
4.L enterrement de la mère de Meursault
Meursault apprend la mort de sa mère, pensionnaire dans un asile à Marengo. Il obtient un congé de son patron et prend l autobus pour assister aux funérailles. Tout au long du trajet et de son arrivée, il éprouve des sensations physiques intenses, notamment la fatigue, la chaleur et la lumière aveuglante, tout en restant distant par rapport à l événement lui-même et aux conventions du deuil.
À l asile, il rencontre le directeur, qui le rassure sur le placement de sa mère, puis il se rend dans la morgue où repose le corps. Meursault refuse de voir le visage de sa mère dans le cercueil ouvert. Il discute avec le concierge, boit du café au lait et fume une cigarette. Plus tard dans la soirée, les amis de sa mère, des vieillards du village, entrent en silence pour participer à la veillée funèbre, créant une atmosphère pesante que Meursault observe avec une acuité visuelle troublante.
Le lendemain matin, après une nuit passée entre sommeil et fatigue, le convoi funèbre se met en route sous un soleil de plomb. Meursault, aux côtés du directeur, du curé et de l infirmière, marche vers l église du village tandis que Thomas Pérez, un ami âgé de sa mère, tente tant bien que mal de suivre le cortège en coupant à travers champs. La chaleur écrasante et la fatigue marquent profondément cette marche.
Après l office religieux et l inhumation au cimetière, où l on assiste notamment à l évanouissement de Pérez et à l ensevelissement du cercueil, Meursault reprend l autobus pour Alger. Il éprouve un grand soulagement à l idée de retrouver sa ville et de dormir longuement.
5.Baignade et solitude dominicale
Le narrateur se réveille un samedi et réalise que son patron a dû mal prendre sa demande de congé combinée au week-end. En se préparant, il décide de se rendre à l'établissement de bains du port où il retrouve Marie Cardona, une ancienne dactylo du bureau qu'il désirait autrefois. Ils passent un moment complice et chaleureux, enlacés sur une bouée sous un ciel bleu et doré, avant de nager ensemble et de convenir d'un rendez-vous au cinéma pour le soir. En se rhabillant, Marie remarque sa cravate noire et s'étonne d'apprendre que la mère du narrateur est décédée la veille. Elle ressent un léger recul mais oublie vite l'incident. La soirée se poursuit au cinéma où ils se rapprochent, puis Marie passe la nuit chez lui avant de repartir le lendemain matin pour rendre visite à sa tante.
Le lendemain, le narrateur fait face à l'ennui du dimanche qu'il exècre par-dessus tout. Il prolonge sa matinée au lit à fumer des cigarettes et refuse de descendre chez Céleste pour déjeuner afin d'échapper aux questions indiscrètes, préférant se cuisiner de simples œufs sans pain. Son appartement lui paraît désormais trop vaste depuis la mort de sa mère et il se confine dans sa propre chambre, le reste des pièces étant laissé à l'abandon. Pour s'occuper, il lit un vieux journal, découpe une réclame pour la coller dans son cahier de souvenirs et va se laver les mains.
Il s'installe ensuite sur son balcon pour observer le spectacle de la rue principale du faubourg tout au long de l'après-midi. Il contemple le passage des familles en promenade, les jeunes gens se hâtant vers les cinémas du centre et les rues qui se vident peu à peu sous la chaleur. Vers la fin de l'après-midi, il regarde le retour bruyant des spectateurs et des joueurs de football en provenance du stade de banlieue. Le ciel prend des teintes rougeâtres à l'approche de la tombée de la nuit et l'activité reprend avec le retour des promeneurs et des spectateurs sortant des séances de cinéma.
La nuit s'installe définitivement avec l'allumage des lampadaires qui font luire le pavé mouillé sous les yeux fatigués du narrateur. Le quartier finit par se vider peu à peu à mesure que les tramways se font plus rares et que le silence revient dans la rue déserte. Après s'être préparé un repas rapide à base de pâtes, il referme sa fenêtre face à la fraîcheur de l'air nocturne. En apercevant son reflet dans la glace auprès de sa lampe à alcool, il conclut que cette journée de plus est passée, que sa mère est maintenant enterrée, et qu'au fond la vie reprend son cours habituel sans qu'rien n'ait véritablement changé.
6.Journée de travail et rencontres dans l'immeuble
La journée commence au bureau où le patron se montre aimable et s'enquiert de la mère de Meursault. Après une matinée bien remplie, Meursault déjeune rapidement avec Emmanuel, au terme d'une course effrénée pour attraper un camion en marche sous le soleil. Il rentre chez lui, fait une sieste, puis retourne travailler l'après-midi. En fin de journée, il rentre à pied le long des quais, profitant de la fraîcheur du soir et du ciel vert, avant de regagner son domicile.
Dans l'escalier de son immeuble, il croise son voisin Salamano qui maltraite son vieux chien galeux en l'insultant avec rage. Meursault croise ensuite un autre voisin, Raymond Sintès, connu dans le quartier et souvent mal aimé, qui l'invite à partager un repas dans sa chambre. En mangeant du boudin et du vin, Raymond raconte en détail sa liaison avec sa maîtresse mauresque, qu'il soupçonne d'infidélité après avoir découvert des indices compromettants. Il explique à Meursault comment il l'a violemment frappée et qu'il souhaite la punir davantage.
Raymond demande à Meursault d'écrire une lettre calculée pour attirer la femme chez lui afin qu'il puisse l'humilier. Meursault accepte de rédiger ce message sans objection particulière, ce qui ravit Raymond qui le déclare alors comme un véritable ami. Après avoir bu tout le vin et discuté, Meursault rentre chez lui dans la nuit calme, tandis que le chien de Salamano gémit au loin dans le silence de l'immeuble.
7.Une journée de baignade avec Marie
La semaine s'écoule entre le travail et les sorties au cinéma avec Emmanuel. Le samedi suivant, Marie rejoint l'homme pour passer l'après-midi sur une plage isolée près d'Alger. Dans l'eau tiède, ils partagent un jeu complice en nageant et s'embrassent avec passion avant de rentrer pour s'allonger ensemble dans la chambre. Le lendemain matin, après avoir acheté de la provision, les bruits d'une violente dispute éclatent dans l'appartement voisin de Raymond. Ce dernier roue sa maîtresse de coups au point d'attirer tous les voisins et de nécessiter l'intervention d'un agent de police. Lorsque le policier gifle Raymond pour son attitude insolente, celui-ci encaisse le coup en silence avant de promettre de se venger de la jeune femme. L'ordre revient et le calme s'installe.
Dans l'après-midi, Raymond vient rendre visite à son voisin et lui raconte les détails de sa vengeance, se félicitant du résultat. Il demande ensuite au narrateur de lui servir de témoin pour attester que sa maîtresse lui avait manqué de respect. L'homme accepte sans conviction et ils passent le reste de la journée à se promener en ville. De retour à l'immeuble le soir, ils croisent le vieux Salamano qui cherche désespérément son chien égaré dans la foule. L'homme et Raymond l'écoutent exprimer à la fois sa peur de perdre son animal et sa colère contre lui. Plus tard dans la soirée, le vieux voisin vient frapper à la porte pour demander anxieusement si la fourrière lui rendra son compagnon, puis il rentre chez lui et pleure en silence derrière la cloison. Cet événement rappelle la mère au narrateur, qui se couche sans dîner.
8.Un projet d avenir et de mariage
Raymond téléphone au bureau pour inviter le narrateur à passer son dimanche dans un cabanon près d Alger avec une amie. Il en profite pour l avertir qu il a été suivi toute la journée par un groupe d Arabes, notamment le frère de son ancienne maîtresse. Peu après, le patron convoque le narrateur pour lui proposer un projet d installation d un bureau à Paris. Le narrateur répond que cela lui est égal et qu on ne change jamais de vie, ce qui mécontente son supérieur qui lui reproche son manque d ambition.
Le soir, Marie vient le chercher et lui demande s il veut l épouser. Le narrateur répond que cela n a aucune importance et qu ils peuvent se marier si elle le désire, tout en précisant qu il ne l aime sans doute pas. Marie le trouve bizarre mais accepte de l épouser quand même. Le narrateur lui parle ensuite de la proposition de son patron et lui décrit Paris comme une ville sale où les gens ont la peau blanche. Marie doit partir et, après un moment d hésitation, le quitte avec le sourire.
Au restaurant de Céleste, le narrateur observe une petite femme singulière qui commande tous ses plats d un coup, établit l addition à l avance et coche méticuleusement le programme radiophonique d un magazine tout au long de son repas. De retour chez lui, il croise le vieux Salamano qui lui apprend que son chien est définitivement perdu et introuvable à la fourrière. Salamano se confie alors sur sa solitude, évoque la maladie de sa peau et de sa vieillesse, puis aborde la mort de la mère du narrateur. Le vieux se montre ému, évoque les rumeurs du quartier concernant l asile, et lui serre la main pour la première fois avant d aller se coucher.
9.Une journée étouffante à la plage
Le narrateur se réveille difficilement le dimanche matin et part à la plage en compagnie de Marie et de leur voisin Raymond. En descendant, ils aperçoivent un groupe d'Arabes qui les observent avec indifférence, dont l'un a un différend avec Raymond. Après avoir pris l'autobus, ils rejoignent l'ami de Raymond, Masson, dans son cabanon au bord de l'eau. La matinée se déroule agréablement entre baignades, discussions et un repas partagé en compagnie de la femme de Masson et de Marie, dans une atmosphère chaleureuse et insouciante.
L'après-midi, alors qu'ils se promènent sur la plage, ils se retrouvent face aux deux Arabes. Une altercation éclate rapidement entre Raymond et ses adversaires, au cours de laquelle Raymond est blessé au bras et à la bouche par un coup de couteau. Après avoir fait soigner Raymond et raconté l'incident aux femmes, le narrateur retourne marcher seul sur le sable brûlant, accablé par une chaleur écrasante et un soleil aveuglant qui engourdit ses sens et perturbe sa conscience.
Poussé par une quête d'ombre et par l'oppression étouffante de la lumière, il retourne près de la source et découvre de nouveau l'Arabe armé d'un couteau. Ébloui par la lueur de l'acier et aveuglé par la sueur qui lui coule sur les yeux, le narrateur perd pied face à l'intensité de la chaleur. Dans une tension insoutenable, il tire une première fois avec le revolver de Raymond, puis achève son geste en tirant quatre coups supplémentaires sur le corps inerte, brisant ainsi irrémédiablement l'équilibre de la journée.
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