Murder on the White Cliffs  A Cozy Historical Murder Mystery -- L  B  Hathaway -- THE POSIE PARKER MYSTERY SERIES, 8, 2020 -- Whitehaven Man Press -- isbn13 9780992925499 -- ef622ec6ad23a4ea08ecf694da0093d2 -- Anna’s Archive

Résumé : Murder on the White Cliffs A Cozy Historical Murder Mystery -- L B Hathaway -- THE POSIE PARKER MYSTERY SERIES, 8, 2020 -- Whitehaven Man Press -- isbn13 9780992925499 -- ef622ec6ad23a4ea08ecf694da0093d2 -- Anna’s Archive

2.Page de titre et droits d auteur de l œuvre

Cette section d introduction comprend la page de titre et les mentions de copyright du livre Murder on the White Cliffs ecrit par L B Hathaway et publie par Whitehaven Man Press a Londres en 2020. Elle precise les details legaux concernant les droits de l auteur l interdiction de reproduction non autorisee ainsi que les numeros ISBN pour les formats electronique et papier.

5.Présentation de la série et du contenu

Cette section présente les autres ouvrages de L B Hathaway appartenant à la série des mystères de Posie Parker, en listant les différents titres de la collection ainsi que l'ouvrage concerné, Murder on the White Cliffs. Elle fournit également le sommaire du livre, indiquant sa structure avec un prologue, deux parties intitulées Bonfire Night et Ashes and Smoke, un épilogue, une note historique, des informations sur St Margaret’s Bay, des remerciements et une présentation de l’autrice.

6.La rencontre au bord du vide

Par une nuit de novembre marquée par l’obscurité, la pluie et la violence de la tempête, Elsie Moncrieff quitte discrètement son appartement situé dans les quartiers du personnel de White Shaw, à St Margaret’s Bay. Elle avance seule sur le chemin longeant la plage, vêtue de vêtements de pluie noirs qui la rendent presque invisible dans la nuit. Le village côtier est désert, les maisons de vacances, les boutiques et les salons de thé étant fermés pour l’hiver. Seul le Bay Hotel laisse filtrer quelques lumières, malgré son activité réduite à un personnel minimal pendant cette période. Elsie traverse ce paysage familier mais inquiétant, évitant les préparatifs de la prochaine Bonfire Night et ignorant les bruits suspects qui semblent parfois la suivre. Elle se dirige vers Ness Point, au sommet des falaises, après avoir reçu un message inattendu lui donnant rendez-vous à l’endroit habituel, seule, à onze heures et demie du soir. La note, écrite par son patron, Petronella Douglas, reste dans sa poche mais Elsie refuse de s’en préoccuper. Elle a d’autres priorités et espère que cette rencontre lui offrira une issue. Malgré les conditions hostiles, elle se persuade de sa force et se rappelle le chemin parcouru depuis son arrivée à White Shaw, où elle travaille pour la célèbre maison de couture Douglas & Stone. Ce poste représentait autrefois une chance exceptionnelle, mais les événements récents l’ont convaincue qu’elle doit partir avant que son rêve ne se transforme complètement en cauchemar. Assise sur un banc près du bord de la falaise, Elsie attend l’homme qu’elle espère retrouver depuis longtemps. Elle pense au lien profond qui les unit et aux mois durant lesquels elle l’a regretté. Elle se souvient aussi avoir écrit à Miss Parker, une détective privée connue pour ses talents d’enquêtrice et sa présence dans les journaux, mais elle n’a reçu aucune réponse. Peu après, l’homme arrive sans bruit, sans lampe, semblant surgir de l’obscurité. Elsie reconnaît immédiatement sa présence et son odeur familière, mais elle remarque aussi une autre senteur, celle d’un parfum féminin coûteux. Elle craint un instant qu’une autre personne soit présente, avant de constater qu’il est apparemment seul. L’homme porte un manteau de pluie noir et un chapeau de marin, et Elsie comprend qu’il est profondément inquiet. Leur conversation révèle un passé commun et des souvenirs anciens. Il l’appelle Elise, un prénom qu’elle a abandonné depuis longtemps, et évoque l’époque où elle était une enfant talentueuse, connue pour ses chansons, sa danse et son opéra. Il rappelle également les années où ils travaillaient ensemble, avant que tout ne bascule. Elsie insiste sur le fait qu’elle s’appelle désormais Elsie, un nom plus simple qui correspond à la personne qu’elle est devenue. Pourtant, l’attitude de l’homme montre que quelque chose de grave s’est produit. L’homme lui explique qu’ils sont tous en danger et qu’il est venu l’avertir. Il lui dit qu’il l’observe depuis un moment et qu’il voulait la prévenir avant qu’il ne soit trop tard. Elsie ne comprend pas ce qu’il lui reproche et se demande s’il est venu l’accuser d’avoir mal agi. Lorsqu’il mentionne qu’il sait qu’elle a écrit à Posie Parker et qu’elle a manqué un événement important la veille, Elsie se met en colère. Elle pense qu’il est venu pour la juger alors qu’elle a déjà décidé de quitter les lieux. Lui affirme au contraire qu’il cherche seulement à la protéger, mais ses paroles et son inquiétude ne parviennent pas à dissiper les doutes d’Elsie. La tension entre eux augmente jusqu’à ce qu’une dispute éclate. Elsie, submergée par la colère et la confusion, dirige volontairement la lumière de sa lampe torche vers les yeux de l’homme. Celui-ci tente de l’arrêter, et une lutte brève s’engage entre eux. Il finit par lui arracher la lampe, qui tombe dans les broussailles. Elsie s’inquiète immédiatement car l’objet appartient à Tony Stone et représente un équipement coûteux qu’elle a emprunté sans permission. Elle se met à genoux pour le chercher et demande de l’aide à son compagnon. C’est alors qu’une présence cachée apparaît dans l’obscurité. Elsie reconnaît une nouvelle fois le parfum féminin qu’elle avait remarqué auparavant. Avant même de comprendre ce qui se passe, elle ressent une poussée violente dans le dos de son manteau de pluie. Une main puissante la projette vers le vide. Elle tombe sur la pente de la falaise, roulant sur la terre mouillée et les pierres, tandis que la peur l’envahit. Malgré la terreur, elle tente de garder son esprit clair et de croire qu’une aide arrivera. Au-dessus d’elle, elle entend l’homme crier son ancien prénom, Elise, puis aperçoit un instant sa silhouette éclairée par le faisceau du phare de South Foreland. Elle découvre alors qu’il n’est plus seul et qu’une femme se trouve à ses côtés, criant également. Pendant sa chute vertigineuse, les falaises blanches qu’elle aimait défilent autour d’elle, tandis que le bruit de la mer se rapproche. Finalement, Elsie disparaît dans l’obscurité, emportée par la chute depuis les hauteurs de la falaise.

7.Table des matières et annexes

Cette section présente uniquement la structure de l’ouvrage, avec la liste des parties, chapitres, épilogue et éléments complémentaires comme les notes historiques, remerciements et informations sur l’autrice. Elle ne contient pas de contenu narratif, mais répertorie les différentes sections qui composent le livre.

8.L’enquête commence à Saint Margaret’s Bay

Le mardi 4 novembre 1924, Richard Lovelace se retrouve dans l’appartement de sa fiancée Posie Parker à Bloomsbury, supervisant avec impatience le déménagement des affaires d’Alaric Boynton-Dale, ancien compagnon de Posie décédé un an auparavant. Malgré son envie d’être à Scotland Yard pour préparer une affaire importante concernant un cambriolage de bijouterie sur Bond Street, il accepte cette tâche parce qu’il aime profondément Posie et veut construire avec elle leur future vie commune. Le projet consiste à transformer l’ancienne chambre d’Alaric en une chambre d’enfant destinée à Phyllis, la fille de Lovelace, et à Katie, le bébé orphelin que Lovelace a adopté pendant l’été et qui doit bientôt rejoindre leur foyer avec Masha, la gouvernante russe. Pour Lovelace, ce déménagement représente bien plus qu’un simple changement d’aménagement. Il symbolise leur mariage prochain et l’union de leurs vies très différentes. Il se souvient d’une conversation avec Posie durant laquelle elle l’avait rassuré sur le fait que son appartement ne serait plus seulement le sien mais deviendrait celui de toute leur famille. Ensemble, ils avaient décidé d’effacer progressivement les traces du passé, notamment celles liées à Alaric, dont la chambre fermée depuis sa mort était devenue une sorte de lieu interdit. Posie avait accepté d’ouvrir cette pièce et de laisser partir les souvenirs matériels de l’explorateur vers la Royal Geographical Society, mais Lovelace comprend que cette étape touche à des émotions encore profondes chez elle. Il espère que cette transformation permettra à leur avenir commun de prendre toute sa place. Cependant, les préparatifs sont bouleversés par un événement découvert par Posie la veille. Alors qu’elle rendait visite à Lovelace dans son nouveau bureau de Scotland Yard, elle lui a montré un court article du Times annonçant la mort d’Elsie Moncrieff, une femme qui aurait chuté d’une falaise à St Margaret’s Bay, dans le Kent. Posie est immédiatement intriguée car Elsie lui avait écrit quelques mois plus tôt pour demander son aide. La femme travaillait comme gouvernante pour Douglas & Stone, un célèbre couple de créateurs de mode, mais sa lettre restait vague et évoquait seulement quelque chose d’inquiétant dans la maison où elle travaillait, White Shaw. Posie avait voulu lui répondre et lui proposer ses services après son retour de voyage en Italie, mais elle découvre avec horreur que sa lettre n’a jamais été envoyée, oubliée dans un tiroir par sa secrétaire Prudence Smythe. Elsie Moncrieff n’a donc jamais su que Posie comptait l’aider. Lovelace tente d’abord de relativiser l’affaire. Il suggère qu’Elsie a peut-être simplement eu un accident ou qu’elle a pu être victime de son environnement, notamment des excès associés à la vie mondaine de ses employeurs. Mais Posie se sent responsable et refuse de laisser cette histoire sans réponse. Elle décide d’assister à l’enquête du coroner prévue le lendemain à Dover afin de vérifier que tout s’est réellement passé comme on le prétend. Elle annonce à Lovelace qu’elle partira pour St Margaret’s Bay et séjournera dans un hôtel local pendant plusieurs jours pour examiner la situation. Cette décision déçoit Lovelace, qui espérait profiter des derniers moments avant leur mariage pour organiser leur vie commune. Elle oublie également leur soirée prévue pour Guy Fawkes Night avec Phyllis, ainsi que le nettoyage de l’appartement, mais il comprend qu’il ne pourra pas l’empêcher de suivre son instinct d’enquêtrice. Après le départ de Posie, Lovelace prend les choses en main. Il demande à son nouveau sergent, Fox, de rester dans l’appartement pour surveiller les déménageurs et s’assurer que les affaires d’Alaric sont correctement transportées. Il lui ordonne aussi de faire repeindre la chambre en rose pour les enfants, plaisantant sur le fait qu’il pourra toujours accuser Fox si Posie n’aime pas le résultat. Malgré son humour habituel, Lovelace reste préoccupé. Il ne parvient pas à chasser le sentiment étrange que St Margaret’s Bay représente une menace. Le lieu réveille en lui des souvenirs liés à une ancienne affaire menée avec Posie, ainsi qu’à une période révolue de leurs vies où chacun était engagé ailleurs. Même s’il se convainc que le danger du passé a disparu, une inquiétude persistante demeure. Avant de retourner à son travail à Scotland Yard, Lovelace décide donc d’agir selon son instinct. Il téléphone à son ancien sergent Rainbird, malgré le fait que celui-ci soit en congé pour préparer son mariage avec Prudence. Il annule ses congés et lui demande de se rendre à l’enquête de Dover afin d’observer discrètement la situation. Lovelace lui donne toute liberté d’action et lui demande surtout d’être les yeux et les oreilles du commissariat sur place. Après une hésitation, il avoue que sa principale inquiétude concerne Posie elle-même. Il ne veut pas qu’elle soit suivie ouvertement, mais souhaite que Rainbird garde un œil protecteur sur elle. En rejoignant Scotland Yard, Lovelace sait qu’il ne peut pas faire davantage, mais il espère que cette précaution permettra de protéger la femme qu’il aime alors qu’elle s’engage vers une nouvelle enquête pleine d’incertitudes.

9.Le départ vers St Margaret’s Bay

Richard Lovelace, récemment promu Chief Commissioner de New Scotland Yard, se retrouve dans l’appartement de sa fiancée Posie Parker à Bloomsbury, supervisant avec impatience le déménagement des affaires d’Alaric Boynton-Dale. Alors qu’il devrait être à son bureau pour préparer une importante réunion concernant l’affaire du cambriolage d’une bijouterie de Bond Street, il reste sur place par amour pour Posie et pour préparer leur future vie commune. Leur mariage est prévu pour Noël environ, et l’appartement de Posie doit être transformé afin d’accueillir Richard, sa fille Phyllis, sa gouvernante russe Masha et Katie, un bébé orphelin fragile que Richard a adopté et qui vit encore à l’hôpital Great Ormond Street. La chambre autrefois occupée par Alaric doit devenir une nursery pour les enfants. Le nettoyage de cette pièce représente un moment chargé d’émotion, car elle est restée fermée depuis la mort d’Alaric un an auparavant. Explorateur célèbre et ancien compagnon de Posie, Alaric avait laissé derrière lui des vêtements, des cartes et divers souvenirs qui doivent maintenant être envoyés à la Royal Geographical Society. Richard se souvient de la conversation où lui et Posie avaient décidé ensemble d’ouvrir enfin cette porte du passé. Posie lui avait assuré qu’elle voulait faire de l’appartement un véritable foyer commun, un lieu appartenant à tous les deux et à leur nouvelle famille. Elle avait accepté de transformer l’ancienne chambre d’Alaric en espace pour Phyllis et Katie, avec une décoration rose et de nouveaux jouets destinés à rendre le changement plus doux pour la petite fille. Cependant, les projets de Richard sont bouleversés par un événement survenu la veille. Posie est venue à son bureau de Scotland Yard avec un exemplaire du Times et une étrange nouvelle qui a immédiatement éveillé sa curiosité. Dans un court article, elle découvre la mort d’Elsie Moncrieff, une femme retrouvée morte après être tombée d’une falaise à St Margaret’s Bay, dans le Kent. Elsie était la gouvernante du célèbre couple de créateurs de mode Douglas et Stone, mais ce qui intrigue surtout Posie est qu’elle avait écrit plusieurs mois auparavant une lettre à son bureau de détective. Dans cette lettre, Elsie demandait son aide et affirmait qu’il y avait quelque chose d’anormal dans le lieu où elle travaillait, White Shaw. Richard se souvient que Posie lui avait déjà parlé de cette lettre, car ils avaient autrefois travaillé ensemble sur une affaire à St Margaret’s Bay, à Maypole Manor, une grande demeure située au sommet des falaises. Posie explique qu’elle n’avait pas accepté l’affaire immédiatement car elle devait partir en voyage en Italie pendant tout le mois d’août, mais qu’elle avait répondu à Elsie en proposant son aide à son retour. Malheureusement, elle découvre que sa réponse n’a jamais été envoyée, car sa secrétaire Prudence avait oublié une pile de lettres dans un tiroir. Posie se sent coupable, persuadée qu’elle aurait peut-être pu aider Elsie si sa lettre était arrivée à temps. Richard tente de relativiser la situation et avance l’idée que la mort d’Elsie pourrait être un simple accident ou même un suicide, peut-être lié au mode de vie extravagant de ses employeurs. Il rappelle que Douglas et Stone sont connus pour leurs fêtes et leur proximité avec des personnalités célèbres. Mais Posie reste convaincue qu’elle doit assister à l’enquête du coroner pour vérifier que tout s’est déroulé correctement. Elle décide de prendre le train pour Dover le lendemain et de séjourner quelque temps à St Margaret’s Bay, à l’hôtel The Bay, afin d’enquêter discrètement sur les circonstances de la mort d’Elsie. Cette décision inquiète profondément Richard. Leur mariage doit avoir lieu dans seulement six semaines, mais rien n’est encore organisé, et il craint que Posie ne se lance encore une fois dans une affaire qui l’éloigne de leur vie personnelle. Il lui rappelle les engagements prévus, notamment la soirée de Guy Fawkes Night avec Phyllis et le mariage de Prudence et du sergent Rainbird le week-end suivant. Posie, surprise d’avoir oublié ces événements, promet qu’elle fera tout son possible pour être présente, mais insiste sur le fait qu’elle doit aller à l’enquête. Acceptant finalement la décision de sa fiancée malgré ses inquiétudes, Richard reprend le contrôle de la situation pratique. Il appelle son nouveau sergent Fox et lui demande de rester dans l’appartement jusqu’à la fin du déménagement. Fox devra surveiller les ouvriers, s’assurer que les biens d’Alaric sont correctement transportés et superviser la décoration de la chambre en rose. Richard plaisante sur le fait qu’il confie à son subordonné ses missions les plus difficiles, comme choisir une couleur de peinture et regarder sécher les murs. Alors qu’il retourne à Scotland Yard, Richard ne parvient pourtant pas à chasser son malaise concernant St Margaret’s Bay. Le souvenir d’une ancienne affaire à Maypole Manor refait surface, ainsi que celui de périodes douloureuses de sa vie, notamment la mort de sa première épouse Molly. Il sent qu’un danger oublié semble lié à cet endroit, même s’il ne parvient pas à identifier précisément ce qui l’inquiète. Pour se rassurer, il décide d’agir selon son instinct protecteur et contacte son ancien sergent Rainbird. Richard ordonne à Rainbird, malgré son congé prévu avant son mariage avec Prudence, de se rendre à l’enquête du coroner à Dover. Il lui donne toute liberté d’action et lui demande d’être ses yeux et ses oreilles sur place. Il lui confie surtout une mission discrète : garder un œil sur Posie sans qu’elle se doute de sa présence. Bien qu’il ne sache pas si elle est réellement en danger, Richard reconnaît qu’il craint pour elle et espère ainsi la protéger à distance.

10.L enquête sur la mort de Miss Elsie Moncrieff

Posie Parker assiste à l inquest sur la mort de Miss Elsie Moncrieff dans le vieux Town Hall de Dover, une salle glaciale remplie de journalistes et de curieux. Elle est assise juste derrière les célèbres couturiers Petronella Douglas et Tony Stone, qui étaient les anciens employeurs de la défunte. Tandis que l atmosphère est bruyante et agité, Posie observe attentivement le couple marié et remarque la nervosité évidente de Petronella ainsi que la distance froide entre les deux époux. La veille, Posie avait fait des recherches aux archives de l Associated Press et avait discuté au téléphone avec son amie Dolly, la comtesse de Cardigeon. Dolly lui avait expliqué que Petronella Douglas, héritière américaine fortunée, était la femme d affaires du duo, tandis que Tony Stone, un tailleur talentueux originaire de Glasgow, était le véritable génie créatif. Dolly avait également évoqué la popularité mondaine du couple, leurs fêtes fastueuses à White Shaw, leur proximité avec le Prince de Wales et la réputation sulfureuse de Petronella, qu elle décrivait comme un véritable diable. Alors que Posie repense aux informations recueillies sur la vie scandaleuse et le succès de Douglas et Stone, ainsi qu au mépris du roi pour leurs relations, le calme revient brusquement dans la salle. Le coroner, au visage sévère, se lève et frappe violemment du marteau pour exiger le silence immédiat de la foule, marquant le début officiel de l enquête très attendue.

11.L ombre de la falaise

L audience publique s ouvre sur l enquête concernant les circonstances de la mort de Mademoiselle Elsie Moncrieff, ancienne gouvernante à White Shaw, dont le corps a été retrouvé au pied des falaises de St Margaret s Bay. Le coroner lit le rapport du pathologiste qui, malgré les dégâts évidents liés à la chute et au séjour dans l eau, met en avant l incertitude d un verdict ouvert. Surtout, la découverte d un hématome distinct en forme de main sur le haut du dos de la défunte relance l hypothèse d un homicide par poussée. Cette révélation saisit immédiatement la foule et attire l attention des journalistes présents dans la salle. Alors que le coroner s apprête à appeler les premiers témoins, l agent Sergeant Rainbird de Scotland Yard fait une entrée remarquée et tardive, s installant au premier rang sous le regard perplexe de Posie. Après le témoignage terne du promeneur de chiens ayant découvert le corps, le coroner appelle à la barre l employeur de la victime, Madame Tony Stone, connue sous le nom de Petronella Douglas. Vêtue de noir et de blanc avec des accessoires rouges, la célèbre dessinatrice de mode américaine décrit la personnalité et le rôle d Elsie Moncrieff au sein de leur propriété de White Shaw. Elle confirme que la gouvernante gérait le personnel et la maison avec une efficacité remarquable, tout en s occupant occasionnellement des enfants et en assistant lors des fêtes organisées sur place. L interrogatoire s attarde ensuite sur le recrutement d Elsie, engagée il y a trois ans sur la recommandation de l architecte Jolyon Peterson, et sur la vérification des références professionnelles de la jeune femme. Le ton de l audience se durcit lorsque le coroner interroge Petronella Douglas sur la vie privée et l état d esprit d Elsie Moncrieff pour déterminer si elle aurait pu attenter à ses jours. La créatrice de mode nie que sa gouvernante ait été secrète ou dépressive, tout en affirmant qu elles n étaient pas amies. Interrogée sur les fréquentations masculines de la victime, Petronella nie toute relation récente avec les clients de la maison, mais révèle l existence d un séduisant jeune homme blond avec qui Elsie se promenait sur les falaises de Ness Point trois ans auparavant, précisément à l endroit même de sa mort. Alors que l Américaine affirme ignorer ce qu il est advenu de cet homme, Posie observe la réaction tendue et nerveuse de Tony Stone assis au premier rang.

12.Les secrets derrière le silence

Lors de l’enquête sur la mort d’Elsie Moncrieff, Posie comprend que les révélations concernant la défunte rendent l’affaire bien plus sombre qu’elle ne l’avait imaginé. Tout semble indiquer qu’Elsie était la maîtresse de Tony Stone, ce qui change complètement la perception de son rôle auprès de la famille Stone et de Petronella Douglas. Si les propos de Petronella devant le Coroner sont mensongers, alors Elsie n’était pas simplement une domestique appréciée mais une menace potentielle pour l’équilibre du foyer. Posie se demande alors si Petronella, qui avait toutes les raisons de craindre Elsie, aurait pu avoir un lien avec sa disparition. Le Coroner semble lui aussi suivre cette piste et interroge Petronella sur les événements précédant la mort d’Elsie, notamment sur le samedi soir et le dimanche. Petronella affirme qu’Elsie ne l’a pas aidée lors de la grande réception organisée chez eux, prétextant un violent mal de tête et restant enfermée dans son studio. Elle avoue cependant ne pas l’avoir crue, car Elsie semblait parfaitement bien auparavant et le lendemain matin. Elle explique qu’après avoir aidé à ranger la fête le dimanche, Elsie a pris son jour de repos habituel et qu’elle l’a ensuite entendue écouter de la musique dans son logement. Petronella raconte avoir passé le reste de la journée au lit, tandis que Tony était parti très tôt pour Londres afin de préparer un important défilé de mode prévu à Knightsbridge. Tony Stone est ensuite appelé à témoigner. Posie observe un homme nerveux, fragile en apparence, dont l’élégance vestimentaire contraste avec son attitude agitée. Il confirme globalement la version de son épouse, mais hésite lorsqu’on lui demande si Elsie aurait continué à travailler pour eux. Il finit par reconnaître qu’elle serait probablement restée à leur service si la décision n’avait dépendu que de lui. Le Coroner révèle alors un élément décisif qui bouleverse l’audience. Une lettre retrouvée dans la poche du manteau d’Elsie, écrite par Petronella et datée du dimanche, annonce son licenciement immédiat. Cette découverte contredit les déclarations précédentes de Petronella et suggère qu’elle a menti devant l’enquête. Tony explique que sa femme l’avait appelé depuis Londres pour lui dire qu’elle comptait remettre cette lettre à Elsie le soir même, mais il affirme ignorer les raisons exactes du renvoi. Le Coroner indique qu’un représentant de Scotland Yard est présent et transmettra la lettre aux autorités compétentes afin que les mensonges de Petronella soient examinés. Posie est frappée par la manière dont le Coroner semble presque accuser Petronella d’être impliquée dans la mort d’Elsie. Les journalistes présents comprennent immédiatement l’importance du scandale et quittent la salle pour préparer leurs articles. Alors qu’un nouveau témoin doit être entendu, un policier roux arrive précipitamment avec de nouveaux documents. Le Coroner interrompt l’audience et consulte les papiers avec inquiétude auprès de Sergeant Rainbird. Après plusieurs minutes de silence tendu, il annonce une découverte extraordinaire qui oblige à clore l’enquête. Malgré les recherches menées pendant vingt-quatre heures, aucune trace officielle d’Elsie Moncrieff n’existe. Aucun acte de naissance, passeport, compte bancaire ou inscription dans les registres nationaux ne permet de prouver qu’une femme portant ce nom a réellement vécu en Grande-Bretagne durant les quarante-cinq dernières années. Même ses références professionnelles sont difficiles à vérifier, car l’architecte qui l’avait recommandée est absent à l’étranger. Le Coroner rend donc un verdict ouvert et laisse la police poursuivre l’affaire, car l’identité véritable de la femme morte à Ness Point reste inconnue. Pour Posie, cette conclusion transforme une enquête qu’elle croyait simple en un mystère complexe rempli de mensonges, de secrets et d’intrigues. Alors qu’elle s’apprête à retourner à Londres pour assister au feu de joie du 5 novembre et retrouver sa vie habituelle, elle sent la lettre d’Elsie dans son sac. Le souvenir de cette demande d’aide restée sans réponse réveille sa culpabilité. Elle décide finalement de rester pour chercher la vérité et offrir à Elsie la justice qu’elle n’a pas reçue. Posie rejoint alors Sergeant Rainbird et le constable Briggs, qui doivent commencer les investigations. Rainbird lui présente rapidement Briggs, le policier local qui fut le premier arrivé sur les lieux de la mort d’Elsie. Briggs, impressionné, croit que Rainbird est un véritable inspecteur de Scotland Yard et lui fait part du soulagement de la police locale de voir un enquêteur expérimenté prendre l’affaire en main. Il explique que la mort d’Elsie avait seulement été enregistrée comme un suicide ordinaire, que leur effectif est réduit par l’absence de leur chef parti auprès de sa femme qui vient d’accoucher et par une épidémie de grippe touchant les policiers. Posie ressent un léger malaise en voyant cette erreur sur le grade de Rainbird, mais elle choisit de ne pas la corriger. Elle sait que Rainbird représente son seul moyen d’accéder à White Shaw, la demeure des Stone, et qu’elle n’aurait aucun droit officiel d’y enquêter seule. En comprenant cela, elle réalise avec une certaine surprise qu’elle a toujours voulu rester impliquée dans cette affaire. Grâce à la présence de Rainbird, le mystère d’Elsie Moncrieff est désormais entre ses mains, et Posie accepte pleinement de suivre cette piste malgré les dangers et les incertitudes qui l’attendent.

13.Le visage d’une ancienne connaissance

Sous la pluie de Dover, Posie attend Sergeant Rainbird dans une voiture de police stationnée devant l’Hôtel de Ville. En observant le monument aux morts de la Grande Guerre en construction, elle repense une nouvelle fois à la lettre d’Elsie Moncrieff qu’elle garde dans son sac. Elle la relit avec attention, cherchant des indices qui lui auraient échappé. Dans cette lettre datée du 28 juillet 1924, Elsie expliquait qu’elle était gouvernante à White Shaw, qu’elle travaillait pour un couple marié qu’elle décrivait comme agréable, mais qu’une situation inquiétante l’avait poussée à demander l’aide de Posie. Elle promettait de tout expliquer lors d’une rencontre et insistait pour que Posie vienne jusqu’à St Margaret’s Bay. Maintenant qu’elle sait que les employeurs d’Elsie étaient les célèbres créateurs de mode Tony Stone et Petronella Douglas, Posie trouve la lettre encore plus étrange. Elle admire le fait qu’Elsie n’ait pas utilisé le nom de ses employeurs pour attirer immédiatement son attention et comprend que la jeune femme voulait parler en personne d’un danger qu’elle n’osait pas écrire. Plusieurs détails la troublent désormais, notamment le caractère volontairement vague de la lettre et l’urgence avec laquelle Elsie demandait sa venue. Sergeant Rainbird arrive soudainement et monte dans la voiture avec Briggs, qui prend place à l’avant et ordonne au conducteur de se diriger rapidement vers White Shaw. Rainbird semble nerveux, tenant fermement un dossier d’enquête qui s’est épaissi depuis le début de la journée. Pendant le trajet sous une pluie torrentielle qui masque même la vue de Dover Castle, Posie remarque son agitation et cherche à comprendre la situation. Elle ferme la vitre séparant l’avant et l’arrière du véhicule afin de pouvoir parler discrètement avec lui. Elle lui demande s’il a corrigé l’erreur qui fait croire à Briggs qu’il est un véritable inspecteur de Scotland Yard. Rainbird évite son regard et reconnaît qu’il n’a rien dit, préférant garder cette confusion secrète. Posie découvre également qu’il travaille seul sur cette affaire et non sous les ordres de Richard Lovelace ou de l’Inspecteur Oats. Cette révélation lui rappelle sa propre manière d’agir lorsqu’elle enquête de façon indépendante. Elle apprend aussi que Prudence, la fiancée de Rainbird, ignore probablement sa présence à Dover alors qu’ils avaient des préparatifs importants avant leur mariage imminent. Posie finit par donner à Rainbird la lettre d’Elsie afin qu’il comprenne la raison profonde de son implication. Elle explique que son bureau n’avait jamais répondu à la demande d’aide, sans accuser Prudence de cet oubli. Rainbird lit la lettre avec attention mais conclut rapidement qu’elle ne contient rien de véritablement inquiétant. Pour lui, l’appel au secours d’Elsie pourrait simplement révéler une fragilité mentale. Il pense que l’absence d’identité officielle, les informations cachées sur son passé et la peur exprimée dans la lettre correspondent à une femme qui aurait inventé une nouvelle vie avant de ne plus pouvoir la supporter. Selon lui, la mort d’Elsie serait donc probablement un suicide plutôt qu’un meurtre. Posie est profondément irritée par cette interprétation. Elle regrette d’avoir partagé une lettre qui représentait une marque de confiance entre elle et une femme qui n’est plus là pour se défendre. Elle reste cependant convaincue qu’il existe un mystère plus vaste derrière la mort d’Elsie et accepte de continuer à collaborer avec Rainbird malgré leurs désaccords. Elle demande ensuite à consulter le rapport du médecin légiste. Rainbird lui remet les pages du rapport en minimisant leur intérêt, mais Posie examine attentivement les détails. Elle se concentre sur l’empreinte de main retrouvée sur le corps d’Elsie. Le rapport précise que cette marque a probablement été laissée au moment de la mort ou dans les douze heures précédentes, mais le médecin légiste ne peut déterminer si elle appartient à un homme ou à une femme. La taille de l’empreinte n’apporte aucune certitude. Posie remarque aussi une autre anomalie importante : le sommet de la falaise où Elsie est tombée n’a pas été examiné par une équipe scientifique, alors que le médecin légiste recommandait cette recherche. Elle souligne que la pluie a peut-être effacé des preuves, mais qu’une enquête sérieuse devrait tout de même vérifier les lieux. Lorsque Rainbird interroge Briggs, le policier local explique qu’il a inspecté seul Ness Point après la découverte du corps, mais que le terrain détrempé et la météo rendaient impossible la recherche d’empreintes ou d’autres indices. Il affirme n’avoir trouvé aucun signe de lutte. Rainbird semble satisfait de cette réponse et tente de clore le sujet, ce qui renforce le sentiment de Posie que l’enquête n’est pas menée avec assez de rigueur. La voiture continue sa route vers St Margaret’s Bay en traversant les villages côtiers sous un ciel gris. En approchant de la destination, Posie remarque une propriété qui réveille en elle un souvenir douloureux : Maypole Manor. Elle demande au conducteur de s’arrêter devant les grandes grilles fermées du domaine, désormais couvertes de panneaux indiquant un danger et une démolition prochaine. Ce lieu rappelle à Posie et Rainbird une affaire survenue trois ans auparavant, une enquête menée sous couverture avec Richard Lovelace et Sergeant Binny. Cette ancienne affaire, marquée par un meurtre et une atmosphère de neige et de danger, a profondément influencé la vie de Posie. Rainbird reconnaît que cette enquête est restée célèbre à Scotland Yard et souligne le rôle remarquable joué par Richard Lovelace. Posie repense alors à cette période de sa vie, lorsque ses relations personnelles étaient différentes et qu’elle avait rencontré, durant cette affaire, une personne qui avait changé quelque chose en elle et qu’elle n’arrive toujours pas à oublier complètement. En voyant une enseigne tombée au sol portant le nom « Casa Veneto », elle explique à Rainbird que Maypole Manor avait été rebaptisé ainsi par de nouveaux propriétaires, mais que les habitants continuent de l’appeler par son ancien nom. La demeure doit maintenant être détruite et vendue uniquement pour son terrain. Rainbird se montre soulagé à l’idée de quitter bientôt ce lieu associé à tant d’événements étranges. Alors que la voiture reprend sa descente vers la côte, Rainbird finit par partager entièrement son dossier avec Posie. Il estime qu’elle lui a montré son intérêt pour l’affaire et qu’il est donc juste qu’elle puisse consulter les éléments disponibles. Parmi les documents se trouve une lettre de licenciement écrite par Petronella Douglas à Elsie. Le message, rédigé rapidement à l’encre noire, annonce qu’Elsie est renvoyée immédiatement de son poste de gouvernante à White Shaw et qu’elle doit quitter les lieux dès le lendemain. La lettre affirme simplement qu’Elsie sait ce qu’elle a fait, sans donner la moindre explication. Posie est choquée par la froideur du texte et remarque que, heureusement, Elsie n’a probablement jamais eu connaissance de cette humiliation. Rainbird rappelle cependant qu’il est impossible de savoir si Elsie avait réellement commis une faute grave. Le dossier contient aussi une photographie provenant du studio d’Elsie, que Briggs considère comme importante. Lorsque le dossier s’ouvre accidentellement pendant le trajet, Posie découvre cette photographie. En regardant le visage d’Elsie Moncrieff, elle ressent un choc profond, comme si elle retrouvait une personne qu’elle connaissait depuis toujours mais qu’elle avait perdue depuis une éternité. Submergée par une émotion violente mêlant douleur et reconnaissance, elle ordonne au conducteur d’arrêter la voiture pour pouvoir reprendre son souffle.

14.Le fantôme d’un souvenir perdu

Après avoir vu la photographie d’Elsie Moncrieff, Posie sort précipitamment de la voiture, bouleversée par ce qu’elle vient de ressentir. Sergeant Rainbird la rejoint sous le vent violent qui balaie la route, inquiet de son état. Posie garde d’abord la photographie cachée sous son manteau, puis finit par lui expliquer que ce qui l’a frappée est la beauté inattendue de la défunte. Jusqu’alors, Elsie n’était pour elle qu’un nom associé à une gouvernante mystérieuse et à une affaire compliquée, mais l’image révèle une femme remarquablement belle, avec un visage fin, des cheveux blonds arrangés en chignon et une élégance qui contraste avec le rôle discret qu’elle occupait dans la maison de White Shaw. Posie comprend mieux pourquoi Tony Stone aurait pu être attiré par elle si leur liaison était réelle. Rainbird, tout en semblant impatient de repartir, reste finalement près d’elle tandis qu’elle tente de comprendre pourquoi cette photographie provoque en elle une émotion si forte. Posie réalise qu’elle ne réagit pas seulement à l’identité ou à la beauté d’Elsie, mais à une étrange impression de déjà-vu. Le visage de la jeune femme lui rappelle un autre visage, celui de Max, l’homme qu’elle avait rencontré pendant l’affaire de Maypole Manor. Ce souvenir fait remonter en elle une foule d’émotions qu’elle pensait avoir maîtrisées. Max était un Allemand formé comme médecin, devenu espion britannique après avoir été recruté dans des circonstances exceptionnelles pendant la guerre. Pour mener sa mission, il avait été transformé en personnage fictif par les services secrets britanniques et envoyé en Angleterre sous une fausse identité de prêtre catholique, avec une histoire personnelle entièrement inventée. Posie se souvient de la complexité de cette supercherie et du fait que même Richard Lovelace avait été convaincu par cette couverture. Après la mort d’Alaric, Max était revenu dans sa vie et elle avait été attirée par lui malgré son caractère inadapté à une relation durable. Leur liaison avait été intense et dangereuse, mais différente de l’amour profond qu’elle ressent désormais pour Richard Lovelace. Max représentait une passion secrète et troublante, alors que Richard incarne pour elle le désir de construire une vie commune, de devenir son épouse et de partager son avenir avec lui et ses enfants. La découverte de la ressemblance entre Elsie et Max force Posie à reconnaître une vérité qu’elle évitait depuis longtemps. Son intérêt pour cette affaire n’est peut-être pas seulement lié à sa culpabilité de ne pas avoir répondu à la demande d’aide d’Elsie. Son retour à St Margaret’s Bay semble aussi lié à son besoin de retrouver le lieu où Max occupe encore une place dans sa mémoire. Elle comprend qu’elle n’a jamais réellement fait son deuil, car elle n’a pas vu Max mourir et n’a jamais pu lui dire adieu. Elle ressent alors qu’elle doit se débarrasser de ce fantôme du passé pour pouvoir avancer pleinement avec Richard. En observant à nouveau la photographie, elle doute cependant de sa propre perception. Elle se demande si son esprit n’a pas simplement projeté l’image de Max sur le visage d’Elsie parce qu’il était déjà présent dans ses pensées depuis son arrivée dans le Kent. Elle se rassure en se rappelant que Max lui avait toujours dit n’avoir laissé personne derrière lui en Allemagne et qu’il n’existe aucune raison pour qu’Elsie lui ressemble réellement. Elle rend finalement la photographie à Rainbird et affirme qu’elle va mieux, prête à reprendre la route. Alors qu’ils s’apprêtent à repartir vers White Shaw, Posie remarque soudain un panneau dissimulé derrière les haies indiquant la direction de Ness Point. Elle y voit une occasion inespérée de suivre enfin la recommandation du médecin légiste et d’examiner l’endroit où Elsie est tombée. Elle interpelle Rainbird et insiste pour qu’ils se rendent sur place immédiatement. Malgré son impatience et ses préoccupations concernant leur rendez-vous avec Tony Stone et Petronella Douglas, Rainbird comprend qu’il ne peut pas facilement refuser. Posie lui rappelle qu’il ne leur reste que quelques heures de lumière et que la pluie pourrait revenir, risquant d’effacer davantage d’éventuelles preuves. Elle se montre déterminée à profiter de cette chance, même si cela retarde leur arrivée chez les célèbres créateurs de mode. Rainbird finit par céder et demande à Briggs de les guider jusqu’à Ness Point. Le policier local est surpris, car il affirme avoir déjà fouillé les lieux et être convaincu qu’il n’y avait rien à découvrir. Il explique que le chemin est difficile d’accès, qu’il faut marcher une dizaine de minutes sur un sentier de gravier envahi par la végétation et qu’il n’avait rien trouvé lors de sa première inspection. Rainbird ne veut cependant plus entendre d’objections et lui ordonne de prendre sa lampe et son équipement. Malgré ses protestations, Briggs accepte de les accompagner. Ainsi, au lieu de poursuivre directement vers White Shaw, Posie, Rainbird et Briggs prennent le chemin de Ness Point afin de rechercher des indices que la première enquête avait peut-être négligés.

15.L’énigme de Ness Point

Posie se rend à Ness Point avec Sergeant Rainbird et Constable Briggs afin d’examiner le lieu où Elsie Moncrieff a trouvé la mort. Le trajet jusqu’au bord de la falaise est difficile pour elle, ses chaussures élégantes étant peu adaptées au sol couvert de galets, de boue et de débris. Lorsqu’ils arrivent sur place, elle découvre un endroit sauvage et isolé, sans aucune barrière de protection, avec un simple banc dissimulé derrière des buissons. Briggs explique que le corps d’Elsie a été retrouvé sur les rochers en contrebas et suppose qu’elle est tombée depuis cet endroit. Il précise que Ness Point est connu comme un lieu où certains viennent mettre fin à leurs jours, mais aussi comme un refuge pour des couples cherchant à être seuls. Posie est frappée par le contraste entre ces usages opposés d’un même lieu. Un ornithologue apparaît alors près du banc, vêtu d’une tenue imperméable et équipé de jumelles. Il tient dans sa main une petite ampoule en verre qu’il vient de trouver et qu’il admire avec fascination. L’homme explique qu’il s’agit d’une ampoule de lampe torche Ever-Ready, un modèle américain très coûteux et difficile à obtenir. Il raconte qu’il l’a découverte sous le banc en cherchant le couvercle perdu de son thermos. Cette trouvaille attire immédiatement l’attention de Posie, qui comprend qu’elle pourrait être liée à l’affaire. Elle interroge précisément l’homme sur l’endroit où l’objet a été trouvé, puis apprend qu’il se trouvait juste sous le siège. Après le départ de l’ornithologue, Rainbird reproche vivement à Briggs de ne pas avoir inspecté correctement la zone dès le début. Il souligne que cette ampoule pourrait provenir d’une lampe appartenant à Elsie, même si aucune lampe torche n’a été retrouvée parmi ses affaires ou près de son corps. En observant la falaise, Posie imagine la situation dans laquelle Elsie a pu se trouver la nuit de sa mort. Elle comprend qu’une personne venue ici dans l’obscurité aurait nécessairement eu besoin d’une lampe et se demande ce qui a pu attirer la jeune femme dans un endroit aussi dangereux. Elle envisage plusieurs hypothèses, comme un rendez-vous amoureux, une dispute ou la présence d’un ennemi. Le paysage, magnifique sous la lumière du jour avec la mer agitée et St Margaret’s Bay au loin, lui semble pourtant totalement différent de ce qu’Elsie aurait pu voir dans la nuit noire. Posie examine ensuite soigneusement les alentours du banc, mais ne découvre aucun indice évident. Elle ressent malgré tout une profonde tristesse pour Elsie, avant de se rappeler qu’elle doit raisonner comme une véritable détective et non se laisser emporter par ses émotions. Alors que Rainbird et Briggs commencent à repartir, Posie inspecte une dernière fois le terrain et remarque soudain une lueur dorée dans la terre remuée. Elle se précipite au sol malgré la boue et découvre une chaîne de lunettes en or, avec un crochet en écaille de tortue. L’objet est élégant, coûteux et pourrait appartenir à un homme ou à une femme. Cependant, la chaîne est cassée, l’un des maillons ayant été arraché et l’autre partie du crochet ayant disparu. Posie pense qu’une telle rupture aurait probablement nécessité une certaine force et envisage qu’elle ait pu se produire pendant une lutte. Elle ignore encore si Elsie portait des lunettes ou possédait un accessoire similaire, mais décide de conserver la chaîne secrètement pour l’interroger plus tard auprès de ceux qui connaissaient la défunte. Sur le chemin du retour, Posie garde son silence et réfléchit à sa découverte. Le groupe traverse les environs de St Margaret’s Bay, passant devant le pub The Green Man, des maisons de vacances construites près des falaises et une route battue par les vagues. Son attention est attirée par une étrange maison entièrement vitrée appelée White Shaw, dont la forme inhabituelle et l’éclat artificiel contrastent avec le paysage naturel environnant. Arrivée devant le Bay Hotel, Posie hésite à prendre possession de la chambre confortable qu’elle avait réservée, mais choisit de continuer immédiatement l’enquête. Elle insiste toutefois pour que Rainbird reste également au Bay Hotel afin d’être proche des événements et promet de régler la question des frais avec Richard si nécessaire. Devant l’hôtel, ils découvrent les préparatifs de la fête de Guy Fawkes Night. Des habitants installent un grand bûcher autour d’un mannequin trempé, préparent des pommes de terre cuites au feu et organisent la vente de pommes d’amour. Posie réalise qu’elle n’a presque rien mangé depuis le matin et partage avec Rainbird une tablette de chocolat qu’elle garde toujours en cas d’urgence. Elle remarque que le feu de joie devrait être visible depuis l’hôtel, mais Rainbird réagit avec mélancolie en expliquant qu’il n’a jamais beaucoup apprécié cette célébration, qu’il associe surtout aux accidents et au travail supplémentaire pour la police. Posie regrette d’avoir abordé le sujet et reporte son attention sur la chaîne cachée dans sa poche et sur White Shaw, tandis que la voiture s’arrête devant l’hôtel.

16.La maison de verre

Posie et Sergeant Rainbird arrivent à White Shaw, l’étrange maison de verre qu’elle a remarquée depuis la route. En découvrant l’endroit de près, Posie comprend que l’apparence féerique de la demeure est en partie une illusion. Les falaises derrière la maison sont maintenues par de grands filets gris pour empêcher les éboulements, des câbles électriques pendent au milieu des protections et l’ensemble dégage une impression de danger plutôt que de beauté. La propriété est entourée d’un haut mur de béton avec une cour intérieure contenant plusieurs dépendances, des véhicules luxueux et une camionnette dans laquelle un jeune homme déplace des bagages. Rainbird prévient Posie qu’ils n’ont pas de mandat de perquisition et qu’ils doivent donc obtenir la permission d’agir, ce qui oblige Posie à rester prudente et respectueuse des règles. Dans la cour, Posie remarque deux petits garçons identiques jouant avec un ballon rouge près de l’arrière de la maison. Elle découvre ensuite que l’architecture de White Shaw repose sur un contraste volontaire : seule la façade et le toit sont en verre, tandis que l’arrière est constitué de murs massifs en béton blanc. Les enfants, qui semblaient seuls, sont en réalité surveillés par un imposant homme en uniforme sombre assis près d’une porte de service. Posie reconnaît Mickey O’Dowd, le grand domestique aperçu lors de l’enquête précédente, dont le visage marqué par un ancien nez cassé lui donne une apparence intimidante. Les garçons, âgés d’environ cinq ans, sont les jumeaux Kit et Sammy, les enfants dont Petronella Douglas avait parlé lors de l’enquête sur Elsie Moncrieff. Posie s’accroupit pour parler aux enfants et apprend qu’ils sont retenus à la maison au lieu d’aller à l’école parce que leur mère craint que des journalistes les attendent à la sortie. Les jumeaux lui expliquent que beaucoup de cris, de portes claquées et de préparatifs de départ agitent actuellement la maison. Ils révèlent également que leurs parents reçoivent parfois des invités célèbres, dont un véritable prince qui leur offrait des chocolats et des cartes et voulait leur apprendre le golf. Posie comprend ainsi que les rumeurs concernant les visiteurs prestigieux de White Shaw sont fondées. Les garçons lui demandent si elle est venue remplacer Elsie, pensant d’abord qu’elle pourrait devenir leur nouvelle gouvernante. La conversation prend une tournure plus personnelle lorsque Posie interroge les enfants sur Elsie. Ils lui racontent qu’elle a simplement disparu du jour au lendemain. Leur mère aurait dit que son départ était une bonne chose, mais les garçons refusent cette vision et affirment qu’Elsie était gentille et précieuse, allant jusqu’à dire que leur père la considérait comme un diamant. Les deux enfants avouent qu’ils espèrent encore son retour et qu’ils l’aimaient sans jamais avoir osé lui dire. Ils remarquent également que Posie ressemble un peu à Elsie avec ses grands yeux bleus et son expression bienveillante, mais pensent qu’elle serait une meilleure gouvernante parce qu’elle parle clairement comme leurs enseignants. Ils se moquent ensuite de l’accent d’Elsie et de celui de Mickey, révélant que ce dernier était le compagnon d’Elsie et qu’il souffre encore de sa disparition. Mickey O’Dowd intervient alors, irrité que Posie parle aux enfants sans autorisation. Il l’accuse d’être peut-être une journaliste et lui demande ce qu’elle cherche. Son attitude change lorsqu’il aperçoit l’identification de Scotland Yard présentée par Rainbird. Il se présente comme le bras droit de Tony Stone et explique qu’ils attendaient leur visite. Les enfants sont renvoyés dans la maison principale sous la surveillance du personnel, puis Posie, Rainbird, Briggs et Mickey entrent à l’intérieur de White Shaw. L’intérieur de la maison est aussi étrange que son extérieur. Les pièces donnant sur la cour et les falaises sont de vastes ateliers entièrement vitrés, remplis de tables de coupe, de machines à coudre et de tissus blancs, crème et argentés. Des couturières travaillent silencieusement sur des vêtements destinés à un grand défilé prévu à Haresmythe. Tony Stone, vêtu de son costume rayé vert et blanc, est entièrement absorbé par son travail avec ses ciseaux et son mètre de couture. Mickey explique que Stone prépare actuellement une importante présentation et que des couturières venues de Londres l’aident temporairement à terminer les nombreuses créations nécessaires. Posie apprend que ces femmes logent au Bay Hotel et qu’elles repartent justement ce jour-là. Lorsqu’elle demande si ces couturières connaissaient Elsie Moncrieff, Tony Stone répond qu’elles ont peut-être aperçu la jeune femme mais qu’elles n’avaient aucun lien direct avec elle, car les ateliers ne faisaient pas partie de ses tâches. En traversant les autres pièces de la maison, Posie remarque le contraste entre les espaces luxueux ouverts sur le paysage et les zones plus ordinaires, froides et étroites réservées au fonctionnement quotidien du domaine. Elle aperçoit des membres du personnel, dont un cuisinier occupé avec les jumeaux et une femme de chambre attentive à leur arrivée. Finalement, le groupe franchit une cloison blanche et pénètre dans une immense pièce circulaire entièrement vitrée, une sorte de bulle monumentale qui laisse Posie émerveillée et surprise.

17.Les secrets de White Shaw

Posie Parker, le sergent Rainbird et leurs accompagnateurs arrivent à White Shaw, une demeure de verre spectaculaire située au bord de la Manche, où tout semble conçu pour impressionner plutôt que pour habiter. La pièce principale ressemble à une immense salle de fête londonienne avec ses canapés, ses tables basses, ses bougies inutilisées, ses couleurs rouges, blanches et noires, ainsi que son sol de cristal donnant l’impression de marcher sur une plage irréelle. La maison offre une vue presque totale sur la mer agitée, mais l’interdiction de naviguer liée au mauvais temps a laissé la côte étrangement vide. Tony Stone accueille les enquêteurs avec une hospitalité raffinée, tandis que Mickey O’Dowd leur sert du thé et des biscuits. Posie remarque toutefois que les mains du domestique tremblent, ce qui éveille sa méfiance. En observant le décor luxueux, elle comprend que cet endroit a surtout été un théâtre de réceptions extravagantes et de rencontres mondaines, et elle se demande quels secrets Elsie Moncrieff, la gouvernante décédée, a pu découvrir entre ces murs. Petronella Douglas, l’épouse américaine de Tony Stone, arrive ensuite brusquement et s’installe auprès d’eux en fumant une cigarette sophistiquée. Elle reconnaît immédiatement Posie comme une détective privée et révèle que Mickey savait déjà qui elle était, contrairement à ce qu’il avait laissé croire auparavant. Petronella se montre ironique et cruelle envers Posie, rappelant son ancienne relation avec Alaric Boynton-Dale et faisant des remarques blessantes sur son apparence et sa vie personnelle. Posie ressent de la colère mais garde son attention sur l’enquête. Rainbird apprend aux occupants de la maison qu’Elsie ne possédait pas de véritables papiers d’identité, ce qui semble étrange. Lorsque Posie demande qui avait affirmé devant le tribunal que la gouvernante n’avait pas de famille, Mickey répond que c’était lui. Il explique qu’Elsie lui avait confié être orpheline et sans frères ni sœurs, et qu’elle avait évoqué le lien particulier entre les jumeaux dont il s’occupait. Posie reste prudente face à cette explication, mais elle paraît suffisamment crédible pour poursuivre les recherches dans les affaires personnelles d’Elsie. L’interrogatoire se poursuit lorsque Rainbird présente une pièce retrouvée sur la falaise, une ampoule provenant d’une lampe torche Ever-Ready. Tony Stone reconnaît posséder une lampe de ce type, offerte par sa femme, mais affirme qu’elle est rangée dans un petit abri extérieur et qu’il ne l’a pas utilisée depuis longtemps. Les trois personnes présentes donnent ensuite leur version de leurs déplacements pendant la nuit de la mort d’Elsie. Petronella affirme être restée au lit toute la nuit après une journée difficile. Tony explique qu’il séjournait à Londres dans un hôtel et qu’un employé pourrait confirmer sa présence. Mickey raconte que son jour de repos l’avait conduit habituellement à Dover pour assister à des combats, mais qu’à cause du mauvais temps il était resté dans son logement après avoir bu quelques verres. Posie reste méfiante envers lui, car il l’observe constamment et semble trop sûr de lui. Elle demande pourquoi un simple domestique participe à l’entretien policier. Tony explique que Mickey est chargé de la sécurité lors des grandes fêtes organisées à White Shaw, qu’il protège les invités importants, contrôle les personnes indésirables et évite les incidents pouvant nuire à leur réputation. Posie découvre ensuite que les réceptions organisées par les Stone, bien qu’extrêmement coûteuses, servent leur entreprise de mode et attirent de nombreux clients. Petronella affirme que leur succès financier est assuré, notamment grâce à leur reconnaissance officielle. Posie cherche toutefois à comprendre la relation entre Elsie et les habitants de la maison. Elle interroge Mickey sur une possible liaison avec la gouvernante, mais celui-ci affirme qu’il n’était pas son compagnon malgré ses tentatives pour la séduire. Selon lui, Elsie n’était pas une femme qui menait des aventures sentimentales. Posie revient alors sur la lettre retrouvée dans les affaires d’Elsie, une lettre de Petronella contenant seulement une accusation vague selon laquelle la gouvernante savait ce qu’elle avait fait. Lorsque personne ne répond clairement, Posie accuse directement Tony Stone d’avoir pu avoir une relation avec Elsie et suggère que cette liaison aurait provoqué la colère de son épouse. Cette hypothèse déclenche une violente réaction de Petronella, qui insulte Posie et lui reproche son manque de légitimité dans l’enquête. Elle finit par quitter la pièce, accompagnée de Mickey, tandis que Tony Stone assure à Posie qu’il n’existait aucune relation amoureuse entre lui et Elsie. Tony Stone refuse cependant d’expliquer pourquoi Elsie devait être renvoyée de son poste. Posie comprend qu’il cache une information importante et observe son malaise. Elle lui montre alors une chaîne de lunettes cassée retrouvée près de Ness Point et lui demande si elle appartenait à Elsie. Tony examine l’objet avec attention et reconnaît sa qualité, mais affirme n’avoir jamais vu la gouvernante porter des lunettes ni cette chaîne. Il précise que son épouse utilise parfois une chaîne pour ses lunettes, mais que celle-ci ne correspond pas à son style habituel. Avant de les laisser partir, Tony se permet de commenter les vêtements de Posie et lui propose de créer sa robe de mariage, en critiquant son apparence et en lui suggérant une tenue qui la mettrait davantage en valeur. Cette remarque blesse Posie, qui voit alors plus clairement les ressemblances entre Tony et Petronella dans leur obsession des apparences. Après l’entretien, Tony conduit Posie et Rainbird vers les logements du personnel afin qu’ils puissent examiner l’appartement d’Elsie. Dans la cour, l’activité est intense car la collection de vêtements des Stone est préparée pour être transportée à Londres. Mickey participe efficacement au chargement et au contrôle des articles, ce qui pousse Posie à reconnaître qu’il possède peut-être des compétences plus variées qu’elle ne l’imaginait. Elle se souvient cependant de la lampe torche de Tony et inspecte malgré les objections de Rainbird le petit abri extérieur près de la porte arrière. L’endroit est presque vide et aucune lampe torche ne s’y trouve. Constable Briggs les rejoint ensuite pour ouvrir le logement d’Elsie et vérifier son état. L’appartement de la gouvernante se situe dans les bâtiments du personnel, contre la falaise, au sommet d’un escalier humide donnant sur la mer. Alors que Briggs tente d’ouvrir la porte, Rainbird reproche à Posie de ne pas lui avoir immédiatement parlé de la chaîne de lunettes trouvée à Ness Point. Posie admet seulement qu’elle avait oublié de la mentionner et garde pour elle l’existence éventuelle d’autres éléments qu’elle pourrait encore avoir découverts.

18.Le studio aux secrets cachés

Posie Parker et le sergent Rainbird découvrent enfin le studio d’Elsie Moncrieff dans les dépendances de White Shaw. À l’intérieur, ils trouvent un petit logement froid, humide et mal entretenu, sans aucune lumière naturelle véritable à part une fenêtre donnant sur un balcon. Le mobilier est réduit au strict nécessaire, avec un lit, une table, quelques chaises, une kitchenette rudimentaire et un miroir soigneusement arrangé avec des produits de toilette. Posie remarque immédiatement l’absence de salle de bains, de chauffage et de confort, trouvant difficile d’imaginer qu’Elsie ait pu vivre ainsi après avoir dirigé avec efficacité une grande maison comme White Shaw. L’endroit est envahi par l’humidité et la moisissure, mais ce qui frappe surtout les enquêteurs est le désordre extrême. Des papiers, des magazines, des disques, des vêtements et des objets divers recouvrent presque chaque surface, donnant l’impression d’un chaos total. Constable Briggs confirme que l’appartement était déjà dans cet état lorsqu’il l’a inspecté après la mort d’Elsie. Il explique avoir cherché des documents d’identité, des photographies, un testament, un portefeuille ou des preuves de famille, mais n’avoir trouvé presque rien. La seule photographie récupérée est celle d’Elsie souriante, que Petronella Douglas a identifiée comme ancienne. Posie est troublée par l’absence totale de sac à main, d’argent, de vêtements ou d’objets personnels appartenant normalement à une femme. Elle remarque que, malgré son salaire correct et son goût apparent pour certaines choses de qualité, Elsie semble avoir disparu sans laisser de traces matérielles. Rainbird et Briggs quittent ensuite le studio pour continuer leurs recherches, laissant Posie réfléchir à cette incohérence. Elle sent que quelque chose ne correspond pas à l’image présentée par la pièce et qu’un élément important lui échappe. Alors qu’ils examinent encore le logement, Posie et Rainbird entendent des voix provenant de l’appartement voisin. Ils comprennent que le chauffeur Sidney et le jeune employé Alf discutent pendant une pause autour d’une tasse de thé. En restant silencieux, ils surprennent une conversation révélatrice. Alf apprend que Sidney pense que leur situation à White Shaw est terminée car Tony Stone aurait décidé de quitter Petronella, la maison et leur entreprise. Sidney explique que Tony aurait préparé son départ en emballant non seulement les vêtements de la nouvelle collection destinés à Londres, mais aussi ses valises personnelles, des coffres remplis de documents et des dossiers contenant des dessins importants. Pour lui, ces préparatifs signifient que Tony ne reviendra pas. Sidney révèle ensuite que cette information lui vient d’Elsie elle-même. Le dimanche précédent, alors qu’il revenait à White Shaw pendant son temps libre, Elsie l’avait arrêté devant son appartement. Elle semblait inquiète d’être entendue et lui avait confié que Tony allait quitter Petronella très bientôt, probablement au moment du départ de la collection pour Londres. Elle voulait le prévenir en tant que chauffeur et employé afin qu’il puisse se préparer à chercher un nouvel emploi. Sidney raconte qu’Elsie paraissait calme et assurée, affirmant qu’elle saurait quoi faire. La conversation devient alors plus inquiétante lorsque Sidney explique que Petronella se trouvait dans son appartement voisin et qu’elle avait entendu chaque mot à travers les murs très fins. Sidney décrit ensuite la réaction de Petronella lorsqu’elle a compris que son mari voulait partir. Selon lui, elle est restée assise, complètement anéantie, incapable de répondre, pendant qu’ils entendaient la musique d’Elsie jouer dans l’appartement voisin. Après qu’Elsie a quitté son logement, Petronella a utilisé une clé passe-partout pour entrer chez elle et y est restée environ dix minutes. Lorsqu’elle est ressortie, elle semblait redevenue calme. Sidney ignore ce qu’elle a découvert, mais il suppose qu’elle n’a pas bouleversé les lieux puisque Elsie, revenue plus tard, n’a rien semblé remarquer et a simplement repris sa musique. La conversation se termine avec les inquiétudes d’Alf, qui se demande si ce qui est arrivé à Elsie plus tard dans la soirée pourrait être lié à ce qu’elle avait révélé à Sidney. Ce dernier refuse de tirer des conclusions et préfère laisser l’affaire aux enquêteurs, tout en laissant entendre que la présence de Posie comme détective l’impressionne. Après le départ des deux hommes, Rainbird et Posie mesurent la gravité de ce qu’ils viennent d’apprendre. Rainbird reconnaît que l’enquête devient de plus en plus complexe. Posie examine alors certains objets du studio, notamment un rouge à lèvres français coûteux et une brosse à cheveux de qualité, qui contrastent avec l’absence de tout le reste. Elle en conclut que quelqu’un a probablement déplacé, volé ou détruit les véritables affaires personnelles d’Elsie. Selon elle, le désordre visible dans la pièce n’est qu’une mise en scène. Elle remarque que les magazines éparpillés partout sont trop nombreux, trop récents et trop variés pour appartenir naturellement à Elsie, qui n’aurait ni le temps ni l’espace pour s’intéresser à autant de sujets différents. Elle constate aussi que ces magazines sont étonnamment secs malgré l’humidité ambiante, preuve qu’ils ont probablement été déposés récemment. Posie comprend que quelqu’un a fabriqué ce désordre pour donner une fausse impression de la vie d’Elsie. Elle remarque surtout l’absence de véritables souvenirs personnels, de lettres, de photographies ou de documents intimes. Convaincue que l’affaire dépasse leurs moyens, elle décide de demander l’aide de Richard Lovelace et d’obtenir l’intervention des spécialistes scientifiques. Elle et Rainbird doivent cependant attendre les autorisations nécessaires avant de fouiller davantage White Shaw ou d’interroger officiellement les occupants. Avant de partir chercher du soutien, Rainbird demande à Posie si elle pense que Petronella Douglas a tué Elsie. Posie admet qu’elle ne sait pas encore, car presque toutes les personnes rencontrées à White Shaw lui semblent étranges ou suspectes. Restée seule dans le studio, elle réfléchit aux nombreuses questions sans réponse concernant Elsie, son avertissement à Sidney, la colère de Petronella, la lettre de licenciement et les événements précédant sa mort. Malgré son épuisement, elle continue à chercher un indice dans la pièce, mais ne trouve rien.

19.Les mystères d’Elsie Moncrieff

Posie Parker fouille la chambre d’Elsie Moncrieff avec un profond sentiment de malaise. Les quelques objets laissés sur la table de nuit, comme une bouillotte rouge, une petite soucoupe contenant des pièces, une bougie de voyage, des pelotes de laine raffinée et du matériel de couture, ne lui apprennent presque rien sur la véritable personnalité de la jeune femme. Au contraire, Posie a l’impression que quelqu’un a volontairement effacé les traces d’Elsie et tenté de remplacer son existence réelle par une image insignifiante faite de magazines bon marché et d’objets ordinaires. Elle pense à Richard, son fiancé, et espère qu’il pourra l’aider à comprendre ce qui s’est passé lorsqu’il arrivera avec l’expérience de Scotland Yard derrière lui. Elle se sent dépassée par l’affaire, car elle a la sensation qu’Elsie n’a pas seulement disparu dans la mort, mais qu’elle a aussi été effacée de son vivant. En cherchant à rassembler des indices, Posie s’allonge un instant sur le lit d’Elsie, épuisée par la journée et encore incommodée par un malaise qui ne la quitte pas. Elle remarque une odeur particulière dans la pièce, mélange d’humidité, de fleurs légères et peut-être de produits pour les cheveux, qui lui rappelle les visites de Dolly chez le coiffeur. Cette senteur est la seule chose qui lui semble réellement appartenir à Elsie, mais elle est trop fragile pour constituer une preuve. Alors qu’elle se repose, elle sent soudain quelque chose sous la couverture, au niveau de ses jambes. Elle découvre une deuxième bouillotte, bleue et encore pleine d’eau, et se demande pourquoi Elsie possédait deux bouillottes. En examinant la bouillotte rouge vide, Posie entend un bruit à l’intérieur. Elle comprend qu’elle pourrait cacher quelque chose et prépare des aiguilles à tricoter ainsi que des pinces pour l’ouvrir. Cependant, avant de pouvoir découvrir ce qu’elle contient, quelqu’un frappe à la porte. La visiteuse est Harriet Neame, la jeune femme de chambre de White Shaw que Posie avait aperçue plus tôt. D’abord, Posie la considère comme une employée effacée et sans importance, avec son uniforme noir et blanc, son apparence terne et son attitude discrète. Pourtant, elle remarque rapidement une intelligence et une ruse inattendues dans son regard. Harriet affirme qu’elle pourrait aider Posie, et peut-être aussi aider Elsie Moncrieff, même si Posie lui rappelle que la défunte ne peut plus être sauvée. La jeune femme explique alors qu’elle n’était pas une amie proche d’Elsie, mais qu’elle lui devait beaucoup. Trois ans auparavant, Elsie lui avait obtenu son emploi à White Shaw, ainsi qu’un poste pour Alf, son compagnon, et pour Ruth, la tante d’Alf qui travaillait comme cuisinière. Posie apprend également que Mickey O’Dowd n’avait pas été engagé par Elsie mais choisi par le maître de maison, qui l’avait rencontré lors d’une sortie à Dover. Harriet révèle ensuite la raison véritable pour laquelle Elsie l’avait engagée. Son passé était difficile : elle avait grandi dans un orphelinat à Dover, puis avait perdu plusieurs emplois après des accusations de vol et de comportements malhonnêtes. Dans un hôtel de Dover, on lui reprochait notamment d’écouter les conversations des clients et d’utiliser les informations obtenues de manière sournoise. Elsie avait pourtant décidé de lui donner une chance, déclarant que chacun avait le droit de renaître comme un phénix. Mais elle savait aussi que Harriet possédait une compétence particulière : savoir écouter et recueillir des secrets. C’est précisément pour cela qu’elle l’avait choisie. Harriet sort alors un petit carnet noir de sa poche et explique son rôle auprès d’Elsie. Pendant près de trois ans, elle espionnait les conversations des habitants de White Shaw et des invités lors des réceptions. Elle écoutait derrière les portes, près des murs ou en servant des boissons à des hommes qui ne faisaient pas attention à elle. Elle notait ensuite ce qu’elle entendait et remettait ses rapports à Elsie. Certaines périodes étaient calmes, mais lors des grandes séries de fêtes, elle pouvait fournir des informations chaque semaine. Elsie ne discutait jamais avec elle du contenu des carnets, mais Harriet recevait parfois une demi-souveraine cachée dans son pot de brosse à dents, qu’elle interprétait comme une récompense pour un travail réussi. Posie est bouleversée par cette découverte. Elle comprend qu’Elsie avait créé un réseau d’informations clandestin et qu’Harriet avait été ses yeux et ses oreilles dans des endroits où elle ne pouvait pas aller. Elle demande à la jeune femme ce qu’elle compte faire du carnet qu’elle n’avait pas encore remis à Elsie avant sa mort. Harriet répond qu’il contient des informations particulièrement intéressantes, notamment au sujet de Lord Boxwood, et laisse entendre que ces renseignements pourraient avoir une grande valeur. Elle propose implicitement de les échanger contre quelque chose, mais Posie refuse de participer à un chantage. Elle lui explique qu’elle ne peut pas négocier pour obtenir ces informations, mais qu’elle pourrait peut-être lui trouver une nouvelle possibilité d’emploi en échange du carnet. Harriet n’est pas entièrement satisfaite, mais reconnaît que Posie a été honnête. Lorsque Posie demande ce qu’il est advenu des anciens carnets, Harriet répond qu’elle les avait tous remis à Elsie, qui les avait probablement lus puis détruits. Posie réalise que cette découverte ouvre une piste inattendue, même si Harriet lui inspire toujours de la méfiance. Elle comprend néanmoins que cette femme pourrait être la seule personne capable de lui révéler la vérité sur Elsie Moncrieff. Lorsqu’elle lui demande enfin si elle sait quelque chose d’autre sur la défunte, Harriet reste silencieuse avant d’affirmer avec assurance qu’Elsie était une femme pleine de mystères.

20.Les secrets enfouis de White Shaw

Harriet Neame poursuit ses révélations auprès de Posie Parker et explique plus en détail son lien particulier avec Elsie Moncrieff. Elle raconte qu’elle partageait une petite salle de bains avec Ruth, la cuisinière, dans un studio voisin de celui d’Elsie, ce qui lui permettait d’observer de nombreux détails de la vie quotidienne de la défunte. Pour Harriet, cette proximité a révélé le premier grand mystère d’Elsie : alors que la jeune femme arborait toujours une coiffure blonde impeccable et très à la mode, elle ne se lavait jamais les cheveux dans cette salle de bains et ne les teignait jamais sur place. Harriet suppose qu’elle se rendait chaque semaine à Dover pour cela, mais elle n’a jamais réussi à comprendre comment Elsie trouvait le temps de s’y rendre. Elle ajoute qu’Elsie semblait également cacher son passé, car elle pense que la gouvernante était peut-être mariée malgré son usage constant du titre de « Miss ». Harriet affirme avoir aperçu une alliance lors de son entretien d’embauche, mais ne l’a plus jamais revue ensuite. Posie cherche à comprendre qui était réellement Elsie avant son arrivée à White Shaw. Harriet explique qu’Elsie avait mentionné des origines néerlandaises par sa mère, tout en ayant grandi dans la région. Elle aurait travaillé auparavant comme gouvernante dans un établissement religieux, ce qu’elle avait raconté à Ruth en plaisantant sur la quantité de bougies utilisées à White Shaw pour les fêtes par rapport à son ancien emploi dans une église. Harriet pense également qu’Elsie avait été infirmière pendant la Grande Guerre. Elle en a la certitude parce qu’un jour Alf, son compagnon, avait été gravement blessé par de l’acide de batterie dans la cour. Elsie avait immédiatement su comment agir et les médecins avaient affirmé qu’elle lui avait probablement sauvé la vue, voire la vie. Pourtant, elle avait refusé toute reconnaissance et n’avait jamais voulu parler de son expérience de guerre. Posie note que ce passé d’infirmière n’est pas exceptionnel, mais elle y voit un nouvel élément du portrait complexe d’une femme qui semble avoir toujours gardé une partie d’elle-même cachée. Interrogée sur les relations d’Elsie avec les autres habitants de White Shaw, Harriet affirme qu’Elsie n’avait pas de visiteurs dans son appartement, qui restait un espace fermé et protégé. Elle précise que Tony Stone, le propriétaire de la maison de couture, s’entendait bien avec Elsie, mais sans aucune relation sentimentale. Leur lien était surtout professionnel : Elsie gérait les commandes de tissus, les paiements aux fournisseurs et les salaires des couturières, des tâches qui dépassaient largement les fonctions habituelles d’une gouvernante. Tony Stone lui disait souvent qu’il ne savait pas ce qu’il ferait sans elle. Posie remarque que cette information confirme l’image d’une Elsie indispensable, appréciée par son employeur plutôt que rejetée par lui. Concernant Mickey O’Dowd, Harriet assure qu’il n’existait aucune proximité entre lui et Elsie. Elle le décrit comme un homme violent, habitué aux bagarres et aux soirées dans les pubs de Dover, très différent de l’élégance et du sérieux d’Elsie. Elle se souvient même d’une dispute où Elsie lui reprochait de porter un pendentif religieux trop visible, mais leur relation restait uniquement liée aux besoins pratiques de la maison. Harriet explique que Mickey accompagnait parfois les jumeaux lors de promenades le week-end, tandis qu’Elsie apportait une certaine discipline et une certaine tenue. En revanche, Harriet révèle que Petronella Douglas, la maîtresse des lieux et créatrice de mode célèbre, était souvent absente de la vie familiale. Elle affirme que Petronella consommait beaucoup de cocaïne, ce qui expliquerait son comportement instable, ses fêtes extravagantes et son manque d’implication dans son foyer. Le sujet de Sidney, le chauffeur, provoque une réaction différente chez Harriet. Elle révèle qu’il était arrivé récemment, seulement quelques mois auparavant, en remplacement d’un ancien chauffeur parti brusquement à la retraite. Selon elle, Elsie l’avait probablement recruté pour ses compétences particulières, tout comme elle l’avait fait avec elle. Sidney était le seul homme autorisé à venir dans l’appartement d’Elsie pour boire un verre. Harriet raconte avoir entendu de la musique et des rires derrière la porte, toujours dans l’obscurité ou à la lumière des bougies, pendant de courtes visites d’environ vingt minutes. Elle pense qu’Elsie avait engagé Sidney comme un « piège », un homme séduisant chargé de recueillir des informations, notamment sur Petronella Douglas. Posie est troublée par cette idée, surtout après avoir appris que Sidney entretenait aussi une relation avec Petronella. Harriet révèle ensuite un autre élément important. Au milieu du mois de juin, elle avait surpris une conversation téléphonique de Petronella avec son banquier. La créatrice était en difficulté financière, poursuivie par des créanciers, et voulait réhypothéquer White Shaw. Elle affirmait cependant pouvoir rembourser rapidement la somme, en une seule fois, dans un délai d’un mois environ. Après avoir transmis cette information à Elsie, Harriet a remarqué que la gouvernante était devenue très occupée, envoyant et recevant de nombreux télégrammes à St Margaret’s-at-Cliffe. Peu après, Sidney était arrivé à White Shaw. Posie comprend qu’il pourrait être une pièce essentielle du puzzle et décide de lui parler rapidement. Harriet raconte enfin qu’elle avait espionné les habitudes d’Elsie lors de ses jours de congé. Chaque dimanche vers deux heures, Elsie quittait la maison et se rendait soit aux salons de thé de Mrs Morse, soit au Bay Hotel pour téléphoner. Harriet n’a jamais réussi à entendre ses conversations, mais elle se souvient d’une phrase étrange qu’Elsie prononçait toujours au début de ses appels : « Burning Dog ». Elle ignore totalement ce que cela signifie. Harriet ajoute qu’Elsie peignait souvent sur la plage et qu’elle était parfois accompagnée d’une femme artiste, avec un chevalet et une toile. Cette femme ne semblait pas être une amie intime, mais plutôt une connaissance avec qui Elsie échangeait sérieusement. Avant de partir, Harriet remarque que la chambre d’Elsie n’était pas dans l’état habituel de la gouvernante, connue pour son goût de l’ordre et de la perfection. Elle attire l’attention de Posie sur l’absence de certains objets : le maquillage, les vêtements élégants fabriqués par Elsie elle-même, et surtout son magnifique sac en cuir turquoise assorti à ses tenues. Aucun de ces objets n’a été retrouvé avec le corps. Harriet révèle ensuite qu’en revenant de son jour de congé, elle avait découvert des restes brûlés dans l’incinérateur du jardin, parmi lesquels se trouvait une boîte de peinture dont seuls les pigments avaient disparu. Pour elle, cela prouve qu’Elsie n’est pas morte accidentellement. Avant de quitter définitivement la pièce, Harriet rappelle à Posie qu’elle attend une récompense pour ses informations et mentionne un événement appelé le « November Drop » qui aurait eu lieu le samedi précédent. Seule dans la chambre, Posie tente de relier tous ces éléments : les dettes, les secrets, les pièges, les appels mystérieux, le mariage possible d’Elsie, l’artiste inconnue et les objets brûlés. Elle reste avec la certitude que rien dans cette affaire n’a encore livré sa véritable signification.

21.Les trésors cachés d’Elsie

Posie Parker examine avec fébrilité une vieille bouillotte retrouvée dans le logement d’Elsie Moncrieff, espérant y trouver des indices sur la vie secrète de la défunte. Après avoir essayé sans succès de l’ouvrir, elle découpe finalement le caoutchouc avec ses ciseaux et découvre plusieurs objets soigneusement dissimulés à l’intérieur. Le premier est une alliance féminine en or, qui confirme qu’Elsie avait bien été mariée contrairement à ce que beaucoup ignoraient. Posie observe attentivement la bague, mais l’inscription gravée à l’intérieur, To the Fire from the Jackal, suivie du code WH 8977, ne lui apporte aucune explication. Elle ressent une légère déception, car elle espérait trouver une preuve plus directe permettant de comprendre le passé d’Elsie. Elle découvre ensuite deux anciennes photographies de studio attachées par un ruban usé. La première montre un jeune garçon blond d’environ six ou sept ans, vêtu d’une tenue élégante et sombre, assis dans un fauteuil en osier avec un grand ours en peluche aux yeux étranges. La seconde représente une fillette du même âge, ou légèrement plus jeune, photographiée dans le même décor. La petite fille fixe l’objectif avec assurance, ses cheveux blonds soigneusement tressés, tenant une poupée luxueuse habillée comme pour une cérémonie. Au dos de cette image figure seulement la date 1890. Posie comprend que si cette enfant est Elsie, elle aurait été plus âgée qu’elle d’environ huit ans et aurait eu près de quarante ans au moment de sa mort. Ces visages d’enfants, probablement ceux d’un frère et d’une sœur, éveillent chez elle une profonde mélancolie. Elle pense à leurs vies perdues, aux rêves oubliés et aux ravages de la Grande Guerre qui a pu emporter tant de personnes de cette génération. Elle est surprise par l’émotion qui la gagne et se demande pourquoi cette découverte la touche autant. Le dernier objet retrouvé est un morceau de papier bleuâtre provenant d’un feuillet carbone. Posie constate que l’encre s’est presque entièrement effacée à cause des conditions de conservation dans la bouillotte. Elle parvient seulement à lire une date de janvier 1924 et un titre qui semble être Agreement, ainsi que quelques mots comme Fees et Holidays. Elle suppose qu’il pourrait simplement s’agir du contrat de travail d’Elsie comme gouvernante, ce qui la frustre car le document semble presque inutile. Alors qu’elle rassemble les objets, elle remarque toutefois une minuscule carte qu’elle avait manquée. Il s’agit d’un fragment de télégramme portant trois mots en allemand, Schneider, Aber Rot, Der Engel. Ces termes inconnus provoquent immédiatement une réaction chez Posie, car ils lui rappellent Max. Elle se demande si ce lien avec l’Allemagne est une simple coïncidence ou si Elsie avait une histoire cachée avec ce pays. Elle s’interroge sur la possibilité qu’Elsie ait parlé allemand, qu’elle ait connu Max lorsqu’il se trouvait dans la région déguisé en prêtre, ou qu’un autre secret relie leurs deux existences. Convaincue qu’elle tient enfin une piste importante, Posie range les objets dans son sac, quitte le studio et retourne à White Shaw. À son retour, Posie rencontre Tony Stone, qui lui demande si elle a trouvé ce qu’elle cherchait dans l’ancien logement d’Elsie. Elle lui rend la clé et profite de l’occasion pour demander à consulter les références des employés dans l’ancien bureau de la gouvernante. Tony accepte, mais Posie apprend rapidement que personne dans la maison ne vérifiait réellement ces documents. Les nouveaux employés étaient engagés sur la confiance, et Elsie était devenue l’intermédiaire indispensable entre tous. Posie comprend que la défunte avait gagné une confiance absolue auprès de ses employeurs. Tony lui explique ensuite que les préparatifs du défilé de mode sont presque terminés et que les couturières vont repartir vers la gare de Douvres. En traversant la maison, Posie remarque l’expression triste de Tony lorsqu’il aperçoit ses fils dîner avec Ruth tandis qu’il continue à travailler. Il semble regretter de ne pas pouvoir partager ce moment avec eux, mais affirme que le travail est nécessaire car les bénéfices viendront après le spectacle. Posie pense alors à la camionnette de Tony, soigneusement fermée et contenant les vêtements du défilé ainsi que des objets dont elle ignore la nature. Elle soupçonne que cette camionnette pourrait bientôt disparaître avec Tony et décide de tenter une approche. Elle prétend chercher une robe de mariée et affirme qu’elle pourrait offrir une importante publicité au créateur grâce à ses contacts dans la presse. Elle demande à visiter la camionnette pour voir les modèles disponibles, tout en laissant entendre qu’elle respecterait d’éventuels objets personnels qui pourraient s’y trouver. La réaction de Tony attire immédiatement son attention. Il devient nerveux et refuse de lui montrer l’intérieur du véhicule, proposant plutôt de lui apporter lui-même une robe plus tard à l’hôtel. Posie remarque la panique fugitive dans ses yeux et comprend que son refus cache peut-être quelque chose. Avant le départ des couturières, Posie décide de les interroger. Elle leur révèle qu’elle enquête sur la mort d’Elsie et leur demande si elles ont remarqué un comportement étrange ou une rencontre inhabituelle pendant leur séjour. Une couturière autoritaire répond avec mépris qu’elles ne savaient rien d’Elsie et qu’elles n’avaient aucun lien avec elle. Elle critique la gouvernante, la décrivant comme distante, prétentieuse et trop distinguée pour elles. Elle ajoute avec cruauté que l’orgueil précède la chute, faisant allusion à la mort d’Elsie. Certaines femmes rient, mais d’autres semblent choquées et mal à l’aise. Posie comprend alors que certaines d’entre elles cachent probablement des informations. Elle leur laisse sa carte, promet de protéger leur identité et leur propose même une récompense si elles peuvent l’aider. Elle rappelle qu’Elsie avait été infirmière pendant la Grande Guerre et qu’elle méritait que la vérité soit découverte. Une jeune couturière lui adresse un regard hésitant avant de partir, laissant penser qu’elle pourrait parler plus tard. Après le départ du groupe, Posie retourne dans le petit bureau d’Elsie et découvre Mickey O’Dowd occupé à préparer les paiements des couturières. Elle est stupéfaite de voir avec quelle maîtrise cet homme imposant utilise la machine à écrire. Malgré ses grandes mains, Mickey tape avec une rapidité exceptionnelle, prépare les copies carbone avec précision et semble accomplir cette tâche comme un employé expérimenté. Après avoir terminé un document, il fume une cigarette avec soulagement puis remarque enfin la présence de Posie. Il se redresse aussitôt, cache le dernier papier qu’il vient de taper en le plaçant sur la pile des autres documents et lui demande, avec une prudence visible, ce qu’elle vient encore chercher auprès de lui.

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