20. Les secrets enfouis de White Shaw

Murder on the White Cliffs A Cozy Historical Murder Mystery -- L B Hathaway -- THE POSIE PARKER MYSTERY SERIES, 8, 2020 -- Whitehaven Man Press -- isbn13 9780992925499 -- ef622ec6ad23a4ea08ecf694da0093d2 -- Anna’s ArchiveRésumé 🇫🇷 Français

Harriet Neame poursuit ses révélations auprès de Posie Parker et explique plus en détail son lien particulier avec Elsie Moncrieff. Elle raconte qu’elle partageait une petite salle de bains avec Ruth, la cuisinière, dans un studio voisin de celui d’Elsie, ce qui lui permettait d’observer de nombreux détails de la vie quotidienne de la défunte. Pour Harriet, cette proximité a révélé le premier grand mystère d’Elsie : alors que la jeune femme arborait toujours une coiffure blonde impeccable et très à la mode, elle ne se lavait jamais les cheveux dans cette salle de bains et ne les teignait jamais sur place. Harriet suppose qu’elle se rendait chaque semaine à Dover pour cela, mais elle n’a jamais réussi à comprendre comment Elsie trouvait le temps de s’y rendre. Elle ajoute qu’Elsie semblait également cacher son passé, car elle pense que la gouvernante était peut-être mariée malgré son usage constant du titre de « Miss ». Harriet affirme avoir aperçu une alliance lors de son entretien d’embauche, mais ne l’a plus jamais revue ensuite. Posie cherche à comprendre qui était réellement Elsie avant son arrivée à White Shaw. Harriet explique qu’Elsie avait mentionné des origines néerlandaises par sa mère, tout en ayant grandi dans la région. Elle aurait travaillé auparavant comme gouvernante dans un établissement religieux, ce qu’elle avait raconté à Ruth en plaisantant sur la quantité de bougies utilisées à White Shaw pour les fêtes par rapport à son ancien emploi dans une église. Harriet pense également qu’Elsie avait été infirmière pendant la Grande Guerre. Elle en a la certitude parce qu’un jour Alf, son compagnon, avait été gravement blessé par de l’acide de batterie dans la cour. Elsie avait immédiatement su comment agir et les médecins avaient affirmé qu’elle lui avait probablement sauvé la vue, voire la vie. Pourtant, elle avait refusé toute reconnaissance et n’avait jamais voulu parler de son expérience de guerre. Posie note que ce passé d’infirmière n’est pas exceptionnel, mais elle y voit un nouvel élément du portrait complexe d’une femme qui semble avoir toujours gardé une partie d’elle-même cachée. Interrogée sur les relations d’Elsie avec les autres habitants de White Shaw, Harriet affirme qu’Elsie n’avait pas de visiteurs dans son appartement, qui restait un espace fermé et protégé. Elle précise que Tony Stone, le propriétaire de la maison de couture, s’entendait bien avec Elsie, mais sans aucune relation sentimentale. Leur lien était surtout professionnel : Elsie gérait les commandes de tissus, les paiements aux fournisseurs et les salaires des couturières, des tâches qui dépassaient largement les fonctions habituelles d’une gouvernante. Tony Stone lui disait souvent qu’il ne savait pas ce qu’il ferait sans elle. Posie remarque que cette information confirme l’image d’une Elsie indispensable, appréciée par son employeur plutôt que rejetée par lui. Concernant Mickey O’Dowd, Harriet assure qu’il n’existait aucune proximité entre lui et Elsie. Elle le décrit comme un homme violent, habitué aux bagarres et aux soirées dans les pubs de Dover, très différent de l’élégance et du sérieux d’Elsie. Elle se souvient même d’une dispute où Elsie lui reprochait de porter un pendentif religieux trop visible, mais leur relation restait uniquement liée aux besoins pratiques de la maison. Harriet explique que Mickey accompagnait parfois les jumeaux lors de promenades le week-end, tandis qu’Elsie apportait une certaine discipline et une certaine tenue. En revanche, Harriet révèle que Petronella Douglas, la maîtresse des lieux et créatrice de mode célèbre, était souvent absente de la vie familiale. Elle affirme que Petronella consommait beaucoup de cocaïne, ce qui expliquerait son comportement instable, ses fêtes extravagantes et son manque d’implication dans son foyer. Le sujet de Sidney, le chauffeur, provoque une réaction différente chez Harriet. Elle révèle qu’il était arrivé récemment, seulement quelques mois auparavant, en remplacement d’un ancien chauffeur parti brusquement à la retraite. Selon elle, Elsie l’avait probablement recruté pour ses compétences particulières, tout comme elle l’avait fait avec elle. Sidney était le seul homme autorisé à venir dans l’appartement d’Elsie pour boire un verre. Harriet raconte avoir entendu de la musique et des rires derrière la porte, toujours dans l’obscurité ou à la lumière des bougies, pendant de courtes visites d’environ vingt minutes. Elle pense qu’Elsie avait engagé Sidney comme un « piège », un homme séduisant chargé de recueillir des informations, notamment sur Petronella Douglas. Posie est troublée par cette idée, surtout après avoir appris que Sidney entretenait aussi une relation avec Petronella. Harriet révèle ensuite un autre élément important. Au milieu du mois de juin, elle avait surpris une conversation téléphonique de Petronella avec son banquier. La créatrice était en difficulté financière, poursuivie par des créanciers, et voulait réhypothéquer White Shaw. Elle affirmait cependant pouvoir rembourser rapidement la somme, en une seule fois, dans un délai d’un mois environ. Après avoir transmis cette information à Elsie, Harriet a remarqué que la gouvernante était devenue très occupée, envoyant et recevant de nombreux télégrammes à St Margaret’s-at-Cliffe. Peu après, Sidney était arrivé à White Shaw. Posie comprend qu’il pourrait être une pièce essentielle du puzzle et décide de lui parler rapidement. Harriet raconte enfin qu’elle avait espionné les habitudes d’Elsie lors de ses jours de congé. Chaque dimanche vers deux heures, Elsie quittait la maison et se rendait soit aux salons de thé de Mrs Morse, soit au Bay Hotel pour téléphoner. Harriet n’a jamais réussi à entendre ses conversations, mais elle se souvient d’une phrase étrange qu’Elsie prononçait toujours au début de ses appels : « Burning Dog ». Elle ignore totalement ce que cela signifie. Harriet ajoute qu’Elsie peignait souvent sur la plage et qu’elle était parfois accompagnée d’une femme artiste, avec un chevalet et une toile. Cette femme ne semblait pas être une amie intime, mais plutôt une connaissance avec qui Elsie échangeait sérieusement. Avant de partir, Harriet remarque que la chambre d’Elsie n’était pas dans l’état habituel de la gouvernante, connue pour son goût de l’ordre et de la perfection. Elle attire l’attention de Posie sur l’absence de certains objets : le maquillage, les vêtements élégants fabriqués par Elsie elle-même, et surtout son magnifique sac en cuir turquoise assorti à ses tenues. Aucun de ces objets n’a été retrouvé avec le corps. Harriet révèle ensuite qu’en revenant de son jour de congé, elle avait découvert des restes brûlés dans l’incinérateur du jardin, parmi lesquels se trouvait une boîte de peinture dont seuls les pigments avaient disparu. Pour elle, cela prouve qu’Elsie n’est pas morte accidentellement. Avant de quitter définitivement la pièce, Harriet rappelle à Posie qu’elle attend une récompense pour ses informations et mentionne un événement appelé le « November Drop » qui aurait eu lieu le samedi précédent. Seule dans la chambre, Posie tente de relier tous ces éléments : les dettes, les secrets, les pièges, les appels mystérieux, le mariage possible d’Elsie, l’artiste inconnue et les objets brûlés. Elle reste avec la certitude que rien dans cette affaire n’a encore livré sa véritable signification.