
Chapitre 5
L Analyse Rationnelle d une CanneL histoire commence autour de la table du petit déjeuner où Mr Sherlock Holmes est installé tandis que son compagnon, le docteur Watson, examine une canne en bois laissée la veille par un visiteur inconnu.
L objet comporte une bague en argent gravée indiquant qu elle a été offerte à James Mortimer, M R C S, par ses amis de C C H en 1884. Holmes observe la scène à travers le reflet d une cafetière en argent et demande à son ami de reconstituer le profil du propriétaire. Watson suggère alors qu il s agit d un vieux médecin de campagne très estimé qui se déplace principalement à pied, et suppose que les initiales font référence à un club de chasse local. Holmes feint d abord l admiration face aux conclusions de son ami, ce qui flatte l orgueil de Watson, avant de démonter méthodiquement son raisonnement en démontrant que les initiales correspondent plutôt à l hôpital Charing Cross. En utilisant sa méthode déductive, Holmes affirme que le propriétaire est un homme jeune de moins de trente ans.
Il explique que ce cadeau a probablement été offert lorsque le médecin a quitté l établissement londonien pour s installer à la campagne et qu il devait occuper un poste d interne ou de chirurgien résident puisqu il ne faisait pas partie du personnel permanent. Holmes ajoute que cet homme est aimable, sans grande ambition, distrait et qu il possède un chien dont les marques de dents sont visibles sur le bois de la canne. Watson vérifie immédiatement ces faits dans son annuaire médical et confirme la biographie de James Mortimer qui a exercé à Charing Cross de 1882 à 1884 avant de devenir officier médical à Dartmoor. Holmes valide ses propres suppositions en soulignant qu un homme distrait oublie facilement sa canne et identifie précisément la race du chien comme étant un épagneul au moment même où l animal et son maître se présentent devant la maison.
Le docteur James Mortimer entre alors et surprend Watson par sa silhouette haute et mince, son nez en bec de faucon, son regard vif derrière des lunettes en or et sa tenue professionnelle négligée faite d une redingote défraîchie et d un pantalon usé. Il récupère joyeusement sa canne en précisant qu elle lui a été offerte à l occasion de son mariage, ce qui rectifie légèrement les déductions de Holmes concernant son départ de la capitale. Le visiteur excentrique se qualifie lui même d humble chercheur scientifique et manifeste un intérêt anthropologique soudain pour le crâne de Holmes dont il aimerait examiner les caractéristiques physiques. Holmes invite alors le scientifique à s asseoir, observe ses mains agiles rouler une cigarette et l invite à exposer la véritable raison de sa venue.
Lorsque Mortimer qualifie Holmes de second meilleur expert en Europe derrière Monsieur Bertillon, le détective manifeste une certaine irritation et presse le docteur de formuler clairement son problème sans perdre davantage de temps.
Chapitre 6
La Malédiction des BaskervilleLe docteur James Mortimer présente à Sherlock Holmes et au docteur Watson un vieux manuscrit de mille sept cent quarante-deux confié par Sir Charles Baskerville avant sa mort tragique survenue trois mois plus tôt. Ce document retrace la légende familiale liée à Hugo Baskerville, un ancêtre cruel ayant vécu à l époque de la Grande Rébellion. Hugo avait kidnappé la fille d un propriétaire terrien et l avait séquestrée dans son manoir. La jeune fille s était alors enfuie à travers la lande pour regagner sa ferme, poussant Hugo à lancer sa meute de chiens à sa poursuite après avoir juré de livrer son âme aux puissances du mal pour la rattraper. Les compagnons de boisson de Hugo s étaient lancés sur ses traces et avaient découvert le cadavre de la jeune fille morte de peur, ainsi que le corps de Hugo en train de se faire dévorer la gorge par une immense bête noire semblable à un chien monstrueux. Le texte met en garde la descendance contre cette malédiction et conseille d éviter la lande durant les heures sombres. Holmes se montre sceptique face à ce récit qu il qualifie de conte de fées.Pour confronter le détective à la réalité moderne, Mortimer lit un article du Devon County Chronicle daté du quatorze mai décrivant les circonstances officielles de la mort de Sir Charles Baskerville. Ce dernier, enrichi grâce à des spéculations en Afrique du Sud, s était installé deux ans plus tôt au manoir et souffrait de graves problèmes cardiaques et de dépression nerveuse. Le rapport officiel explique que Sir Charles a quitté le manoir pour sa promenade nocturne habituelle dans l allée des ifs avant son départ prévu pour Londres. Ne le voyant pas revenir à minuit, le majordome Barrymore a suivi ses empreintes sur le sol humide et a découvert son corps sans vie au bout de l allée. L enquête a révélé un changement étrange dans les traces de pas après la grille menant à la lande, indiquant que la victime marchait sur la pointe des pieds. Le corps ne présentait aucune trace de violence physique malgré une forte distorsion des traits faciaux, ce qui a conduit le jury du coroner à conclure à une mort naturelle par crise cardiaque, facilitant ainsi la succession au profit du jeune héritier Mr Henry Baskerville.Après la lecture des faits publics, Holmes demande à connaître les détails privés que Mortimer a cachés lors de l enquête officielle afin de protéger la réputation du domaine. Le médecin confie que Sir Charles était terrifié par la légende de la bête et que son système nerveux était au bord de la rupture. Trois semaines avant le drame, Sir Charles avait été paniqué par la vision d une créature noire ressemblant à un grand veau dans l allée. Le soir de la tragédie, Mortimer s est rendu sur place immédiatement après la découverte du corps par Barrymore. Il a confirmé les faits de l enquête mais révèle à Holmes un élément crucial ignoré par le coroner. En examinant attentivement le sol meuble à faible distance du cadavre de son ami, le docteur a distinctement aperçu des empreintes fraîches et nettes qui n étaient pas humaines, mais appartenaient à un chien gigantesque.
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