L'homme Qui Rit

Résumé : L'homme Qui Rit

Victor Hugo

Chapitre 1

Le roman de Victor Hugo, L'Homme qui rit, s'ouvre sur une introduction de l'auteur soulignant la puissance monumentale et terrifiante de l'aristocratie anglaise. L'histoire débute par la présentation d'Ursus, un vagabond misanthrope, philosophe, ventriloque et herboriste savant, qui voyage à travers la Grande-Bretagne dans une cabane roulante. Il partage sa vie errante avec Homo, un loup exceptionnellement fort et docile qu'il a apprivoisé. Ensemble, ils gagnent maigrement leur vie sur les marchés et dans les foires en vendant des remèdes de fortune et en présentant des spectacles ambulants où Ursus monologue et utilise ses talents. Malgré sa pauvreté, Ursus est un érudit imprégné de culture latine et de connaissances médicales, mais il reste prudent face aux lois et aux magistrats de l'époque, farouches et impitoyables envers les marginaux. La cahute dans laquelle ils vivent témoigne de la vision cynique d'Ursus sur le monde. Elle abrite des inscriptions contradictoires peintes sur ses parois : l'une, effacée par le temps, expose une critique philosophique de la corruption liée à l'argent, tandis qu'une autre énumère de manière exhaustive les privilèges excessifs, les titres et la hiérarchie officielle de la noblesse britannique. Ursus feint le respect envers cet ordre établi afin d'assurer sa propre sécurité, car il sait qu'une curiosité mal placée envers les puissants peut s'avérer mortelle. Des années plus tard, la troupe s'est agrandie et s'est installée à l'auberge Tadcaster dans le quartier populaire de Southwark, à Londres. Ils y jouent avec un immense succès une pièce intitulée Chaos vaincu, mettant en scène Gwynplaine, un jeune homme au visage horriblement mutilé par un rictus permanent, et Dea, une jeune fille aveugle et pure. Alors que le spectacle attire des foules considérables issues du peuple, la loge réservée à la noblesse demeure invariablement vide. Cependant, un samedi soir, une riche et superbe duchesse s'y installe seule. Sa présence impérieuse, sa beauté farouche et ses parures étincelantes de diamants captivent l'assistance et perturbent momentanément les comédiens. Elle assiste à la représentation avec une immobilité de statue, restant totalement insensible au rire communicatif de Gwynplaine. À la fin du spectacle, elle laisse une pièce d'or espagnole avant de repartir dans un carrosse luxueux, accompagnée à la surprise générale par Tom-Jim-Jack, un marin habitué des lieux. Cette brève apparition bouleverse profondément Gwynplaine, éveillant en lui un trouble charnel inédit et une prise de conscience douloureuse de sa condition misérable face à l'inaccessible aristocratie. Ce conflit intérieur entre le désir terrestre incarné par la duchesse et son amour pur pour Dea s'apaise néanmoins en quelques semaines, et le souvenir de l'inconnue s'efface. Parallèlement, Tom-Jim-Jack disparaît de l'auberge au moment où la gazette annonce le départ en mer de Lord David Dirry-Moir. Ursus choisit de garder un silence prudent sur ce mystère. La troupe connaît alors son apogée financière et une gloire grandissante qui commence à attirer les cercles nobles de Londres, bien qu'Ursus demeure inquiet pour la santé cardiaque extrêmement fragile de Dea.

Chapitre 2

Le célèbre roman de Victor Hugo, L'Homme qui rit, s'ouvre sur une introduction de l'auteur consacrée à la puissance écrasante et à la pérennité de l'aristocratie anglaise. L'intrigue débute véritablement par le portrait d'Ursus, un vagabond misanthrope, philosophe, herboriste et ventriloque savant, qui parcourt les routes de Grande-Bretagne à bord d'une cahute roulante. Cet homme solitaire partage son existence avec Homo, un véritable loup des forêts d'une force remarquable, qu'il a patiemment civilisé et apprivoisé. Liés par une amitié profonde, l'homme et l'animal s'associent pour gagner leur vie de foire en foire : tandis qu'Ursus harangue les foules, vend des élixirs médicinaux et joue des comédies de sa propre composition, Homo effectue des quêtes et séduit les badauds par sa docilité exemplaire. Érudit excentrique, Ursus maîtrise le latin, pratique la médecine par les plantes et utilise ses talents de ventriloque pour simuler des rumeurs de foules ou des cris d'oiseaux, s'attirant une réputation de magicien qu'il veille toutefois à ne pas surexposer afin d'éviter les foudres d'une justice inquisitoriale et impitoyable. Des années plus tard, la structure narrative se déplace vers l'auberge Tadcaster dans le quartier animé de Southwark, à Londres. La troupe, désormais agrandie, y présente une pièce intitulée Chaos vaincu, qui remporte un succès phénoménal auprès de la populace locale. Le clou du spectacle repose sur Gwynplaine, un jeune homme abandonné dans son enfance et affublé d'une effroyable mutilation faciale lui imposant un rictus de rire permanent, ainsi que sur Dea, une jeune fille aveugle d'une pureté céleste. Alors que la cour de l'auberge est chaque soir prise d'assaut par les classes populaires, la loge réservée à la noblesse demeure désespérément vide. Cet ordre des choses est bouleversé un samedi soir par l'arrivée d'une duchesse d'une beauté superbe et altière. Vêtue de parures d'or, de diamants et de rubis, cette femme issue de la haute société assiste au spectacle dans une immobilité sculpturale, totalement de glace face à la contagion comique du protagoniste. À la fin de la représentation, elle paie sa place d'une once d'or espagnol avant de s'engouffrer dans son luxueux carrosse armorié, accompagnée à la surprise générale par Tom-Jim-Jack, un marin habitué de l'établissement. Cette apparition fulgurante plonge Gwynplaine dans un trouble charnel profond et une prise de conscience douloureuse de sa condition misérable. Ce conflit intérieur entre la tentation charnelle et son amour pur pour Dea s'estompe néanmoins en quelques semaines, et l'incident s'oublie. En parallèle, Tom-Jim-Jack disparaît brusquement de la taverne au moment précis où la gazette annonce le départ en mer de Lord David Dirry-Moir, un mystère qu'Ursus choisit de passer sous silence par prudence. Alors que la troupe atteint l'apogée de sa gloire en attirant désormais la haute société londonienne déguisée, Ursus surveille avec une vive inquiétude la santé cardiaque extrêmement fragile de Dea, qu'un choc émotionnel pourrait briser.

Chapitre 3

Les comprachicos formaient une corporation criminelle internationale spécialisée dans le commerce et la mutilation chirurgicale d'enfants, qu'ils transformaient en monstres ou en acrobates pour les revendre à des bateleurs. Opérant sous une pénombre tolérée, ils effaçaient le visage et la mémoire de leurs victimes grâce à des drogues stupéfiantes, s'inspirant de pratiques de moulage humain également observées en Chine. Sous les Stuarts, et particulièrement sous Jacques II, cette confrérie catholique et dévote bénéficia d'une protection royale tacite. Le pouvoir se servait en effet de leurs talents pour éliminer discrètement des héritiers gênants et faciliter les confiscations de seigneuries, marquant parfois les défigurés du sceau de la fleur de lys. Cependant, l'avènement de Guillaume III en 1688 marqua l'effondrement de l'organisation. Une législation féroce fut promulguée, condamnant les hommes arrêtés à être marqués au fer rouge des lettres de l'infamie (gueux, voleur, meurtrier), leurs chefs au pilori avec confiscation des biens, et les femmes au supplice du trébuchet hydraulique. Contrairement aux gitans, qui constituaient un peuple distinct et païen, les comprachicos n'étaient pas une race mais une franc-maçonnerie du crime regroupant toutes les nationalités dans un jargon cosmopolite, se réunissant secrètement dans des lieux précis d'Europe comme le défilé de Pancorbo en Espagne ou derrière un jardin du Yorkshire en Angleterre. En parallèle, l'hiver de 1689 à 1690 s'abattit avec une rigueur historique et calamiteuse sur le continent et la Grande-Bretagne. Le gel exceptionnel de la Tamise fit de nombreuses victimes de famine parmi les indigents. À la fin d'une glaciale journée de janvier 1690, une mystérieuse effervescence se manifesta dans l'une des criques les plus dangereuses, escarpées et solitaires du golfe de Portland. Ce havre sauvage, dissimulé par de hautes falaises et envahi par l'obscurité naissante, abritait une ourque biscayenne solidement amarrée à la roche. Ce bâtiment robuste et rapide, typique des Asturies, combinait la stabilité d'une prame et la vitesse d'une pirogue. Malgré la pauvreté de ses occupants, le navire affichait le bariolage traditionnel basque, mêlant des dorures et des peintures vives à un gréement complexe mais archaïque, profitant du calme exceptionnel de cette anse inhospitalière pour se dérober aux regards alors que la brume du soir s'épaississait.

Chapitre 4

Saisi par la terreur face au cadavre enchaîné sur son gibet, que la tempête printanière fait convulser et que les corbeaux attaquent avec frénésie, l'enfant prend la fuite. Courant à perdre haleine à travers la plaine enneigée du plateau de Portland, sa peur finit par se dissiper, cédant la place à une faim impérieuse. Sans repères dans cette lande déserte et glacée, ses pieds ensanglantés par les pierres coupantes, il continue d'avancer vers l'est. Parvenu sur un point culminant, il aperçoit au loin, à travers l'épais brouillard, des fumées signalant une présence humaine. Pour les rejoindre, il entame avec agilité une descente abrupte et périlleuse le long des rochers glissants, se retenant aux ajoncs épineux pour atteindre l'isthme de Chess-Hill, alors que de larges flocons annoncent l'arrivée imminente d'une violente tempête de neige. Ce météore marin particulièrement redoutable s'explique par des forces électriques et des effluves magnétiques invisibles qui pénètrent l'océan et l'atmosphère, provoquant les crises les plus mortelles de la mer. C'est dans ce dangereux chaos nocturne que s'est engagée la Matutina, l'ourque biscayenne qui a fui Portland. Tant qu'elle navigue dans le golfe, protégée par la falaise, la mer reste étale et les visages des dix occupants s'éclairent à la lueur du large. Parmi eux figurent trois membres d'équipage et sept passagers, dont deux femmes, une Irlandaise et une Basque, qui discutent sur des coffres au pied du mât. L'équipage se compose de marins basques des versants nord et sud des Pyrénées, tandis que les autres hommes sont originaires du Languedoc, de Provence et de Gênes. Le groupe est dirigé par un Basque landais vêtu de guenilles flamboyantes, celui-là même qui avait repoussé la passerelle, interdisant l'accès du navire à l'enfant resté sur le rivage. Unis par une solidarité indéfectible propre à leur race, ils célèbrent leur fuite réussie dans une gaieté brutale. Un marin languedocien pousse des cris de joie, tandis qu'un Provençal prépare une soupe de poisson agrémentée de lard et de piment dans la cambuse, tout en buvant de l'eau-de-vie et en fredonnant des airs campagnards. Tous se sentent profondément soulagés par ce départ, à l'exception d'un vieil homme de la troupe qui demeure sombre.

Chapitre 5

La trombe polaire s'abat avec violence sur l'ourque, plongée dans une obscurité totale où le ciel devient noir et l'océan blanchit d'écume. Au lieu de réduire la voilure, les passagers, ivres de leur liberté retrouvée, refusent de ralentir. Le tumulte de l'ouragan occulte tout, tandis que de silencieux éclairs cuivrés illuminent par moments les flocons de neige, qui prennent alors une apparence de papillons sombres. Au milieu de ce chaos, le chef de la bande s'exclame avec arrogance qu'ils sont enfin libres. C'est alors que le docteur impose le silence à l'équipage pour leur faire écouter un bruit sinistre : le tintement d'une cloche ballottée par les flots. Le docteur explique que ce son provient d'une bouée d'avertissement située en pleine mer entre Portland et les îles de la Manche. Porté par le vent d'ouest, ce signal prouve que l'ourque a dévié de sa trajectoire et se trouve désormais du mauvais côté de la bouée, poussée inexorablement vers les redoutables brisants d'Aurigny. Face à cette sentence de naufrage imminent, le patron ordonne immédiatement de modifier la direction et de ramener l'ourque à l'ouest pour reprendre la haute mer. Malgré les manœuvres désespérées de l'équipage pour affaler les voiles et sécuriser le mât, la tempête redouble d'intensité et commence à démembrer le navire. En quelques instants, les vagues arrachent les voiles, brisent le mât et emportent la boussole, la cage à feu ainsi que le canot de sauvetage. Pour s'éclairer, les marins improvisent un fanal avec une grenade à brûlot remplie de goudron. Attaché à la barre pour maintenir le cap à l'ouest, le patron défie la mer avec une joie farouche, mais une lame colossale s'abat sur la poupe et l'emporte dans l'abîme avec le gouvernail. Les survivants tentent alors de jeter leur unique ancre, mais le câble se rompt immédiatement sur le fond rocheux. Désormais transformée en une épave impuissante et privée de pompe fonctionnelle, la Matutina dérive aveuglément au gré des flots, menaçant de se retourner à chaque instant. Le silence soudain de la cloche plonge les naufragés dans une terreur profonde, intensifiée par la vitesse incontrôlable du bâtiment qui poursuit sa course dans le noir. Brusquement, une lueur rouge transperce le brouillard de neige, arrachant un cri aux survivants : ils viennent d'apercevoir un phare. Il s'agit des Casquets, un lieu qui, contrairement aux phares extravagants et richement ornés du dix-septième siècle, n'offre aucune des distractions architecturales de l'époque, se dressant simplement comme une menace lumineuse au milieu du gouffre.

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