Amulets and Alibis: A Historical Mystery Romance in 1920s Egypt — Résumé 🇫🇷 Français
Vers Philae dans le brouillard
À peine libérés de la salle des machines grâce à Freddie, Clarissa et Quinn comprennent qu’ils n’ont plus un instant à perdre. Quelqu’un les y avait enfermés volontairement afin de les empêcher d’intervenir, mais un épais brouillard tombé sur le Nil bouleverse les plans de tous. Freddie leur apprend que le navire devra retarder son départ au matin, car la visibilité est devenue presque nulle. Cette nouvelle, qui pourrait sembler être un contretemps, offre en réalité une occasion inespérée. Si le bateau de la Confrérie reste immobilisé, Clarissa et Quinn disposent peut-être de quelques heures d’avance pour atteindre le temple de Philae avant leurs adversaires. Ils demandent donc au jeune steward de leur procurer discrètement une petite embarcation de service. Malgré son hésitation et la peur évidente de s’impliquer dans une affaire dangereuse, Freddie accepte lorsqu’il comprend que des vies sont en jeu. Quinn décide de retourner brièvement dans sa cabine pour récupérer son revolver ainsi que des vêtements plus chauds, tandis que Clarissa lui confie la clé de sa propre cabine et part seule rejoindre le point de rendez-vous près de l’embarcation. Avant de se séparer, Quinn lui rappelle qu’ils viennent d’échapper à une tentative manifeste de les neutraliser, puis lui avoue avec une sincérité désarmante qu’il la choisirait toujours, elle, avant la mission. Cette déclaration bouleverse Clarissa, qui peine à trouver une réponse tant leurs sentiments dépassent désormais le cadre de leurs faux rôles de fiancés. Ils conviennent de se retrouver quelques minutes plus tard, sans imaginer que le danger les attend déjà sur le pont.
En remontant sur le navire, Clarissa découvre un décor entièrement transformé. Le brouillard enveloppe le Nil d’un voile si dense que le bateau semble flotter dans un monde irréel où les sons se propagent de manière étrange et où les lumières ne percent l’obscurité que sur quelques mètres. Guidée seulement par les rampes du pont, elle avance vers l’échelle conduisant à la chaloupe de service. Des pas résonnent derrière elle. Persuadée que Quinn l’a rejointe plus vite que prévu, elle se retourne, mais n’aperçoit personne. Les pas cessent, puis reprennent avec une régularité inquiétante. Leur cadence ne correspond pas à celle de Quinn. Une silhouette plus petite finit par émerger fugitivement de la brume avant que deux mains ne surgissent soudain pour la pousser violemment dans le vide. Clarissa trébuche sur l’échelle, heurte la rambarde de la tête et bascule dans les eaux glacées du Nil. Malgré son esprit rationnel, qui analyse aussitôt les risques liés au froid, au courant, à ses vêtements détrempés et au manque de visibilité, elle lutte difficilement pour rester à la surface. Sa jupe alourdie l’entraîne vers le fond tandis que le courant l’éloigne rapidement du navire. Dans le brouillard, elle perd tout repère et comprend que l’hypothermie risque bientôt de compromettre ses mouvements. Au-dessus d’elle éclatent un cri puis un bruit de lutte, avant qu’un second corps ne plonge dans le fleuve. C’est Quinn qui, ayant assisté à l’agression, s’est jeté à l’eau pour la sauver. Guidé uniquement par sa voix, il la retrouve enfin au milieu du brouillard et la saisit fermement pour la maintenir hors de l’eau. Clarissa lui révèle qu’elle a été poussée. Quinn confirme avoir aperçu l’agresseur sans pouvoir distinguer clairement son visage. Il n’a remarqué qu’une silhouette féminine aux cheveux foncés. Clarissa en déduit aussitôt qu’il s’agit probablement de Lady Penelope. Cette conclusion la surprend profondément, car elle soupçonnait jusque-là cette dernière d’enquêter sur la Confrérie plutôt que de participer directement à ses violences. Lorsqu’elle demande pourquoi Quinn n’a pas poursuivi leur assaillante, il répond qu’il était bien plus préoccupé par le fait de lui sauver la vie. Il ajoute avec amertume que ses supérieurs peuvent bien penser ce qu’ils veulent, car il refuse désormais de sacrifier Clarissa au nom de sa mission. Ensemble, ils nagent lentement dans les eaux obscures jusqu’à atteindre enfin une rive où Quinn l’aide à sortir du fleuve. Épuisés, frigorifiés et couverts de boue, ils restent un moment allongés côte à côte pour reprendre leur souffle. Clarissa plaisante sur le fait qu’il vient de lui sauver la vie pour la deuxième fois en une semaine, tandis que Quinn, encore bouleversé, lui avoue avoir cru l’avoir perdue. Leur échange n’a plus rien d’une mise en scène destinée à tromper leur entourage. Leurs gestes, leurs regards et leurs paroles révèlent désormais des sentiments authentiques qui dépassent largement leur engagement fictif.
Après avoir retrouvé un peu de forces, ils reprennent leur marche le long de la rive, enveloppés par un brouillard qui déforme les silhouettes des palmiers et des rochers en visions presque fantomatiques. Quinn entoure les épaules de Clarissa pour partager la maigre chaleur de son corps. Il revient alors sur la conversation interrompue dans la salle des machines et affirme que leur prétendue relation n’est plus une simple couverture. Clarissa, incapable de trouver une comparaison archéologique appropriée pour exprimer ce qu’elle ressent, reconnaît avec pudeur qu’elle est heureuse que leur mascarade se soit transformée en quelque chose de réel. Quinn, visiblement soulagé par cette réponse, s’approche d’elle comme pour l’embrasser, mais se contente finalement de replacer délicatement une mèche de cheveux mouillés derrière son oreille. Tous deux conviennent qu’ils poursuivront cette conversation lorsque la menace de la Confrérie aura été écartée et que le temple sera sauvé. Leur priorité demeure la mission. Ils finissent par apercevoir Freddie qui les attend anxieusement dans une petite embarcation, accompagné d’un batelier égyptien. Le jeune steward est stupéfait de les voir complètement trempés, tandis que Clarissa répond avec un humour grinçant que la baignade est très revigorante pour qui apprécie les expériences proches de la mort. Une fois installés à bord, Clarissa exige que le batelier les conduise immédiatement à Philae avant l’aube. L’homme refuse d’abord, expliquant qu’aucun marin sensé ne navigue dans un brouillard aussi dangereux. Quinn le convainc cependant en lui offrant plusieurs pièces d’or. Le batelier accepte finalement de suivre un passage étroit entre les rochers, tout en avertissant que la traversée sera extrêmement périlleuse. Il leur indique de simples couvertures humides comme unique protection contre le froid. Alors que l’embarcation quitte la rive, le brouillard s’entrouvre un bref instant. Au loin, plusieurs points lumineux glissent déjà sur les eaux en direction de Philae. Clarissa comprend aussitôt qu’ils ne sont pas les seuls à avoir pris la route du temple. Serrant instinctivement le bras de Quinn, elle murmure que la Confrérie est déjà en marche vers son objectif, transformant leur fragile avance en une véritable course contre la montre.