Voltaire

Chapitre 3

Œuvres de Voltaire Tome XIX: Siècle de Louis XIV.—Tome IRésumé 🇫🇷 Français

Ce catalogue alphabétique de Voltaire dresse un panorama critique des figures majeures de la république des lettres et des sciences sous le règne de Louis XIV. En matière d’érudition, d'histoire et de droit, l’auteur distingue le président Jean Bouhier pour ses traductions poétiques, le marquis de Valbonais pour ses recherches sur le Dauphiné et Géraud de Cordemoi pour son travail de clarification des premières dynasties royales. À l’inverse, le comte de Boulainvilliers est critiqué pour sa vision idéalisée et anarchique du système féodal, tandis que Louis Chantereau Le Fèvre se voit reprocher une erreur historique quant à l'origine des fiefs héréditaires. Dans le domaine religieux et philosophique, les prédicateurs jésuites Louis Bourdaloue et Cheminais se partagent les éloges, alors que les biographies du père Dominique Bouhours essuient un échec. Le théologien Laurent-François Boursier est quant à lui blâmé pour l'incohérence de ses systèmes sur la grâce, et le ministre calviniste Jean Claude est salué comme un digne rival de Bossuet au sein de controverses aujourd'hui oubliées. Les sciences et les arts connaissent également de grandes figures. L'astronome Jean-Dominique Cassini s'illustre par ses découvertes majeures sur les planètes et ses calculs méridiens, bien qu’il ait, à l'instar d'Ismaël Bouillaud, sacrifié à la mode de l'astrologie pour plaire aux puissants. En médecine et pharmacie, Moyse Charas se distingue par ses traités novateurs malgré ses démêlés avec l'Inquisition en raison de son calvinisme. Les récits de voyage sont représentés par les mémoires de Jean Chardin, tandis que les femmes de sciences et d'arts trouvent en la marquise du Châtelet — traductrice de Newton — et en Élisabeth-Sophie Cheron de brillantes illustrations. Le domaine des belles-lettres occupe une place centrale. Voltaire étudie l'évolution du goût à travers le traité de Bouhours sur les ouvrages d'esprit et l'affirmation de la langue française dans les inscriptions publiques défendue par François Charpentier. En poésie et en littérature légère, le style voluptueux et libre de l’abbé de Chaulieu est célébré, tout comme la facilité de Claude-Emmanuel Chapelle, alors que le déguisement permanent de l'abbé de Choisy marque les esprits. Les romans fleuves de Gautier de La Calprenède tombent en désuétude face à la perfection du théâtre de Racine et Quinault, qui parlent plus directement au cœur. Enfin, le théâtre et les mémoires historiques complètent ce tableau. Des dramaturges comme Edme Boursault, Jean-Galbert de Campistron ou l'abbé de Brueys maintiennent la tradition comique et tragique. Voltaire profite d'ailleurs de l'évocation de Brueys pour dénoncer la fausseté des recueils d'anecdotes et des mémoires secrets compilés au hasard. Sur le plan historique, les témoignages du comte de Bussi Rabutin et surtout du marquis de Torci, neveu de Colbert, sont salués pour leur sincérité, ouvrant la voie au génie immortel de Pierre Corneille.