fille naturelle de Silvia Hanro et du producteur Brian Langley. Selon la reconstitution de Posie, Silvia est tombée enceinte au sommet de son ascension cinématographique, vers 1917 ou 1918, à la suite d'une liaison avec Brian. Désireuse de préserver sa carrière, elle aurait discrètement quitté les studios pour accoucher avant de confier son bébé au Foundling Hospital de Bloomsbury. Posie ignore si cette séparation a été un sacrifice douloureux ou une décision froide, mais elle se rappelle soudain que Silvia a prévu de léguer sa fortune à une œuvre pour les enfants après sa mort. Elle en déduit que cette œuvre est certainement le Foundling Hospital, signe que le souvenir de cet abandon continue de la hanter. Les circonstances de l'époque, entre la fin de la guerre, la mort récente des parents de Silvia et l'absence de Tom Moran encore hospitalisé, rendaient ce secret particulièrement facile à dissimuler. Posie envisage ensuite le rôle de Brian Langley. Elle finit par croire que celui-ci ignorait totalement l'existence de la grossesse à l'époque. Silvia aurait pu cacher son état, interrompre brusquement son travail et laisser Brian penser que leur relation s'était simplement terminée. En revanche, Pamela Hanro aurait découvert le sort réservé à l'enfant et serait intervenue sans prévenir sa sœur. Malgré son célibat et même son passé judiciaire, elle aurait réussi à obtenir la garde de Hilda après l'avoir retirée du Foundling Hospital. Cette réussite paraît presque incroyable à Posie, qui connaît la rigueur avec laquelle l'institution protège les dossiers de ses pensionnaires. Pourtant, les paroles de Pamela prennent désormais tout leur sens. Ses parents considéraient leur famille comme un bien précieux qu'il fallait défendre. Après avoir perdu presque tous les siens, Pamela s'est accrochée au seul lien de sang qui lui restait. Derrière son image de rebelle, elle apparaît finalement comme celle qui voulait préserver la famille à tout prix, contrairement à Silvia qui avait renoncé à son enfant. Posie comprend alors pourquoi les deux sœurs sont devenues irréconciliables. Pamela ne pardonne pas à Silvia d'avoir abandonné Hilda. Malgré cette haine ancienne, Posie doute toutefois que ce ressentiment, vieux de cinq ans, suffise aujourd'hui à expliquer les menaces de mort, même si Pamela reste une suspecte possible. L'enquête se concentre alors davantage sur Brian Langley. Pamela affirme ne plus avoir eu de contacts avec lui depuis des années, mais Posie sait que c'est faux. L'orchidée jaune trouvée chez Pamela ainsi qu'une lettre de celle-ci découverte sur le bureau de Brian prouvent qu'ils entretiennent encore une relation. En repensant au relevé bancaire qu'elle a examiné, Posie se souvient d'un paiement mensuel destiné à Queensgate School. Cette école se trouve tout près de l'appartement de Pamela, où Hilda vit. L'évidence s'impose aussitôt. Brian règle les frais de scolarité de sa propre fille. Il connaît donc désormais toute la vérité. Posie imagine que Pamela, incapable d'assumer seule cette charge financière, a fini par révéler le secret à Brian en lui demandant son aide tout en lui imposant le silence. Silvia, malgré son immense fortune, ne leur versait que quelques aides occasionnelles et se montrait particulièrement avare. Brian et Pamela auraient donc élevé Hilda chacun à leur manière, dans une situation aussi discrète qu'inhabituelle. Cette découverte explique également pourquoi Pamela défend Brian avec autant d'ardeur. Il s'est montré fiable au moment où elle avait le plus besoin de lui. Pourtant, Posie ne peut oublier l'homme amer qu'elle a rencontré plus tôt dans la journée. Elle imagine facilement la colère qu'il a pu ressentir en apprenant qu'on lui avait caché l'existence de sa fille pendant des années. Cherchant le véritable mobile, Posie note successivement sur une feuille les mots « HATE », « LOVE » puis « MONEY ». Elle examine chacune de ces possibilités. Brian peut éprouver de la haine envers Silvia pour lui avoir volé son rôle de père, mais si tel était le cas, pourquoi attendre plusieurs mois avant de passer à l'action. Elle envisage aussi qu'il soit toujours amoureux de Silvia, puisqu'il ne semble avoir ni épouse ni compagne, mais cette hypothèse lui paraît peu compatible avec son caractère pragmatique. Si l'amour était le moteur de cette affaire, Tom Moran constituerait un obstacle bien plus logique que Silvia elle-même. Finalement, Posie revient vers une motivation plus froide. Brian pourrait avoir besoin d'argent pour sauver les finances de Sunstar et tirer profit de la disparition de sa vedette grâce à une assurance ou à d'autres avantages financiers. Silvia, malgré son statut, pourrait être remplacée par une nouvelle actrice, ce que Brian semble déjà préparer. Pourtant, même cette explication laisse des zones d'ombre. La réputation d'avarice de Silvia, son refus répété d'aider généreusement Pamela ou même Tom Moran, ainsi que l'existence de son important fonds fiduciaire suggèrent que l'argent joue un rôle plus complexe dans cette affaire. Posie soupçonne que le devenir du Hanro Family Trust Fund pourrait constituer une clé essentielle de l'énigme. Décidée à obtenir des réponses, Posie téléphone au cabinet d'avocats Carver & Nicholas, où elle connaît personnellement Sebastian Nicholas. Leur conversation commence par des échanges amicaux. Sebastian lui annonce son prochain mariage devenu récent et l'arrivée imminente de son premier enfant, tandis qu'il la félicite pour ses propres fiançailles. Posie invente alors un prétexte, prétendant travailler comme secrétaire de Silvia afin de mettre de l'ordre dans ses affaires personnelles, puis lui demande qui héritera du fonds fiduciaire. Sebastian refuse de trahir le secret professionnel sans autorisation écrite de sa cliente. Devant l'insistance de Posie, il accepte seulement de répondre par écrit à des questions formulées de manière à ne nécessiter qu'un simple oui ou non. Il lui révèle également que Silvia a récemment été informée par le cabinet au sujet de ce fonds, détail qui intrigue profondément Posie. Alors qu'elle commence à rédiger la lettre nécessaire, la sonnette du bureau retentit malgré l'heure tardive. En regardant par la fenêtre, elle aperçoit une somptueuse Rolls Royce Phantom garée devant l'immeuble, avec son chauffeur ganté de blanc et un homme élégant en habit de soirée, haut-de-forme sur la tête et canne à la main, qui fait les cent pas avec impatience. À cette vue, le cœur de Posie se serre, annonçant une visite aussi inattendue qu'inquiétante.

24.Retrouvailles sous tension

Posie descend ouvrir la porte de son bureau après avoir aperçu une luxueuse Rolls Royce stationnée devant l'immeuble. Elle découvre avec surprise que le visiteur est Rufus, Lord Cardigeon, l'époux immensément riche de son amie Dolly et le meilleur ami de son frère défunt. Cette relation fait de Rufus l'un des rares liens qui lui restent avec son passé familial, ce qui explique l'affection profonde qu'elle lui porte. Pourtant, cette visite imprévue l'inquiète aussitôt, car elle se souvient qu'elle avait promis plus tôt de veiller sur Dolly et sait déjà qu'elle n'a pas tenu sa parole. Avant de le rejoindre, elle tente de faire disparaître les traces du repas de poisson et frites partagé avec Dolly, ramassant les restes éparpillés dans la cuisine pendant que le chat Mr Minks dort paisiblement. Une fois dehors, Rufus la salue chaleureusement mais avec une agitation inhabituelle. Son regard ne cesse de monter vers les fenêtres du bureau, comme s'il espérait y apercevoir quelqu'un. Posie remarque immédiatement que son ami a changé. Son apparence est plus mûre, son visage est marqué par une barbe soigneusement taillée et son expression, autrefois insouciante, est devenue grave. Elle craint un instant qu'il ait recommencé à boire, se rappelant combien la guerre l'avait détruit malgré les deux Victoria Cross qu'il avait reçues pour sa bravoure. Après le conflit, hanté par les morts et rongé par la culpabilité d'avoir survécu, Rufus avait sombré dans l'alcoolisme avant que sa rencontre avec Dolly ne lui permette de reprendre sa vie en main. Soulagée de ne déceler aucune odeur d'alcool, Posie l'interroge sur ce qu'il devient. Rufus lui explique qu'il s'investit désormais davantage dans la gestion de Rebburn Abbey, son domaine familial, parce que le vieux comte Cardigeon est gravement malade et approche de la fin de sa vie. Cette perspective l'amène à réfléchir à sa propre mortalité et à son avenir. Il ajoute également qu'il participe de plus en plus aux travaux de la Chambre des lords, convaincu d'avoir enfin trouvé un rôle utile dans la vie publique en essayant d'aider les autres. Posie l'écoute poliment mais sans réel enthousiasme, la politique occupant déjà une place importante dans son entourage à travers Alaric. Elle préfère rapidement mettre fin aux banalités et lui demander franchement ce qui motive réellement sa visite. Prétextant qu'elle doit jeter les emballages graisseux du repas, Posie entraîne Rufus jusqu'aux grandes poubelles situées au bout de la rue afin de pouvoir parler loin des oreilles indiscrètes, notamment de son chauffeur. En chemin, Rufus se permet une remarque blessante sur son repas et son apparence, lui rappelant qu'elle devrait faire attention à sa silhouette si elle veut entrer dans sa robe de mariée. Il va même jusqu'à lui dire qu'il l'avait trouvée jolie autrefois. Posie encaisse difficilement cette pique, lui réplique avec ironie qu'il était autrefois plus poli, puis lui pince vigoureusement le bras. Leur promenade est interrompue par la présence d'un jeune garçon pauvre fouillant les poubelles dans l'espoir de trouver de quoi manger. Rufus chasse brutalement l'enfant en agitant son haut-de-forme, le traitant de vaurien. Posie est choquée par cette réaction, d'autant plus que Rufus vient justement de prétendre vouloir consacrer sa vie au service des autres. Lorsqu'elle lui fait remarquer que le garçon ne cherche sans doute qu'à se nourrir, Rufus répond avec mépris qu'il existe différentes catégories de personnes et que cet enfant n'en vaut pas la peine. Posie défend avec force le jeune mendiant, rappelant à Rufus que tout le monde n'a pas eu la chance de naître dans une famille privilégiée comme la sienne. Cette discussion révèle une facette inattendue de Rufus, devenu plus dur et plus fermé qu'autrefois. Bien qu'il semble brièvement gêné, notamment lorsqu'il évoque ses filles d'une manière que Posie ne comprend pas complètement, il évite de revenir sur ce sujet. Une fois arrivés près des poubelles, Posie profite de l'isolement pour lui demander enfin la véritable raison de sa présence. Rufus avoue alors qu'il est venu chercher Dolly. Il s'est d'abord rendu à l'appartement de Posie sans la trouver, puis est venu jusqu'au bureau, persuadé que son épouse s'y reposait encore. Pris au dépourvu, Posie choisit de mentir afin de couvrir Dolly. Elle affirme que son amie est effectivement en train de faire une sieste après avoir partagé le repas avec elle. Cette réponse soulage immédiatement Rufus, qui retrouve un peu de sa bonne humeur et décide de ne pas la déranger avant de partir dîner au Carlton Grill. Il explique qu'il vaut mieux laisser Dolly se reposer « dans son état ». Devant l'incompréhension de Posie, il lui révèle avec naturel que Dolly est enceinte. Cette annonce bouleverse Posie, qui comprend enfin les changements de comportement observés chez son amie au cours des derniers jours. Elle s'étonne toutefois que Dolly ne lui ait rien confié, mais cache parfaitement sa surprise. Soucieuse de préserver son mensonge, elle promet à Rufus qu'elle raccompagnera elle-même Dolly plus tard dans la soirée et qu'elle ne la quittera pas des yeux. Cette promesse semble rassurer Rufus, mais Posie profite encore de l'occasion pour revenir sur les mystérieuses menaces dont il lui avait parlé auparavant. Elle lui explique qu'elle s'apprête à rencontrer le Chief Inspector Lovelace et lui demande s'il souhaite bénéficier d'une protection policière. Rufus reste hésitant et visiblement partagé entre l'envie de parler et la nécessité de se taire. Son visage rougit sous l'effet d'une émotion que Posie ne parvient pas à identifier. Elle se demande s'il agit ainsi parce que les responsables des menaces lui ont interdit d'avertir la police. Pressée par le temps, elle lui pose une dernière question essentielle avant qu'il ne remonte dans sa voiture. Dolly est-elle réellement en danger. Après un long silence, Rufus répond d'une voix basse qu'elle court effectivement un danger très grave, le pire qui soit. Il insiste cependant pour que Posie ne laisse rien paraître afin de ne pas inquiéter son épouse, estimant que son état de grossesse lui impose d'être protégée de tout stress supplémentaire. Une fois Rufus parti, Posie regagne son bureau pour récupérer son sac avant son rendez-vous avec le Chief Inspector Lovelace. C'est alors qu'elle aperçoit le jeune garçon qu'ils avaient croisé près des poubelles. L'enfant sort timidement de l'ombre et lui demande quelques pièces pour acheter de quoi manger. Il lui raconte qu'il est orphelin de mère, que son père est mort pendant la guerre et qu'il doit nourrir ses trois petites sœurs vivant dans le quartier de High Holborn. En observant son visage brûlé par le soleil et ses vêtements usés, Posie mesure toute la misère dans laquelle survivent certains enfants de Londres, aggravée encore par la chaleur étouffante de l'été. Le garçon lui rappelle Sidney, le jeune messager employé par Robbie Fontaine, et elle se réjouit intérieurement que celui-ci ait trouvé un travail lui permettant d'échapper à la rue. Sans hésiter, elle remonte dans son bureau, prend son sac et verse tout le contenu de sa bourse de monnaie dans les mains du garçon. Celui-ci s'enfuit, ravi de cette générosité inattendue. Restée seule, Posie reconnaît avec une pointe d'autodérision qu'elle est sans doute trop sensible et qu'on pourrait facilement profiter de sa bonté. Malgré cela, elle préfère conserver un cœur compatissant plutôt que de ressembler à Rufus, dont l'attitude envers le jeune mendiant lui a laissé un profond sentiment de tristesse. En repensant à leur conversation, elle réalise que son vieil ami, autrefois chaleureux et généreux malgré ses blessures de guerre, semble désormais transformé par une dureté nouvelle qui l'inquiète presque autant que les mystérieux dangers dont il refuse encore de parler ouvertement.

25.Révélations sous les Templiers

Posie se rend à pied jusqu'à l'Inner Temple pour rejoindre le Chief Inspector Lovelace, préférant marcher afin de mettre un peu d'ordre dans ses pensées après les découvertes de la journée. Elle regrette d'avoir oublié la lettre destinée au cabinet Carver and Nicholas, qu'elle devra remettre le lendemain matin, et porte avec elle un grand sac de chez Gamages contenant une magnifique poupée achetée depuis plusieurs mois pour le premier anniversaire de Phyllis, la fille de Richard Lovelace dont elle est la marraine. Ce cadeau coûteux est autant un témoignage d'affection qu'une façon de compenser sa culpabilité de ne pas avoir rendu visite à l'enfant depuis longtemps. En traversant Bloomsbury, Holborn puis le Strand, elle observe la foule élégante installée aux terrasses des cafés où les jeunes avocats et leurs compagnes profitent de la douceur de la soirée en buvant les cocktails à la mode. Elle se sent soudain plus âgée dans sa robe noire pratique, loin de l'insouciance de ces groupes qui semblent mener une existence légère. Elle remarque notamment le célèbre cocktail Bee's Knees et songe qu'elle aimerait un jour le goûter avec Alaric lorsqu'il reviendra. Alors qu'elle poursuit sa route, un homme séduisant mais visiblement déjà ivre l'interpelle avec un sifflement admiratif et l'invite à partager un verre avec lui. Au moment où Posie s'apprête à décliner poliment, son attention est attirée par une femme aperçue dans le café. Pendant un instant, elle est persuadée qu'il s'agit de Silvia Hanro tant sa silhouette, sa taille et son allure lui ressemblent. Mais la femme se retourne et révèle une longue tresse brune, très différente de la chevelure blonde de l'actrice. Intriguée par cette ressemblance trompeuse, Posie poursuit néanmoins son chemin, amusée d'avoir été distraite de ses préoccupations. Les cloches de St Clement Danes annoncent neuf heures lorsqu'elle arrive près des Royal Courts of Justice avant de franchir l'imposante entrée de l'Inner Temple, où le tumulte de Londres laisse place à une atmosphère paisible et presque intemporelle. En pénétrant dans les jardins de l'Inner Temple, Posie retrouve le calme caractéristique des Inns of Court. Les allées bordées de roses, les bâtiments anciens et la célèbre Temple Church lui inspirent une profonde nostalgie. En apercevant cette église ronde construite par les Templiers et les tombeaux des chevaliers qui reposent à l'intérieur, elle se souvient des concerts de Noël auxquels elle participait enfant avec ses parents et son frère Richard. Ces souvenirs heureux sont aussitôt assombris par la pensée de son frère, mort à la guerre comme tant d'autres jeunes hommes, sans bénéficier de la majesté des tombeaux des anciens chevaliers. Le contraste entre les héros de pierre et les soldats anonymes disparus la bouleverse. Devant les portes désormais fermées de l'église, un portier lui explique que les grilles seront bientôt verrouillées et qu'il faudra l'avertir lorsqu'elle souhaitera repartir. Peu après, Richard Lovelace arrive enfin. Malgré la chaleur étouffante qui l'accable dans sa tenue de cérémonie, il accueille chaleureusement Posie et accepte avec reconnaissance le cadeau destiné à sa fille. Posie remarque immédiatement la médaille brillante qu'il porte autour du cou. Embarrassé, Lovelace minimise cette distinction, mais l'arrivée du Sergeant Binny met fin à sa modestie. Binny révèle avec enthousiasme que son supérieur vient de recevoir le Blue Plume, la plus haute récompense accessible dans la police sans avoir perdu la vie en service, saluant ainsi ses mérites exceptionnels. Après quelques plaisanteries, les trois enquêteurs s'installent discrètement sur un banc, dans l'ombre de la Temple Church, afin de discuter loin des oreilles indiscrètes. L'obscurité grandissante et le silence des lieux leur offrent un cadre idéal pour échanger à voix basse sur une affaire devenue particulièrement complexe. Invitée à faire le point, Posie raconte en détail les événements de la journée. Elle décrit les menaces de mort visant Silvia Hanro, l'atmosphère pesante de Worton Hall ainsi que les nombreux personnages énigmatiques gravitant autour de la vedette. Une fois son récit terminé, Lovelace avance une première hypothèse. Selon lui, Silvia pourrait avoir elle-même orchestré toute cette mise en scène afin de susciter un regain d'intérêt autour de son nouveau film. Faire appel à une détective aussi réputée que Posie donnerait une crédibilité supplémentaire à cette opération publicitaire, tandis que son refus d'impliquer officiellement la police irait dans le même sens. Posie rejette catégoriquement cette théorie. Bien qu'elle ait elle-même envisagé cette possibilité lors de leur première rencontre, elle affirme désormais que Silvia n'est pas le genre de femme à recourir à de telles manipulations. Malgré les secrets qu'elle cache, Posie estime qu'elle possède une véritable intégrité professionnelle et une détermination sincère. Elle explique également que Silvia est extrêmement riche grâce à un fonds familial, même si elle se montre particulièrement avare envers son entourage. Le Sergeant Binny confirme les renseignements recueillis auprès de Scotland Yard. Les archives policières ne contiennent aucun élément compromettant à son sujet. Sa réputation est irréprochable, elle travaille avec sérieux, n'est mêlée à aucun scandale et jouit d'une image presque parfaite. Cette perfection même intrigue Lovelace, qui se demande si elle n'est pas trop irréprochable pour être totalement crédible. Posie insiste néanmoins sur le fait que la menace est bien réelle, notamment à cause du doigt humain reçu par Silvia, un objet bien trop macabre pour n'être qu'un simple stratagème publicitaire. Lovelace partage son avis en partie. Il pense que ce doigt ne provient probablement pas d'une victime récente mais d'un ancien spécimen conservé, car Posie y a reconnu l'odeur caractéristique du formaldéhyde. Cette conclusion le rassure quelque peu puisqu'elle semble écarter l'idée d'un meurtrier en série, mais un autre détail continue de le troubler. Le Chief Inspector explique alors que l'élément le plus significatif n'est pas le doigt lui-même mais le cercle de feuille dorée qui l'entourait. Comme il s'agissait de l'annulaire de la main gauche, il considère que cette feuille imitait délibérément une alliance ou une bague de fiançailles. Pour lui, cet objet constituait un symbole destiné à transmettre un message précis à Silvia Hanro. L'amour, rappelle-t-il, demeure l'un des mobiles les plus fréquents des crimes, qu'il s'agisse de passion, de jalousie ou d'attachement dévoyé. Cette fausse bague suggère donc qu'une relation sentimentale ou un engagement secret se cache derrière les menaces. Posie reconnaît qu'elle n'avait pas interprété ce détail de cette manière et admire une nouvelle fois la perspicacité de Lovelace, estimant que sa récente distinction est pleinement méritée. Elle repense alors à sa conversation avec Silvia dans sa loge et comprend que l'actrice lui dissimulait effectivement plusieurs aspects essentiels de sa vie privée. Elle révèle d'abord que Silvia entretient une supercherie concernant Robbie Fontaine et qu'il n'est pas son véritable compagnon, précisant qu'elle cache en réalité un autre homme dont elle ne peut rendre publique l'existence parce qu'un mariage ruinerait sa carrière. Cette révélation provoque la stupéfaction de Lovelace et de Binny. Posie poursuit ensuite en exposant tout ce qu'elle a découvert chez Brian Langley et Pamela Hanro. Elle raconte l'existence de la petite Hilda Hanro, fille de Silvia et de Brian, élevée par Pamela à l'insu de sa mère biologique, ainsi que les liens actuels entre Pamela et Brian qui coopèrent désormais pour prendre soin de l'enfant sans que Silvia en soit informée. Lorsque Posie termine ce récit, un profond silence s'installe. Lovelace, abasourdi par l'accumulation de secrets familiaux, résume parfaitement leur désarroi en reconnaissant que cette affaire ressemble désormais à une véritable boîte de Pandore dont il est difficile de savoir par quel mystère commencer l'enquête.

26.Les secrets de Tom Moran

Sous la faible lumière d'une lampe à huile, Posie, le Chief Inspector Lovelace et le sergent Binny poursuivent leur réunion confidentielle afin d'évaluer les menaces qui pèsent sur Silvia Hanro. Lovelace s'inquiète de savoir si l'actrice court un danger immédiat, mais Posie explique qu'elle est convaincue que l'auteur des lettres anonymes et du doigt envoyé comme avertissement a fixé le meurtre au lendemain. Selon elle, tout indique une mise en scène soigneusement planifiée, probablement destinée à avoir un fort retentissement public lors de la fête prévue, et elle soupçonne même qu'une arme à feu pourrait être utilisée. Cette précision dans les menaces lui fait penser que le coupable suivra son propre calendrier et ne passera pas à l'action avant le moment annoncé. Lovelace accepte ce raisonnement et demande alors de reprendre méthodiquement l'étude des principaux suspects. Le sergent Binny ouvre son sac rempli de notes accumulées grâce à ses recherches dans les archives policières, les registres d'état civil, les dossiers militaires et les journaux. Posie remarque les efforts que fournit le jeune policier pour impressionner son supérieur, conscient que sa future promotion dépend de ses performances. Ils commencent par Robbie Fontaine. Posie rappelle qu'il est dépendant à la cocaïne, qu'il est en réalité marié à une certaine Sheila et que la relation amoureuse affichée avec Silvia n'est qu'une façade destinée au public. Malgré cela, elle ne le croit pas capable d'assassiner l'actrice. Binny ajoute que Robbie travaillait déjà dans le cinéma avant la guerre et que sa carrière a véritablement décollé pendant le conflit, lorsque beaucoup d'acteurs étaient partis au front. Contrairement à eux, il est resté en Grande-Bretagne en obtenant un statut de service jugé utile grâce aux films destinés au moral des troupes. Lovelace souligne que la consommation de cocaïne est devenue presque banale dans le milieu du cinéma, rappelant l'affaire Billie Carleton, une actrice morte après une soirée mondaine en 1918, dont le décès avait révélé l'ampleur de la toxicomanie parmi les célébrités. Binny révèle que Robbie était présent cette nuit-là au Savoy Hotel, mais que son nom avait été soigneusement écarté de l'enquête publique. Selon lui, Brian Langley aurait utilisé son influence pour empêcher que son acteur vedette soit compromis, quitte à corrompre ou intimider certaines personnes. Cette révélation renforce l'image d'un homme puissant, capable d'agir sans scrupules lorsque ses intérêts sont menacés. La conversation se tourne alors vers Brian Langley lui-même, que Posie considère désormais comme le suspect le plus inquiétant. Elle rappelle son tempérament colérique et étrange, ainsi que son obsession pour les orchidées rares, dont plusieurs espèces sont toxiques. Le fait que ces fleurs décorent actuellement la loge de Silvia lui paraît troublant, même si elle ignore encore quel mobile pourrait pousser Langley à vouloir tuer sa vedette précisément maintenant. Binny enrichit considérablement ce portrait. Il explique que Langley ne cultive pas les orchidées par simple passion mais qu'il dirige un commerce extrêmement lucratif avec les États-Unis. Les ventes de ces plantes rapportent parfois davantage que les activités de son studio Sunstar Films, tout en restant parfaitement légales malgré les nombreuses inspections des douanes. Plus étonnant encore, Binny révèle que Langley était avant-guerre un remarquable tireur sportif. Ancien capitaine d'un club de tir de Richmond, il possédait une importante collection d'armes à feu et remportait régulièrement des compétitions. Pendant la guerre, il s'est finalement engagé tardivement comme officier et a participé à la bataille d'Amiens, où il a fait preuve d'un courage exceptionnel récompensé par la Victoria Cross, la plus haute décoration militaire britannique. Pourtant, depuis son retour, il refuse de parler de cet épisode, a remis officiellement toutes ses armes à la police après l'armistice et semble avoir abandonné totalement cette passion. Lovelace pense que les horreurs du front l'ont profondément marqué, mais Posie reste prudente. Même sans posséder officiellement d'armes, Langley conserve forcément son talent de tireur, et rien ne garantit qu'il ait réellement rendu tous ses fusils ou revolvers. Cette possibilité donne un poids nouveau à l'hypothèse d'un meurtre par balle. Ils évoquent ensuite brièvement Pamela Hanro, sans découvrir d'éléments supplémentaires au-delà de son passé de suffragette et du secret entourant l'enfant de Silvia. Posie comprend également que l'absence de Brian pendant la guerre explique comment Silvia avait pu cacher la naissance de la petite Hilda sans qu'il en sache rien. Chaque nouvelle information complique davantage les liens entre les différents protagonistes et montre que chacun cache une partie importante de son histoire. Enfin, le groupe s'intéresse à Tom Moran, le véritable compagnon de Silvia. Posie décrit un homme d'une grande beauté malgré les terribles blessures qui lui ont arraché une partie du visage pendant la bataille d'Ypres. Elle le sent amer, fier et profondément meurtri par son destin. Sa situation lui paraît particulièrement douloureuse. Il doit assister quotidiennement à la fausse romance entre Silvia et Robbie Fontaine, cacher son propre amour afin de préserver la carrière de l'actrice et accepter un emploi flou chez Sunstar Films, financé par Brian Langley. Lovelace reconnaît que cette existence pourrait rendre fou n'importe qui, mais Posie souligne que les anciens combattants mutilés peinent à retrouver du travail et que Tom préfère probablement rester près de Silvia plutôt que de tout abandonner. Financièrement, il ne semble pourtant pas avantagé par un éventuel décès de la jeune femme, puisque son testament lègue ses biens à une œuvre caritative, probablement l'hôpital pour enfants abandonnés où elle a confié son bébé, tandis que son important fonds familial ne reviendrait qu'à un époux légal. C'est alors que Binny annonce une découverte stupéfiante. Après avoir vérifié les registres de naissance et de décès, il affirme que Tom Moran est mort en 1910 à l'âge de cinq ans et qu'aucun autre homme portant ce nom n'existe dans les archives du pays. Le compagnon de Silvia a donc emprunté l'identité d'un enfant décédé, dont la tombe se trouve près d'un pub d'Isleworth, ce qui explique probablement comment ce nom a été choisi. Toutes les recherches complémentaires, y compris dans les dossiers militaires, se sont révélées infructueuses. Lovelace conclut que cet homme cache sa véritable identité, mais personne ne comprend encore pourquoi. Cette révélation bouleverse Posie, qui réalise que l'homme qu'elle croyait connaître n'est qu'une illusion soigneusement construite. Leur discussion est interrompue par des coups violents frappés contre la porte de l'Inner Temple. Lady Cardigeon, accompagnée du journaliste Sam Stubbs, demande à entrer d'urgence. Malgré la méfiance de Lovelace envers la présence d'un représentant de la presse, Dolly insiste sur le fait que Sam est déjà au courant de nombreux éléments. Essoufflée mais visiblement très excitée, elle sort un document de son sac et annonce qu'elle possède précisément des informations concernant Tom Moran. Lorsqu'elle apprend que les enquêteurs viennent eux aussi de découvrir que cet homme n'existe pas officiellement, elle paraît un instant décontenancée avant d'affirmer avec enthousiasme qu'elle a malgré tout quelque chose d'important à leur révéler.

27.Le fantôme derrière le masque

La réunion nocturne entre Posie, le chef inspecteur Lovelace, le sergent Binny, Dolly et le journaliste Sam Stubbs prend un tournant décisif lorsque Dolly explique l'intuition qui l'a poursuivie toute la journée à Worton Hall. Le visage mutilé de Tom Moran lui semblait étrangement familier, sans qu'elle puisse d'abord en comprendre la raison. Sur le chemin du retour, elle se souvient soudain d'un acteur célèbre d'avant-guerre et fait détourner sa voiture vers les archives de l'Associated Press afin de vérifier son hypothèse. Les photographies conservées dans les journaux confirment son pressentiment. Tom Moran est en réalité Mark Paris, immense vedette du cinéma britannique avant la guerre, dont tout le pays croyait qu'il avait disparu sur le front en 1917. Cette révélation stupéfie l'assemblée. Sam Stubbs rappelle que des milliers d'admiratrices envoyaient des lettres à la star lorsqu'il combattait et que sa disparition avait provoqué une véritable vague de deuil dans le public. Posie examine attentivement le portrait de Mark Paris. Malgré la ressemblance des yeux, elle comprend pourquoi personne n'avait fait le rapprochement. L'homme photographié possède une chevelure noire soigneusement coiffée, un visage parfaitement sculpté et l'allure d'un séducteur, alors que Tom est désormais blond, atrocement défiguré et méconnaissable. Dolly souligne que la couleur noire de ses cheveux n'était qu'un artifice imposé par Sunstar Films et que son blond naturel est resté caché pendant toute sa carrière. Cette découverte éclaire soudain de nombreux détails qui avaient intrigué Posie. Elle comprend enfin pourquoi Silvia Hanro admirait tant son compagnon et pourquoi elle parlait de lui comme d'un homme ayant été fait pour devenir une vedette de cinéma. Elle réalise également l'ampleur de la tragédie vécue par Mark Paris. Avant la guerre, son visage constituait sa fortune et sa célébrité. Après ses blessures, il est condamné à vivre dans l'ombre, employé modestement par la même compagnie où il avait autrefois régné comme vedette incontestée. Posie éprouve une profonde compassion pour cet homme fier, obligé d'assister au triomphe de nouvelles stars tandis que sa propre carrière est définitivement détruite. Elle se demande pourquoi il a préféré laisser croire à sa mort plutôt que d'affronter la pitié du public. Peut-être désirait-il seulement recommencer une existence anonyme sous un autre nom. Lovelace fait remarquer qu'adopter une nouvelle identité n'a rien d'illégal, et Posie souligne que Mark Paris n'a jamais affirmé être mort. Les autres l'ont simplement supposé après sa disparition au combat. En réfléchissant, Posie se souvient avoir aperçu plus tôt dans la journée la même photographie de Mark Paris dans la chambre de Mrs Thynne à Worton Hall, posée parmi d'autres souvenirs. Dolly estime qu'il ne s'agit probablement que d'un ancien portrait de vedette, comme beaucoup de femmes en possédaient autrefois, mais Posie reste méfiante et refuse de croire aux simples coïncidences. La conversation est interrompue lorsque Lovelace interroge Sam Stubbs sur sa présence. Le journaliste révèle qu'il n'est pas venu uniquement accompagner Dolly. Il sort un télégramme reçu quelques heures plus tôt et le montre au groupe. Le message lui ordonne de se rendre le lendemain à midi à Worton Hall, en lui promettant le plus grand scoop de sa carrière, car Silvia Hanro est censée mourir. La formulation glaçante convainc immédiatement Posie qu'il ne s'agit plus seulement de menaces anonymes mais d'une véritable annonce publique de meurtre. Sam précise que plusieurs autres rédactions ont reçu exactement le même télégramme. Lovelace envisage brièvement que Brian Langley ait voulu attirer les journalistes pour faire parler de son film, mais Posie rejette cette hypothèse. Langley déteste la presse et souhaite réserver la réception aux investisseurs et aux invités importants. Ils concluent donc que l'auteur des lettres cherche volontairement un public nombreux afin de transformer l'assassinat annoncé en spectacle. Avant de partir, Sam promet de garder le secret sur la véritable identité de Tom Moran, même s'il affirme qu'aucune force ne l'empêchera d'assister à la fête du lendemain. Une fois le journaliste parti, Lovelace décide que la réception de Worton Hall relève désormais officiellement de la police. Il prévoit d'organiser une importante protection autour de Silvia Hanro afin d'empêcher que les menaces ne soient mises à exécution. Posie profite alors de la présence du sergent Binny pour revenir sur Hector Mallow, l'homme que plusieurs personnes considèrent comme un dangereux admirateur obsessionnel de Silvia. Binny présente les résultats de son enquête. Mallow est un ancien professeur de sciences très cultivé qui a perdu successivement plusieurs postes après s'être épris de femmes mariées, notamment de l'épouse d'un proviseur. Sa réputation s'est progressivement ruinée jusqu'à le rendre pratiquement inemployable. Désormais réduit à une vie misérable, il survit dans une modeste chambre de Soho et travaille la semaine à l'hôpital Middlesex comme assistant à la morgue. Son comportement actuel consiste surtout à suivre l'actrice Meggie Albanesi. Chaque soir, il s'installe dans le même café qu'elle, boit du thé et la fixe longuement sans jamais commettre d'agression. La police le considère davantage comme un importun que comme un véritable criminel. Cependant, lorsque Binny mentionne son emploi à la morgue, Posie et Lovelace établissent immédiatement un lien avec le doigt humain envoyé à Silvia. Cet accès quotidien à des cadavres fait soudain de Mallow un suspect beaucoup plus crédible. Lovelace décide aussitôt qu'il faut agir avant la réception du lendemain et tente d'organiser l'arrestation préventive d'Hector Mallow. Binny, plus méthodique, lui rappelle toutefois qu'aucune preuve ne relie encore cet homme au doigt sectionné ni aux lettres de menace. Juridiquement, Mallow n'a commis aucun délit et la police ne dispose d'aucun motif valable pour l'inculper. Le chef inspecteur cherche maladroitement un prétexte légal, évoquant une éventuelle entrave à une enquête ou un trouble à l'ordre public, mais le sergent démonte chacune de ces possibilités en rappelant qu'aucune enquête officielle n'est ouverte et que boire du thé dans un café n'est pas un crime. Malgré ces objections, Lovelace ordonne qu'une voiture soit préparée. C'est alors que Dolly intervient avec son expérience du monde du spectacle. Sachant que Meggie Albanesi joue tous les soirs au théâtre Ambassadors dans une pièce à succès, elle explique que son admirateur se présentera probablement près de la sortie des artistes vers dix heures dix. Ce lieu sera bien plus discret que le café où elle se rend ensuite et permettra éventuellement de l'intercepter sans attirer une foule de curieux. Lovelace adopte immédiatement cette stratégie et fait modifier l'itinéraire de ses hommes. Posie accepte de les accompagner, même si un doute persistant la gagne. Plus elle réfléchit, plus Hector Mallow lui paraît presque trop parfait comme coupable. Elle se rappelle également que c'est Brian Langley qui avait attiré son attention sur cet homme, ce qui nourrit sa méfiance. Alors que tout le monde s'apprête à partir vers le théâtre, un agent apporte en urgence un message venu de Scotland Yard. Lovelace lit rapidement la note et son expression s'assombrit. Brian Langley vient de téléphoner pour demander officiellement l'intervention de la police. La situation vient de s'aggraver brusquement, car Silvia Hanro a disparu.

28.Les secrets sous la pluie

Dans la voiture de police qui traverse Londres de nuit, Chief Inspector Lovelace réfléchit à la disparition de Silvia Hanro et tente de rassurer Posie Parker en affirmant qu’il faudra attendre avant de pouvoir agir officiellement. Une personne disparue n’est considérée comme telle qu’après vingt-quatre heures, même dans des circonstances inquiétantes. Posie, cependant, reste troublée par ce qu’elle a vu plus tôt dans la soirée et se demande pourquoi Brian Langley a immédiatement alerté la police. Elle soupçonne que la disparition de Silvia pourrait être liée à quelque chose de plus personnel qu’une simple sortie nocturne. Dolly insiste pour accompagner Posie à Worton Hall le lendemain et propose de rester avec elle pendant la nuit, à condition de prévenir Rufus de son déplacement. Lovelace accepte finalement de faire surveiller l’appartement de Posie par Constable McCrae afin de rassurer Rufus au sujet de la sécurité de Dolly. L’équipe se rend ensuite au théâtre des Ambassadors, où Meggie Albanesi joue dans The Lilies of the Field. Sur place, Lovelace, Posie et les policiers organisent une surveillance discrète de la sortie des artistes afin de retrouver Hector Mallow, le mystérieux admirateur de Silvia Hanro et de Meggie Albanesi. Dolly et Sergeant Binny entrent dans le théâtre en se faisant passer pour un couple et repèrent rapidement l’homme recherché. Hector Mallow est conduit auprès des policiers sans résistance. Il apparaît comme un homme nerveux, étrange et négligé, portant des cheveux teints en noir, une moustache artificielle et dégageant une odeur de produits médicaux qui rappelle son travail de technicien de morgue au Middlesex Hospital. Malgré son apparence inquiétante, il affirme n’avoir rien fait d’illégal et reproche aux policiers de le surveiller sans raison. Lovelace interroge Hector Mallow au sujet de son admiration pour les actrices. Dolly remarque alors que ses goûts semblent changer selon la popularité des femmes qu’il suit, passant de Silvia Hanro à Meggie Albanesi lorsque cette dernière devient plus célèbre. Mallow reconnaît qu’il recherche surtout les vedettes en pleine ascension et minimise son intérêt pour Silvia, qu’il considère comme une star dépassée et presque trop âgée. Cette remarque agace profondément Posie, qui perd la compassion qu’elle pouvait avoir pour lui. Elle apprend également que Mallow était présent à Worton Hall le dimanche précédent et qu’il avait été expulsé des lieux par Reggie Jones. L’homme explique qu’il s’y était rendu pour gagner un peu d’argent comme figurant et pour revoir Silvia une dernière fois avant la fin du tournage, car il pensait que Sunstar Films était en difficulté. Il révèle aussi qu’il compte revenir à la fête prévue à Worton Hall, où il espère revoir Silvia tout en profitant de l’occasion pour approcher Meggie Albanesi. Lovelace envisage d’emmener Hector Mallow au poste, mais celui-ci fournit soudain une preuve de son innocence. Il montre des papiers attestant qu’après avoir quitté Worton Hall le dimanche, il a subi une violente crise d’asthme et a été hospitalisé au Middlesex Hospital jusqu’à sa sortie le soir même. Les documents couvrent toute la période suspectée, obligeant Lovelace à le relâcher malgré ses soupçons. Alors que l’orage éclate et que la pluie commence à tomber, Posie se souvient toutefois d’un détail qui pourrait avoir son importance. Elle retourne interroger Mallow avant son départ et lui demande ce qui s’est réellement passé à Worton Hall ce dimanche-là. Hector Mallow raconte alors plusieurs événements troublants. Il explique qu’il a entendu Tom Moran, l’homme au visage mutilé qui travaille désormais pour Sunstar Films, se disputer violemment avec une femme inconnue dans le couloir près de la salle des figurants. Il n’a pas vu son visage clairement, mais elle était mince, brune et peu séduisante selon lui. La dispute semblait concerner de l’argent, car il a entendu Tom Moran crier qu’il ne donnerait pas un seul sou et que cette situation ne signifiait rien pour lui. Posie se demande immédiatement si quelqu’un tente de faire chanter Tom au sujet de sa véritable identité de Mark Paris. Mallow ajoute ensuite que Silvia Hanro semblait bouleversée ce jour-là, incapable de se concentrer pendant le tournage et visiblement en train de cacher qu’elle avait pleuré. Plus tard, il l’a vue dans un bosquet derrière le studio avec Brian Langley, dans une conversation très tendue. Il n’a pas entendu les paroles de Silvia, mais il a clairement entendu Langley lui ordonner de se ressaisir et répéter plusieurs fois des phrases comme « Pas maintenant » et « Hors de question ». La fin de leur dispute l’a particulièrement marqué, car il a entendu Brian Langley dire que cela n’arriverait « que par-dessus son cadavre, ou le sien ». Sous la pluie battante, Posie repart vers la voiture de police en réfléchissant à ces nouveaux éléments, consciente que chaque réponse semble ouvrir davantage de questions sur les secrets entourant Silvia Hanro.

29.L’orage des secrets intimes

De retour à Museum Chambers après une journée éprouvante, Posie Parker et Dolly observent la pluie violente et les éclairs depuis la fenêtre du salon. La présence rassurante de Constable McCrae, installé dans la chambre d’Alaric pour veiller sur elles pendant la nuit, ne suffit pas à dissiper les inquiétudes de Posie. Dolly plaisante sur cette protection policière qu’elle trouve excessive, mais Posie cache ses véritables raisons. Elle reste préoccupée par les dangers possibles qui entourent Silvia Hanro et par la disparition de la jeune actrice. Elle se demande où Silvia peut bien être, si elle a simplement profité d’une soirée de liberté loin de Worton Hall ou si quelque chose de plus grave lui est arrivé. Les événements de la journée défilent dans son esprit, depuis Pamela Hanro et ses secrets jusqu’à Robbie Fontaine, Brian Langley, Tom Moran et Hector Mallow. Posie cherche à assembler les pièces du mystère. Elle se demande si Pamela Hanro, qui connaît la véritable identité de Tom Moran en tant que Mark Paris, pourrait être liée à la dispute entendue par Hector Mallow. Elle envisage même l’hypothèse troublante que la personne menacée par un chantage puisse à son tour devenir maître chanteur. Elle repense aussi au comportement agressif de Robbie Fontaine, aux capacités mystérieuses de Brian Langley et à l’inquiétude qui l’a poussé à prévenir la police. Tom Moran, ou plutôt Mark Paris, lui inspire toujours une grande compassion, car elle imagine la souffrance d’un ancien acteur célèbre obligé de vivre caché après avoir perdu son visage et sa carrière. Pendant ce temps, Hector Mallow doit probablement se trouver à Ciro’s, continuant à mettre Meggie Albanesi mal à l’aise. À toutes ces préoccupations s’ajoute celle de Dolly, ainsi que le malaise grandissant de Posie concernant Alaric. Assise dans son salon, entourée de souvenirs personnels, Posie est rattrapée par ses propres incertitudes. Le décor familier de son appartement lui apporte un bref réconfort, mais la vision d’une boîte contenant sa tenue de mariage fait remonter ses doutes. Elle avait acheté cette tenue plusieurs mois auparavant après ses fiançailles avec Alaric, mais aucune date de mariage n’a jamais été fixée et les démarches administratives qu’elle avait entreprises sont désormais expirées. En voyant la boîte, Dolly comprend que quelque chose ne va pas et interroge doucement son amie sur sa relation avec Alaric. Posie finit par avouer ses peurs. Depuis le départ d’Alaric, leurs échanges sont devenus rares et elle craint qu’il ait rencontré quelqu’un d’autre. Elle se sent abandonnée et ridicule d’avoir attendu sans obtenir de véritables projets communs. Dolly tente de lui redonner confiance et lui rappelle que Posie a construit sa propre réputation et sa propre valeur. Elle affirme qu’Alaric est chanceux d’avoir une femme comme elle et évoque même la manière dont Chief Inspector Lovelace semble la regarder avec admiration. Posie rejette cette idée, rappelant que Lovelace est marié, mais Dolly insiste sur le fait que son amie sous-estime son propre charme. Elle critique également Alaric sur certains aspects pratiques, soulignant qu’il profite peut-être davantage de leur relation qu’il ne lui apporte. Elle rappelle qu’il vit gratuitement chez Posie lorsqu’il est à Londres et qu’il dispose malgré tout de ressources financières grâce à ses activités et à son héritage. Posie défend Alaric, expliquant que ses voyages et ses recherches consomment beaucoup de son argent, mais elle reconnaît que les remarques de Dolly la font réfléchir. Dolly estime finalement que ces mois de fiançailles peuvent être utiles pour permettre aux deux amoureux de comprendre ce qu’ils veulent réellement. Posie affirme pourtant qu’elle aime Alaric, même si elle a toujours eu tendance à s’attacher à des hommes difficiles à atteindre. La conversation entre les deux femmes prend une tournure plus personnelle lorsque Dolly confie qu’elle se reconnaît peut-être dans Alaric, car elle aussi se sent profondément voyageuse et indépendante. Posie s’interroge sur cette remarque, mais leur échange est interrompu par la sonnette de la porte à une heure proche de minuit. Craignant un nouvel événement inquiétant, Posie rejoint rapidement Constable McCrae, qui s’est réveillé dans sa chambre, et vérifie l’identité du visiteur. Il s’agit seulement de Ted, le portier de Museum Chambers, venu apporter un télégramme urgent et personnel qui avait été mis de côté plus tôt dans la soirée. Après avoir remercié Ted et lui avoir donné un pourboire, Posie referme la porte et ouvre le message avec appréhension. Le télégramme vient d’Alaric, envoyé depuis Paris à six heures du soir. En quelques mots seulement, il lui annonce qu’il rentre à la maison et qu’ils doivent parler de quelque chose d’important et d’urgent. La nouvelle laisse Posie bouleversée, car elle comprend que son retour annonce une conversation qu’elle redoute autant qu’elle l’attend.

30.Les apparences se fissurent

Posie est saisie d’angoisse après avoir reçu un télégramme d’Alaric dont le contenu lui semble annoncer une catastrophe imminente. Son mauvais pressentiment des derniers jours, ainsi qu’un rêve inquiétant, prennent soudain une signification terrifiante. Elle reste incapable de pleurer ou d’exprimer sa peur, d’autant qu’elle a des invités à la maison, jusqu’à ce que Dolly apparaisse et lise le message. Dolly tente de la rassurer en interprétant différemment les mots d’Alaric, soulignant qu’il l’a appelée « darling » et qu’il a annoncé son retour. Selon elle, il a probablement écrit le télégramme à la hâte sans réfléchir à la portée de ses paroles. Elle pousse Posie à ne pas se torturer davantage et décide plutôt de lui préparer une surprise pour le retour d’Alaric et la fête prévue le lendemain. Dolly transforme alors la soirée en séance de beauté improvisée. Elle installe Posie près de la fenêtre, sort des serviettes, un bol d’eau et des produits de coiffure, puis lui propose de devenir blonde pour quelques jours. Posie hésite devant l’idée de modifier ses cheveux courts et bruns, mais accepte finalement. Dolly utilise une teinture spéciale venue d’Amérique qu’elle a empruntée à l’actrice Silvia Hanro, affirmant qu’elle donnera à Posie une couleur de blonde argentée digne d’une vedette de cinéma. L’application du produit est désagréable, l’odeur chimique est forte et la teinture endommage même le fauteuil en osier sur lequel Posie est assise. Pendant le temps de pose, Posie remarque que Dolly cache une fatigue profonde derrière son agitation constante et profite de l’occasion pour l’interroger sur le bébé dont elle attend la naissance. Dolly finit par avouer qu’elle traverse une période de grande souffrance intérieure depuis la naissance de ses jumelles. Dolly confesse qu’elle aime ses filles mais qu’elle n’a jamais réussi à ressentir la joie maternelle qu’elle imaginait devoir éprouver. Depuis plus d’un an, elle vit dans une tristesse persistante, avec l’impression d’être une mauvaise mère. Elle apprécie les moments passés avec les enfants, mais ressent aussi un soulagement lorsqu’elle quitte leur chambre. Elle a honte de ces sentiments et n’a jamais osé les exprimer, préférant faire semblant que tout allait bien. Maintenant qu’elle est enceinte d’un autre enfant, elle redoute de revivre la même expérience et pense ne pas pouvoir supporter une nouvelle période de désespoir. Posie lui demande si elle en a parlé à Rufus, mais Dolly explique qu’il est presque toujours absent, partagé entre ses responsabilités à la Chambre des Lords et ses inquiétudes concernant son père malade à Rebburn Abbey. Dolly raconte également que sa relation avec le père de Rufus s’est étonnamment améliorée depuis la naissance des jumelles. Alors qu’elle l’avait autrefois détesté, elle reconnaît qu’il s’est montré affectueux et attentionné envers les enfants, bien plus qu’elle ne se sent capable de l’être elle-même. Elle ajoute qu’elle lui sera profondément attachée malgré leurs anciennes tensions. En poursuivant ses confidences, elle évoque Violette, l’ancienne nounou française qui l’a aidée à traverser cette période difficile. Violette venait de Paris, parlait français avec Dolly et avait commencé à apprendre quelques mots de cette langue aux enfants. Dolly regrette de n’avoir jamais visité Paris malgré ses origines françaises et raconte qu’elle avait prévu d’y aller avec Violette. Lorsque Posie lui demande ce qui est arrivé à la nounou, Dolly révèle que Rufus l’a renvoyée environ un mois auparavant. Posie comprend que cette décision doit être liée aux menaces reçues par Rufus et aux mesures prises pour surveiller et protéger sa famille, même si elle ne peut pas expliquer ses soupçons à Dolly. Tout en terminant la transformation de Posie, Dolly affirme que Rufus est surtout préoccupé par la possibilité que le français devienne la langue de la famille et que son futur héritier parle cette langue. Elle pense aussi que Rufus veut absolument que le prochain bébé soit un garçon, car la maladie de son père l’a forcé à réfléchir à la succession, au titre de comte et à l’avenir de Rebburn Abbey. Posie doute que Rufus puisse être aussi obsédé par ces questions, mais Dolly insiste sur le fait que l’arrivée d’un héritier masculin est devenue une priorité pour lui. Elle révèle ensuite un secret personnel en annonçant qu’elle a quarante et un ans, bien plus âgée que Posie ne le croyait et plus âgée que Rufus ne le savait lorsqu’ils se sont rencontrés. Pour Dolly, ses grossesses sont des miracles qui risquent de ne pas se reproduire. Lorsqu’elle montre enfin le résultat à Posie, celle-ci découvre un visage presque étranger, entouré d’une chevelure argentée qui accentue son air inquiet. Elle prétend aimer cette nouvelle apparence pour ne pas décevoir Dolly, mais intérieurement elle ne se reconnaît pas. Après cette longue journée, Posie peine à trouver le sommeil malgré son épuisement. Tandis que l’orage continue dehors et que les rideaux bougent dans le vent, elle repense aux personnes qu’elle a perdues au cours de sa vie. Elle songe à son père, à son frère Richard, à son premier fiancé Harry Briskow, mais aussi aux liens brisés avec sa mère Zelda, partie lorsqu’elle avait douze ans, avec Len Irving, son ancien associé devenu presque un compagnon, et avec son neveu Harry, fils illégitime de son frère défunt. Ses pensées reviennent ensuite vers Alaric et la photographie qu’elle garde près de son lit. Elle aime cette image où il apparaît heureux et rayonnant, mais elle remarque avec tristesse qu’elle n’a jamais réussi à provoquer chez lui un sourire aussi libre. Elle associe cette photographie à l’époque où Alaric était lié à Cosima Catchpole, une femme qui avait été sa maîtresse pendant plusieurs années et dont la relation avec lui avait laissé derrière elle un sentiment de trahison. Alors qu’elle commence enfin à sombrer dans le sommeil, l’image d’Alaric est remplacée dans son esprit par celle d’un acteur mystérieux, Mark Paris, également appelé Tom Moran. Cette vision insistante la réveille brutalement. Posie se souvient alors de la photographie de Mark Paris qu’elle avait vue dans la chambre de Mrs Thynne, la cuisinière de Worton Hall, entourée de découpages de magazines sur les mariages et les robes. Elle se rappelle aussi les paroles du chauffeur Fred, qui lui avait appris que Mrs Thynne était mariée à un garde-chasse de Richmond Park depuis plusieurs années. Une incohérence qui l’avait déjà troublée lui apparaît maintenant clairement. Posie ne comprend pas pourquoi une femme mariée, d’âge mûr et apparemment sans goût particulier pour le romantisme, conserverait un album consacré aux mariages et vouerait une telle fascination à une vedette de cinéma morte. Ce détail lui semble désormais révéler un mystère qu’elle doit chercher à comprendre.

31.Le retour d’Alaric et le meurtre

Posie se réveille très tôt après une nuit agitée, encore troublée par ses inquiétudes, lorsqu’un bruit de porte et un aboiement de chien la tirent de son sommeil. Avant qu’elle ait le temps de comprendre, Alaric fait irruption dans sa chambre, bronzé, couvert de traces de voyage, sentant le pétrole, le café et le soleil des pays chauds. Il est accompagné de Bikram, son chien, et apparaît heureux et affectueux, ravi de retrouver Posie. Celle-ci, encore à moitié endormie, réalise avec soulagement qu’il est bien réel et non une illusion née de ses craintes. Alaric lui explique qu’il est rentré plus tôt que prévu et qu’il voulait lui faire une surprise. Leur retrouvailles sont interrompues lorsqu’il remarque soudain la nouvelle coiffure argentée de Posie. Après un moment de surprise, il reconnaît qu’elle lui plaît et compare Posie à Silvia Hanro, une actrice qu’il admire. Il précise cependant qu’aucune femme ne peut rivaliser avec elle. Leur moment d’intimité est brusquement interrompu par Bikram qui se met à aboyer, attirant Constable McCrae et Dolly dans la chambre. Le policier, réveillé en urgence et armé d’une batte de cricket, découvre la situation embarrassante et s’excuse en comprenant qu’il ne s’agissait pas d’un intrus. Alaric, amusé mais résigné, remarque que certaines choses n’ont pas changé. Après s’être habillés convenablement, Posie et Alaric prennent le petit déjeuner avec Dolly et Constable McCrae. Posie a accentué son maquillage pour accompagner sa nouvelle apparence, et elle a déjà raconté à Alaric les grandes lignes de son enquête tandis qu’il lui a résumé ses aventures au Maroc. Alaric affirme aussi qu’il lui a écrit régulièrement pendant son absence, environ toutes les deux semaines, ce qui amène Posie à accepter l’idée de Dolly selon laquelle les hommes ne savent pas toujours bien communiquer par courrier. Malgré son bonheur de retrouver Alaric et le soulagement de voir disparaître son mauvais pressentiment, une inquiétude demeure en elle. Leur mariage n’a toujours pas été évoqué, comme une question importante restée en suspens. Dolly profite justement du petit déjeuner pour remettre le sujet sur la table en demandant à Alaric quand il compte épouser Posie, car son emploi du temps devient chargé et elle souhaite être présente à la cérémonie. Alaric comprend le message et explique qu’ils doivent effectivement en parler. Alaric révèle alors que son télégramme inquiétant concernait en réalité une invitation à Venise pour la fin novembre et le mois de décembre. Il propose à Posie de l’accompagner et de profiter de ce voyage pour se marier là-bas. Les démarches administratives précédentes étant probablement expirées, ils devront recommencer les formalités, mais Alaric assure que cela sera simple. Posie, surprise mais ravie par l’idée de découvrir enfin Venise, accepte immédiatement. Alaric propose aussi à Dolly de venir, car le lieu où ils séjourneront possède de nombreuses chambres. Il explique qu’il a été invité dans un palais appartenant à la famille d’un homme rencontré à Tanger, Dickie Alladice, dont la sœur a épousé un comte italien. Lorsque Posie apprend que la famille Alladice sera présente, Dolly réagit vivement en reconnaissant le nom de Bella Alladice. Elle décrit Bella comme une femme difficile et désagréable qu’elle a connue lors d’un projet théâtral, affirmant qu’elle avait contribué à faire échouer l’entreprise en contrôlant chaque dépense et chaque décision. Dolly met aussi Posie en garde contre elle, notamment dans ses relations avec Alaric, malgré son mariage avec un comte italien. Elle explique que les Alladice ont fait fortune dans l’industrie des confiseries et des chocolats, notamment avec les bonbons, et que Bella possède une grande fortune familiale. Posie écoute ces informations avec attention, tout en profitant du contact rassurant de la main d’Alaric sur sa jambe. Alors qu’Alaric explique qu’il ne pourra pas organiser le mariage avant novembre, car il doit rester à Londres pour son anniversaire et des conférences à la Royal Geographical Society avant de partir ensuite pour Delhi, une interruption brutale survient. Quelqu’un frappe violemment à la porte et Constable McCrae se précipite encore une fois avec sa batte. Cette fois, l’arrivée est beaucoup plus grave. Le Chief Inspector Lovelace entre accompagné des Sergeants Binny et Rainbird, tous trois bouleversés. Il annonce à Posie que Silvia Hanro vient d’être retrouvée morte, assassinée dans sa loge. La nouvelle provoque chez Posie une réaction immédiate de malaise, d’autant qu’elle repense à l’image de l’actrice qui l’obsédait encore pendant son sommeil. Lovelace explique que l’appel est arrivé vingt minutes auparavant, alors que la police préparait la Wrap Party. Il est inquiet pour sa carrière, car Silvia Hanro avait été signalée disparue la veille au soir, et il craint que cette affaire ne compromette gravement sa réputation. Lovelace précise que la chambre de Silvia Hanro a été scellée et qu’elle n’a pas encore été fouillée. Mr Samuelson, le propriétaire du lieu, surveille la pièce avec quelques employés en attendant l’arrivée des policiers de Richmond. Le corps a été découvert par le producteur Brian Langley, qui était resté éveillé toute la nuit dans la salle de projection avant de trouver la porte de la loge entrouverte en cherchant un petit déjeuner. Sa secrétaire, Reggie Jones, a ensuite appelé la police. Posie demande immédiatement qui a découvert le corps et commence déjà à réfléchir aux circonstances de la mort. Malgré l’urgence, elle demande aux Sergeants Binny et Rainbird de faire un détour par l’Albany afin de récupérer deux objets précis qui pourraient expliquer pourquoi Silvia Hanro recevait des menaces et ce qu’elle faisait avant sa mort. Lovelace accepte à contrecœur, reconnaissant l’importance possible de ces informations. Avant de partir, Alaric reste à l’appartement, expliquant qu’il ne pourra pas être utile à Worton Hall malgré le fait qu’il ait connu Silvia Hanro autrefois, près de vingt ans auparavant. Il se souvient d’elle comme d’une créature magnifique, mais considère que ce souvenir ne peut pas aider l’enquête. Posie, Dolly et Lovelace quittent finalement les lieux dans la précipitation, accompagnés des aboiements de Bikram. Dans l’ascenseur, Lovelace observe Posie avec étonnement et lui demande si elle se sent bien. Il remarque qu’elle semble être elle-même tout en paraissant différente, comme si quelque chose dans son apparence avait changé. Posie, avec ses cheveux argentés et son nouveau maquillage, ne lui semble pas tout à fait familière, mais il attribue cette impression à sa propre fatigue.

32.Un retour passionné et un drame inattendu

Posie est tirée d’un sommeil profond par des bruits étranges avant de découvrir qu’Alaric vient de rentrer de voyage et s’est introduit dans sa chambre à l’aube. Couvert par les traces de son périple, bronzé, imprégné des odeurs de route, de carburant et de pays lointains, il apparaît comme une vision presque irréelle. Leur joie de se retrouver est intense, Posie étant soulagée de voir disparaître l’inquiétude qui la tourmentait depuis des semaines. Pourtant, un détail interrompt leur rapprochement : Alaric découvre la nouvelle apparence de Posie, avec ses cheveux devenus argentés. D’abord surpris, il finit par admettre qu’il aime ce changement, allant jusqu’à comparer Posie à Silvia Hanro, une comparaison qui trouble légèrement la jeune femme. Le moment d’intimité est brutalement interrompu lorsque Bikram, le chien d’Alaric, se met à aboyer et que la porte s’ouvre sur Constable McCrae, armé d’une vieille batte de cricket, accompagné de Lady Cardigeon. Croyant à une intrusion, ils découvrent avec embarras la situation et McCrae réalise sa méprise, son casque de policier porté à l’envers accentuant le ridicule de la scène. Après s’être rhabillés, Posie et Alaric prennent le petit-déjeuner avec Dolly et le constable. Ils échangent sur leurs derniers mois : Alaric raconte son retour difficile depuis le Maroc, retardé par une tempête qui l’a obligé à attendre plusieurs heures avant de pouvoir décoller de France, tandis qu’un ami, Major Hugo Marchpane, l’attendait encore à l’aérodrome de Croydon avec Bikram. Pendant le repas, la question du mariage, restée en suspens, revient enfin sur la table. Posie constate que malgré le bonheur de retrouver Alaric, une inquiétude persiste, notamment parce que leur union n’a jamais réellement été organisée. Alaric explique que les démarches précédentes sont probablement devenues caduques, puis révèle que l’urgence mentionnée dans son télégramme concernait une invitation à Venise. Il propose à Posie de l’accompagner à la fin du mois de novembre et en décembre, afin qu’ils puissent s’y marier. L’idée enchante Posie, qui accepte immédiatement. Il précise qu’ils séjourneront dans un palais donnant sur la lagune, chez des connaissances rencontrées lors de son voyage à Tanger, la famille Alladice. Cette nouvelle provoque toutefois la méfiance de Dolly, qui connaît Bella Alladice, la sœur d’un des amis d’Alaric. Elle décrit Bella comme une personne difficile et soupçonneuse, rappelant qu’elle aurait contribué à l’échec d’un projet théâtral en contrôlant chaque dépense. Dolly avertit également Posie de se méfier d’elle, évoquant son mariage avec un comte italien et la fortune familiale issue d’une ancienne industrie de confiseries. Posie, intriguée malgré elle par ces informations et par le calendrier incertain d’Alaric, apprend qu’il restera encore quelque temps à Londres avant de repartir à Delhi après son anniversaire. Alors qu’elle tente de comprendre ce nouvel éloignement, une violente agitation éclate à la porte. Le Chief Inspector Lovelace arrive accompagné des Sergeants Binny et Rainbird, visiblement bouleversés. Ils annoncent à Posie une nouvelle dramatique : Silvia Hanro a été retrouvée morte, assassinée dans sa loge. Le choc est immédiat pour Posie, qui se souvient de la silhouette de Silvia et ressent une profonde inquiétude. Lovelace explique que la police a été appelée peu auparavant, alors qu’une réunion devait préparer la grande fête de fin de tournage. La situation est particulièrement grave pour lui, car Silvia avait été signalée disparue la veille et cette affaire pourrait compromettre sa carrière. Le corps a été découvert par Brian Langley, le producteur, qui était resté éveillé toute la nuit dans la salle de projection avant de trouver par hasard la porte de la loge entrouverte. C’est son secrétaire Reggie Jones qui a donné l’alerte. Lovelace indique que la pièce a été isolée et surveillée par le propriétaire des lieux, Mr Samuelson, en attendant l’arrivée des enquêteurs. Posie comprend immédiatement que les menaces de mort reçues par Silvia et les événements entourant ses dernières heures doivent être éclaircis. Malgré l’urgence, elle demande aux Sergeants Binny et Rainbird de faire un détour par l’Albany afin de récupérer deux objets liés à Mrs Delacroix, persuadée que ces éléments peuvent expliquer pourquoi Silvia était menacée. Après quelques hésitations, Lovelace accepte et donne ses instructions pour partir rapidement. Alaric reste à Worton Hall, expliquant qu’il connaissait Silvia depuis près de vingt ans mais qu’il ne voit pas comment cette ancienne relation pourrait aider l’enquête. Posie, Dolly et l’inspecteur quittent finalement les lieux dans la précipitation. Dans l’ascenseur, Lovelace observe Posie avec perplexité : il remarque qu’elle semble être elle-même tout en paraissant différente, comme si quelque chose dans son apparence ou son attitude avait changé. Il attribue cette impression à une fatigue passagère, sans comprendre encore ce qui l’intrigue.

33.Une fausse victime révélée

À leur arrivée à Worton Hall, Posie, Chief Inspector Lovelace et les forces de police découvrent une atmosphère tendue autour de la loge fermée de Silvia Hanro. Le couloir est rempli de policiers de Richmond et d’agents de Scotland Yard, tandis que Bertie Samuelson garde calmement la porte sur une chaise installée devant le cordon de sécurité. Lovelace organise immédiatement les lieux, éloigne les curieux et demande au Pathologist Dr Poots ainsi qu’à Posie de rester près de lui. Posie observe attentivement les personnes présentes et remarque notamment Brian Langley, le producteur, visiblement bouleversé, pâle et nerveux, buvant régulièrement à une petite flasque. À ses côtés se tiennent Reggie Jones, son secrétaire, et Mrs Cleeves, sa gouvernante, dont la présence intrigue Posie. Elle se demande pourquoi cette dernière a été appelée si tôt et si elle joue réellement seulement le rôle d’une employée. L’arrivée de Robbie Fontaine et de Tom Moran augmente encore la tension. Robbie surgit en robe de chambre, furieux de ne pas comprendre ce qui se passe, tandis que Tom Moran accourt depuis les appartements supérieurs, oubliant toute retenue. Il est à moitié habillé, montre ses cicatrices et son visage habituellement dissimulé par ses accessoires, et il supplie qu’on lui dise si Silvia est réellement morte. Lorsqu’il apprend que la nouvelle semble confirmée, il accuse Brian Langley de ne pas avoir protégé la star, puis s’effondre violemment au sol, pris de nausées et incapable de contenir son chagrin. Dr Poots le réprimande sèchement avant que Lovelace ne conduise Posie dans la loge pour découvrir la scène. À l’intérieur, Posie découvre un corps habillé comme Silvia Hanro, assis de façon macabre sur une chaise. La silhouette porte une perruque blonde et les accessoires caractéristiques de la célèbre actrice, donnant l’impression qu’elle a été retrouvée après une noyade. Pourtant, lorsque Lovelace annonce peu après à la foule que la morte n’est pas Silvia Hanro, un immense soulagement traverse les lieux. La véritable identité de la victime reste cependant inquiétante : il s’agit probablement d’une personne liée au studio, et l’incident demeure traité comme suspect. Bertie Samuelson accepte de mettre la Green Room à disposition de la police comme quartier général temporaire. Brian Langley apprend qu’il peut maintenir la grande fête prévue le soir même, car Silvia reste officiellement considérée comme disparue et la menace semble concentrée autour d’elle. Posie comprend rapidement qui est la victime : Elaine Dickinson, la costumière et habilleuse de Silvia Hanro. Elle avait reconnu un détail essentiel, la touche d’orange visible sous le kimono vert, ainsi que les accessoires trop soigneusement choisis pour imiter la vedette. La perruque, les vêtements et les objets associés à Silvia avaient masqué l’identité d’Elaine, mais son apparence réelle a révélé la supercherie. Dr Poots examine les indices et indique qu’Elaine a été empoisonnée. Il soupçonne une substance végétale dangereuse, peut-être de la belladone ou de la digitaline, provenant d’une plante présente dans la pièce. Le verre retrouvé porte des traces d’un mélange qui aurait pu contenir du citron, de l’orange, du miel ou du gin, ce qui aurait dissimulé l’amertume du poison. Lovelace envisage d’abord un suicide mis en scène, imaginant qu’Elaine aurait été une admiratrice déséquilibrée de Silvia et qu’elle aurait voulu mourir en portant ses vêtements. Posie et Dr Poots restent cependant sceptiques, soulignant qu’un tel choix aurait été particulièrement douloureux et peu probable. Dans la Green Room, Lovelace interroge Bertie Samuelson au sujet d’Elaine. Le propriétaire de Worton Hall explique qu’elle travaillait avec lui depuis l’ouverture du studio en 1914. Il la décrit comme une femme simple, sans grande ambition extérieure, mais passionnée par le cinéma au point de considérer le studio comme sa véritable maison. Elle connaissait parfaitement les acteurs et les films et aurait travaillé presque gratuitement tant elle aimait cet univers. Bertie Samuelson affirme qu’Elaine semblait même aller mieux ces derniers mois, depuis le tournage de Henry the King, ce qui contredit l’idée d’une dépression ou d’un désir de mourir. Posie lui pose alors deux questions importantes : elle cherche à savoir si Elaine portait récemment une bague de fiançailles et si elle entretenait une relation particulière avec Silvia Hanro. Samuelson ignore tout d’une éventuelle bague, mais confirme qu’Elaine avait une chambre permanente à Worton Hall depuis neuf ans. Il explique aussi qu’elle n’avait presque pas de famille, hormis un frère exerçant un métier peu prestigieux. Concernant Silvia, il pense qu’Elaine la respectait mais qu’elle n’était pas particulièrement obsédée par elle. En revanche, il révèle qu’elle était connue pour son admiration envers Robbie Fontaine, dont elle était devenue une fervente admiratrice. Alors que Lovelace s’apprête à interroger Brian Langley, une agitation éclate à l’extérieur. Une personne souhaitant entrer affirme être une Lady, mais le policier de garde doute de son identité. Posie reconnaît immédiatement Dolly, qui arrive chargée d’objets trouvés dans la chambre d’Elaine. Malgré les reproches de Lovelace sur le fait qu’elle aurait pu compromettre une scène de crime, Dolly explique qu’elle avait compris que la victime était Elaine et qu’elle avait mené sa propre recherche. Les objets qu’elle dépose sur la table changent radicalement la direction de l’enquête. Parmi les preuves découvertes figurent une bouteille d’encre verte, un stylo, des feuilles portant des essais d’écriture correspondant aux lettres de menace reçues par Silvia Hanro, ainsi que des versions préparatoires montrant qu’elles avaient été répétées. Dolly a aussi trouvé un rouleau de papier doré identique à celui utilisé autour du doigt envoyé dans une précédente menace et retrouvé sur Elaine. Enfin, plusieurs feuilles contiennent des tentatives répétées de signature du nom de Silvia Hanro, et une note provenant d’un directeur de pompes funèbres nommé J R R Dickinson au sujet d’un objet étrange emprunté. Pour Dolly, ces découvertes prouvent qu’Elaine est la personne qui envoyait les menaces et qui était liée aux doigts mutilés. Lovelace reconnaît que les éléments semblent accablants et que l’enquête vient de prendre une nouvelle tournure.

34.Les secrets derrière le masque

Dans la Green Room de Worton Hall, l’enquête sur la mort d’Elaine Dickinson commence à révéler des contradictions troublantes. Bertie Samuelson rappelle que le frère d’Elaine travaillait dans un métier lié aux pompes funèbres et que la jeune femme aurait dû le rejoindre comme assistante si le studio ne lui avait pas offert un emploi. Il se montre pourtant incapable de croire qu’elle puisse être responsable des menaces envoyées à Silvia Hanro. Dolly souligne l’ironie de la situation : Elaine semblait pourtant avoir surmonté son dégoût des cadavres puisqu’elle aurait participé à l’envoi de morceaux de corps à sa patronne. Lovelace reste convaincu que les preuves indiquent qu’Elaine était déséquilibrée et qu’elle aurait pu agir sous l’emprise d’une obsession avant de se suicider. Posie refuse cependant cette explication trop simple. Elle s’interroge sur la logique d’un tel comportement : si Elaine avait réellement préparé une confrontation spectaculaire avec Silvia, en s’assurant que des journalistes comme Sam Stubbs soient présents, pourquoi se serait-elle tuée avant d’aller jusqu’au bout de son plan. Pour elle, quelque chose ne correspond pas. Elle reste particulièrement troublée par l’anneau de papier doré retrouvé autour du doigt d’Elaine et cherche à comprendre ce qui lui échappe. Alors qu’elle demande à visiter la chambre d’Elaine, Lovelace interrompt leur départ en entendant une dispute étouffée dans le couloir. Grâce à l’acoustique particulière de Worton Hall, les voix sont parfaitement audibles. La conversation révèle que Brian Langley est en train de parler avec Silvia Hanro, qui vient enfin de réapparaître. Le producteur lui reproche de l’avoir inquiété en disparaissant alors qu’il l’avait signalée à la police, surtout un jour aussi important pour le film et la réception prévue. Silvia répond avec froideur qu’elle est présente à l’heure prévue pour tourner et qu’elle est prête à affronter les conséquences de ses actes, même la mort. Elle accuse alors Brian d’être à l’origine des messages menaçants destinés à l’effrayer, affirmant que tout ce symbolisme macabre était une tentative de manipulation. Brian lui reproche d’avoir ignoré ses avertissements et de ne pas comprendre ce qu’elle a déclenché. Leur échange montre qu’un conflit profond existe entre eux, mais il est interrompu lorsque Constable McCrae demande à Brian de rejoindre la Green Room. Lovelace ordonne à Posie et Dolly de rester tandis que Bertie Samuelson est autorisé à partir. Brian Langley entre dans la pièce, inquiet et irrité, puis demande immédiatement si la morte est Elaine. Il apprend que la police le pense probable et que Silvia a finalement été retrouvée vivante. Le soulagement du producteur est évident, même s’il reste méfiant. Lovelace l’interroge sur sa nuit précédente : Brian affirme ne pas avoir quitté Worton Hall et nie avoir connu Elaine Dickinson. Il explique ensuite que lorsqu’il a découvert le corps, il n’a pas eu besoin de s’approcher pour être convaincu qu’il s’agissait de Silvia Hanro. Il insiste sur le réalisme de la mise en scène, reconnaissant qu’Elaine avait un talent remarquable pour reproduire l’apparence d’une star et qu’elle aurait pu servir de doublure dans ses films. Brian se montre ensuite désagréablement direct avec Posie. Il commente son apparence, notamment ses cheveux, et lui suggère qu’elle pourrait peut-être travailler comme figurante ou doublure si elle abandonnait son activité de détective. Il critique également son enquête, prétendant ne pas avoir vu beaucoup de résultats malgré l’argent qu’il lui a versé. Posie est humiliée mais Lovelace intervient pour défendre son travail. Il révèle que Posie a joué un rôle essentiel dans l’identification de la source des menaces contre Silvia Hanro et affirme que le danger semble désormais écarté. Cette déclaration surprend Brian, qui apprend que la police soupçonne Elaine Dickinson d’avoir envoyé les messages. Lovelace poursuit son interrogatoire en évoquant les fleurs trouvées dans la loge de Silvia : des Foxtrot orchids cultivées par Brian Langley. Il souligne que ces plantes peuvent être dangereuses et qu’une ingestion pourrait provoquer la mort. Brian répond que ces fleurs sont simplement les préférées de Silvia et qu’il lui en envoie depuis des années, depuis leur rencontre avant la guerre. Selon lui, Silvia connaît les risques et sait qu’elle ne doit pas y toucher. Posie remarque intérieurement que Silvia n’a pas toujours suivi les conseils de Brian, en repensant à leur dispute récente. Le producteur refuse de prolonger l’entretien, car il doit encore tourner une dernière scène avec Silvia avant la fête du soir et la fermeture du tournage. Avant de partir, Brian indique que Silvia est au studio et qu’il faudra attendre la fin de son travail pour lui parler. Une fois seul avec Posie, Lovelace reconnaît finalement que son changement d’apparence l’avait intrigué depuis son arrivée. Il admet que Brian avait raison sur un point : ses cheveux argentés lui vont bien et lui donnent une apparence nouvelle. Posie accueille le compliment avec ironie, mais comprend que son apparence continue de jouer un rôle inattendu dans les événements qui l’entourent.

35.Les secrets derrière le rideau

Posie Parker et Dolly retournent dans les chambres de Worton Hall après la découverte de la mort d’Elaine Dickinson. Pour Posie, l’endroit a changé en quelques heures seulement, passant du calme apparent de la veille au chaos provoqué par l’enquête. Elles découvrent que la pièce qu’elles visitent n’est pas celle de Dolly mais celle d’Elaine, et Mrs Thynne, la cuisinière, attend dans le couloir avec l’espoir d’obtenir une nouvelle récompense. Dans la chambre, Posie remarque immédiatement que tout semble avoir été bouleversé. Le désordre des tiroirs, les vêtements jetés au hasard et les affaires éparpillées contrastent fortement avec l’image d’une Elaine soigneuse qu’elle avait observée auparavant. Elle soupçonne que quelqu’un a fouillé la pièce et cherche à créer une certaine impression. En examinant les lieux, Posie découvre plusieurs éléments troublants. Les magazines contenant des découpages de robes de mariée sont toujours là, ainsi que des photographies de Tom Moran, de Robbie Fontaine et une ancienne image de Silvia Hanro dont le verre est brisé. Sous le bureau, elle trouve un petit paquet contenant une poudre blanche qu’elle identifie comme probablement de la cocaïne. Pour Dolly, cela confirme l’idée qu’Elaine était instable et dépendante de la drogue, mais Posie reste méfiante. Elle ne croit pas que cette image corresponde à la jeune femme qu’elle a rencontrée. Elle pense au contraire que quelqu’un a arrangé la scène afin de faire passer Elaine pour une personne déséquilibrée et coupable des menaces contre Silvia Hanro. Posie interroge alors Mrs Thynne, qui affirme qu’Elaine gardait habituellement sa chambre parfaitement rangée et qu’elle n’était pas le genre de personne à laisser des hommes venir la voir. Cependant, la cuisinière révèle un détail important : après minuit, elle a entendu du bruit dans la chambre d’Elaine et a aperçu Brian Langley en sortir, furieux. Posie comprend que cette information peut être essentielle et demande à Mrs Thynne de la répéter à l’Inspecteur Lovelace. En se dirigeant vers le bas, Posie remarque que la porte de la chambre de Tom Moran est entrouverte. Elle décide de vérifier son état et découvre l’homme recroquevillé sur son lit, profondément bouleversé par les événements. Son visage est marqué et il semble encore sous l’effet de médicaments. Il cache rapidement un bol métallique, des cuillères, des allumettes et une substance sombre qui inquiète Posie. Tom lui explique qu’il a cru que la victime était Silvia Hanro et qu’il a été hanté par l’idée de retrouver une nouvelle fois la mort autour de lui. Lorsqu’elle lui apprend que Silvia est revenue saine et sauve, il ressent à la fois du soulagement et une profonde détresse. Posie aborde ensuite son passé et révèle qu’elle connaît sa véritable identité de Mark Paris. Tom lui confie alors une partie plus douloureuse de son histoire : après avoir été blessé pendant la guerre, il a perdu une partie de son visage, souffre de tremblements et a également connu des problèmes mentaux qui l’ont conduit dans un établissement spécialisé. C’est Silvia Hanro qui l’a encouragé à revenir travailler dans le milieu du cinéma, et Brian Langley a organisé son retour sous le nom de Tom Moran. Il explique qu’il avait choisi ce nouveau nom sans réfléchir, en voyant simplement celui d’une tombe, et que personne ne s’est intéressé à lui suffisamment pour découvrir son secret. Il admet que les conséquences de la guerre continuent de peser sur de nombreux hommes, incapables de retrouver une vie normale. Avant de partir, Posie demande à Tom s’il a vu Elaine ou Brian Langley la nuit précédente. Il répond qu’il n’a rien remarqué, car il avait pris beaucoup de médicaments et dormait profondément. Il décrit Elaine comme une personne extrêmement discrète, presque invisible. De retour dans le couloir, Posie observe le contraste saisissant entre l’enquête sur une mort mystérieuse et l’ambiance de préparation de la fête de fin de tournage. Les décorateurs, les traiteurs et les invités s’affairent déjà, comme si la disparition d’Elaine n’était qu’un détail secondaire. Cette indifférence la trouble profondément. Elle reste convaincue que la mort d’Elaine et les preuves qui l’accusent trop facilement cachent une vérité plus complexe. Constable McCrae lui propose alors d’utiliser la petite salle des accessoires comme bureau provisoire, lui permettant de réfléchir loin de l’agitation générale. Posie s’y installe, épuisée mais déterminée à comprendre ce qui se passe. Elle doute de plus en plus de la conclusion de l’Inspecteur Lovelace, car elle estime que les indices contre Elaine pourraient avoir été fabriqués. Alors qu’elle tente de remettre les événements en ordre, Sergeant Rainbird vient la rejoindre avec une grande enveloppe brune. Il lui annonce qu’elle avait raison sur son intuition. À l’intérieur se trouvent deux éléments décisifs : une robe orange mouillée, identique à celle portée par une jeune femme aperçue la veille, retrouvée dans l’appartement de Tom Moran à l’Albany, et un document orange déchiré avec son duplicata carbone. Posie reconnaît immédiatement le formulaire comme un permis de mariage provenant du registre de Westminster, semblable à celui qu’elle avait vu auparavant. Le document révèle qu’un mariage avait été autorisé entre Silvia Hanro et Mark Paris, avec une cérémonie prévue le mercredi 25 juillet à neuf heures trente du matin. La mystérieuse absence de Silvia au tournage et la colère de Brian Langley trouvent alors une explication : Silvia n’était pas simplement absente, elle était partie se marier. Pour Posie, cette découverte éclaire enfin une partie du mystère, mais elle ouvre également de nouvelles interrogations sur les secrets cachés derrière les apparences.

36.Les secrets du studio obscur

Posie Parker poursuit son enquête dans les studios après la découverte du corps d’Elaine Dickinson. Elle demande au sergent Rainbird de l’aider discrètement en appelant le Westminster Registry Office depuis un bureau sécurisé afin de vérifier si le mariage d’Elaine a réellement eu lieu et de faire venir Silvia Hanro sans lui révéler les informations découvertes. Rainbird lui apprend également que Joe Dickinson, le frère d’Elaine, a identifié le corps comme étant celui de sa sœur, que l’écriture sur les cartes de menace est bien celle d’Elaine et qu’elle utilisait habituellement de l’encre verte. Il confirme aussi que Joe a reconnu avoir envoyé à Elaine le doigt qu’elle avait demandé, livré par un coursier et conservé sur glace. Pour les enquêteurs, ces éléments renforcent l’idée d’une admiratrice devenue dangereuse, ayant préparé ses actes avant de se suicider. Les drogues trouvées dans la chambre d’Elaine sont également considérées comme un élément supplémentaire allant dans ce sens. Pourtant, Posie ne se satisfait pas de cette explication trop simple. Elle sent que certaines pièces du puzzle manquent encore et qu’un danger plus important se cache derrière les apparences. Elle rencontre Joe Dickinson dans le couloir et l’interroge avec précaution sur sa sœur. L’homme, accablé par le chagrin, lui explique qu’Elaine était heureuse récemment, qu’elle fréquentait un homme rencontré aux studios et qu’elle lui avait confié que tous ses rêves s’étaient réalisés. Ils avaient même parlé de mariage, ce qui rendrait selon lui un suicide peu probable. Joe précise qu’il connaissait très peu la vie d’Elaine dans le monde du cinéma, car elle y était beaucoup plus attachée que lui. Elle sortait rarement de ce milieu, n’avait presque pas d’amis extérieurs et menait une existence solitaire. Il affirme également qu’elle n’aurait jamais pris de drogue, car elle craignait tout ce qu’elle considérait comme artificiel ou dangereux. Cette révélation trouble davantage Posie, car elle contredit le portrait d’une jeune femme instable que les autres semblent vouloir accepter. Rainbird revient ensuite avec une confirmation importante. Le mariage d’Elaine a bien eu lieu la veille au matin, avec deux témoins trouvés dans la rue et personne d’autre présent. Posie lui demande aussi de veiller à ce que Lady Cardigeon reste surveillée. Dans la petite pièce servant de salle des accessoires, où quelqu’un a accroché un message ironique indiquant que Posie est « en prêt » depuis Grape Street, elle tente de remettre ses pensées en ordre. Elle comprend mieux certains comportements étranges, mais reste convaincue que des personnes liées à l’affaire cachent volontairement des informations essentielles. Elle doute de Silvia Hanro et de son innocence, même si elle ne croit pas que la jeune actrice ait elle-même organisé les menaces contre elle. Alors qu’elle cherche à réfléchir seule, Robbie Fontaine apparaît soudainement. Le célèbre acteur, encore maquillé avec son costume d’Henri VIII mais vêtu de ses habits personnels, vient présenter ses excuses à Posie pour son attitude précédente. Il reconnaît avoir été hostile parce qu’il avait peur, non pas d’elle, mais de ce qu’elle pouvait découvrir. Après avoir expliqué qu’il n’a aucune raison de vouloir tuer Silvia Hanro, car sa propre carrière dépend de la sienne, il révèle les tensions qui existent autour de la vedette. Selon lui, leur relation publique est entièrement fausse et Silvia est une femme qui joue constamment un rôle. Il affirme qu’elle ne se comporte pas comme une véritable compagne avec Tom Moran, autrefois appelé Mark, mais qu’elle reste auprès de lui depuis qu’il a été gravement blessé pendant la guerre. Fontaine pense cependant que Silvia est toujours amoureuse de Brian Langley, le producteur du film, même si celui-ci semble la détester profondément. Il décrit une situation remplie de rancœurs, de sentiments cachés et d’apparences trompeuses. Robbie explique ensuite à Posie la raison réelle de sa nervosité précédente. Il lui avoue souffrir d’une addiction et avoir un fournisseur nommé Johnnie Roslington, un homme élégant vivant au Burlington Arcade, qui vend en réalité de la cocaïne. Lorsqu’il avait été envoyé chercher Posie, Fontaine avait appelé son bureau pour vérifier qu’elle s’y trouvait, et Roslington l’avait contacté immédiatement après. Le fournisseur lui avait demandé d’amener Posie à Worton Hall afin de pouvoir la rencontrer discrètement, mais il n’était jamais venu. Cette histoire inquiète Posie, car elle se demande si Roslington pourrait être Caspian della Rosa, son ancien ennemi capable de changer d’identité et de manipuler les événements à distance. Elle est cependant rassurée lorsque Fontaine décrit Roslington comme un homme grand, mince, brun et élégant, car cela ne correspond pas à l’apparence connue de della Rosa. Elle reste néanmoins préoccupée par la possibilité que des communications aient été surveillées. Avant de partir, Fontaine révèle encore plusieurs informations inquiétantes. Il affirme qu’Elaine n’était pas une admiratrice agressive envers lui, mais une jeune femme polie qui demandait seulement des autographes et des photographies. Il annonce aussi qu’il compte quitter le cinéma après ce film, car il pense que l’industrie britannique est condamnée face à Hollywood. Selon lui, Brian Langley est proche de la faillite et le film ne pourra pas sauver la société Sunstar. Il ajoute que Langley possède une assurance sur les vies de Silvia et de lui-même, mais qu’elle ne couvrirait pas toutes ses pertes. Fontaine avoue même avoir soupçonné Langley d’être derrière les menaces, voire de vouloir les faire mourir pour obtenir de l’argent. Il révèle également que Langley aurait conservé un revolver militaire Webley Mark IV malgré la fin de la guerre. Après son départ, Posie voit Silvia Hanro arriver en costume d’Anne Boleyn. Elle lui demande d’attendre dans la petite pièce avant de se précipiter vers la Green Room, où une dispute semble être en cours.

37.La vérité sous les masques

Dans les studios de Worton Hall, Posie Parker découvre que l’affaire de la mort d’Elaine Dickinson est loin d’être aussi simple que la police le croit. Alors qu’elle rejoint le groupe réuni dans la Green Room, elle remarque que l’inspecteur Lovelace, les sergents, le docteur Poots et un spécialiste de la toxicologie débattent vivement. Dolly reste à l’écart sur un canapé, tandis que tous les autres semblent divisés. Le docteur Poots révèle alors une découverte capitale : après avoir examiné le corps pendant plusieurs heures, il est convaincu qu’Elaine a été assassinée. La chaleur ambiante a accéléré certains processus du corps et lui a permis d’observer des marques nettes autour du cou de la jeune femme, indiquant qu’elle a été maintenue de force. Selon lui, quelqu’un l’a contrainte à boire le poison à base de plante qui a causé sa mort. Il ne peut cependant pas déterminer l’identité du meurtrier, seulement que la personne était suffisamment forte pour la maîtriser. Le docteur Poots tente de convaincre Lovelace de prendre cette nouvelle hypothèse au sérieux, mais le chef inspecteur reste sceptique. Il estime que les preuves ne sont pas encore suffisantes et veut attendre l’autopsie officielle avant de modifier la version retenue par la police. Il rappelle que les drogues retrouvées dans la chambre d’Elaine, le doigt envoyé à Silvia Hanro et les menaces semblent désigner une admiratrice instable ayant agi seule. Poots insiste pourtant sur le fait que beaucoup de personnes semblent soulagées de la disparition d’Elaine, comme si un danger avait été supprimé, alors qu’elle pourrait en réalité avoir été victime d’un danger plus grand. Posie soutient fermement le médecin et demande que la Wrap Party soit annulée, car Silvia Hanro reste selon elle en danger. Lovelace refuse cependant, préférant maintenir l’événement sous surveillance discrète. La révélation du spécialiste Andrew Netherton apporte alors un nouvel élément décisif. Le poison utilisé, comparable à la digitale ou à certaines toxines végétales, ralentit les signes habituels apparaissant après la mort. Grâce à cela, les médecins peuvent estimer qu’Elaine n’est pas morte vers minuit comme on le pensait, mais plusieurs heures auparavant, probablement vers huit heures du soir. Posie comprend immédiatement l’importance de cette information. Les télégrammes envoyés aux journaux pour accuser Silvia Hanro ont été expédiés depuis Richmond à huit heures, ce qui signifie qu’Elaine ne pouvait pas en être l’auteur puisqu’elle était déjà morte. Elle explique son raisonnement avec colère, et même Dolly finit par comprendre la contradiction. Lovelace, malgré son irritation, admet que cette nouvelle donnée change la situation. Posie avance alors une nouvelle hypothèse : Brian Langley pourrait être impliqué. Elle rappelle qu’il a été vu quittant la chambre d’Elaine, qu’il n’a pas de véritable alibi pour la nuit et qu’il aurait pu tuer la jeune femme avant de mettre en scène un suicide. Elle ajoute que Langley possède toujours un revolver Webley, qu’il a une assurance sur les vies de Silvia Hanro et Robbie Fontaine, et qu’il pourrait avoir un intérêt financier à leur disparition. Ces informations proviennent de Robbie Fontaine, mais Lovelace refuse encore d’annuler la fête, notamment parce que cette source lui semble peu fiable. De retour dans la petite salle des accessoires, Posie confronte Silvia Hanro et lui révèle qu’elle sait pour son mariage secret avec Tom Moran, autrefois connu sous le nom de Mark Paris, célébré la veille au matin au Westminster Registry Office. Silvia, d’abord choquée, finit par reconnaître que Posie a découvert la vérité. La détective lui explique qu’elle ne lui reproche pas son mariage mais qu’elle regrette le manque d’honnêteté qui a compliqué son enquête. Elle sort alors les objets retrouvés par la police, notamment une robe orange et une longue perruque sombre, et rappelle qu’elle a vu Silvia seule et déguisée dans les rues d’Aldwych le soir même de son mariage. Posie expose ensuite tout ce qu’elle pense avoir compris. Elle révèle qu’elle connaît l’ancienne relation entre Silvia et Brian Langley, la naissance d’un enfant illégitime en 1918 dont Brian ignorait l’existence, l’abandon de cet enfant et la décision récente de Silvia d’épouser Tom Moran. Elle affirme que Silvia a probablement compris la signification du doigt portant une bague en or envoyé avec les menaces, car elle pensait que Brian Langley cherchait à l’empêcher de se marier. Selon Posie, les menaces auraient commencé après que Langley aurait déclaré que son mariage avec Tom serait une catastrophe professionnelle. Silvia aurait d’abord cru à une simple intimidation, puis aurait commencé à avoir peur tout en protégeant Brian. Posie accuse également Silvia d’avoir détourné l’attention en accusant Robbie Fontaine et un prétendu admirateur dangereux, afin de protéger l’homme qu’elle aime encore. Elle affirme que Silvia est toujours profondément attachée à Brian Langley, malgré la haine apparente qu’il lui témoigne. La jeune actrice refuse cette accusation et tente de partir, mais Posie lui conseille vivement de ne pas assister à la Wrap Party. Elle lui explique qu’elle est en danger et qu’elle ne peut garantir qu’elle en sortira vivante. Silvia rejette l’avertissement, convaincue que Brian ne pourrait jamais lui faire de mal et persuadée qu’Elaine est seule responsable des menaces. Avant de quitter la pièce, elle reproche à Posie son assurance et son imitation involontaire d’elle. Restée seule, Posie comprend avec inquiétude qu’elle connaît beaucoup de faits sans encore saisir toute la vérité, et elle se prépare à affronter une fête qui pourrait devenir mortelle.

38.La fête aux ombres menaçantes

Dans le grand bal de Worton Hall, la réception de fin de tournage organisée pour Henry the King commence dans une atmosphère aussi somptueuse qu’inquiétante. Posie Parker découvre une salle transformée en véritable décor de spectacle, plongée dans l’obscurité malgré la chaleur du jour, avec des lumières scintillantes, des ballons argentés, un écran géant diffusant sans cesse des extraits du film et une scène préparée pour les discours. Le luxe affiché contraste avec les difficultés financières de Sunstar Films, que Posie soupçonne de reposer sur les ressources personnelles de Brian Langley. L’Inspecteur Lovelace, ses sergents et plusieurs policiers de Richmond sont présents sous couverture, chargés de surveiller la soirée et surtout de protéger Silvia Hanro, même si le chef de la police reste sceptique sur l’existence d’un véritable danger. Posie reçoit l’ordre de rester proche de la vedette et d’empêcher qu’un drame ne survienne. L’arrivée des invités renforce le malaise de Posie, car elle reconnaît dans la salle plusieurs personnes liées aux événements suspects. Robbie Fontaine apparaît entouré d’admiratrices, tandis que Brian Langley discute avec des investisseurs qu’il cherche visiblement à impressionner. Silvia Hanro entre ensuite par une porte discrète et attire immédiatement tous les regards, autant par sa présence réelle que par son visage projeté en grand derrière elle. Posie ressent une profonde gêne lorsqu’elle comprend que sa propre robe rouge et celle de Silvia sont presque identiques, donnant l’impression qu’elle cherche à imiter la star. Dolly tente de la rassurer, mais Posie reste consciente de l’étrangeté de la situation. La présence d’Ivor Novello, admiré par la foule et décrit comme une future grande vedette du cinéma, ajoute encore à l’ambiance irréelle de la soirée. Alors que les photographes entourent Silvia et Robbie, Posie observe les journalistes avec méfiance, convaincue qu’ils recherchent un scandale plus qu’une simple information sur le film. En surveillant la foule, Posie remarque la présence de nombreux individus qui pourraient avoir des raisons d’en vouloir à Silvia Hanro. Elle aperçoit Hector Mallow qui observe Meggie Albanesi avec une expression inquiétante, puis Pamela Hanro, la sœur de Silvia, vêtue d’un kimono rose voyant et semblant chercher désespérément l’attention de Brian Langley. Posie comprend que Pamela éprouve encore des sentiments pour le producteur, alors que lui semble davantage intéressé par Meggie, une nouvelle figure prometteuse pour son studio. La scène révèle aussi la complexité des relations autour de Silvia, lorsque Pamela retrouve Tom Moran et l’étreint avec une émotion étrange, tout en continuant à regarder nerveusement autour d’elle comme si elle attendait quelqu’un ou quelque chose. Posie a alors l’impression que presque chaque personne présente pourrait avoir un mobile contre Silvia et que la réunion de tous ces suspects dans une salle sombre représente une situation extrêmement dangereuse. Pendant ce temps, Silvia et Robbie se préparent à monter sur scène avec Posie derrière eux. Leur conversation montre qu’ils suivent habituellement les instructions précises de Brian Langley pour les événements publics. Silvia insiste pour respecter l’horaire prévu, tandis que Robbie se montre plus détendu et cherche à la calmer. Ils parlent du moment où Brian doit leur donner le signal pour rejoindre le podium, mais ils ne savent pas exactement où il se trouve. Posie remarque que Langley est encore occupé avec un investisseur et semble vouloir terminer cette discussion avant de rejoindre ses vedettes. La tension monte lorsqu’elle entend Silvia et Robbie parler du producteur et comprend que la mise en scène de la soirée dépend entièrement de lui. Alors que les trois acteurs avancent vers la scène, Posie reste attentive à chaque mouvement dans la salle. Elle ressent un mauvais pressentiment en voyant les nombreux éléments réunis autour d’elle, les suspects, la foule, les journalistes, l’obscurité et les lumières changeantes. Brian Langley aperçoit finalement le groupe et fait un signe discret, mais avant qu’il puisse les rejoindre, les lumières s’éteignent brusquement. La salle entière plonge dans le noir complet et un cri retentit dans l’obscurité, laissant Posie face à la menace qu’elle redoutait depuis le début de la soirée.

39.Le bal des faux-semblants

La soirée de clôture du tournage de Henry the King commence dans une atmosphère étrange et inquiétante au grand bal de Worton Hall. À midi, Posie Parker découvre une salle entièrement plongée dans l’obscurité malgré la lumière du jour, décorée comme un club nocturne avec des boules scintillantes, des ballons argentés, des lumières tamisées et un immense écran diffusant en boucle des extraits du film. Les images répétées de Silvia Hanro et Robbie Fontaine donnent au lieu une dimension presque irréelle, tandis que des techniciens vêtus de noir manipulent les bobines du projecteur. L’Inspecteur Lovelace, impressionné mais méfiant, remarque immédiatement que cet environnement sombre et labyrinthique serait idéal pour commettre un meurtre. Les policiers présents se fondent parmi les invités, chargés de surveiller discrètement la fête et surtout de protéger Silvia Hanro. Le luxe de la réception contraste avec la situation financière fragile de Sunstar Films. Un orchestre de jazz joue, des danseuses en robes argentées se produisent, un buffet de Harrods et un bar fourni par le Café Royal ont été installés, mais Posie comprend que Brian Langley a probablement dépensé des sommes considérables pour sauver les apparences. Robbie Fontaine attire rapidement l’attention des invités, tandis que Langley discute avec des investisseurs importants près de l’écran. Lorsque Silvia Hanro fait son entrée spectaculaire dans une robe rouge moulante, tous les regards se tournent vers elle. Posie ressent alors une profonde gêne en constatant qu’elle porte exactement la même couleur et presque la même tenue que la star. Son choix vestimentaire, destiné à lui donner confiance, lui donne maintenant l’impression de passer pour une imitatrice. Dolly tente cependant de la rassurer en lui disant qu’elle porte mieux la robe que Silvia. La foule continue d’affluer, et l’arrivée d’Ivor Novello provoque une nouvelle vague d’admiration. Dolly et Lovelace reconnaissent en lui une personnalité prometteuse du cinéma, capable de captiver tous ceux qui l’entourent. Posie, elle, reste concentrée sur sa mission et accompagne Silvia et Robbie lorsque les photographes les encerclent. Les journalistes présents ne cherchent pas seulement des informations sur le film ou sur une possible relation entre les deux vedettes, mais semblent espérer révéler un scandale. Posie remarque notamment Sam Stubbs, qui paraît excité par la perspective d’un événement sensationnel, tout en gardant à l’esprit le télégramme inquiétant qu’il a reçu concernant la mort de Silvia. Elle observe la salle avec une vigilance accrue et voit bientôt disparaître Brian Langley de son groupe d’investisseurs. En parcourant la foule du regard, Posie identifie plusieurs personnes dont la présence lui semble troublante. Elle aperçoit Hector Mallow qui observe Meggie Albanesi danser seule sous les projecteurs avec une expression inquiétante. Elle remarque aussi Pamela Hanro, la sœur de Silvia, arrivée dans une tenue extravagante qui semble destinée à attirer l’attention. Pamela tente de retenir l’intérêt de Brian Langley, mais Posie comprend rapidement que le producteur est davantage captivé par Meggie Albanesi, qu’il semble envisager comme une future vedette. Pamela paraît humiliée et mise à l’écart, acceptant pourtant la moindre marque d’attention de Langley. Posie réalise alors que les relations entre les personnes présentes sont extrêmement complexes et que la salle rassemble presque tous ceux qui pourraient avoir une raison de souhaiter la mort de Silvia. Lorsque Pamela aperçoit quelque chose dans la foule, son expression change brutalement. Posie suit son regard mais ne distingue qu’un mouvement confus parmi les invités, notamment Mrs Thynne portant un récipient vide et Mrs Cleeves transportant de la vaisselle. Elle remarque ensuite Tom Moran, portant un chapeau noir qui dissimule une partie de son visage, venir rejoindre Pamela et l’embrasser chaleureusement. Leur rencontre semble sincère, contrairement à leur dispute précédente, mais Posie observe que Pamela reste nerveuse et cherche constamment quelqu’un du regard. Cette attitude renforce encore son inquiétude, car elle voit autour d’elle une réunion de suspects potentiels dans les pires conditions possibles, avec la foule, l’obscurité, les lumières changeantes et les journalistes. Alors que la partie médiatique de la soirée touche à sa fin, Silvia et Robbie se préparent à monter sur scène pour le discours prévu avec Brian Langley. Posie entend leur conversation et comprend que tout doit se dérouler selon un programme précis. Silvia s’impatiente du retard de Langley et souhaite rejoindre rapidement le podium, tandis que Robbie tente de la calmer. Ils évoquent le signal que le producteur doit leur donner, mais celui-ci est encore occupé avec un investisseur. Posie suit les deux acteurs vers la scène, toujours inquiète et cherchant Langley dans la pénombre. Elle finit par l’apercevoir en pleine discussion et remarque qu’il leur adresse un signe. Mais avant que quoi que ce soit ne puisse se dérouler comme prévu, les lumières s’éteignent soudainement dans toute la salle. Dans l’obscurité totale, un cri retentit, confirmant les craintes de Posie qu’un événement dangereux est sur le point de se produire.

40.Drame Au Studio

Dans l obscurite soudaine d une piece de cinema plongee dans le chaos et les tirs, Posie Parker tente de se mettre a l abri aux cotes de Silvia Hanro. Lorsque la lumiere revient enfin grace a des stores abaisses, le choc est total. Robbie Fontaine gît sans vie sur le podium, l arriere de la tete touche par une balle fatale, tandis que Silvia le berce en pleurs dans une mare de sang. Au milieu de la cohue, la police intervient rapidement. Les journalistes se precipitent aussitot pour crier au meurtre, contraignant Posie a bloquer la vue et a faire reculer la presse du mieux qu elle peut. Le chef inspecteur Lovelace apprend a Posie la terrible nouvelle concernant le meurtre tragique de son propre agent, McCrae, abattu pendant l incident. Brian Langley, soupconne d avoir piie les lumieres et tire les coups de feu, s est enfui et fait l objet de recherches intensives. Pendant ce temps, Pamela Hanro est arretee sur place avec une arme en sa possession, bien que sa complicite reste incertaine. Alors que la confusion regne, de nouveaux temoignages revelent que la femme de menage, identifiee comme Sheila, entretenait une relation secrete avec Robbie et etait devouee a sa vie de famille. Lovelace confie a Posie la mission de conduire Silvia Hanro en lieu sur a bord d une voiture de police conduite par Binny. Avant de partir, Posie croise le jeune Sidney et lui confie une tache importante comportant des appels telephoniques urgents a destination de son bureau et de la Chambre des Lords. Apres lui avoir promis une belle recompense financiere, elle s assure que ses proches et ses animaux seront proteges. Tandis que l inspecteur observe la scene avec un melange d agacement et d affection, Posie se prepare a affronter la suite de cette enquete perilleuse.

41.Secrets, culpabilité et trahisons

Sur le chemin du retour vers Londres, Posie Parker et Silvia Hanro voyagent dans un silence pesant à bord de la voiture conduite par Binny. La chaleur étouffante accentue la tension, tandis qu’une camionnette Nathan’s les suit à distance. Silvia reste absorbée par son chagrin après la mort de Robbie Fontaine, malgré la haine qu’elle disait éprouver pour lui. Posie, frustrée d’avoir découvert que Sheila, la gouvernante de Brian Langley, était en réalité l’épouse de Robbie sans que personne ne le lui ait révélé, lui reproche de l’avoir tenue dans l’ignorance. Silvia répond froidement qu’une détective devrait être capable de découvrir seule la vérité et affirme ne pas lui avoir menti. Elle explique ensuite qu’elle méprisait Sheila, non pour ses origines comme Robbie le croyait, mais pour sa personnalité et ses méthodes. Silvia raconte que Sheila était liée à Mrs Thynne, la cuisinière de Worton Hall, et que toutes deux étaient réputées prêtes à tout pour gagner de l’argent. Selon elle, Mrs Thynne monnayait ses services et ses provisions, tandis que Sheila avait une activité plus inquiétante. Elle ne vendait pas des faveurs mais des secrets. Silvia refuse toutefois de parler de véritable chantage, car elle considère les informations de Sheila comme des absurdités sans fondement. Elle cite notamment une accusation selon laquelle Tom Moran aurait eu une liaison avec la costumière Elaine, accusation que Sheila aurait proposé de prouver contre dix livres. Silvia affirme avoir refusé et en avoir ensuite ri avec Tom. Ces paroles font cependant réfléchir Posie. Elle se souvient des menaces reçues par Pamela Hanro au sujet de la filiation de Hilda, ainsi que des demandes d’argent adressées à Silvia par Pamela dans le passé. Elle comprend que Sheila aurait pu découvrir l’existence de l’enfant en fouillant les courriers privés de Brian Langley, puis utiliser cette information pour faire pression sur Pamela. Les éléments s’assemblent dans son esprit : Sheila connaissait des secrets véritables et dangereux, pas de simples ragots. Posie repense à la réaction de Pamela pendant la fête, lorsqu’elle avait crié qu’une femme avait ruiné sa vie. Elle comprend alors que Pamela ne parlait probablement pas de Silvia, mais bien de Sheila, qu’elle venait de reconnaître dans la salle. Cette découverte transforme l’image que Posie avait de la gouvernante, qui apparaît désormais comme une femme intelligente capable de manipuler des secrets capables de détruire des existences. Arrivées au bureau de détective de Posie, à Grape Street, les deux femmes découvrent une atmosphère calme et inquiétante. Binny reste dehors avec une arme, sur ordre exceptionnel de l’Inspecteur Lovelace, afin de protéger l’entrée en attendant des renforts. À l’intérieur, Posie s’inquiète de l’absence de Len, dont elle espérait l’aide. Elle découvre cependant que Mr Minks, son chat siamois, est enfermé dans la petite cuisine. L’animal accueille Silvia avec hostilité et rappelle à Posie qu’elle devra aussi s’occuper de lui. Silvia nettoie le sang séché qui couvre encore ses mains après la mort de Robbie, tandis que Posie lui prépare du thé dans le modeste bureau, malgré le manque de confort et de provisions. Dans ce cadre pauvre et étroit, un échange tendu éclate entre les deux femmes. Silvia critique le mode de vie de Posie et compare son comportement à celui de Pamela, qu’elle décrit comme quelqu’un attiré par les causes perdues, toujours prête à aider des êtres ou des situations qui ne lui apportent que des ennuis. Posie, blessée et irritée, retourne cette accusation contre Silvia. Elle lui reproche d’avoir elle aussi choisi une cause perdue en épousant Tom Moran par culpabilité plutôt que par amour. Elle affirme que Silvia ne l’aime pas réellement et qu’elle a épousé Tom par devoir, parce qu’elle se sentait responsable de ce qu’il avait perdu pendant la guerre. Posie pousse son raisonnement plus loin. Elle accuse Silvia d’être rongée par la culpabilité à cause de son ancienne relation avec Brian Langley, du fait qu’elle l’aime encore, et de l’enfant qu’ils ont eu ensemble. Elle suppose que Silvia se sent également coupable d’avoir ramené Tom dans l’univers du cinéma alors qu’il souffre encore de son passé. Selon Posie, c’est cette culpabilité qui aurait poussé Silvia à fuir après son mariage, à se déguiser et à chercher une dernière nuit de liberté avant d’accepter une vie qu’elle ne désirait pas vraiment. Elle l’accuse aussi de ne pas soutenir suffisamment Tom financièrement et de le traiter avec dureté parce qu’elle ressent du dégoût et de la pitié envers lui. Silvia, bouleversée et furieuse, tente de quitter la pièce, mais Posie l’en empêche. Pour respecter les consignes de l’Inspecteur Lovelace, qui lui a demandé de protéger Silvia à tout prix, Posie l’enferme dans la petite cuisine avec Mr Minks. Elle estime que cette mesure garantit au moins sa sécurité, même si elle reconnaît implicitement que ce n’est pas une manière très confortable de garder une invitée. L’épisode se termine avec Silvia frappant à la porte avec colère tandis que Posie reste convaincue d’avoir fait ce qu’il fallait.

42.Les cinq indices révélateurs

Posie retourne dans son bureau après les événements violents de la cuisine, encore marquée par le tir qui a failli la toucher. Elle traîne un ventilateur jusqu’à sa pièce pour tenter de trouver un peu de fraîcheur, mais son esprit reste entièrement absorbé par l’affaire. Les bruits de colère provenant de la cuisine, où Silvia Hanro semble se débattre dans une crise de rage et de détresse, ne provoquent chez Posie aucune compassion immédiate, même si elle reconnaît que Silvia a subi un choc terrible en voyant Robbie Fontaine mourir presque contre elle. Assise à son bureau, elle observe ses notes et se concentre sur trois mots qu’elle avait déjà écrits, HATE, LOVE et MONEY. Peu à peu, un quatrième mot apparaît sous sa plume, GUILT. Posie repense alors à la confrontation qu’elle a eue avec la vedette de cinéma dans la cuisine verrouillée et se demande si elle n’a pas été trop sévère avec lui. Les traces de l’incident sont encore visibles sur elle, entre ses cheveux brûlés, les morceaux de son headdress abîmé et le sang séché sur son visage et ses mains. L’odeur désagréable de tissu brûlé et de sang lui rappelle brutalement la violence de ce qui vient de se passer. En observant son carnet, Posie ressent soudain qu’un élément lui échappait depuis longtemps. Une sensation familière apparaît dans son esprit, comme une alerte lointaine qui la pousse à relier plusieurs faits jusque-là séparés. Cinq détails précis surgissent alors avec une importance nouvelle. Le premier est un souvenir d’odeur. Le deuxième est sa compréhension soudaine du talent nécessaire à un maître chanteur expérimenté. Le troisième est un simple fait concernant l’âge d’une personne. Le quatrième est la déclaration de Silvia Hanro dans la voiture, selon laquelle la cuisinière Mrs Thynne ferait presque tout pour de l’argent. Le cinquième est une phrase entendue quelques heures plus tôt, prononcée par un homme avec colère. Ces cinq éléments réunis bouleversent Posie, qui comprend qu’elle s’approche de la vérité. Elle reçoit alors un appel téléphonique de Worton Hall Studios et fait entrer Sidney, venu apporter de la viande. Elle lui demande immédiatement un service urgent. Elle lui confie une note destinée à Mr Nicholas de Carver & Nicholas Solicitors, avec deux questions auxquelles il doit simplement répondre par oui ou par non. Sidney accepte de partir rapidement, tandis que Posie reste dans son bureau sous les ordres de la police. L’appel suivant vient de Inspector Lovelace, qui vérifie que tout est sous contrôle. Il apprend à Posie que Lady Cardigeon a quitté les lieux avec Sergeant Rainbird et que la plupart des personnes présentes ont été évacuées, mais que les journalistes risquent de révéler rapidement la mort de Robbie Fontaine. Lovelace explique ensuite que l’examen du corps de Fontaine a apporté une découverte importante. Poots a confirmé que l’acteur était mort d’une balle dans la tête, mais l’arme utilisée ne correspond pas au Webley Mark VI appartenant à Brian Langley et retrouvé avec Pamela Hanro. Le pistolet de Langley est bien identifié grâce à son numéro de série, mais la balle ayant tué Fontaine provient d’un modèle Webley plus ancien utilisant un autre type de munition. Seul un spécialiste aurait pu connaître cette différence. Posie comprend alors que la présence de l’arme de Langley sur les lieux devait avoir une signification cachée. Lovelace ajoute que Brian Langley reste introuvable et que Pamela Hanro a dû être relâchée faute de preuves directes. Cette nouvelle inquiète Posie, car elle est persuadée que Pamela va chercher à la rejoindre et qu’elle est assez déterminée pour y parvenir. Après la fin de l’appel, Posie reste seule dans le silence de son bureau. Même les bruits de Silvia ont cessé. Elle attend le retour de Sidney avec la réponse du solicitor, mais elle pense déjà connaître l’identité du meurtrier. Elle relit mentalement les cinq indices et ressent une profonde culpabilité. La vérité lui apparaît comme quelque chose qui se dévoile lentement, mais elle se reproche de l’avoir comprise trop tard. Elle estime avoir commis une erreur impardonnable et se demande comment réparer les conséquences de son échec. Lorsque l’horloge indique deux heures trente, elle est tirée de ses pensées par la sonnerie de l’entrée. Elle croit d’abord qu’il s’agit de Sergeant Binny, mais une voix inconnue lui répond depuis la rue. Un homme nommé Davey Price affirme être un technicien de la compagnie de téléphone venu vérifier la ligne, à la demande de Len, qui avait organisé une visite après les problèmes de communication signalés par Posie. L’explication paraît crédible, d’autant plus que Len avait effectivement promis de s’occuper de cette difficulté. Davey indique qu’il lui faudra seulement quelques minutes et demande à pouvoir monter avec ses outils. Posie vérifie toutefois que Binny se trouve bien dans la rue et apprend qu’il surveille les environs depuis une voiture garée plus loin. Elle refuse que Davey aille le chercher et le laisse préparer son matériel. Sidney revient finalement avec la réponse de Mr Nicholas, soigneusement pliée et attachée avec un ruban de notaire. Posie est soulagée par son retour et s’apprête à lire le message lorsqu’elle entend de nouveaux pas précipités dans l’escalier. Cette fois, elle reconnaît la démarche d’une femme. La porte s’ouvre brusquement et Pamela Hanro apparaît, épuisée, désordonnée et visiblement désespérée. Son kimono glisse sur ses épaules, son maquillage est étalé sur son visage et son apparence contraste avec l’assurance qu’elle affichait auparavant. Pamela reproche à Posie d’avoir laissé la porte de la rue ouverte et lui affirme qu’elle a commis une grave erreur. Comprenant immédiatement le danger, Posie agit sans hésiter. Elle prend Sidney, la viande et la clé de la cuisine dans le même mouvement, puis lui ordonne discrètement de disparaître. Elle lui demande de nourrir le chat, de verrouiller la porte et de protéger Silvia Hanro quoi qu’il arrive. Elle lui précise de ne pas sortir s’il entend des coups de feu et d’attendre l’arrivée de la police. Sidney s’inquiète pour elle, mais Posie lui assure qu’elle ira bien avant de le pousser dans la cuisine. Restée seule face à Pamela, elle tente de conserver son calme et lui demande ce qu’elle voulait lui dire.

43.Le piège se referme

Pamela Hanro confronte Posie dans son bureau et lui demande si sa sœur Silvia est bien cachée dans les locaux. Posie reste paralysée par la peur, comprenant que Pamela a découvert une partie de son plan. Pamela explique qu’elle a entendu Inspector Lovelace ordonner que Silvia soit amenée là après son arrestation, mais qu’il s’est trompé et que Posie a également mal interprété la situation. Alors qu’elles parlent, de lourds bruits résonnent depuis l’entrée du bureau, comme si quelqu’un tirait un objet encombrant dans l’escalier. Pamela s’inquiète immédiatement et pense qu’il pourrait s’agir de la police. Posie profite de cette distraction pour ouvrir le message que Sidney lui a rapporté de Carver & Nicholas Solicitors. Les réponses confirment ses soupçons : le capital principal du fonds d’héritage de Silvia Hanro reviendrait à Pamela si Silvia ne se mariait pas avant ses trente ans, et Silvia était bien au courant de cette condition. Posie comprend que ces informations constituent la confirmation finale d’une partie de son raisonnement. La situation change brutalement lorsque Pamela révèle que l’homme annoncé comme réparateur téléphonique n’est peut-être pas ce qu’il prétend être. Elle affirme qu’il n’y avait aucun véhicule de la compagnie téléphonique en bas, mais une camionnette Nathan’s, celle des costumiers, ainsi qu’une voiture noire Ford abandonnée avec les portes ouvertes. Posie se souvient alors d’une camionnette Nathan’s qui les suivait par moments jusqu’à Londres et d’un homme vêtu de blanc qui attendait derrière un rideau lorsqu’elle avait téléphoné depuis Worton Hall. Elle réalise avec horreur qu’il a probablement entendu sa conversation avec Len et qu’il a appris qu’un technicien devait venir à Grape Street. Elle comprend qu’elle a peut-être elle-même laissé entrer une menace dans son bureau. Au même moment, le bruit de déplacement cesse dans l’escalier. Une silhouette sombre apparaît derrière la porte vitrée, puis un étrange cliquetis métallique retentit, comme si un objet était préparé. Posie, consciente de la présence dangereuse de Pamela, de Sidney et de Silvia juste derrière la porte de la cuisine, tente de garder son calme. La porte s’ouvre finalement et révèle deux hommes en tenue de soirée noire, avançant difficilement comme s’ils étaient liés ou incapables de marcher normalement. Pamela se précipite en reconnaissant Brian Langley, mais Posie la retient pour l’empêcher d’agir impulsivement. Les deux hommes semblent désorientés et sont effectivement attachés ensemble par une paire de menottes : la main gauche de Tom Moran est reliée à la main droite de Brian Langley. Tom porte encore ses lunettes bleues, désormais cassées, et son visage est couvert de blessures, avec une profonde entaille sur sa joue. Brian est moins gravement blessé mais paraît lui aussi très affaibli, les yeux rouges, le regard trouble et l’équilibre incertain. Silvia sort alors précipitamment de la cuisine avec la clé à la main, heureuse d’avoir réussi à se libérer, avant de découvrir Tom dans cet état. Elle s’inquiète immédiatement en voyant le sang et les menottes, se demandant ce qui a bien pu arriver à son mari. Sidney intervient rapidement en apportant deux chaises pour que les hommes puissent s’asseoir. Ils restent silencieux, essoufflés et épuisés près du bureau de Prudence. Silvia rejoint Tom, tandis que Sidney explique à Posie qu’il n’a pas réussi à empêcher Pamela de récupérer la clé de la cuisine lorsqu’elle a entendu le nom de Brian Langley. Le jeune garçon remarque ensuite que les deux hommes semblent avoir pris de la drogue. Il compare leur état à celui de Robbie Fontaine lorsqu’il était au plus mal et explique que Fontaine lui avait même dit que Tom Moran présentait des signes d’addiction à l’opium. Ces paroles rappellent à Posie certains détails troublants concernant Tom : l’étrange matériel qu’il cherchait à cacher dans sa chambre, l’odeur douce et brûlée qu’elle avait remarquée et son état de somnolence. Elle se demande alors si les médicaments dont Tom parlait n’étaient pas en réalité des substances plus fortes. Cette révélation l’amène aussi à reconsidérer son jugement sur Silvia, car elle comprend peut-être maintenant pourquoi celle-ci contrôlait autant l’argent de son mari. Silvia craignait peut-être simplement que Tom dépense toute sa fortune dans la drogue. Sidney précise toutefois que leur état actuel ne vient pas de l’opium mais plutôt d’une autre substance, et qu’une boisson chaude devrait les aider à retrouver leurs esprits. Il part préparer du thé pendant que Posie observe la scène étrange qui se déroule autour d’elle. Tous les personnages semblent réunis dans son bureau comme des acteurs attendant le début d’une représentation, mais Posie ne connaît pas encore le scénario de la suite. Elle sait seulement que beaucoup d’éléments restent inconnus, notamment l’absence de Len et celle de Inspector Lovelace. Elle reprend ses esprits et tente de gérer la situation. Lorsque Tom semble sur le point de vomir, elle lui donne une corbeille pour éviter un nouvel incident. Elle observe ensuite Brian, dont le regard reste instable, et Pamela qui semble toujours préoccupée par son état. Pamela demande à Brian s’il consomme de la drogue, affirmant qu’elle ne l’aurait jamais cru capable de cela. Silvia réagit alors violemment contre sa sœur, lui reprochant de prétendre connaître Brian alors qu’elle ignore tout de lui. Elle accuse également Brian d’avoir tué Robbie Fontaine et d’avoir voulu la tuer elle-même, affirmant que la police le recherche et qu’il a peut-être entraîné Tom comme otage dans sa fuite. Alors que Pamela semble prête à attaquer Silvia, Posie aperçoit enfin Inspector Lovelace dans l’encadrement de la porte et pousse un cri de soulagement. Le chef de la police entre calmement, encore vêtu de son costume taché de sang, et salue tout le monde avec un sang-froid impressionnant. Posie admire son calme face à une scène aussi chaotique. Lovelace observe les hommes menottés, Pamela et les autres sans montrer de panique, puis fixe Posie comme s’il attendait qu’elle lui indique la prochaine action. Elle voit en lui un soutien essentiel, mais elle pense aussi à l’autre arme chargée présente dans la pièce, celle liée aux morts de Robbie Fontaine et de Constable McCrae, et qui pourrait encore menacer Silvia et tous les autres. Craignant qu’il ne reste que peu de temps avant un nouveau drame, elle cherche un moyen d’avertir Lovelace sans révéler directement ses soupçons. Elle lui demande alors s’il a vu le réparateur téléphonique en montant, car celui-ci semble avoir disparu.

44.Les secrets éclatent au grand jour

Après la fusillade, Sidney revient avec le thé et tente de maintenir une atmosphère de calme artificiel dans le bureau de Posie, mais celle-ci s’inquiète surtout pour lui, consciente qu’elle l’a entraîné malgré elle dans une situation extrêmement dangereuse. Inspector Lovelace examine Brian Langley et Tom Moran, qui sont toujours liés par des menottes. Il reconnaît rapidement les bracelets comme appartenant à Sergeant Binny, ce qui provoque chez lui une inquiétude immédiate. Il demande où se trouve Binny, mais personne ne peut lui répondre. Furieux, il exige des explications de Brian sur la raison de ces menottes et sur l’état lamentable des deux hommes. Brian semble incapable de parler correctement et Posie comprend qu’il est probablement sous l’effet d’une drogue. Lovelace remarque alors que, dans cet état, Brian ne représente au moins pas une menace immédiate avec une arme. Il décide de descendre vérifier ce qui est arrivé à Sergeant Binny et de récupérer son revolver, qu’il lui avait confié. Malgré les avertissements de Posie, il quitte rapidement la pièce. Quelques instants plus tard, une présence fugitive semble apparaître près de la porte, mais Posie n’a pas le temps de l’identifier. Une violente rafale de tirs éclate soudainement depuis l’entrée du bureau. Les vitres se brisent, la peinture et le plâtre tombent du plafond et l’air se remplit de poussière blanche et de fragments de verre. Tom Moran crie à tous de se mettre à couvert. Posie se jette au sol et ordonne à Sidney de fuir. Le garçon, terrifié, se traîne jusqu’à la cuisine et referme la porte derrière lui. Silvia Hanro tente de se mettre à l’abri dans le bureau de Posie tandis que les coups de feu continuent. Après que Posie a crié d’arrêter cette folie, un silence brutal s’installe. Tous semblent avoir survécu. Brian et Tom restent cachés près du bureau, Pamela Hanro est au sol, tremblante mais vivante, et Silvia revient couverte de poussière, son élégante robe rouge devenue blanche sous les débris. Face à ce chaos, Posie décide de reprendre le contrôle. Elle accuse directement les personnes présentes : l’un d’eux sait forcément qui a tiré, car le tireur doit être parmi eux. Elle ignore encore comment l’attaque a été réalisée depuis l’entrée, mais elle refuse désormais de rester passive. Installée derrière le bureau de Prudence, elle affirme que le jeu est terminé et qu’elle connaît la vérité. Elle reconnaît toutefois que son enquête l’a longtemps égarée. Les mots qu’elle avait inscrits dans son carnet, HATE, LOVE, MONEY et GUILT, représentaient chacun une partie essentielle de l’affaire. Elle comprend maintenant que le mystère ne repose pas sur un seul mobile, mais sur les quatre à la fois. Brian Langley, encore affaibli, lui reproche d’avoir commis de nombreuses erreurs, et Posie admet qu’elle n’a compris l’ensemble qu’au dernier moment. Silvia lui demande alors si elle sait enfin qui a tué Robbie Fontaine et écrit les menaces de mort. Posie confirme que oui et affirme que les événements qui ont conduit au drame forment une histoire plus complexe que n’importe quel scénario de film. Elle commence son explication en révélant que tout a débuté avec du chantage. Posie désigne Pamela Hanro et parle de Sheila Fontaine, la femme de Robbie Fontaine, qui était également la gouvernante de Brian Langley. Selon Posie, Sheila aimait tellement Robbie qu’elle acceptait de rester dans l’ombre pour préserver son image de vedette célibataire admirée. Elle finançait aussi son addiction aux drogues, ce qui l’a poussée à chercher davantage d’argent. Comme les sommes versées par Brian Langley ne suffisaient plus, elle s’est tournée vers le chantage, probablement depuis plusieurs années. Pamela reconnaît alors que Sheila l’avait menacée à propos de Hilda, un secret dont elle craignait la révélation auprès du monde entier et de Silvia. Elle avoue avoir payé pour protéger ce secret. Posie explique ensuite que Tom Moran avait lui aussi été victime de Sheila, car elle menaçait de révéler sa véritable identité de Mark Paris. Tom reconnaît qu’elle était impitoyable et qu’elle savait exploiter les faiblesses des autres. Posie explique que la difficulté de cette affaire venait du fait que tous les protagonistes étaient des artistes habitués aux apparences et aux faux-semblants. Ils savaient créer des illusions comme au cinéma, ce qui avait rendu la vérité difficile à discerner. Mais c’est justement la vérité qui a finalement permis à Posie de comprendre le fonctionnement de Sheila. Elle explique que Sheila n’utilisait pas de simples rumeurs pour faire chanter les gens : lorsqu’elle menaçait quelqu’un avec une information, cette information était généralement exacte. Elle se tourne alors vers Silvia Hanro et rappelle l’histoire que Sheila lui avait racontée au sujet d’une liaison entre Tom Moran et Elaine Dickinson. Silvia avait considéré cette accusation comme une invention absurde, mais Posie a compris qu’elle était réelle. Elle affirme que Tom a bien eu une relation avec Elaine pendant les trois derniers mois. Posie raconte que Tom, après avoir quitté l’hôpital où il était soigné pour ses problèmes de santé mentale, était revenu à Worton Hall dans une situation très difficile. Il n’était plus la grande vedette qu’il avait été, mais il ne voulait pas non plus être réduit à son identité de Mark Paris diminué par ses blessures. Lorsque Elaine Dickinson a découvert qui il était réellement et lui a montré son admiration ancienne, il a trouvé auprès d’elle une reconnaissance et une affection qui lui manquaient. Elaine l’aimait depuis longtemps et croyait enfin voir ses rêves se réaliser. Elle avait changé son apparence et son comportement pour lui plaire. Silvia refuse d’abord de croire Posie et demande à Tom de nier, mais l’enquête révèle progressivement que cette relation existait bien. Posie poursuit en expliquant que cette liaison était la raison véritable pour laquelle Sheila voulait faire chanter Tom. Elle n’avait pas seulement découvert son identité secrète, mais aussi son aventure avec Elaine, probablement grâce à Mrs Thynne, la cuisinière qui occupait une chambre voisine et avait pu entendre ce qui se passait. Tom avait refusé de céder au chantage, persuadé que Silvia ne croirait jamais une accusation aussi improbable. Une dispute avait alors éclaté entre lui et Sheila devant le Green Room de Worton Hall, entendue par l’extra Hector Mallow. Sheila, incapable d’obtenir de l’argent, avait décidé de se venger en révélant une vérité encore plus douloureuse. Elle avait appris à Tom l’existence d’un enfant que Silvia avait eu avec Brian Langley en 1918, pendant que Tom se remettait de ses blessures de guerre. Cette révélation bouleverse tout le monde. Silvia supplie Posie d’arrêter d’exposer les secrets de chacun, mais celle-ci affirme que cette histoire d’enfant a déclenché une série d’événements ayant conduit à plusieurs morts et les a amenés à la situation actuelle. Elle termine en se tournant vers Brian Langley, indiquant que son rôle dans cette tragédie doit maintenant être révélé.

45.Le masque du traître tombe

Brian Langley fixe Posie avec incrédulité lorsqu’elle lui révèle qu’elle ne le considère plus comme le coupable. Elle explique que le détail décisif a été son cri lors de la fête de fin de tournage, au moment où les lumières se sont éteintes. Le pistolet qu’on avait retrouvé dans ses mains lui avait été jeté dans l’obscurité par le véritable coupable, après avoir été volé chez lui grâce à son domestique soudoyé. Les menottes qui le liaient à Tom Moran faisaient aussi partie du piège, mais Langley affirme ne se souvenir de rien après avoir découvert son arme entre ses mains. Posie comprend cependant qu’il connaissait déjà la menace qui pesait sur Silvia Hanro. Il avait engagé Posie parce qu’il voulait protéger Silvia et empêcher Tom d’aller plus loin. Elle reconnaît alors que derrière son masque de dureté se cache un homme profondément bon, aimé par les deux femmes présentes dans la pièce. Posie se tourne ensuite vers Tom Moran et l’accuse d’être l’auteur de toute l’affaire. Elle affirme qu’il avait voulu tuer sa propre femme lors de la fête de fin de tournage, mais que sa main tremblante, aggravée par les effets persistants de l’opium, l’avait empêché de réussir. Tom nie avec calme, mais Posie explique que sa colère avait commencé lorsqu’il avait découvert le secret du bébé né de Silvia et Brian Langley en 1918. Cette révélation avait alimenté une haine ancienne. Depuis son retour de guerre et de l’hôpital, Tom vivait difficilement avec sa nouvelle condition, la perte de sa gloire passée et sa dépendance aux drogues. Il en voulait à Silvia, qu’il accusait de l’avoir abandonné émotionnellement tout en conservant son immense succès. Lorsqu’Elaine Dickinson lui avait révélé qu’elle connaissait sa véritable identité de Mark Paris et qu’elle l’avait toujours admiré, Tom avait trouvé auprès d’elle une admiration qui lui manquait. Leur relation était devenue une liaison, donnant à Elaine l’espoir d’une nouvelle vie avec lui. Posie révèle que Sheila Fontaine, la maîtresse du chantage, avait découvert cette liaison et avait tenté d’utiliser la vérité contre Tom. Elle avait essayé de le faire payer pour garder le silence, mais Tom avait refusé et l’avait humiliée lors d’une dispute. Par vengeance, Sheila lui avait alors révélé le secret du bébé de Silvia et Brian, déclenchant chez lui une rage qui allait transformer son plan. Posie explique qu’avant cette révélation, Tom envisageait déjà d’épouser Silvia en secret avant son trentième anniversaire afin d’obtenir le contrôle du Hanro Family Trust, dont l’argent reviendrait autrement à Pamela Hanro si Silvia restait célibataire. Elaine participait au complot, imitant la signature de Silvia pour obtenir des informations juridiques sur l’héritage. Mais après avoir appris l’existence du bébé, Tom aurait décidé d’aller plus loin, en tuant Silvia publiquement tout en faisant accuser Brian Langley. Posie décrit alors l’ensemble du plan de Tom. Il aurait poussé Silvia à accepter un mariage précipité en jouant sur sa culpabilité et ses récentes difficultés psychologiques. Ensuite, avec l’aide d’Elaine, il aurait envoyé des menaces de mort à Silvia pour créer un contexte crédible avant son assassinat. Lorsque Elaine avait ajouté sa propre provocation en envoyant le doigt portant une bague en papier d’aluminium, Tom aurait compris qu’elle devenait dangereuse et qu’elle risquait de compromettre leur projet. Il l’aurait alors attirée dans la loge de Silvia sous prétexte d’une réconciliation, aurait empoisonné sa boisson avec l’eau des orchidées, puis aurait maquillé la scène pour faire croire à un suicide. Il aurait placé des indices accusant Elaine d’être une admiratrice folle, ajouté des traces de drogue et disposé des photographies compromettantes afin de renforcer cette version. Interrogée sur ce qui l’a menée à Tom, Posie explique que deux détails ont finalement éclairci l’affaire. Le premier est une phrase étrange prononcée par Tom sur « l’odeur de la mort ». Elle comprend qu’il ne parlait pas seulement de ses souvenirs de guerre, mais de l’odeur du cadavre d’Elaine dans la pièce où il était retourné après le meurtre. Le second élément vient de Mrs Thynne, qui avait probablement été payée pour mentir sur ce qu’elle avait vu et pour accuser Brian Langley. Posie ajoute que Tom avait aussi soudoyé le jardinier de Langley afin de récupérer son pistolet Webley et l’utiliser pour incriminer le producteur. Cependant, l’arme de Tom avait laissé des preuves différentes, car la balle ayant tué Robbie Fontaine provenait de son propre revolver et non de celui de Langley. Alors que Posie semble avoir reconstitué toute la vérité, une dernière question demeure pour elle : pourquoi Tom et Brian sont-ils attachés ensemble par des menottes. Tom se lève soudainement en entraînant Brian avec lui et révèle qu’il cachait encore une arme dans sa manche. Il pointe son Webley sur Posie, confirmant son intention de ne laisser personne sortir vivant. Malgré le danger, Posie remarque que sa main tremble fortement, ce qui explique ses précédents échecs. Alors que Silvia panique et que Brian tente de raisonner Tom, Posie sent soudain une présence derrière elle. Elle se retourne et découvre qu’un homme armé se tient dans l’embrasure de la porte. Ce n’est pas un allié venu la sauver, mais Caspian della Rosa, qui braque son arme sur Tom Moran.

46.Le retour du prédateur

Posie reconnaît avec effroi Caspian della Rosa dans l’embrasure de la porte. L’homme, petit, élégant et parfaitement propre au milieu du chaos couvert de poussière blanche, contraste avec tous les autres occupants de la pièce. Il affirme être venu en personne et rappelle à Posie qu’il la suit depuis longtemps. Elle se souvient alors de lui comme d’un criminel international dangereux, un maître des déguisements et un tueur impitoyable qui lui avait déjà fait comprendre, des années auparavant, qu’il la voulait à tout prix. Sa présence représente pour elle une menace encore plus inquiétante que celle de Tom Moran. Caspian, tenant une arme avec un calme glacial, révèle qu’il a tiré dans la pièce plus tôt, mais seulement pour briser les luminaires et désorienter Tom, non pour tuer quelqu’un. Contrairement à Tom, il affirme être un tireur précis et dit avoir voulu montrer qu’une autre personne armée était présente. Tom Moran, toujours en train de viser Posie, demande qui est cet homme et accuse Caspian d’être un fou responsable des tirs précédents. Caspian lui répond qu’il ignore son identité mais qu’il a observé ses actes depuis le palier. Il explique qu’il était caché dans la petite salle de bains avec son assistant Roslington depuis avant l’arrivée de Posie. Roslington apparaît alors, un jeune homme élégant à l’allure militaire, puis fait entrer Len, qui était retenu prisonnier depuis tout ce temps. Len est ligoté, bâillonné et blessé, mais vivant. Posie comprend avec soulagement qu’il ne l’avait pas abandonnée comme elle le craignait. Caspian explique qu’il avait intercepté les communications de Posie et suivi ses déplacements après avoir été alerté par le message téléphonique qu’elle avait envoyé à Len. Il avait déjà essayé de l’atteindre à Isleworth, mais avait dû renoncer lorsqu’une apparition inattendue de Silvia Hanro avait changé ses plans. Caspian révèle ensuite ce qu’il a vu depuis le palier. Il raconte avoir observé Tom arriver dans une camionnette bleue, parler à Posie par l’interphone, puis sortir un homme inconscient de l’arrière du véhicule. Selon lui, Tom avait drogué Brian Langley, l’avait enveloppé dans une bâche noire et abandonné dans la rue avant d’aller assassiner le sergent Binny. Posie apprend ainsi avec horreur que Binny a été tué. Caspian affirme que Tom avait utilisé son propre pistolet, puis volé l’arme et les menottes du policier avant de revenir chercher Brian. Il l’avait ensuite frappé pour le réveiller, s’était lui-même blessé pour créer une apparence de victime et avait attaché les deux hommes ensemble avec les menottes afin de rendre impossible de savoir qui avait agressé l’autre. Caspian tire alors sur la chaîne qui relie Tom et Brian et la brise d’une seule balle, libérant Langley qui s’effondre au sol, rapidement rejoint par Pamela Hanro. Il explique à Posie que le piège imaginé par Tom était particulièrement habile, car deux hommes battus, drogués et attachés ensemble pouvaient donner l’impression que l’un était victime de l’autre. Tom aurait ainsi créé un faux coupable et préparé des preuves supplémentaires pour faire accuser Brian. Posie reconnaît que cette explication répond à la question qui la troublait depuis le début. Caspian ajoute qu’il a tiré dans la pièce uniquement pour déstabiliser Tom, car il l’avait vu manipuler ses armes avec nervosité et savait qu’il était dangereux. Il voulait lui faire comprendre qu’il n’était plus le seul homme armé et que quelqu’un de plus compétent pouvait l’arrêter. Posie apprend ensuite que l’inspecteur Lovelace n’a pas été blessé. Roslington l’a simplement enfermé dehors en bloquant la porte depuis l’intérieur. Lovelace a probablement découvert le corps de Binny et tente maintenant d’entrer en frappant la porte. Soulagée, Posie se concentre à nouveau sur Tom, consciente qu’il possède encore deux armes, dont celle du policier. Elle lui demande ce qu’il compte faire, et Tom répond froidement qu’il tuera tout le monde présent, y compris Silvia Hanro, puis laissera les autorités accuser Brian Langley. Il refuse de croire qu’il sera arrêté et rejette toute idée de retour en arrière. Silvia, terrifiée, sort alors de sa cachette et tente de raisonner son mari. Elle lui demande de poser son arme et lui assure qu’aucune somme d’argent ne justifie un tel massacre. Elle s’approche lentement de lui en essayant de le calmer. Mais avant qu’une solution puisse être trouvée, les coups de feu éclatent à nouveau, plongeant la pièce dans une nouvelle vague de danger.

47.Les ombres après la fusillade

La scène bascule dans la violence en quelques secondes lorsque Tom Moran, déterminé à éliminer tous ceux qui pourraient révéler ses crimes, tire d’abord sur Silvia Hanro puis vise Brian Langley. Cependant, Caspian della Rosa intervient avec une précision redoutable. D’un tir expert, il fait voler l’arme de Tom, puis le blesse à la jambe pour l’empêcher de continuer. Dans le chaos du bureau de Posie, les corps gisent au milieu des débris, et Caspian se tourne immédiatement vers elle, lui ordonnant de partir avec lui. Posie, épuisée et choquée par tout ce qui vient de se produire, n’a presque plus la force de résister et accepte de le suivre. Alors qu’ils atteignent la porte, une nouvelle rafale retentit. Tom Moran, utilisant le second pistolet de Sergeant Binny que Caspian avait oublié, tire depuis le sol. Caspian est touché et s’effondre dans une mare de sang. Posie reste figée devant cette nouvelle catastrophe, tandis que Roslington surgit aussitôt, soulève son maître blessé et l’emporte dans les escaliers. Tom, malgré sa blessure, tente encore de viser Posie, mais elle s’approche de lui avec colère et lui retire son arme. Elle lui rappelle les paroles qu’il lui avait confiées sur la guerre et sur son sentiment d’être devenu un fantôme aux yeux des autres. Pour Posie, les épreuves de la guerre ne l’excusent pas : elles ont transformé Tom en monstre, et elle ne ressent aucune pitié pour lui malgré ses souffrances. Sidney apparaît alors depuis la cuisine, étonnamment calme face au spectacle sanglant qui l’entoure. Il demande si la voix entendue précédemment appartenait à Roslington, l’ancien contact de Robbie Fontaine, et évoque aussi la présence d’un homme qui ressemblait à un domestique. Posie comprend soudain que Roslington n’était qu’un intermédiaire au service de Caspian della Rosa. Comme toujours, Caspian n’avait pas pu se contenter d’agir dans l’ombre : il s’était déguisé, avait pris une place d’observateur et avait surveillé toute l’affaire depuis le début. Cette révélation la bouleverse, car elle réalise que son dangereux poursuivant était présent à Londres depuis longtemps, tout près d’elle, sans que Scotland Yard ne le découvre. Elle ignore s’il est encore vivant, et ses sentiments restent confus : il lui a sauvé la vie, mais uniquement selon ses propres intentions. Pendant ce temps, Sidney aide Len à se libérer. Le jeune homme, ligoté et bâillonné depuis l’arrivée de Caspian, retrouve enfin l’usage de ses mains et de sa voix. Posie, malgré son soulagement, éprouve encore une certaine déception envers lui, car elle aurait voulu qu’il la protège davantage. Elle reconnaît toutefois qu’il n’aurait probablement pas pu lutter contre Caspian et son homme de main, préparés et armés. Une idée lui vient alors : Sidney pourrait devenir l’employé dont Len a besoin. Elle se souvient que Len craignait d’être débordé par son travail et lui propose d’engager Sidney comme nouvel assistant. Le jeune garçon accepte avec enthousiasme, tandis que Len reste peu convaincu par cette nouvelle organisation. L’arrivée précipitée de la police met fin à ce long cauchemar. Chief Inspector Lovelace entre dans le bureau accompagné de nombreux agents, qui se dirigent immédiatement vers Tom Moran. Soulagé de retrouver Posie vivante après avoir été enfermé à l’extérieur, Lovelace oublie toute retenue professionnelle et la prend dans ses bras devant ses hommes. Posie accepte cette étreinte réconfortante, consciente que Lovelace n’est ni un héros de cinéma ni une figure mystérieuse comme Caspian ou Tom. Dans cette journée marquée par la violence et les illusions, personne n’a véritablement été un héros. Alors que les policiers transportent les blessés sur des brancards, Posie entend que Tom survivra et que Silvia Hanro semble également encore en vie. Blottie contre Lovelace, couverte comme lui du sang des autres, elle ferme les yeux et découvre qu’il pleure silencieusement en la tenant contre lui.

48.Les vérités après la tempête

Deux semaines après les événements tragiques, l’été s’est achevé dans une atmosphère lourde et mélancolique. Posie Parker sort de l’église St Margaret’s, dans l’enceinte de Westminster Abbey, au bras de son fiancé Alaric Boynton-Dale après les funérailles de Sergeant Binny. Les journalistes et photographes se précipitent d’abord sur eux, mais leur attention se détourne rapidement vers Silvia Hanro, qui apparaît vêtue de noir et devient immédiatement le centre de toutes les attentions. Posie, incapable de sourire face à une cérémonie funéraire, ressent surtout le poids du deuil et de l’injustice après les événements récents. Les funérailles de Sergeant Binny réunissent de nombreux policiers ainsi que les anciens camarades de son régiment. Sergeant Rainbird prononce un éloge émouvant sans parvenir à cacher entièrement son émotion, tandis que Chief Inspector Lovelace reste digne malgré des larmes visibles. Un ancien soldat ayant servi avec Binny ne parvient même pas à terminer son discours tant son chagrin est grand. Posie observe avec tristesse la famille improvisée venue rendre hommage à Binny, un homme qui avait survécu à la guerre mais qui a perdu la vie dans une affaire qui n’aurait jamais dû l’impliquer. Elle pense aussi à Constable McCrae et à Robbie Fontaine, eux aussi victimes d’une tragédie qui les a frappés au mauvais endroit et au mauvais moment. Silvia Hanro, étonnamment peu blessée après l’attaque de Tom Moran, assiste seule à la cérémonie. Brian Langley, plus gravement touché, est présent en fauteuil roulant aux côtés de Pamela Hanro, qui prend soin de lui quotidiennement et semble toujours profondément attachée au producteur. Posie remarque la complexité des relations entre les deux sœurs Hanro, Silvia et Pamela, autrefois unies dans une enfance représentée par un tableau de Singer Sargent, mais désormais séparées par les secrets, les blessures et les événements récents. Elle ne sait pas encore si Silvia connaît toute la vérité sur Hilda ni si les deux sœurs ont repris contact. La version publique des événements diffère largement de la réalité. La presse présente le meurtre de Robbie Fontaine comme une conséquence d’une rivalité entre Tom Moran, autrefois Mark Paris, et Robbie Fontaine, allant jusqu’à évoquer un duel entre deux hommes. Cette histoire simplifiée fascine le public, partagé entre admiration pour Robbie et compassion pour Mark Paris, l’acteur revenu de la guerre avec un visage détruit. Cette publicité inattendue profite à Sunstar Films : le film Henry the King, sorti plus tôt que prévu sous la direction de Brian Langley depuis son lit d’hôpital, connaît un immense succès. En revanche, Tom Moran devient l’objet d’une curiosité morbide, les journaux publiant des images de son visage ravagé et spéculant sur son état mental. Chief Inspector Lovelace explique à Posie que Tom est surveillé dans une cellule sécurisée et pourrait être déclaré irresponsable pénalement en raison de son comportement instable. Pourtant, une grande partie de la vérité reste cachée. Le rôle d’Elaine Dickinson dans l’affaire n’est jamais mentionné dans les journaux, malgré son statut de victime officielle. Les menaces de mort contre Silvia et la tentative d’assassinat sont également étouffées. Silvia prépare l’annulation officielle de son mariage avec Tom, et les autorités s’efforcent d’effacer les traces des événements des 25 et 26 juillet. Mais Posie refuse d’oublier Binny, dont le cercueil, décoré de son ancien chapeau et du Blue Plume de Lovelace, symbolise tout ce qui a été perdu. Après la cérémonie, les proches se réunissent dans une salle privée du Dog & Duck, le pub préféré de Binny, près de New Scotland Yard, pour lui rendre hommage. Lovelace, profondément affecté, reste silencieux devant son verre. Sidney, habillé d’un costume noir offert par Posie, aide au service malgré son jeune âge. Près d’une fenêtre sous la pluie, Posie discute avec Dolly, qui s’excuse de l’avoir poussée à accepter l’enquête. Posie lui répond qu’elle aurait probablement été entraînée malgré tout dans cette affaire. Elle exprime ensuite son mépris pour Silvia Hanro, qu’elle considère comme une personne profitant encore de la tragédie grâce à sa célébrité, ses bijoux et son argent. Pour elle, Binny valait bien davantage que cette image brillante mais vide du monde du cinéma. La conversation change lorsque Rufus, Lord Cardigeon, rejoint Posie. Elle lui reproche d’avoir manipulé la situation autour de Dolly et de sa grossesse. Elle comprend que le prétendu danger qui menaçait Dolly n’était pas une simple mesure de protection, mais une manière pour Rufus de garder son épouse sous contrôle, par peur de la perdre. Elle l’accuse de l’avoir isolée, d’avoir éloigné Violette, la personne qui lui apportait du réconfort, et d’avoir transformé sa vie en prison. Posie lui conseille de laisser Dolly partir une semaine à Paris avec Violette, sans restrictions ni surveillance, car elle pense que Dolly reviendra si Rufus lui accorde enfin sa liberté. Rufus, bouleversé, ne peut nier entièrement ses paroles. À cet instant, Dolly attire leur attention sur Alaric, qui discute avec Silvia Hanro à l’autre bout de la salle. L’actrice a quitté ses fourrures noires et n’est plus seule. Elle et Alaric sont proches, partageant un sourire et une cigarette. Lorsqu’Alaric remarque le regard de Posie, il lui adresse un signe amical. Mais Posie remarque dans ses yeux verts une expression nouvelle qui l’inquiète profondément. Le malaise qu’elle ressentait revient avec force, accompagné du souvenir d’un rêve troublant. Elle se répète alors les paroles qu’elle avait dites peu auparavant à propos de Silvia : elle n’a rien que Posie désire. Mais elle espère encore que cette affirmation reste vraie.

49.Notes finales et contexte historique

Cette section contient d’abord un message de clôture invitant les lecteurs à découvrir les autres enquêtes de Posie Parker, à partager leur avis sur le livre et à suivre les prochaines publications de la série. Elle présente ensuite une note historique expliquant les éléments réels et fictifs du récit, en précisant que les personnages sont inventés sauf exceptions, que plusieurs lieux, événements, conditions météorologiques et références culturelles de 1923 sont inspirés de faits historiques, tandis que certains studios, films et détails narratifs ont été créés pour les besoins de l’histoire. La note revient notamment sur l’univers du cinéma muet britannique, les studios de Worton Hall, les pratiques de tournage, les costumes, le maquillage, les personnalités et affaires réelles évoquées dans le roman, ainsi que les libertés prises par l’autrice pour recréer l’atmosphère de l’époque.

50.Notes Historiques de l'Époque

Cette section liminaire propose un ensemble de notes explicatives et contextuelles réparties sur vingt-cinq points distincts pour éclairer la toile de fond historique du roman. L'autrice y précise la distinction entre les éléments purement fictifs de son intrigue et les faits réels qui animent le Londres de l'année 1923. Les lieux emblématiques du récit, qu'il s'agisse des adresses professionnelles de Posie Parker à Bloomsbury ou des studios de cinéma de Worton Hall à Isleworth, s'enracinent dans une réalité géographique et architecturale minutieusement documentée pour restituer l'atmosphère de l'entre-deux-guerres. Plusieurs figures et repères culturels évoqués dans l'intrigue trouvent ainsi un ancrage authentique dans l'histoire du cinéma muet et de la société britannique de l'époque. Les notes reviennent sur la canicule et les violents orages de juillet 1923, sur la popularité des actrices de l'époque comme Meggie Albanesi, ou encore sur l'existence de véritables institutions londoniennes telles que l'hôpital du Middlesex et les studios fondés par George Bertie Samuelson. L'autrice souligne également l'usage de certains termes techniques de tournage, l'emploi de produits de maquillage spécifiques aux plateaux et la réalité de faits divers liés aux stupéfiants. À travers cet inventaire minutieux, la postface ou note historique éclaire les libertés artistiques que l'auteur s'est autorisées pour les besoins de sa fiction tout en garantissant la véracité du décor global. Les lecteurs y découvrent comment des détails précis, allant de faits de la Première Guerre mondiale aux tendances de la mode et des cocktails, contribuent à donner vie à l'univers des films et des artistes de cette période charnière de l'histoire britannique.

51.Le monde perdu du cinéma muet

Cette note présente un aperçu du cinéma muet britannique en 1923, un univers décrit comme fragile, artificiel et rempli d’ambitions, de désillusions et de dangers. L’autrice explique que cette période est difficile à étudier aujourd’hui car une grande partie des films produits entre le début du XXe siècle et la fin des années 1920 a disparu. Plus de quatre-vingts pour cent des films britanniques de cette époque auraient été perdus, notamment à cause de destructions de pellicules, de l’abandon des œuvres considérées comme dépassées après l’arrivée du cinéma parlant, ou encore de la récupération du nitrate pour son contenu en argent et pour les besoins liés à la guerre. Les archives du British Film Institute conservent même une liste de films recherchés afin de retrouver ces œuvres disparues. En 1923, l’industrie cinématographique britannique tente encore de produire des films de qualité, mais elle peine à rivaliser avec Hollywood, qui bénéficie de budgets bien plus importants et d’un système industriel plus puissant. Les studios américains sont soutenus par de grandes entreprises capables d’investir massivement, tandis que les productions britanniques reposent souvent sur des entrepreneurs individuels et des moyens limités. Cette faiblesse financière conduit à des films fréquemment influencés par le théâtre, avec des décors et des méthodes de travail parfois peu adaptés aux possibilités du cinéma. Les équipes fonctionnent souvent dans l’improvisation, et certains acteurs doivent même participer aux tâches techniques lorsque leur présence devant la caméra n’est pas nécessaire. La situation est également compliquée par les pratiques commerciales favorisant les films américains. Les exploitants britanniques réservent souvent à l’avance de nombreux films venus des États-Unis, réduisant l’espace disponible pour les productions nationales, même lorsque celles-ci sont de qualité. Le gouvernement britannique n’apporte pas non plus de soutien financier particulier au cinéma durant cette période, préférant renforcer les restrictions économiques générales. Ce contexte changera plus tard avec la mise en place de quotas imposant aux salles de projeter davantage de films britanniques, mais en 1923 cette protection n’existe pas encore. Les studios britanniques importants de l’époque comprennent notamment ceux de Hepworth à Walton-on-Thames, ceux d’Oswald Stoll à Cricklewood et ceux de George Bertie Samuelson à Worton Hall, où plusieurs sociétés produisent ou tournent des films. La note décrit ensuite le fonctionnement du monde des vedettes du cinéma britannique. Contrairement à Hollywood, le Royaume-Uni ne possède pas encore véritablement de système de stars organisé. Quelques acteurs et actrices sont néanmoins célèbres, comme Betty Balfour, Lilian Hall-Davis, Chrissie White, Henry Edwards, Stewart Rome, Ivor Novello, Flora Le Breton, Gladys Cooper ou Violet Hopson. Certaines figures deviennent brièvement célèbres avant de disparaître rapidement de la mémoire collective. Des acteurs ayant connu le succès dans les années 1920 peuvent ainsi perdre leur statut avec l’arrivée du cinéma parlant et finir par accepter des rôles secondaires ou anonymes. Dans cet univers instable, les carrières dépendent souvent du hasard, des décisions des producteurs et de l’image recherchée par l’industrie. Les vedettes sont parfois choisies pour leur ressemblance avec des artistes déjà connus, et certains producteurs créent de nouvelles identités en modifiant les noms des acteurs afin de mieux construire leur image publique. La note évoque notamment la pratique de Cecil Hepworth, qui renommé ses interprètes et protégeait ensuite ces noms comme des marques. Les producteurs jouent donc un rôle considérable dans la fabrication des célébrités. Enfin, l’autrice souligne que le milieu du cinéma muet britannique était aussi associé à des excès et à des scandales. La présence de drogues, notamment la cocaïne, parmi certains acteurs et personnalités du spectacle correspond à une réalité historique de l’époque. Le monde décrit dans le récit mélange ainsi rêve et précarité, apparence et réalité, gloire soudaine et disparition rapide, formant un environnement où les figures publiques peuvent être aussi vulnérables qu’admirées.

52.Remerciements et biographie de l'auteure

Cette section de fin d'ouvrage regroupe les remerciements de l'auteure envers sa famille, ses proches et ses collaborateurs, tout en citant deux livres d'histoire ayant servi de sources de recherche pour ce roman de fiction. Elle présente ensuite une notice biographique de L B Hathaway, soulignant ses études à Cambridge, son ancienne carrière d'avocate à Londres et sa passion pour les romans policiers de l'Âge d'Or. Ce portrait se termine par un aperçu de ses passions personnelles ainsi que par ses coordonnées et ses divers liens de contact en ligne.

53.Portrait de l’autrice

Cette section présente L.B. Hathaway, autrice britannique diplômée de Cambridge qui écrit des romans historiques et collabore avec des publications consacrées à l’histoire. Après avoir exercé comme avocate à Lincoln’s Inn à Londres pendant près de dix ans, elle s’est consacrée entièrement à l’écriture. Le texte évoque ses passions pour les romans policiers de l’âge d’or, Agatha Christie, le théâtre, l’histoire des Tudor, les châteaux et les voyages. Il présente également la série Posie Parker comme une collection d’enquêtes policières historiques situées dans les années 1920, mêlant mystère, atmosphère glamour de l’époque et héroïne indépendante.

54.Table des matières et notes préliminaires

Cette section préliminaire présente les informations éditoriales et la structure générale du livre. Elle débute par la page de titre et les mentions de première publication de l'ouvrage par Whitehaven Man Press à Londres en deux mille dix-sept. Une dédicace spéciale est adressée à Heidi par l'auteur L B Hathaway. L'ouvrage s'organise ensuite autour d'une table des matières détaillée qui annonce un prologue intitulé vingt-quatre heures plus tôt. Le récit se divise en trois grandes parties chronologiques. La première partie couvre les événements du mercredi vingt-cinq juillet dix-neuf cent vingt-trois à travers vingt-deux chapitres numérotés. La deuxième partie se déroule le jeudi vingt-six juillet dix-neuf cent vingt-trois et comprend les chapitres vingt-trois à vingt-huit. La troisième partie, intitulée Le dénouement, rassemble les chapitres vingt-neuf à trente-sept, incluant une période de deux semaines plus tard. La section finale regroupe divers éléments documentaires et contextuels complémentaires. Les lecteurs y trouvent des remerciements destinés aux personnes ayant accompagné Posie Parker et ses amis, suivis d'une note historique. Une section supplémentaire aborde brievement le cinématographe muet britannique et les veitettes de cinéma de dix-neuf cent vingt-trois. Enfin, le volume se clôt par des remerciements étendus, des suggestions de lecture et une présentation de l'auteur L B Hathaway.

Sách liên quan