Tracy Higley

Chapitre 41

Amulets and Alibis: A Historical Mystery Romance in 1920s EgyptRésumé 🇫🇷 Français

Un adieu aux promesses Avant de quitter Assouan pour rejoindre Le Caire en train, Clarissa fait transférer ses bagages à la gare puis accepte de partager une dernière heure avec Quinn autour d'un thé au célèbre Old Cataract Hotel. Depuis la terrasse dominant les rapides de la première cataracte du Nil, le contraste entre l'élégance feutrée de l'établissement et les événements terribles qu'ils viennent de vivre lui paraît presque irréel. Les administrateurs coloniaux britanniques poursuivent leurs conversations mondaines tandis que les serveurs accomplissent leur service avec un calme impeccable, comme si aucune catastrophe n'avait récemment menacé de détruire le temple de Philae. Installés à une table isolée, Clarissa et Quinn abordent enfin les questions personnelles qu'ils avaient constamment repoussées pendant leur enquête. Quinn évoque avec une sincérité teintée d'humour la fausse relation qui les unissait officiellement et avoue qu'il souhaiterait désormais remplacer ces fiançailles fictives par une véritable cour. Malgré l'incertitude qui pèse sur sa carrière dans les services de renseignement, il explique qu'il aimerait, lorsque les circonstances le permettront, fréquenter Clarissa selon les usages traditionnels, avec des fleurs, des sorties au théâtre et toutes les attentions qu'ils n'ont jamais eu le loisir de partager à cause des meurtres et des complots. Émue, Clarissa retire de son doigt la bague en lapis-lazuli qui symbolisait leur couverture. Bien qu'elle n'ait été au départ qu'un simple accessoire destiné à rendre leur histoire crédible, elle s'est progressivement chargée d'une véritable valeur affective. Pensant qu'elle appartient aux services britanniques, elle la dépose devant Quinn pour qu'il la restitue. Celui-ci lui révèle alors qu'il l'avait achetée lui-même auprès d'un marchand d'antiquités respectable, avec tous les documents nécessaires. Ce choix n'avait donc jamais relevé d'une simple formalité administrative. Il ajoute que les hiéroglyphes gravés sur l'anneau, signifiant que la vérité émerge de l'obscurité, lui avaient immédiatement paru appropriés. Cette confidence transforme encore davantage la signification de la bague et confirme que, même durant leur mission, Quinn avait accordé une importance personnelle à leur relation. Leur conversation est interrompue par l'arrivée d'un employé de l'hôtel apportant un télégramme urgent venu d'Amérique. Clarissa l'ouvre avec appréhension et apprend que l'état de santé de son père demeure très grave. Les médecins réclament la présence immédiate de sa famille et Richard Sullivan a déjà organisé son retour sur le prochain paquebot disponible. En lisant attentivement la signature, Clarissa comprend soudain qu'elle s'est trompée depuis le début. Le précédent message qu'elle avait cru falsifié provenait très probablement du même Richard Sullivan, fidèle collaborateur de son père, et la confusion venait simplement d'une erreur d'orthographe ayant ajouté un s à son prénom. Cette prise de conscience signifie que la maladie de son père était réelle depuis le départ et qu'elle doit désormais rentrer sans délai à New York. L'obligation familiale s'impose à elle avec tout son poids, au moment même où elle espérait enfin construire quelque chose avec Quinn. Celui-ci accueille la nouvelle avec compréhension et compassion. Sans chercher à la retenir, il lui rappelle que les devoirs envers sa famille passent avant tout et lui présente ses condoléances. Sa main posée sur celle de Clarissa lui apporte un réconfort silencieux tandis qu'il plaisante doucement sur le fait qu'il espérait disposer de davantage de temps pour perfectionner ses talents de prétendant avant d'être jugé par elle. Clarissa lui répond avec tendresse que ses efforts sont déjà largement satisfaisants. Tous deux savent cependant que le temps leur est compté avant le départ du train. Quinn lui demande alors, presque avec désinvolture, si elle envisagerait une escale à Londres pendant son voyage de retour. Il lui révèle qu'il risque d'être convoqué pour un long interrogatoire et peut-être sanctionné à la suite de son comportement lors de l'opération de Philae. Certaines autorités britanniques lui reprochent d'avoir privilégié la protection des civils plutôt que la récupération des artefacts. Même s'il traite cette éventualité avec humour en évoquant une possible affectation dans une région lointaine et brumeuse comme l'Écosse rurale ou le nord du Canada, Clarissa perçoit l'inquiétude dissimulée derrière ses plaisanteries. Elle regrette qu'il ne puisse finalement pas l'accompagner jusqu'au Caire, mais Quinn estime qu'il vaut mieux rester à Assouan avant son départ pour Londres. Il reconnaît aussi avec une franchise désarmante que sa proximité constante avec Clarissa a mis son sang-froid à rude épreuve et que la séparation temporaire représente sans doute la solution la plus raisonnable jusqu'à ce qu'ils découvrent si leurs sentiments survivront en dehors des circonstances extraordinaires qui les ont rapprochés. Avant de quitter l'hôtel, il récupère discrètement la bague et promet de la conserver précieusement au cas où elle servirait un jour de nouveau, laissant volontairement planer l'ambiguïté entre une future mission et un engagement authentique. Ils rejoignent ensuite la gare d'Assouan dans un silence paisible, chacun conscient que les mots ne suffisent plus à exprimer ce qu'ils ressentent. La lumière de la fin d'après-midi enveloppe la ville d'une beauté sereine qui contraste avec leur séparation imminente. Avant l'embarquement, Quinn remet à Clarissa une carte contenant les coordonnées des ambassades britanniques dans plusieurs grandes villes, afin qu'elle puisse demander de l'aide si ses futures recherches archéologiques devaient encore l'entraîner dans des situations dangereuses. Tous deux plaisantent sur son extraordinaire capacité à découvrir des conspirations meurtrières autour d'objets anciens, mais cette légèreté masque difficilement leur émotion. Lorsque le sifflet du train retentit, Quinn s'approche d'elle, encadre doucement son visage de ses mains et l'appelle avec une solennité qui contraste avec la chaleur de son regard. Clarissa lui répond dans le même esprit. Ils échangent alors un baiser sincère, sans aucun rapport avec les faux-semblants qui avaient marqué le début de leur relation. Ce geste confirme définitivement que les sentiments nés au cours de leur enquête sont devenus authentiques. Au moment de se séparer, Clarissa lui demande de lui écrire chaque semaine. Quinn lui promet qu'il le fera, même s'il n'a rien d'important à raconter. En montant dans le train, Clarissa résiste pour la première fois à son besoin habituel d'analyser chaque émotion et de tout classer selon des catégories rationnelles. Elle comprend que certaines réalités précieuses ne peuvent être réduites à des définitions méthodiques. Pendant que le train s'éloigne, elle observe Quinn disparaître peu à peu derrière elle. Dans son sac, le scarabée offert par Hassan repose contre la carte de contact remise par Quinn, symboles des liens qu'elle laisse momentanément en Égypte, tandis que le télégramme de Richard lui rappelle les responsabilités qui l'attendent à New York. Elle réalise qu'elle n'est plus la femme qui avait quitté son pays pour fuir les attentes de son ancien fiancé et les déceptions de son père. Son expérience en Égypte lui a appris que les oppositions simples entre devoir et désir, sécurité et aventure, vie professionnelle et vie personnelle ne suffisent plus à décrire son existence. Pourtant, malgré cette évolution intérieure, une inquiétude persistante demeure. Nigel Montague n'a jamais été retrouvé et pourrait avoir survécu. La Fraternité possède encore des membres influents et son œuvre n'est pas achevée. Clarissa quitte donc l'Égypte avec la conviction profonde que cette aventure n'est pas véritablement terminée et que leurs chemins finiront un jour par se croiser de nouveau.