Le chapitre soutient que le bonheur financier ne dépend pas principalement de la quantité d’argent possédée, mais de l’écart entre ce que l’on possède et ce que l’on désire. Lorsque les attentes augmentent plus vite que les revenus, chaque acquisition devient rapidement insuffisante, car l’attention se déplace vers ce qui manque encore. Le véritable contentement apparaît au contraire lorsque l’on cesse de demander ce qu’il faudrait obtenir pour être heureux et que l’on apprend à apprécier pleinement ce qui est déjà présent. L’auteur illustre cette idée avec l’anecdote rapportée par Marcel Proust d’un jeune homme obsédé par la richesse des aristocrates, à qui Proust conseille de regarder les tableaux de Jean Siméon Chardin pour apprendre à voir la beauté de la vie ordinaire. Cette capacité à apprécier l’existant devient une forme de richesse psychologique.
La grand-mère par alliance de l’auteur incarne parfaitement cette richesse intérieure. Pendant trente ans de retraite, elle vit avec très peu d’argent, grâce à une modeste allocation de sécurité sociale, mais se considère comme comblée dans son petit jardin et avec les livres de la bibliothèque. Malgré sa pauvreté matérielle, elle compte parmi les personnes les plus heureuses que l’auteur ait connues, y compris devant plusieurs milliardaires. Ses attentes limitées lui procurent un profond sentiment de contentement, tandis que ceux qui possèdent beaucoup peuvent se sentir pauvres s’ils désirent toujours davantage. L’auteur insiste ainsi sur une formule simple, selon laquelle la richesse véritable correspond à ce que l’on a moins ce que l’on veut. Posséder moins peut donc produire autant d’effet sur le bien-être que gagner davantage, tout en offrant une voie plus maîtrisable vers une satisfaction durable.
Le texte explique ensuite pourquoi le désir perpétuel est si difficile à satisfaire. Le cerveau recherche surtout la dopamine associée à l’anticipation et à la nouveauté, plutôt que la possession elle-même. Ainsi, celui qui rêve d’une voiture finit par vouloir un modèle plus cher dès qu’il obtient le premier, tandis que les fortunes les plus élevées se comparent toujours à celles qui les dépassent. Les sportifs peuvent eux aussi ressentir davantage de soulagement que d’euphorie après une victoire, parce que leurs attentes les ramènent immédiatement vers le prochain objectif. Richard Nixon observe de même que les luxes qui semblent extraordinaires lorsqu’on ne les possède pas peuvent devenir insignifiants une fois acquis. Le chapitre oppose donc le bonheur, intense mais éphémère, au contentement, plus calme et durable. Être content signifie cesser de jouer au jeu sans fin du « toujours plus », vivre pleinement le présent et reconnaître que l’on possède déjà ce qui suffit pour être satisfait. La véritable richesse devient alors non pas l’accumulation, mais la réduction de ce que l’on ressent comme nécessaire.