
2.Page de titre et droits
Cette section présente les éléments préliminaires de l’ouvrage, avec le titre The Saltwater Murder, le sous-titre A Posie Parker Mystery, le nom de l’autrice L.B. Hathaway et les informations de l’éditeur Whitehaven Man Press à Londres. Elle contient également les mentions de copyright, les droits d’auteur, les avertissements légaux concernant les personnages et événements fictifs, ainsi que les références ISBN de l’édition numérique et papier.
3.Une etrange decouverte dans l appartement
Le groupe franchit la porte de l appartement d Amyas Lyle pour y decouvrir un interieur exigu et impersonnel depourvu de la moindre touche de vie priver ou de livres. L inspecteur Lovelace et le sergent Rainbird entament une fouille minutieuse pendant que Posie interroge le greffier en chef au sujet des habitudes du defunt. Dans le bureau, Lovelace decouvre un justificatif de preparation de testament emanant d un cabinet d avocats ainsi que des carnets de coupures de presse.
Tandis que l inspection se poursuit, Posie observe l etageres de livres et commence a soupçonner le greffier de dissimuler des verites sur ses relations tendues avec le maitre des lieux. Elle confronte ouvertement l homme en l accusant d avoir brule recemment des documents compromettants pour masquer un vol commis dans les chambres. L inspecteur Lovelace reconnait la pertinence de cette intuition bien que l enquete sur le meurtre reste prioritaire.
Saisissante par une nouvelle intuition, Posie examine les rangees de livres muraux et parvient a declencher l ouverture d un compartiment secret cache derriere les reliures. Ils y decouvrent deux dossiers noirs ainsi qu une boite a biscuits rouge contenant des documents capitaux pour comprendre la veritable personnalite de la victime. Un vieux cliche photographique s en echappe soudainement et laisse apparaitre le visage d une jeune fille en costume d epoque.
En saisissant l image, Posie decouvre stupfaite que c est son propre visage qui sourit sur cette photographie ancienne.
4.Le cauchemar ensoleillé d Amyas Lyle
Amyas Lyle, brillant avocat et futur juge de la Haute Cour, profite du calme estival du quartier londonien de Lincoln s Inn tout en étant la cible de menaces anonymes de plus en plus inquiétantes. Lors d une promenade impromptue, il croise le chemin de Posie Parker, une ancienne connaissance d enfance devenue détective privée, avec qui il échange brièvement avant d apprendre qu elle s apprête à partir en vacances à Whitley Bay. Troublé par cette rencontre et par les messages énigmatiques qu il reçoit, le procureur général retourne dans son bureau déserté, où son chef greffier lui signale l arrivée inattendue d une mystérieuse boîte métallique en provenance du marché aux poissons de Billingsgate.
Seul dans son bureau, l avocat revêt sa perruque et sa toge de juge avant d ouvrir l enveloppe jointe qui contient un poème menaçant évoquant des larmes et de l eau sale. En soulevant le couvercle de la boîte, il découvre un gallon d eau de mer saumâtre qui se met soudain à fumer et à libérer une vapeur toxique redoutable. Tandis qu un poison fulminant le paralyse, lui brûle le visage et lui coupe la respiration, l homme replonge en enfance à travers de lointains souvenirs de vacances au bord de la mer. Finalement terrassé par la substance mortelle, il s effondre sur son bureau tandis que sa perruque blanche roule devant lui.
5.L’énigmatique mystère d’Amyas Lyle
Le célèbre avocat Amyas Lyle profite de la quiétude estivale de Londres lorsqu'il croise par hasard la détective privée Posie Parker. Troublé par cette rencontre inattendue avec une ancienne connaissance de jeunesse, il lui demande de le contacter prochainement pour une affaire confidentielle et urgente. Amyas cache un profond désarroi face à une série de messages anonymes de plus en plus inquiétants qu'il reçoit depuis quelque temps. Ces menaces font toutes étrangement référence à des larmes, des secrets et de l'eau salée.
De retour dans son bureau vide à Lincoln’s Inn, l'avocat découvre une mystérieuse boîte métallique livrée en son absence. S'isolant dans sa pièce, il enfile pour l'occasion sa nouvelle perruque et sa robe de juge avant de lire le mot menaçant qui l'accompagne. Le message évoque un gallon d'eau salée comme source de sa perte imminente. En ouvrant le contenant, il ne trouve que de l'eau de mer trouble qui dégage une vive odeur saline.
Soudain, un liquide ou une vapeur s'échappant de la boîte réagit violemment et commence à l'asphyxier. Amyas est pris d'une sensation de brûlure intense tandis qu'un poison puissant paralyse son corps. Alors que la vie s'échappe de lui, il sombre dans des souvenirs d'enfance liés à la mer et à la plage avant de s'effondrer mort à son bureau.
6.La menace saline de Lincoln Inn
L avocat Amyas Lyle se promène dans Lincoln Inn à Londres, profitant de la période de vacances judiciaires et savourant sa nomination imminente comme juge à la Haute Cour. Malgré ce succès professionnel marquant, il est profondément troublé par des menaces anonymes et par une rencontre inattendue avec Posie Parker, une ancienne connaissance devenue détective privée, qu il a aperçue par hasard près de Lincoln Inn Fields. Après une brève discussion cordiale, il a envisagé de lui demander de l aide face à son anxiété croissante, avant d apprendre qu elle s apprête à partir en vacances à Whitley Bay.
De retour dans ses bureaux déserts d Old Square, Lyle découvre une boîte en métal blanc en provenance du marché de Billingsgate, émettant une forte odeur de marée et accompagnée d une nouvelle lettre anonyme. Intrigué et vêtu pour l occasion de sa nouvelle perruque de juge et de sa robe rouge, il ouvre l enveloppe qui contient un message énigmatique menaçant à propos d un gallon d eau sale et de larmes. En soulevant le couvercle de la boîte métallique, il n y trouve que de l eau de mer saumâtre dégageant une étrange vapeur toxique. Tandis que le poison agit rapidement et lui fait perdre connaissance, Lyle est submergé par des souvenirs d enfance sur une plage lointaine avant de succomber définitivement.
7.L affaire mysterieuse de la vieille cour
Le celebre avocat Amyas Lyle, bientot nomme plus jeune juge de la Haute Cour, revient a son cabinet vide de Lincoln Inn a Londres apres avoir croise par hasard Posie Parker, une ancienne connaissance d enfance devenue detectrice privee. En plein ete, alors que la ville est desertee, Lyle se sent particulierement vulnerable et perturbe par cette rencontre inopinee, d autant qu il recoit depuis quelque temps des menaces anonymes de plus en plus inquietantes faisant etrangement reference a des larmes et a de l eau salee.
De retour dans son bureau prive, il decouvre une boite metallique blanche provenant du marche aux poissons de Billingsgate et delivree par un porteur, de laquelle se degage une forte odeur de mer. Malgre la solitude du batiment et le depart de son clerc, l avocat enfile par un reflexe etrange sa perruque et sa toge de juge recemment recues avant de dechiffrer une nouvelle lettre anonyme aux rimes menacantes annoncant sa perte imminente liee a un gallon d eau salee.
En ouvrant la boite mysterieuse, il ne trouve aucun poisson mais un liquide saumatre et brumeux qui commence a emettre de la vapeur et a reagir de maniere agressive. Alors que l avocat inhale les vapeurs toxiques, son visage commence a le bruler et il perd soudainement le controle de ses membres tout en etouffant. Tandis que le poison le submerge et qu il perd definitivement connaissance, sa perruque tombe sur le bureau et il s effondre, hante par de lointains souvenirs d enfance sur une plage balignee par les vagues de la mer du Nord.
8.Enigme macabre aux chambres du barreau
Londres assiste à un meurtre d'une violence inouïe au cœur de ses institutions juridiques. Posie Parker, détective privée, arrive en retard dans un bureau feutré où l'inspecteur Richard Lovelace l'attend. Un parfum chimique suspect et l'atmosphère lourde annoncent une tragédie. Amyas Lyle, puissant chef de ces chambres de barristers et occupant d'un appartement au dernier étage, a été assassiné de manière atroce. Le corps mutilé et le bureau ravagé témoignent d'une agression d'une cruauté rare, surpassant l'horreur des pires souvenirs de guerre des enquêteurs.
Le poison mortel, de l'acide nitrique volatil, a été activé par la chaleur d'une boîte métallique livrée sur place. Le greffier en chef George a découvert la dépouille au petit matin et a alerté Scotland Yard. Un mot énigmatique était fermement serré dans la main de la victime, menaçant le destinataire d'un déluge de larmes et de saumure. L'inspecteur interroge Posie sur son lien ancien avec le défunt, révélant une brève rencontre manquée à Cambridge quinze ans auparavant. Cet épisode passé laisse la détective en proie à un profond sentiment de culpabilité, d'autant que Lyle souhaitait la revoir d'urgence pour une affaire juridique.
Tandis que la dépouille d'Amyas Lyle est évacuée sous une bâche noire, de nouveaux éléments font surface grâce au sergent Rainbird. Le défunt avait récemment signalé des vols et fait installer une cachette secrète dans sa bibliothèque pour protéger ses biens personnels. L'arrivée imminente de la riche épouse du défunt, Lady Antonia, ainsi que le retour prochain du député principal des chambres, monsieur Pickle, promettent de compliquer l'enquête. Malgré l'avertissement sévère de l'inspecteur Lovelace concernant la dangerosité extrême de l'affaire, Posie insiste pour participer activement à la résolution de ce meurtre diabolique.
9.Le meurtre horrible d Amyas Lyle
Posie Parker arrive aux chambres d un cabinet juridique londonien un matin de juillet et y retrouve l inspecteur Richard Lovelace. Ce dernier lui apprend qu Amyas Lyle, le directeur de ces lieux, a été assassiné de façon particulièrement barbare. L homme a succombé à l inhalation d acide nitrique pur, contenu dans une boîte métallique qui a réagi avec la chaleur, provoquant des dégâts effroyables et détruisant en grande partie son bureau. L inspecteur lui montre un mot retrouvé serré dans la main de la victime, menaçant le défunt à propos de larmes et d un gallon d eau salée, tandis que George, le premier clerc, est interrogé plus loin.
Alors que les experts quittent les lieux en emportant la dépouille de la victime, Posie confie son sentiment de culpabilité à l inspecteur. Elle explique qu elle devait revoir la victime la veille après des années de silence, se remémorant leur brève rencontre manquée à Cambridge bien des années plus auparavant. L inspecteur l informe également que l épouse du défunt, Lady Antonia, est attendue de Paris pour être entendue, tout en mettant Posie en garde contre la dangerosité extrême de cette enquête.
Le sergent Rainbird surgit alors en compagnie de George pour apporter de nouveaux éléments sur le fonctionnement des chambres. Il transmet le message d un autre avocat du cabinet concernant des vols récents et l existence d une cachette secrète commandée par la victime dans sa bibliothèque pour protéger ses affaires personnelles. L inspecteur demande alors à inspecter cette cachette tout en ordonnant à Posie de rester sur place pour sa propre sécurité.
10.L Enigme De L Appartement Du Vieux Carre
L inspecteur Lovelace, le sergent Rainbird, le greffier George et Posie se retrouvent dans l etroit appartement d Amyas Lyle situe au cinquieme etage pour poursuivre l enquete. L endroit ressemble etrangement a une chambre d hotel anonyme denuee de toute touche personnelle ou de souvenirs familiaux. Tandis que les hommes fouillent la cuisine et la chambre, Posie interroge le greffier sur les habitudes de la victime et apprend qu Amyas passait le plus clair de son temps dans ses bureaux plutot que dans sa maison familiale. L inspection du bureau ne donne d abord aucun resultat probant jusqu a ce que Lovelace decouvre un justificatif de preparation de testament emanant d un cabinet d avocats ainsi que des carnets de coupures de presse.
Partageant le malaise ambiant face a cette piece austere et aux etageres de livres de droit impersonnels, Posie commence a soupconner le greffier George de dissimuler la verite. Elle le pousse dans ses retranchements au sujet d une recente altercation avec son employeur et etablit rapidement qu il a probablement brule des documents compromettants ce matin meme pour effacer les traces de son licenciement. Convaincue que George etait le voleur qui ecumait les cabinets et que la victime l avait confondu, Posie suggere de l ecarter. Apres le depart de George escorte par Rainbird, l inspecteur reconnait la pertinence des deductions de Posie concernant le comportement suspect du greffier.
Ne s arretant pas la, Posie applique son intuition aux etageres de la bibliotheque du bureau et decouvre une astucieuse cachette secrete contigue aux faux dos de livres. A l interieur se trouvent deux dossiers noirs et une boite a biscuits rouge contenant des documents cruciaux sur la vie secrete d Amyas Lyle. Alors qu ils s appretent a examiner ces elements, un vieux photographie d epoque s echappe d un dossier et tombe sur le sol. En ramassant l image montrant une jeune fille souriante habillee a la mode d avant la Grande Guerre, Posie decouvre avec stupefaction son propre visage qui la regarde.
11.L'Obsession d'Amyas
Dans l'appartement, Posie et l'inspecteur Lovelace examinent les dossiers découverts dans le bureau d'Amyas Lyle. L'inspecteur attire l'attention de Posie sur une photographie d'enfance la représentant, qu'Amyas conservait précieusement. En feuilletant les pages du premier dossier, Posie découvre avec stupéfaction une collection impressionnante d'articles de presse, de photographies et de coupures de journal retraçant l'ensemble de sa carrière de détective à la tête du bureau de Grape Street à Bloomsbury. Y figurent ses plus grands succès professionnels aux côtés de son ancien associé Len Irving, mais également ses échecs personnels et ses relations passées, notamment avec son ex-fiancé Alaric Boynton-Dale. Bouleversée par l'ampleur de cette fixation, Posie referme brusquement le dossier, tandis que Lovelace s'interroge sur la nature malsaine de cette fascination et présente ses excuses à Posie pour son ton.
Reprenant leurs recherches pour trouver les notes manuscrites évoquées par George, Lovelace ouvre un second dossier et le parcourt avant de s'interrompre brusquement et de s'éloigner pour fumer une cigarette. Restée seule un instant, Posie observe des relevés bancaires et des listes de noms avant de le rejoindre. L'inspecteur lui apprend alors qu'il s'apprête à confier ce dossier au Special Branch car les documents révèlent qu'Amyas Lyle finançait le mouvement fasciste britannique et s'intéressait de très près aux activités et au procès de Hitler en Allemagne. Bien que dégoûtés par ces révélations politiques inquiétantes, Posie et Lovelace retournent dans le bureau pour examiner une boîte à biscuits en émail rouge qui pourrait contenir les indices recherchés.
À l'intérieur de la boîte, ils découvrent enfin un petit paquet de notes pliées et retenues par un ruban rose, rédigées dans la même écriture que celle trouvée auprès de la victime. Posie commence à lire à haute voix ces messages reçus depuis le mois de février. Les premiers billets évoquent des souvenirs d'enfance partagés, la mer et une plage du passé avec une tonalité presque lyrique. Cependant, au fil des mois, le ton change radicalement et se transforme en menaces de mort explicites, affirmant qu'Amyas ne mérite pas de vivre et qu'il finira par payer pour un acte commis par le passé. Les notes font également allusion à une femme qui ne l'aurait jamais oublié. Alors que l'inspecteur se demande si le coupable est un homme ou une femme, leur collaboration et leur énergie commune semblent enfin s'accorder pour appréhender cette affaire avec un front uni.
Poursuivant l'examen du couvercle de la boîte, Posie et l'inspecteur découvrent une carte postale en noir et blanc représentant le bâtiment de Spanish City à Whitley Bay, dans le nord de l'Angleterre. Posie se trouble en réalisant qu'elle s'apprête précisément à partir en vacances dans cette même station balnéaire et qu'elle en avait parlé la veille à Amyas. En retournant la carte postale, Lovelace y découvre un cachet de la poste datant d'un mois plus tôt et une adresse dactylographiée. S'empressant de poursuivre leurs investigations, ils découvrent enfin, dissimulée sous la carte postale, une note minuscule pliée de la main même d'Amyas Lyle, intitulée de manière intrigante par le défunt lui-même.
12.L'énigme des menaces d'Amyas
L'inspecteur Lovelace et Posie examinent une note laissée par Amyas Lyle qui dresse une liste de suspects pouvant être à l'origine de menaces reçues, incluant des noms tels que Sawbones Bill, Antonia, Selwyn et George. Lovelace remarque que la victime s'appelle effectivement Lady Antonia et envisage la possibilité que l'épouse soit liée à l'affaire, tout en évoquant la mention énigmatique de Fever Street. Posie suggère quant à elle que le terme upbraided employé pour George pourrait désigner le premier commis du bureau ou un serviteur. Le sergent Rainbird interrompte ensuite la discussion en apportant des rouleaux de bacon et en annonçant deux nouvelles importantes concernant l'enquête en cours.
Le sergent informe l'inspecteur que la veuve de la victime rentrera de France dans l'après-midi et souhaite un entretien à Eaton Terrace à seize heures. De plus, Selwyn Pickle, le directeur adjoint des cabinets, a contacté Scotland Yard pour convenir d'un rendez-vous à treize heures afin de s'entretenir avec les autorités. Lovelace demande à Rainbird de transférer le sac d'indices au service médico-légal tout en conservant des copies conformes pour éviter toute perte de documents cruciaux. Pendant ce temps, Posie suggère de contacter Rufus, comte de Cardigeon, pour obtenir des informations sur le passé et la personnalité d'Amyas Lyle, ce qui réjouit l'inspecteur.
L'atmosphère se détériore lorsque l'inspecteur fait une remarque critique et condescendante sur l'apparence de Posie, lui conseillant de se rendre présentable pour les rendez-vous à venir. Agacée par ce ton inattendu qu'elle juge inacceptable après s'être déplacée en urgence, Posie quitte brusquement la pièce en emportant ses affaires personnelles. Alors qu'elle s'éloigne dans le couloir sans daigner répondre, Lovelace lui lance une dernière interrogation au sujet de ses projets concernant Whitley Bay.
13.L office de Grape Street
Posie se trouve dans son bureau de Grape Street à Londres où elle se prépare pour une nouvelle affaire de meurtre. Elle réfléchit aux changements dans sa vie depuis qu'elle a quitté le Norfolk en 1921 et déplore la mort d'Amyas Lyle. Elle revêt une robe chemisier en soie émeraude et se recoiffe avant de rejoindre ses collègues dans la salle d'attente des clients pour partager du thé et des biscuits commémorant les Jeux olympiques de Paris et la victoire d'Harold Abrahams au 100 mètres.
Prudence Smythe entre alors avec le service à thé et s'emporte soudainement contre Posie en lui reprochant un manque apparent de deuil avant de claquer la porte. Len Irving et Posie discutent de cette réaction inattendue et concluent que Prudence est toujours profondément endeuillée par la perte secrète du sergent Binny, un an auparavant. Len s'interroge ensuite sur la vie sentimentale de Posie et celle-ci lui montre la liste de suspects laissée par Amyas Lyle. En examinant les notes, Len identifie immédiatement le nom de Fever Street comme étant un lieu réputé pour abriter des maîtresses russes fortunées.
Restée seule avant de partir pour Scotland Yard, Posie contemple la vue par la fenêtre et repense à la disparition récente de son vieux chat Siamois, Mr Minks, ainsi qu'aux paroles réconfortantes du jeune Sidney. Résolue à faire preuve de plus de bienveillance envers son entourage, notamment envers Prudence et l'inspecteur Lovelace, Posie rassemble ses affaires et quitte le bureau pour envoyer un telegramme et se rendre à la bibliothèque publique.
14.Un interrogatoire crucial au Scotland Yard
L inspecteur Lovelace et Posie Parker recoivent Selwyn Pickle, l associe d Amyas Lyle, dans les bureaux de Scotland Yard. Pickle, un homme de cinquante ans decrit comme un avocat brillant mais d une ambition debordante, se montre prompt a aider tout en exprimant son empressement a regagner ses fonctions pour s assurer la direction permanente du cabinet. Au cours de l entretien, il confirme que les recents vols au cabinet ont ete commis par le premier clerc George, un incident qu Amyas avait decouvert et regle en secret.
L entretien evolue lorsque la discussion aborde la vie privee et professionnelle d Amyas Lyle. Pickle decrit ce dernier comme un homme craint, ultra-ambitieux et sans scrupules, marie a contrecœur a Lady Antonia dans le seul but de progresser vers une carriere de juge. Il evoque egalement les liens d Amyas avec le parti fasciste britannique et la visite de leur chef Rotha Lintorn-Orman aux bureaux. Pour appuyer l enquete, Lovelace presente a Pickle la liste des suspects etablie par la victime.
En examinant la liste, Pickle identifie les differents noms, mentionnant le chirurgien William Dawney comme le seul veritable ami d Amyas, et reconnaissant son propre nom ainsi que celui de George. Surtout, il fait d etonnantes revelations sur des cartes postales recues de Whitley Bay et commente l etat d esprit de son defunt collegue. Sur le point de partir, Pickle s arrete soudainement et cree la stupefaction generale en revelant qu une ancienne photo de Posie jeune etait conservee par Amyas dans son bureau, suggerant qu elle soit elle aussi ajoutee a la liste des suspects.
15.L enquête sur le meurtre d Amyas Lyle
L inspecteur Oats exprime son mécontentement d être interrompu et critique vertement l implication de Posie Parker dans l enquête policière, qu il juge inepte et embarrassante en raison de sa relation sentimentale passée avec la victime. Malgré ses réserves, Oats livre son opinion professionnelle sur l affaire à la demande de l inspecteur principal Richard Lovelace. Il suggère que le principal suspect pourrait être George le premier clerc, qu il soupçonne d avoir orchestré le vol des trésors et d avoir préparé la boîte de poison saisie au bureau. Lovelace et Posie écoutent ses spéculations, tandis qu Oats se plaint des projets de vacances que sa femme lui impose à Whitley Bay, un détail géographique qui coïncide étrangement avec les cartes postales reçues par la victime. Une fois Oats parti, Lovelace et Posie débattent de la pertinence de mentionner ou non la présence de la photographie de Posie sur le bureau du défunt, convenant finalement d écarter cette information délicate du rapport officiel pour éviter de compliquer davantage la situation.
La discussion se déplace ensuite vers un autre suspect potentiel, Selwyn Pickle, qui vient de succéder à la victime à la tête des chambres d avocat. Posie analyse les mobiles et les opportunités de Pickle, soulignant son ambition dévorante, sa présence à Eastbourne la veille des faits et la possession d un laboratoire personnel à son domicile londonien qui aurait pu servir à fabriquer le poison. Alors que Lovelace s apprête à entreprendre des vérifications téléphoniques concernant le mystérieux Docteur Dawney, le sergent Rainbird fait une entrée remarquée avec de nouveaux éléments. Il révèle d une part que le plus jeune fils de Pickle étudie la chimie à Oxford, et d autre part que son aîné, un fils rebelle avec qui il est brouillé, travaille précisément comme porteur au marché aux poissons de Billingsgate.
Cette découverte relance l intérêt des enquêteurs pour le lien avec Billingsgate, renforçant les soupçons qui pèsent sur l entourage de Selwyn Pickle. Au même moment, le constable Fox annonce qu un appel téléphonique a été reçu de la part du comte de Cardigeon en réponse au télégramme envoyé par Posie. Ce dernier les attend pour un entretien au restaurant de la Chambre des lords. Toutefois, le constable met immédiatement Posie en garde concernant l état de son vieil ami, précisant que ce dernier semble avoir consommé une quantité excessive d alcool. Cette nouvelle assombrit l humeur de Posie, qui redoute des complications supplémentaires à l approche de cette entrevue cruciale.
16.Un mariage en péril et un sombre passé
Posie et l inspecteur Lovelace se rendent à la Chambre des lords pour interroger Rufus, le comte de Cardigeon, au sujet du meurtre d Amyas Lyle. Posie est irritée par la rechute dans l alcoolisme de Rufus, qu elle tenait pourtant pour guéri depuis son mariage avec Dolly. En arrivant sur la terrasse ensoleillée, ils trouvent Rufus seul, au milieu de bouteilles de whisky et de cigares. Rufus est surpris par leur visite officielle et plaisante d abord lourdement sur la nuit que Posie et sa femme Dolly ont passée à danser au Ritz. Lorsque Lovelace recentre la conversation sur l affaire criminelle, Rufus admet immédiatement qu il connaissait la victime et confirme qu Amyas est bien mort.
L enquête révèle la mauvaise réputation d Amyas Lyle, surnommé le Vampire depuis ses années de pensionnat. Rufus raconte qu enfant, Amyas affichait un comportement inquiétant et prétendait parler à un ami imaginaire. Il dresse ensuite un portrait accablant d Amyas, le décrivant comme un lâche qui a échappé au service militaire pendant la Grande Guerre tandis que la grande majorité de leurs camarades périssaient dans les tranchées. Posie s interroge sur la profonde animosité que tout le monde semble nourrir envers la victime, se demandant ce qui justifie un tel mépris généralisé au-delà de ses excentricités d enfance.
Sous la pression de Posie qui menace de révéler sa rechute à Dolly, Rufus finit par admettre qu Amyas était un joueur invétéré et un maître chanteur. Il explique qu à l école, le jeune homme dirigeait un réseau de paris clandestins qui avait poussé un élève nommé Harold Robertsbridge au suicide par désespoir. Rufus révèle ensuite que ses propres démons l ont conduit sur le même chemin après la guerre. Ayant perdu une somme colossale au baccarat contre Amyas dans un club londonien, il avait dû céder à ce dernier sa maîtresse russe, Olga, ainsi que la maison qu il lui avait achetée, scellant ainsi un accord secret et désastreux.
17.Le Visage du Mort
Posie et l'inspecteur Lovelace quittent la Chambre des lords en voiture de police alors que Big Ben sonne trois heures et demie. Le sergent Rainbird prend place à l'avant tandis que Londres est plongée dans un désordre inhabituel. Parliament Square est encombrée par la circulation, des omnibus et des charrettes se bloquent mutuellement, quelques militantes pour les droits des femmes manifestent sans grand succès et un policier tente de rétablir l'ordre. La confusion atteint son comble lorsqu'un troupeau de moutons surgit soudain sur la place, traversant les pelouses et la chaussée sans aucun berger en vue. Cet incident provoque une vive irritation chez Lovelace, qui quitte précipitamment la voiture pour aller protester auprès du policier chargé de la circulation. Restée seule avec Rainbird, Posie s'étonne du comportement inhabituellement nerveux de son supérieur. Le sergent lui explique que Lovelace agit toujours ainsi lorsqu'il est confronté à une décision importante. Il lui révèle également que l'enquête sur le meurtre d'Amyas Lyle revêt une importance particulière, car son chef doit faire ses preuves et ne peut se permettre la moindre erreur. Avant que Rainbird ne puisse préciser la nature de cette décision, Lovelace revient dans la voiture, reprend aussitôt le contrôle de la situation et confie plusieurs missions au sergent. Il lui demande de retourner à Scotland Yard pour enquêter sur la famille Robertsbridge afin de vérifier si des proches du jeune Harold Robertsbridge, poussé au suicide des années auparavant, sont encore en vie. Il souhaite également que Rainbird approfondisse les recherches concernant le fils éloigné de Selwyn Pickle, employé au marché de Billingsgate, et qu'il le fasse arrêter si des éléments suspects apparaissent. Rainbird leur apprend en retour que le docteur William Dawney donnera une conférence au Royal College of Surgeons dans la soirée et qu'il accepte de les recevoir après son intervention. Cette nouvelle fixe la prochaine étape de leur enquête tandis que la voiture prend la direction de Chelsea.
Pendant le trajet, Posie tente d'ordonner toutes les révélations accumulées au cours de la journée. Lovelace partage son impression d'être submergé par une quantité croissante d'informations contradictoires concernant Amyas Lyle. Alors qu'ils pensaient manquer d'indices, ils découvrent désormais un passé si chargé qu'il devient difficile de distinguer les faits des jugements. L'inspecteur dresse un portrait extrêmement sévère de la victime, évoquant un homme présenté comme fasciste, infidèle, joueur invétéré et responsable moralement du suicide d'un adolescent qu'il aurait harcelé. Il avoue n'avoir jamais éprouvé autant d'antipathie envers une victime de meurtre et trouve pénible de devoir bientôt présenter ses condoléances à une veuve qui ignore peut-être le véritable caractère de son mari. Posie refuse cependant de tirer des conclusions définitives. Elle rappelle que toute cette histoire provient essentiellement du témoignage de Rufus, profondément hostile à Amyas, et souligne que les faits remontent à de nombreuses années. Selon elle, il est possible qu'Amyas ait changé avec le temps ou qu'il ait tenté de réparer certaines de ses fautes. Elle suppose également que son épouse connaissait probablement mieux ses défauts que ne l'imagine Lovelace, d'autant que les documents découverts chez Amyas laissent penser qu'elle savait déjà qu'il entretenait une liaison avec Olga. La conversation dérive alors sur cette maîtresse. Contrairement à ce que croit d'abord Lovelace, ce n'est pas l'existence d'une liaison qui scandalise Posie mais la manière dont Olga semble avoir été traitée comme un simple objet, passant de Rufus à Amyas au gré des dettes de jeu, sans que personne ne se préoccupe de sa volonté. Lovelace accueille cette indignation avec amusement et lui répond qu'à ses yeux il serait presque plus étonnant qu'un aristocrate comme Rufus n'ait jamais entretenu de maîtresse dans Londres. Posie, choquée, demande si cela serait encore concevable alors que Rufus est désormais marié à Dolly. L'inspecteur préfère éluder cette question et recentre aussitôt leur attention sur leur mission, leur rappelant qu'ils vont rencontrer une femme endeuillée et que Posie ne devra en aucun cas laisser entendre qu'elle connaissait intimement son défunt mari.
La voiture s'arrête finalement devant une vaste maison de style géorgien située à Eaton Terrace, résidence d'Amyas Lyle. Alors qu'ils attendent que le majordome ouvre la porte, Posie est soudain envahie par une étrange sensation familière, celle d'être observée. En regardant autour d'elle, elle aperçoit d'abord le jardin privé situé en face de la maison, avec ses haies impeccables, ses massifs de fleurs et un court de tennis où quelques joueurs profitent du beau temps. Il lui semble distinguer une silhouette dissimulée parmi les haies, mais lorsqu'elle regarde de nouveau, il n'y a plus personne. Elle met cette impression sur le compte de la chaleur accablante. Pourtant, quelques instants plus tard, cette intuition revient avec encore plus de force. Cette fois, elle voit clairement un homme debout près de la grille du jardin. Grand, brun, élégamment vêtu d'un pantalon de flanelle bleue et d'une chemise rayée, un journal à la main et un imperméable sur le bras, il possède un visage remarquablement séduisant. Posie reste figée avant de reconnaître, croit-elle, les traits d'Amyas Lyle. Bouleversée, elle agrippe le bras de Lovelace et lui demande de se retourner immédiatement. Lorsque l'inspecteur obéit, l'homme a déjà disparu sans laisser de trace. Devant le regard incrédule de son supérieur, Posie, troublée mais sincère, ose formuler une hypothèse qui lui paraît pourtant impossible. Elle demande si l'on est absolument certain que le cadavre découvert le matin même était bien celui d'Amyas, rappelant que le corps était fortement défiguré. Elle affirme avec conviction qu'elle vient de voir Amyas vivant, posté devant la maison et les observant. Lovelace rejette catégoriquement cette idée. Il rappelle que tous les éléments disponibles désignent bien Amyas comme la victime et que les examens dentaires ainsi que l'autopsie viendront bientôt confirmer son identité. Convaincu que la fatigue et la chaleur troublent le jugement de Posie, il lui promet qu'un verre de limonade ou une tasse de thé lui fera retrouver ses esprits. Au moment même où le majordome leur ouvre la porte avec tout le professionnalisme attendu, l'inspecteur conduit Posie à l'intérieur de la demeure, tandis qu'elle demeure profondément troublée par la vision qu'elle est persuadée d'avoir eue.
18.Les masques du mariage
À leur arrivée chez les Lyle, Posie Parker et l’inspecteur Lovelace découvrent une demeure plongée dans le désordre. Des malles et des valises portant le nom de la famille Roade encombrent le hall, signe du retour précipité de Lady Antonia et de ses fils. Le jeune majordome, visiblement traumatisé par la guerre et sujet à de violents tremblements, leur explique que les domestiques ne s’attendaient pas à revoir leur maîtresse avant plusieurs semaines et ignorent encore les raisons de ce changement de programme. Les visiteurs perçoivent également les disputes inhabituelles des servantes, qui laissent deviner une atmosphère de tension. Ils sont conduits dans un salon d’un luxe éclatant où Lady Antonia les reçoit sans quitter son canapé. Son apparence frappe immédiatement Posie. Très pâle, les cheveux teints en bleu, les pupilles anormalement dilatées, elle semble sous l’emprise de la cocaïne, dont les accessoires sont posés à côté d’elle sans la moindre tentative de dissimulation. Malgré son allure fragile, sa voix est ferme et autoritaire. Posie est surtout fascinée par le contraste entre cette pièce débordante de couleurs, de soieries, de trophées d’animaux et d’objets rapportés d’Inde, et les lieux sobres qu’occupait Amyas Lyle. Rien dans ce salon ne rappelle le défunt, comme si ce monde appartenait exclusivement à son épouse. Lady Antonia explique que ces objets viennent de ses grands-parents installés autrefois à Shimla et qu’elle les a recueillis parce que son père, issu d’une longue lignée de juristes protestants et de dignitaires religieux, refusait toute décoration évoquant les croyances indiennes. Elle affirme être une femme profondément attachée à son histoire familiale, contrairement à Amyas, qu’elle décrit comme un homme privé de passé puisqu’il avait été adopté dès son plus jeune âge. Cette révélation surprend Posie, qui imagine aussitôt un éventuel lien avec le meurtre, mais Lady Antonia précise qu’Amyas avait toujours connu son adoption et n’avait jamais cherché à retrouver sa famille biologique, se montrant totalement indifférent à ses origines.
Estimant que l’entretien n’avance pas, Posie abandonne les précautions et demande directement à Lady Antonia si elle est réellement affectée par la mort de son mari. Après un silence pesant, celle-ci répond avec une franchise déconcertante qu’elle n’est pas triste mais seulement en colère et désorientée. Elle décrit son mariage comme un arrangement parfaitement assumé. Elle lui a apporté son argent, sa maison et deux fils jumeaux, tandis qu’Amyas obtenait grâce à cette union les moyens de bâtir une brillante carrière jusqu’aux plus hautes fonctions judiciaires. Ce qui la révolte n’est pas sa disparition en elle-même, mais le fait que leur projet commun ait été brutalement interrompu avant d’atteindre son accomplissement. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle retirait personnellement de cette alliance, elle répond simplement qu’elle désirait avant tout ses enfants et rappelle qu’Amyas l’avait épousée rapidement lorsqu’elle était enceinte afin de préserver son honneur. Lovelace oriente ensuite la conversation vers les anciennes habitudes de jeu d’Amyas. Lady Antonia reconnaît qu’il était autrefois un parieur compulsif capable de miser sur n’importe quoi, mais affirme que cette conduite avait cessé en 1914 au moment de leur mariage. Selon elle, un contrat matrimonial imposait explicitement à Amyas de renoncer au jeu, de mener une vie honorable et de soutenir son épouse ainsi que son beau-père, tandis que celui-ci favoriserait sa carrière. Elle ajoute que leurs testaments, conservés chez leurs avocats, prévoient que chacun hérite de tous les biens de l’autre. Posie souligne cependant une contradiction importante en révélant que des preuves montrent qu’Amyas continuait à jouer en 1919 et remportait encore des sommes considérables. Lady Antonia refuse de croire cette possibilité et insiste sur le fait que son père n’aurait jamais toléré une telle violation de leur accord. Posie évoque ensuite la maison de Fever Street et la maîtresse d’Amyas. Cette fois, le calme apparent de Lady Antonia laisse place à une colère intense. Elle admet avoir découvert cette liaison mais affirme qu’elle n’avait d’autre choix que de l’endurer. Elle refuse d’expliquer les actes de son mari et déclare qu’il était libre d’entretenir une femme en secret s’il le souhaitait. Derrière cette réponse se devinent pourtant une profonde humiliation et une blessure qu’elle peine à dissimuler, révélant que, malgré son discours sur le mariage de convenance, l’infidélité d’Amyas l’a profondément atteinte.
Lady Antonia conduit alors les enquêteurs dans un petit bureau qu’elle avait aménagé pour son mari au début de leur mariage mais qu’il n’a pratiquement jamais utilisé. En ouvrant fébrilement les tiroirs, elle avoue avoir chargé George, le chef des clercs du cabinet d’Amyas, de l’espionner lorsque celui-ci s’est progressivement éloigné de sa famille au début de l’année, ne venant plus à la maison que le dimanche. Grâce à cette surveillance, elle a appris l’existence des lettres de menace reçues par Amyas et découvert sa liaison avec Olga Karloff. Elle remet à Posie et Lovelace un important lot de factures récupérées dans les corbeilles de son mari. Ces comptes détaillent les dépenses engagées pour la maison de Fever Street, depuis les travaux de peinture jusqu’aux achats de tissu, et portent les initiales d’Olga. Posie comprend qu’Amyas réglait régulièrement ces dépenses avant de jeter les justificatifs, récupérés ensuite par George. Lady Antonia reconnaît également s’être rendue à plusieurs reprises devant cette maison pour l’observer depuis sa voiture sans jamais affronter sa rivale. Elle ajoute seulement qu’Olga n’était plus en état de soutenir une confrontation, sans donner davantage d’explications. À la demande de Posie, elle sort ensuite un paquet de vingt-deux cartes postales identiques provenant de Whitley Bay, toutes reçues depuis janvier et systématiquement jetées par Amyas. Elles correspondent exactement aux mystérieuses cartes déjà découvertes par les enquêteurs, mais Lady Antonia affirme qu’Amyas n’avait, à sa connaissance, aucun lien avec cette ville. L’entretien aborde ensuite la politique. Elle confirme sans hésiter que son père finance largement le mouvement fasciste naissant et qu’Amyas soutenait cette cause parce que leur contrat matrimonial l’y obligeait. Enfin, interrogée sur le docteur William Dawney, elle affirme qu’il était resté un ami fidèle d’Amyas depuis leurs années d’école. Après la mort successive de ses parents puis de son épouse Kate, William avait trouvé auprès des Lyle un précieux soutien et venait souvent passer les dimanches avec Amyas et les jumeaux. Il avait même confié à Lady Antonia qu’il aidait désormais Amyas dans un nouveau projet dont elle ignorait la nature. Au moment du départ, Posie demande si un homme brun observait récemment la maison. Lady Antonia tourne d’abord la question en plaisanterie avant de la transmettre au majordome Albert. Celui-ci nie avoir remarqué un tel individu, mais son hésitation et son incapacité à soutenir le regard de sa maîtresse ou celui de Posie éveillent les soupçons de la détective, d’autant que la conversation sur les traumatismes de la guerre révèle combien Albert, comme Posie elle-même, demeure hanté par les souvenirs du front.
19.Après l'entretien sous la pluie
En quittant la demeure des Lyle, Posie Parker et l'inspecteur Lovelace s'éloignent ensemble vers Victoria, tout en commentant l'entretien qu'ils viennent d'avoir avec Lady Antonia. La pluie commence à tomber tandis qu'ils échangent leurs impressions sur cette femme déroutante. Posie reproche ouvertement à Lovelace d'avoir été beaucoup trop indulgent avec elle, insinuant que sa beauté, son rang social et son charme ont influencé son attitude alors qu'il la considérait auparavant comme la principale suspecte du meurtre d'Amyas Lyle. Lovelace ne répond pas vraiment à cette accusation, ce qui amuse Posie. Malgré son ironie, elle reconnaît néanmoins qu'elle a désormais du mal à croire Lady Antonia capable d'avoir organisé un assassinat. Son état de dépendance à la drogue, son comportement instable et l'impression générale qu'elle a laissée rendent peu crédible l'idée qu'elle ait planifié un crime aussi complexe. Posie estime également que la mort d'Amyas va directement à l'encontre des intérêts de son épouse puisqu'elle met fin au projet de réussite sociale qu'ils poursuivaient ensemble. Lovelace partage toutefois le sentiment que quelque chose d'important n'a pas été dit durant l'entretien. Tous deux ressentent qu'une partie de l'histoire de Lady Antonia demeure incomplète, même s'ils sont incapables d'identifier précisément ce qui manque. Ils reviennent ensuite sur la révélation concernant l'adoption d'Amyas. Posie s'étonne que même son frère Richard ne lui en ait jamais parlé, mais Lovelace estime que cet élément appartient au passé et qu'il est peu probable qu'il explique un meurtre provoqué par des événements récents. Constatant qu'il est déjà tard, il décide de répartir les tâches. Il charge Posie de se rendre seule au 57 Fever Street afin d'interroger Olga Karloff, la maîtresse d'Amyas, et de lui annoncer la mort de celui-ci. Lui-même doit assister à une importante réunion administrative à Scotland Yard avant de retrouver Posie à sept heures au Royal College of Surgeons pour interroger le docteur William Dawney. Lovelace insiste sur l'importance de rencontrer rapidement tous les noms figurant sur la liste d'Amyas, pendant que les événements sont encore frais dans les esprits. Avant de se séparer, Posie remarque que tous les indices semblent converger vers le début de l'année. C'est à cette période qu'Amyas a commencé à changer de comportement, que Lady Antonia a fait surveiller son mari, que les lettres anonymes et les mystérieuses cartes postales ont commencé à arriver, et que la liaison avec Olga est devenue manifeste. Tous deux en concluent que cette période constitue probablement le véritable point de départ de l'affaire.
Leur conversation est interrompue par une voix puissante qui appelle Lovelace depuis Eaton Terrace. Ils voient arriver Lord Justice Roade, le père de Lady Antonia. Son apparence surprend immédiatement Posie. Malgré sa réputation de juge redoutable surnommé le bourreau des condamnés, il ressemble davantage à un vieil homme frêle qu'à une figure intimidante. Vêtu d'une tenue de cricket encore mouillée par la pluie, coiffé d'un chapeau d'arbitre et portant un sifflet autour du cou, il explique qu'il jouait au cricket à l'Oval depuis la veille, précisant spontanément son emploi du temps comme s'il anticipait déjà une éventuelle vérification de son alibi. Il indique avoir appris la mort d'Amyas par le supérieur de Lovelace et profite de cette rencontre pour défendre immédiatement sa fille. Sans la moindre retenue, il décrit Antonia comme une toxicomane incapable de gérer correctement sa vie, dilapidant sa fortune auprès de son fournisseur de drogue. Il affirme que la maison appartient à une fiducie afin de l'empêcher de vendre ses biens pour financer sa dépendance. Malgré le mépris évident qu'il éprouve envers sa propre fille, il insiste sur le fait qu'elle est totalement incapable d'organiser un meurtre. Selon lui, elle ne sait déjà pas administrer son foyer, alors encore moins préparer un assassinat. Il souligne en revanche toute l'affection qu'il porte à ses petits-fils, qu'il considère comme infiniment supérieurs à leur mère. Posie profite alors de cette occasion pour l'interroger sur son opinion d'Amyas Lyle. D'abord surpris qu'elle intervienne, Lord Justice Roade la prend pour l'épouse de Lovelace avant que celui-ci ne la présente comme sa collaboratrice. Le juge finit par reconnaître qu'il était fier de voir Amyas accéder progressivement aux plus hautes fonctions judiciaires grâce au soutien qu'il lui avait apporté. Toutefois, il confesse qu'il préférait que le couple vive à distance de lui. À ses yeux, Amyas était un homme moralement vide, dépourvu de toute conscience du bien et du mal. Il lui reproche notamment de ne pas avoir participé à l'effort de guerre malgré son âge, ce qu'il considère comme une faute impardonnable, sans accorder de crédit aux problèmes cardiaques invoqués pour expliquer cette absence.
Loin de se laisser impressionner par la réputation du magistrat, Posie poursuit un interrogatoire extrêmement audacieux. Elle rappelle que Lord Justice Roade s'est pourtant longtemps accommodé des défauts d'Amyas tant que celui-ci servait ses intérêts professionnels et politiques. Elle évoque son soutien au mouvement fasciste naissant et laisse entendre que cette fidélité résultait directement des obligations imposées par le contrat de mariage. Puis elle formule une analyse beaucoup plus personnelle. Selon elle, la véritable rupture est survenue lorsque Lord Justice Roade a appris, au début de l'année, l'existence de la maîtresse d'Amyas. Cette liaison n'a pas seulement humilié Antonia. Elle a également placé le juge dans une position extrêmement embarrassante. Après avoir favorisé la carrière d'Amyas jusqu'à sa future nomination comme juge à la Haute Cour, il lui devenait impossible de revenir en arrière. Dans le même temps, son attachement aux valeurs de sa famille anglicane rendait un divorce publiquement inacceptable. Posie s'arrête juste avant de suggérer que la mort d'Amyas pouvait finalement arranger Lord Justice Roade, consciente qu'une telle affirmation reviendrait à l'accuser directement de meurtre sans la moindre preuve. Le juge demeure silencieux quelques instants avant de reconnaître calmement que Posie a parfaitement compris la situation. Il admet qu'Amyas avait créé un désastre pour sa fille et s'apprête à partir. Avant de s'éloigner, il glisse toutefois à Lovelace une remarque énigmatique. Il évoque une importante décision professionnelle que celui-ci devrait bientôt prendre et lui conseille de résoudre rapidement cette affaire afin de terminer sur une réussite. Ces paroles bouleversent profondément Posie, qui découvre avec inquiétude que Lovelace semble envisager un changement majeur dans sa carrière. Lorsqu'elle l'interroge, il minimise la question en parlant simplement d'une éventuelle promotion. Refusant d'approfondir le sujet, il ramène aussitôt la conversation à l'enquête et souligne une nouvelle fois que tous les événements suspects commencent exactement au début de l'année. Convaincue que la clé de toute l'affaire réside désormais auprès d'Olga Karloff, Posie se met immédiatement en route vers Fever Street, tandis que Lovelace disparaît dans la foule de Victoria. Restée seule, elle ne peut s'empêcher de remarquer que l'inspecteur semblait préoccupé par autre chose que l'enquête, et s'étonne elle-même de l'importance que cette impression prend désormais à ses yeux.
20.Le refuge secret de Fever Street
Posie se rend à Fever Street, un petit enclave discret que Len lui avait décrite comme un monde à part. Dès son arrivée en taxi, elle ressent l’atmosphère pesante qui règne dans cette rue de maisons impeccables, où chaque fenêtre semble cacher des regards curieux. Le chauffeur refuse de l’attendre, jugeant l’endroit peu recommandable, et laisse entendre qu’une femme comme elle ne devrait pas s’y trouver. Posie repousse sèchement ce jugement avant d’avancer seule jusqu’au numéro 57, une demeure d’un goût raffiné, parfaitement entretenue, qui correspond mal à l’image qu’elle s’était faite de la maîtresse secrète d’Amyas Lyle et de son ancien ami Rufus. Lorsqu’on lui ouvre enfin, ce n’est pas la séduisante Olga Karloff qu’elle s’attendait à rencontrer, mais une femme plus âgée, vêtue de noir, au visage marqué par le chagrin. Cette domestique, Masha, semble d’abord effrayée par la visite de Posie, puis, après avoir lu sa carte et compris qu’elle travaille avec la police, l’invite à entrer. Elle lui révèle alors une nouvelle bouleversante. Olga Karloff est morte. Cette annonce renverse immédiatement toutes les attentes de Posie, qui était venue interroger la maîtresse d’Amyas afin d’éclaircir les circonstances de son assassinat.
À l’intérieur de la maison, Posie découvre un univers calme et élégant, très différent de celui de Lady Antonia. Les couleurs douces, le mobilier sobre et les objets raffinés témoignent d’un foyer véritable plutôt que d’une simple résidence entretenue par un homme riche. En buvant un thé russe extrêmement sucré préparé par Masha, Posie observe un grand portrait d’Olga. Malgré les années qui les séparent, elle est frappée par la ressemblance entre cette jeune femme aux yeux bleus et elle-même, ce qui lui rappelle les propos de Rufus selon lesquels Amyas semblait attiré par ce type de beauté. Masha, bouleversée, explique qu’elle tente désespérément de prévenir Amyas de la mort d’Olga, sans comprendre pourquoi il ne répond ni aux appels ni aux télégrammes. Posie est alors contrainte de lui annoncer qu’Amyas a lui-même été assassiné la veille. La gouvernante s’effondre dans une douleur sincère, offrant à Posie la première manifestation authentique de deuil qu’elle ait observée depuis le début de cette affaire. Devant cette souffrance, Posie s’interroge aussitôt sur le lien entre les deux décès. Elle imagine un instant un meurtre suivi d’un suicide ou un double homicide, incapable de comprendre comment ces tragédies peuvent s’emboîter. Masha explique que tout est maintenu dans le secret parce que les femmes vivant à Fever Street sont toutes des anciennes aristocrates russes ruinées par la Révolution, devenues des femmes entretenues dont la réputation exige la plus grande discrétion. Olga partageait ce destin, ce qui explique le silence entourant sa disparition. Pour dissiper les soupçons, Masha présente finalement à Posie le certificat de décès délivré par l’hôpital. En le lisant, Posie comprend que la vérité est tout autre. Olga n’a été ni assassinée ni suicidée. Elle est morte en couches quelques heures plus tôt, à l’hôpital Royal Waterloo. Cette révélation éclaire soudain plusieurs mystères. Elle explique la haine croissante de Lady Antonia envers Olga, ainsi que les paroles ambiguës de Lady Roade, qui avait laissé entendre qu’Olga n’était pas en état d’affronter une confrontation. La coïncidence tragique des deux morts apparaît désormais comme un concours de circonstances cruel plutôt qu’un complot commun.
Masha révèle ensuite qu’Olga a tout de même donné naissance à une petite fille avant de mourir. Le bébé, nommé Ekaterina, surnommée Katia, a survécu malgré sa grande prématurité et se trouve à l’hôpital pour enfants de Great Ormond Street dans une couveuse. Posie découvre avec émotion que ce prénom avait été choisi à l’avance par Amyas et Olga, preuve que l’enfant était attendu avec bonheur. Lorsque Posie demande si cette grossesse était une source de joie pour le couple, Masha confirme sans hésiter qu’ils étaient profondément heureux et préparaient avec enthousiasme l’arrivée du bébé. Amyas avait lui-même acheté le mobilier, les jouets et le linge de la chambre d’enfant, signe d’un investissement personnel que Posie n’aurait jamais imaginé chez un homme dont elle avait jusqu’ici retenu surtout l’égoïsme. Face au sort désormais incertain de cette enfant devenue orpheline de ses deux parents en l’espace d’une journée, Posie promet d’examiner le testament d’Amyas afin de vérifier s’il a prévu des dispositions pour Olga et leur fille. Si rien n’a été organisé, elle craint que Lady Antonia ne fasse disparaître tout ce foyer secret et que la petite Ekaterina ne se retrouve sans protection. Cherchant une autre solution, elle évoque Rufus, ancien amant d’Olga, persuadée qu’il acceptera d’aider financièrement l’enfant. Masha se souvient avec affection de Rufus mais insiste sur le fait que, malgré la tristesse de son départ, Olga et Amyas avaient ensuite vécu cinq années de véritable bonheur ensemble. Cette affirmation surprend Posie, qui peine à concilier cette image d’un homme amoureux avec celle du brillant avocat froid et manipulateur qu’elle connaissait. Pourtant, les témoignages de la gouvernante paraissent sincères et cohérents.
Cherchant à comprendre ce qui a changé dans la vie d’Amyas quelques mois avant son assassinat, Posie demande si un événement particulier s’est produit en janvier. Masha répond immédiatement qu’à cette époque Amyas est venu s’installer définitivement dans cette maison. Cette révélation stupéfie Posie. Elle comprend que Fever Street était devenu son véritable foyer, loin de la maison familiale d’Eaton Terrace où il ne semblait plus avoir sa place, et loin aussi de son appartement impersonnel près de son travail. Masha explique qu’Amyas vivait déjà séparé de son épouse et qu’après avoir appris la grossesse d’Olga, lorsqu’elle était enceinte d’environ trois mois, il avait emménagé presque aussitôt auprès d’elle. Depuis ce moment, il s’était montré heureux chaque jour. Lady Antonia, cependant, venait régulièrement espionner la maison depuis sa voiture, sous les yeux des habitantes russes du quartier. Un jour, Amyas était sorti lui demander de partir, lui déclarant que chacun possédait des secrets, mais que certains devaient rester cachés, avant d’affirmer qu’il était heureux ici. Masha propose alors à Posie de visiter la chambre d’Amyas, son dressing et la nursery préparée pour l’enfant, où toutes ses affaires sont encore présentes. Posie refuse pourtant. Elle estime avoir désormais compris l’essentiel. Olga avait été victime des circonstances et des jugements des autres tout au long de sa vie, tandis qu’Amyas semblait avoir enfin trouvé dans cette maison un bonheur inattendu et une forme de paix. Cette découverte éclaire profondément son existence privée mais n’apporte malheureusement aucun indice permettant d’identifier l’assassin qui l’a tué.
21.Les ombres avant l'entretien
En quittant la station de tramway de Kingsway pour rejoindre le Royal College of Surgeons, Posie traverse un Londres devenu sombre et presque automnal malgré la saison. Un vent froid venu de la Tamise soulève feuilles mortes, vieux journaux et chiffons détrempés tandis qu’une pluie menaçante s’annonce. Cette atmosphère mélancolique contraste avec les pensées qu’elle essaie de consacrer à ses prochaines vacances, qui doivent commencer dès le lendemain. Elle espère y trouver un peu de repos, la mer et peut-être une rencontre amoureuse, mais son esprit reste prisonnier de l’enquête. Elle songe notamment aux mystérieuses cartes postales envoyées depuis Whitley Bay à Amyas Lyle pendant plusieurs mois. Cette piste lui paraît pratiquement impossible à suivre, comme chercher une aiguille dans une botte de foin. En traversant Lincoln’s Inn Fields, elle se rappelle avec émotion qu’à peine la veille elle s’y trouvait encore dans une humeur légère lorsqu’elle avait aperçu Amyas Lyle marcher d’un pas assuré. Il lui semble désormais incroyable qu’un seul jour ait suffi pour bouleverser tant de vies. Les arbres immenses du parc, les allées désertes et le gardien qui s’apprête à fermer les lieux accentuent son impression que le monde a changé depuis cette rencontre. Face à elle se dresse ensuite l’imposant Royal College of Surgeons, illuminé par des torches et animé par de nombreux médecins en robe noire. L’édifice lui apparaît comme une forteresse inaccessible. C’est devant ce bâtiment qu’elle tombe presque sur le sergent Rainbird, caché dans l’ombre près d’une voiture de police. Peu après, l’inspecteur Lovelace les rejoint. Avant même qu’ils aient le temps d’échanger quelques mots, une pluie torrentielle s’abat sur eux, les obligeant à se réfugier tous les trois dans le véhicule. Cette cabine étroite devient un bureau improvisé où ils décident de faire le point avant leur rendez-vous avec le docteur Dawney.
À l’abri de la pluie, Lovelace demande immédiatement à Posie ce qu’elle a appris chez Olga Karloff. Elle raconte alors toute sa visite à Fever Street, depuis la découverte du décès d’Olga jusqu’à l’existence de la petite Ekaterina. Son récit plonge les deux policiers dans un profond silence. Lovelace est particulièrement touché par le destin de cette enfant née prématurément et devenue orpheline le jour même de sa naissance. Lui-même père d’une petite fille ayant perdu sa mère, il mesure toute l’ampleur de cette tragédie et peine à croire qu’un tel enchaînement de malheurs puisse être réel. Rainbird estime toutefois que, malgré leur proximité dans le temps, la mort d’Olga et la naissance de Katia ne doivent pas être mélangées à l’enquête sur l’assassinat d’Amyas. Pour lui, il s’agit d’une coïncidence tragique mais sans rapport direct avec le meurtre. Posie partage cette analyse. Elle affirme que leur devoir est désormais de découvrir le meurtrier d’Amyas tout en veillant, autant que possible, à l’avenir matériel de l’enfant afin qu’elle n’aboutisse pas dans un hospice ou une maison de travail. Lovelace se souvient alors qu’il faudra consulter le testament d’Amyas pour savoir s’il avait prévu une protection financière pour Olga et leur fille. Rainbird indique que les avocats Pring and Proudfoot transmettront le document dès le lendemain matin, accompagné d’un juriste chargé d’en expliquer le contenu. L’inspecteur interroge ensuite son sergent sur les autres avancées de l’enquête. Rainbird annonce que les analyses médico-légales sont toujours en cours mais que le dentiste a confirmé de manière certaine l’identité du corps retrouvé à Old Square. Il s’agit bien d’Amyas Lyle. Cette certitude produit un effet particulier sur Posie. Elle se rappelle la silhouette qu’elle croyait avoir aperçue près d’Eaton Terrace et comprend qu’elle s’est laissée tromper par les circonstances. Comme le majordome de Lady Antonia avant elle, elle a sans doute pris un inconnu pour un homme déjà mort. Cette confirmation l’oblige à renoncer définitivement à toute illusion selon laquelle Amyas aurait pu être encore vivant.
Rainbird poursuit ensuite avec les recherches demandées par Lovelace concernant Harold Robertsbridge, le jeune garçon qui s’était suicidé plusieurs années auparavant après avoir été entraîné dans les dettes de jeu liées à Amyas Lyle. Les anciens dossiers de police confirment que le suicide a bien eu lieu et que le nom d’Amyas figurait dans la lettre laissée par le garçon. Toutefois, aucune preuve n’a jamais permis d’établir que celui-ci avait directement poussé Harold à la mort. Les enseignants décrivaient déjà l’adolescent comme mélancolique et sujet à la dépression, ce qui avait conduit la police de l’époque à conclure à une mort non suspecte. Rainbird ajoute qu’il n’existe plus aucun membre vivant de la famille Robertsbridge, ce qui élimine également une éventuelle vengeance familiale. Lovelace se déclare satisfait que cette piste soit désormais écartée. Il demande ensuite un rapport sur le docteur Dawney, l’homme qu’ils s’apprêtent à rencontrer. Rainbird dresse alors le portrait d’un médecin irréprochable. Veuf depuis peu, sans enfants et sans famille proche, Dawney mène une vie exemplaire. Très croyant, il fréquente fidèlement l’église chaque dimanche. Pendant la Grande Guerre, il a servi presque continuellement dans les hôpitaux de campagne au plus près du front, où il a acquis une immense expérience de la chirurgie. Devenu depuis l’un des meilleurs spécialistes londoniens de la traumatologie et de la chirurgie osseuse, il dirige désormais le service de chirurgie du French Hospital, établissement renommé qui avait accueilli de nombreux blessés durant la guerre. Son talent lui vaut une réputation exceptionnelle, au point d’être pressenti pour la présidence du Royal College of Surgeons. Les étudiants et les médecins sont venus nombreux pour assister à la conférence qu’il doit donner ce soir. Son surnom de guerre, « Sawbones Bill », témoigne de son activité intense sur les champs de bataille. En entendant cette description, Posie éprouve du respect pour cet homme qui a affronté tant d’horreurs. Ses pensées dérivent brièvement vers d’autres médecins rencontrés lors d’affaires précédentes, notamment le docteur Winter et Max, un médecin allemand qu’elle espère bientôt revoir pendant ses vacances. Ces souvenirs renforcent sa conviction que les expériences de la guerre peuvent profondément transformer les êtres humains.
La réaction de Lovelace est cependant tout autre. Malgré le passé héroïque de Dawney, il ne peut oublier qu’il fut autrefois proche d’Amyas Lyle et associé aux événements ayant précédé le suicide d’Harold Robertsbridge. Posie tente de tempérer son jugement en faisant remarquer que de nombreuses années se sont écoulées depuis cette affaire et que les individus sont capables d’évoluer, voire de regretter leurs actes. Elle suggère même que la pratique religieuse assidue de Dawney pourrait être le signe d’une conscience tourmentée. Lovelace rejette catégoriquement cette idée, affirmant que les gens ne changent jamais. Posie pense intérieurement au contraire que certaines personnes se transforment profondément, en bien comme en mal, et cite mentalement l’exemple de Rufus Cardigeon. Elle comprend néanmoins que l’inspecteur a déjà décidé de considérer Dawney avec méfiance. Lorsqu’elle lui demande si le chirurgien est réellement un suspect, Lovelace répond qu’Amyas lui-même l’avait inscrit sur sa liste de personnes susceptibles de lui vouloir du mal. Il ajoute qu’un médecin habitué aux laboratoires et aux produits chimiques pourrait facilement manipuler de l’acide nitrique, élément essentiel du meurtre, et rappelle que de tels laboratoires existent aussi bien au Royal College qu’au French Hospital. Rainbird intervient alors avec prudence pour rappeler un fait essentiel. Le docteur Dawney se trouvait en Écosse durant toute la période critique et n’est revenu à Londres que ce jour-là, ce qui rend sa participation directe au crime hautement improbable. Cette information refroidit aussitôt l’enthousiasme de Lovelace, sans toutefois entamer sa détermination. Il sort de la voiture sous la pluie battante avec une énergie intacte pour aller rencontrer le chirurgien. Posie lui emboîte le pas, le cœur lourd, consciente que cette entrevue risque d’être marquée davantage par les préjugés de l’inspecteur que par une véritable impartialité.
22.L'entretien avec Dawney
Posie et l’inspecteur Lovelace rencontrent le docteur William Dawney dans un bureau sombre et encombré du Royal College of Surgeons, une pièce remplie de spécimens anatomiques conservés dans des bocaux et imprégnée d’une forte odeur de produits chimiques. Dawney, qui emprunte simplement ce local pour leur entretien, les accueille avec une politesse distante, leur sert du thé avant de préférer une cigarette, et se présente comme un homme sûr de lui, habitué à commander plutôt qu’à répondre à des questions. Son allure élégante, son visage remarquablement beau et son alliance qu’il porte toujours malgré le décès récent de son épouse donnent à Posie l’image d’un homme à la fois séduisant et marqué par le deuil. Lorsqu’il apprend que la conversation porte sur Amyas Lyle, il exprime une tristesse sincère et affirme qu’il regrettera son ancien ami, tout en laissant entendre que la disparition de celui-ci met fin à une longue histoire compliquée. Il explique qu’il n’a découvert la mort d’Amyas qu’au cours de l’après-midi, après une journée entière passée à l’hôpital français, lorsque sa secrétaire lui a transmis ses messages. Il ignore encore la manière dont Amyas a été tué. En cherchant à l’interroger, Posie laisse involontairement échapper que des substances chimiques sont impliquées dans le crime, ce qui pousse Dawney à comprendre aussitôt pourquoi les policiers s’intéressent à lui. Il rappelle néanmoins qu’il était en Écosse toute la semaine précédente pour un cycle d’enseignement médical et qu’il n’est revenu à Londres que le matin même, ce qui lui fournit un alibi solide. Lovelace précise alors qu’ils ne sont pas venus l’accuser mais recueillir des renseignements sur Amyas en tant qu’ami proche. Dawney répond sans détour que Lady Antonia est incapable de fournir un portrait fidèle de son mari, leur mariage n’ayant jamais existé autrement que sur le papier. Il révèle qu’Amyas avait même évoqué un divorce quelques mois auparavant, comme s’il venait seulement de réaliser qu’il pouvait mettre fin à cette union.
Le médecin raconte ensuite la longue histoire de son amitié avec Amyas. Ils se sont connus dès leurs années d’école, puis ont fréquenté les mêmes milieux mondains à Londres avant la Grande Guerre, alors qu’Amyas débutait comme avocat et que lui-même suivait sa formation médicale. Après la mort récente de son épouse Kate, Amyas lui avait apporté un certain réconfort, même si leurs habitudes avaient changé. Autrefois, ils passaient leurs nuits dans les clubs de Pall Mall où ils pariaient sur tout et accumulaient d’importants gains. Dawney reconnaît sans gêne qu’ils formaient un duo de joueurs invétérés et qu’Amyas avait amassé une fortune personnelle grâce à ces paris. Pourtant, il précise qu’Amyas avait pratiquement abandonné cette passion depuis le début de l’année, changement qu’il n’avait pas immédiatement remarqué en raison de son propre deuil. Posie l’informe ensuite des cartes postales anonymes et des billets menaçants reçus par Amyas. Dawney admet les connaître et explique qu’il les avait toujours considérés comme de simples plaisanteries ou comme les manifestations d’un ancien client mécontent. Lorsque Posie évoque Harold Robertsbridge et l’éventualité qu’un survivant du passé scolaire d’Amyas puisse chercher à se venger, Dawney ne se dérobe pas. Il reconnaît que lui et Amyas ont commis des erreurs dans leur jeunesse mais refuse d’attribuer les menaces à cette ancienne affaire. Il parle d’Harold avec un certain mépris, rappelant que sa famille et son école avaient tenté de les rendre responsables de son suicide au point de mettre en péril leurs études universitaires. Il demande à son tour si les policiers pensent que l’auteur des messages est également le meurtrier, mais Lovelace répond que cette hypothèse reste ouverte. L’entretien s’oriente ensuite vers un sujet inattendu. Dawney explique qu’Amyas, adopté dans son enfance, avait soudain éprouvé au début de l’année le désir de retrouver sa famille biologique. Comme ses parents adoptifs étaient morts sans laisser de documents, il avait proposé de mener lui-même les recherches. Malgré les difficultés liées au système d’adoption très mal réglementé de l’époque, il croyait disposer d’une piste. Cette discussion provoque une réaction inhabituelle de Lovelace, qui dénonce avec passion le chaos des anciennes adoptions et les dangers auxquels étaient exposés les enfants, laissant entrevoir que cette question le touche personnellement. Dawney confirme qu’il partage ce constat mais avoue que son enquête n’a finalement rien donné.
Interrogé plus précisément sur cette piste, Dawney révèle qu’il avait imaginé que la famille d’origine d’Amyas pouvait vivre dans le nord de l’Angleterre. Les cartes postales envoyées depuis Whitley Bay lui avaient inspiré cette hypothèse. À la fin du mois de janvier, alors qu’il revenait d’une conférence, il s’était arrêté dans cette ville pour y passer tout un week-end à mener des recherches. Il avait interrogé des commerçants, des hôteliers, des salons de thé et même une maternité, puis publié des annonces promettant une récompense financière à toute personne susceptible de fournir des renseignements. Cependant, comme il ignorait le véritable nom de naissance d’Amyas et ne possédait que sa date approximative de naissance ainsi que le nom de la famille Lyle qui l’avait adopté, ses efforts étaient restés vains. Il affirme également que, selon lui, les cartes postales et les lettres anonymes relevaient de deux affaires totalement distinctes. Lovelace aborde ensuite la question des liens d’Amyas avec le parti fasciste britannique. Dawney rejette catégoriquement l’idée que son ami ait adhéré à cette idéologie. Il soutient qu’Amyas obéissait surtout aux exigences de son beau-père pour préserver sa carrière et obtenir le poste prestigieux de juge qu’il convoitait. Une fois cet objectif atteint, il lui aurait confié son intention de rompre avec la famille Roade, projet qui allait de pair avec son désir de divorcer. Interrogé enfin sur Olga Karloff, Dawney admet ne l’avoir jamais rencontrée, Amyas ayant toujours soigneusement séparé cette relation du reste de sa vie. Il redoute néanmoins que la révélation publique de cette liaison n’anéantisse définitivement Lady Antonia, déjà profondément fragilisée. Il révèle également qu’Amyas envisageait de modifier son testament afin d’accorder un petit legs à Olga, décision qu’il avait essayé de lui déconseiller. Comme il est l’un des exécuteurs testamentaires, il ignore toutefois si cette modification a réellement été effectuée avant le meurtre. Lorsque Posie garde le silence sur le décès d’Olga, Dawney suppose naturellement qu’elle pourra être interrogée plus tard, sans imaginer qu’elle est déjà morte.
L’entretien s’achève tandis que Dawney est rappelé par sa secrétaire pour rejoindre les professeurs et étudiants venus assister à sa conférence. Dans le hall du collège, où quelques invités bavardent autour de coupes de champagne, il montre l’autorité naturelle qu’il exerce sur ses jeunes collègues en les rappelant à l’ordre d’un simple mot. Avant de prendre congé, il réaffirme son souhait sincère de voir le meurtrier d’Amyas arrêté. Selon lui, son ami avait longtemps vécu dans une quête permanente de reconnaissance, comme s’il cherchait à combler un vide ancien, mais il avait enfin trouvé le bonheur au cours de ses derniers mois. Alors que Posie et Lovelace s’apprêtent à partir, Dawney interpelle soudain Posie en révélant qu’il l’a reconnue. Il se souvient parfaitement qu’elle est la sœur de Richard Parker. Il raconte qu’autrefois Richard avait participé à l’un de leurs jeux d’argent malgré son mépris affiché pour Amyas et lui-même. Incapable de régler sa dette, Richard avait perdu la photographie de sa jeune sœur, qu’Amyas avait conservée comme un trophée. Lorsque Richard avait voulu récupérer ce portrait par la force, Dawney s’était battu contre lui à la place d’Amyas, dont la santé cardiaque ne lui permettait pas de se battre, et il s’enorgueillit encore aujourd’hui d’avoir remporté ce combat. Cette révélation éclaire soudain pour Posie les raisons profondes de l’aversion que son frère nourrissait envers Dawney, sans jamais lui en avoir expliqué l’origine. Pourtant, loin d’éprouver de la satisfaction, elle est blessée par la manière dont le médecin ravive avec arrogance une humiliation ancienne. Le visage brûlant de colère, elle choisit de ne pas répondre et quitte le bâtiment aux côtés de Lovelace, qui partage silencieusement son indignation. En serrant son bras, elle tente de se convaincre que cet affront n’a plus d’importance, alors qu’elle sait au fond d’elle-même qu’il vient de raviver une douleur familiale qu’elle croyait oubliée.
23.Les secrets de l’amour perdu
Sous le grand portique de pierre du Royal College of Surgeons, Posie et l’inspecteur Lovelace restent quelques instants à l’abri de la pluie qui redouble d’intensité. Posie refuse la veste que Lovelace veut lui prêter, encore blessée par les remarques du docteur William Dawney sur son apparence et par le souvenir de la confrontation avec son frère. Malgré sa colère, elle s’efforce de se concentrer sur l’enquête et de tirer les conclusions de leur entretien avec le chirurgien. Elle estime qu’ils ont appris un élément essentiel concernant Amyas Lyle : depuis janvier, il semblait prendre ses distances avec la famille Roade et avec une grande partie de son ancienne existence. L’évocation d’un divorce montre qu’il envisageait de recommencer sa vie autrement, auprès d’Olga Karloff et de l’enfant qu’ils attendaient. Lovelace se demande alors si Dawney a pu mentir en affirmant ne jamais avoir rencontré Olga et ignorer l’existence de Katia. Posie considère que, s’il jouait la comédie, il serait un acteur exceptionnel en plus d’être un chirurgien remarquable. Pour elle, l’explication la plus probable est qu’Amyas gardait ses secrets avec une extrême prudence, même vis-à-vis de ses amis les plus proches. Le mystère qui l’intrigue particulièrement est la place unique qu’occupait la petite Katia dans la vie d’Amyas. Elle se demande pourquoi cet enfant représentait quelque chose d’aussi important pour lui au point qu’il en protège l’existence.
Lovelace revient ensuite sur la possibilité que Dawney soit un suspect. Son nom figurait déjà sur la liste retrouvée dans la boîte à biscuits, et ses connaissances médicales pourraient théoriquement lui avoir permis de commettre un meurtre complexe. Posie reconnaît que le médecin est extrêmement intelligent et qu’une distance de plusieurs centaines de kilomètres ne constituerait pas forcément un obstacle pour quelqu’un d’aussi déterminé. Cependant, elle refuse de se laisser influencer par son aversion personnelle envers lui. Elle cherche avant tout un mobile et ne parvient pas à comprendre ce que Dawney aurait gagné en tuant Amyas. Cette absence de raison convaincante l’empêche de le considérer comme un véritable coupable. Lovelace propose alors de partager un repas simple dans un restaurant des quais afin de poursuivre leur discussion plus tranquillement. Il explique qu’il n’a plus besoin de rentrer précipitamment chez lui à Clapham depuis qu’Ella Brown, la nourrice engagée pour s’occuper de sa fille Phyllis, a emménagé définitivement dans la chambre du rez-de-chaussée. Posie décline néanmoins l’invitation, prétextant devoir préparer ses affaires pour ses vacances. En réalité, elle ressent surtout le besoin d’être seule, de marcher sous la pluie et de remettre de l’ordre dans ses pensées après une journée éprouvante. Lovelace accepte sa décision et lui donne rendez-vous le lendemain matin pour une dernière réunion d’enquête avant son départ. Il plaisante alors sur son choix de destination, Whitley Bay, en suggérant qu’elle a peut-être simplement envie d’y retrouver le séduisant inspecteur Oats. Posie répond maladroitement qu’elle a choisi cet endroit après l’avoir vu dans un magazine de mode, comme l’épouse d’Oats, mais elle sait elle-même que son explication manque de naturel. Elle ne peut pas lui révéler que cette destination ne venait pas réellement d’elle. En voyant le doute passer sur le visage de Lovelace, elle se sent mal à l’aise, puis le regarde s’éloigner seul sous la pluie vers le métro qui le ramènera auprès de son enfant endormi.
Après le départ de l’inspecteur, Posie rentre chez elle en évitant les rues animées de Londres. Elle choisit les passages plus calmes plutôt que Covent Garden, Oxford Street ou les théâtres de Shaftesbury Avenue. Elle laisse volontairement la pluie tremper ses vêtements, sachant que la soie de sa veste et de sa robe est probablement irrémédiablement abîmée. Pourtant, cela lui est indifférent. Elle pense qu’elle ne pourra plus jamais porter ces habits sans se souvenir de l’affaire Amyas Lyle et de la terrible nuit qui a suivi sa mort. Pendant sa marche, elle tente de rassembler toutes les informations obtenues au cours de la journée et de comprendre quel élément essentiel leur échappe encore. Elle repense aux paroles de Selwyn Pickle, le directeur adjoint des bureaux d’avocats, qui disait que l’ambition pouvait conduire un homme dans des endroits étranges dont il n’existe aucun retour possible. Cette idée lui paraît désormais particulièrement juste pour Amyas, dont le destin s’est achevé brutalement. Pourtant, elle ressent toujours une profonde insatisfaction face à l’enquête. Malgré tous les témoignages recueillis, quelque chose ne correspond pas. Elle a l’impression que seule une partie de l’histoire leur a été révélée et qu’une pièce indispensable du puzzle manque encore. Elle commence alors à remettre en question leur approche. Peut-être cherchent-ils trop dans la vie privée d’Amyas alors que la réponse pourrait se trouver dans son activité professionnelle. Ou peut-être, au contraire, n’ont-ils pas encore compris la véritable nature de ses relations personnelles.
Lorsqu’elle arrive enfin à Museum Chambers, complètement trempée, Posie est soulagée de constater que Ted, le concierge principal, est déjà parti. Elle n’a aucune envie de devoir discuter ou faire semblant d’aller bien. Dans le hall sombre, elle appuie sa tête contre le marbre froid du mur en attendant l’arrivée de l’ascenseur. Dans ce silence, certaines phrases entendues ou lues au cours de la journée reviennent hanter son esprit. Des mots qui évoquent des douleurs qui ne disparaissent jamais et des secrets capables de survivre toute une vie semblent résonner avec l’histoire d’Amyas Lyle lui-même. Peu à peu, Posie rassemble les différents fragments de l’affaire. Les changements dans la vie d’Amyas, son amour pour Olga, son désir de protéger Katia, son éloignement de son ancienne famille et les blessures cachées de son passé prennent une nouvelle signification. Elle finit par être convaincue que le meurtre n’a probablement rien à voir avec le travail d’Amyas. La vérité se trouve ailleurs, dans les sentiments humains, dans ce qui a été aimé ou négligé. Pour Posie, la clé de cette affaire n’est pas l’ambition, l’argent ou la carrière, mais l’amour, ou plutôt un amour qui n’a pas été reconnu à temps. Cette certitude s’impose à elle avec la force d’une évidence alors qu’elle rentre enfin chez elle.
24.Le poids des secrets révélés
Dans le bureau de l’Inspecteur Lovelace, transformé en véritable centre d’enquête, Posie, Lovelace, le Sergeant Rainbird et Constable Fox examinent les nouveaux éléments du meurtre d’Amyas Lyle avant le départ de Posie pour Whitley Bay. Le bureau est encombré de documents et de preuves provenant de la scène de crime et de l’appartement professionnel d’Amyas. Lovelace annonce une avancée importante : Charlie Pickle, le fils de Selwyn Pickle, a été arrêté après avoir été identifié comme correspondant à la description du porteur de Billingsgate qui aurait livré la boîte contenant le produit toxique. Posie reste cependant prudente. Elle remarque que la description du suspect est trop vague et souligne l’absence d’un détail essentiel, le chapeau traditionnel des porteurs de Billingsgate. Elle met également en doute le témoignage de George le Greffier en chef, rappelant qu’il a déjà été impliqué dans des actes malhonnêtes et qu’il pourrait manipuler l’enquête pour protéger quelqu’un ou accuser un innocent.
Le docteur Poots arrive ensuite avec les résultats de l’autopsie. Il confirme que la mort d’Amyas Lyle a été provoquée par une inhalation ou un contact avec de l’acide nitrique, entraînant une défaillance de plusieurs organes, principalement du cœur. Mais il révèle un élément inattendu : Amyas souffrait d’une grave faiblesse cardiaque et serait probablement mort de causes naturelles dans le mois suivant. Cette découverte bouleverse l’équipe, car elle signifie que le meurtrier a choisi de tuer un homme déjà condamné par son état de santé. Peu après, Mr Cameron, un avocat du cabinet Pring and Proudfoot, vient parler du testament d’Amyas. Il explique qu’à la demande de Lord Justice Roade, Amyas et Antonia avaient depuis leur mariage des testaments similaires, laissant leurs biens l’un à l’autre et à leurs fils. Cependant, Amyas avait récemment voulu modifier entièrement ses dernières volontés.
La révélation du nouveau testament choque tout le monde. Amyas voulait retirer Antonia et ses fils de ses héritiers et léguer tous ses biens, y compris la maison de Fever Street, à Olga Karloff et aux enfants qu’ils auraient ensemble. Mais le document n’avait pas encore été signé lorsqu’Amyas est mort, ce qui signifie qu’il n’a aucune valeur légale. L’ancien testament reste donc valable et Antonia héritera de tout. Posie comprend alors que le bébé d’Olga, Katia, risque de se retrouver sans aucune protection financière. Elle apprend également avec stupeur qu’Amyas avait choisi comme exécuteurs testamentaires William Dawney et elle-même. Amyas avait voulu lui parler avant de signer, ce qui éclaire soudain le mystérieux échange qu’ils avaient eu à Lincoln’s Inn Fields. Posie se demande pourquoi Amyas lui avait fait confiance et pourquoi il l’avait choisie pour défendre les intérêts de cet enfant qu’elle ne connaissait même pas.
Après le départ de l’avocat, Rainbird suggère d’interroger Antonia, pensant qu’elle aurait pu apprendre les intentions de son mari et agir avant d’être déshéritée. Mais Lovelace refuse de précipiter les choses. Il préfère attendre et analyser les conséquences de ces révélations avant d’attirer l’attention de personnes puissantes comme Lord Justice Roade. Il demande à Posie de partir pour Whitley Bay afin d’enquêter discrètement sur les mystérieuses cartes postales venant de cette région, tandis que lui-même et ses hommes poursuivront d’autres pistes à Londres. Posie reste convaincue que la dernière note reçue avec le poison, évoquant « une vie entière de larmes », indique que le passé d’Amyas et non seulement ses activités récentes pourrait être au cœur du crime. Avant de partir, elle prend une carte postale de la Spanish City pour l’étudier pendant son voyage.
Alors qu’elle s’apprête à quitter le bureau, Posie reçoit une lettre urgente d’Albert Evans, le majordome de la maison Lyle. Il lui écrit qu’après son départ la veille, il a appris la mort d’Amyas, mais qu’il l’avait vu peu avant son arrivée dans les jardins. Evans affirme avoir aperçu un homme qu’il croyait être Amyas Lyle, ce qui rejoint l’impression étrange que Posie avait elle-même eue. Il supplie toutefois Posie de garder le secret, craignant de perdre son emploi et d’être interné si Antonia apprenait qu’il avait parlé. Lovelace accueille cette information avec scepticisme, plaisantant sur les « fantômes » de Posie, mais il reconnaît qu’il ne sait pas encore quoi en penser. Posie quitte néanmoins le bureau troublée par cette nouvelle contradiction : Amyas Lyle est mort, mais deux personnes semblent l’avoir vu après sa mort.
À King’s Cross, avant de prendre son train, Posie utilise le téléphone de l’hôtel de la gare pour appeler Rufus Cardigeon. Elle découvre que Dolly Cardigeon est déjà partie avec ses enfants et son personnel vers Rebburn Abbey, par le même train qu’elle doit prendre. Rufus, qui a lu les journaux sur le meurtre d’Amyas, réagit avec froideur et estime que son ancien rival a reçu ce qu’il méritait. Posie tente pourtant de faire appel à sa compassion. Elle lui raconte l’histoire d’Olga Karloff, morte en donnant naissance à Katia, la fragilité du bébé, et l’échec du nouveau testament d’Amyas. Elle lui demande de l’aider financièrement, de racheter éventuellement la maison de Fever Street ou de créer une protection pour l’enfant. Mais Rufus refuse catégoriquement. Il affirme que Katia n’est pas sa fille et que les problèmes d’Amyas ne sont pas les siens. Il retourne même l’argument contre Posie en lui rappelant qu’elle possède elle aussi assez d’argent pour s’occuper de l’enfant.
Cette remarque pousse Posie à envisager sérieusement la possibilité de devenir elle-même responsable de Katia. Elle n’a jamais imaginé une vie avec un enfant, encore moins avec une enfant qu’elle ne connaît pas et envers laquelle elle ne ressent aucun attachement. Pourtant, elle se sent liée par la confiance qu’Amyas lui avait accordée. Cherchant une autre solution, elle appelle finalement le docteur Dawney. Malgré leur première rencontre difficile et son manque de sympathie pour lui, elle lui explique la situation : le testament annulé, la naissance de Katia et leur rôle prévu d’exécuteurs testamentaires. Après un silence, Dawney reconnaît qu’il comprend désormais certains changements récents dans l’attitude d’Amyas. Il accepte immédiatement d’aider à assurer un avenir à l’enfant, estimant qu’elle est innocente et qu’ils ne peuvent pas l’abandonner. Soulagée, Posie part enfin vers la gare, encore troublée par les événements, mais rassurée de savoir que des personnes inattendues pourraient se réunir pour protéger Katia.
25.Une arrivée sous le ciel du Nord
Posie arrive enfin à Whitley Bay, dans le nord de l’Angleterre, après avoir quitté Londres avec l’intention de prendre quelques jours de repos auprès de Max. Elle découvre un paysage qui la frappe immédiatement par son immensité et sa lumière particulière, avec la mer du Nord, la promenade animée et l’atmosphère estivale de la station balnéaire. Debout face aux vagues, en mangeant son repas de poisson-frites, elle ressent une rare impression de liberté après les tensions liées à l’enquête sur la mort d’Amyas Lyle. Le voyage en train avec Dolly Cardigeon, ses enfants et ses domestiques l’a cependant épuisée. Les plaintes incessantes de Dolly au sujet de Rufus, les pleurs du bébé Raymond, les cris et les besoins constants des petites filles Bunny et Trixie lui ont fait prendre conscience de son inexpérience totale avec les enfants. L’idée de devoir un jour s’occuper d’un enfant, comme elle pourrait être amenée à le faire pour Katia Lyle, lui paraît alors particulièrement intimidante.
Pendant le trajet, Posie a essayé de ne pas penser au meurtre, mais elle a été troublée par la sensation persistante d’être observée ou suivie. Elle tente de mettre cela sur le compte de la fatigue et de son esprit encore préoccupé par l’affaire. À Whitley Bay, elle veut surtout retrouver Max, l’homme mystérieux avec qui elle entretient une relation irrégulière et compliquée. Max est un espion travaillant pour le gouvernement britannique, un expert des questions de sécurité, notamment grâce à ses connaissances médicales et chimiques. Son existence est presque invisible, car il a sacrifié une grande partie de sa vie privée pour son travail. Malgré leurs rares rencontres et les avertissements de Max sur l’absence probable d’avenir entre eux, Posie reste attachée à lui et espère profiter de cette courte pause avec lui. C’est lui qui lui a envoyé un message lui proposant de venir à Whitley Bay, à l’hôtel Margaret, à partir du 9 juillet.
Le soir de son arrivée, Posie découvre la station balnéaire en pleine effervescence. Les touristes se promènent sur la promenade, les cafés sont animés, les musiciens jouent dans la rue et les familles profitent des attractions. Elle remarque le célèbre Spanish City et son immense dôme blanc, mais décide de garder cette visite pour le lendemain. Elle apprécie cette parenthèse loin de Londres, même si l’absence de Max reste la seule ombre à son bonheur. Le lendemain matin, après une nuit calme et réparatrice, elle apprend avec surprise que la chambre voisine, réservée pour lui, n’a pas encore été occupée. La femme de chambre lui confirme qu’aucun voyageur n’y a séjourné. Posie essaie de se convaincre que ce retard n’est rien, mais une inquiétude grandit en elle. Elle choisit de ne pas laisser de message à la réception, estimant qu’ils ont toujours veillé à rester discrets.
Déterminée à profiter de sa journée tout en gardant en tête l’enquête, Posie part à la plage avec son sac de bain et les documents concernant Amyas Lyle. Elle prévoit de chercher Max jusqu’après le déjeuner, puis de commencer ses recherches sur place si nécessaire. Elle finit par se rendre au Spanish City, impressionnée par l’architecture du lieu, son dôme éclatant, ses cafés, ses boutiques et son célèbre bal de l’Empress Ballroom. Elle observe les changements survenus depuis la création du site et compare la réalité avec une carte postale envoyée à Amyas Lyle. Cette carte représente un homme se tenant devant l’entrée principale du bâtiment, une silhouette qui semble être un élément important de l’enquête.
Posie interroge un vendeur de cartes postales installé devant le Spanish City. Celui-ci lui explique qu’il ne vend pas cette carte particulière et qu’elle date probablement de l’année précédente. Il lui révèle cependant qu’un autre homme est venu poser exactement les mêmes questions plusieurs mois auparavant. Cet homme, décrit comme un gentleman distingué ayant une voix proche de celle de Posie, cherchait lui aussi à savoir si cette carte existait et qui était l’homme représenté dessus. Posie comprend immédiatement qu’il s’agit de William Dawney, qui a donc bien mené ses propres recherches à Whitley Bay avant elle. Le vendeur lui conseille de se renseigner auprès de la direction du Spanish City, mais précise que Dawney avait déjà essayé cette piste sans obtenir de réponse satisfaisante. La direction était absente ce jour-là, comme cela semblait arriver fréquemment.
Intriguée, Posie entre dans le bâtiment pour tenter d’en apprendre davantage. Elle découvre un lieu immense et animé, rempli de visiteurs qui circulent entre les différentes salles. Affamée par la chaleur et ses longues recherches, elle se dirige vers un café Lyons Corner House et commande rapidement un sandwich et du thé, sans vraiment réfléchir. Alors qu’elle avance avec son plateau au milieu de la salle bondée, gênée par sa tenue de plage, ses cheveux désordonnés et la chaleur, elle remarque soudain quelqu’un qui l’observe depuis l’autre côté de la pièce. Deux yeux bleus familiers suivent chacun de ses mouvements, des yeux qu’elle reconnaît immédiatement.
26.Les mystères de Whitley Bay
Posie arrive enfin à Whitley Bay, dans le nord de l’Angleterre, où elle espère profiter de quelques jours de repos loin de Londres et retrouver Max, l’homme mystérieux avec lequel elle entretient une relation aussi intense qu’incertaine. Elle est immédiatement frappée par la beauté du paysage, la lumière particulière du ciel, l’immensité de la mer du Nord et l’atmosphère animée de la station balnéaire. Installée sur la promenade, mangeant des fish and chips face aux vagues, elle ressent une liberté nouvelle après les tensions de l’enquête sur la mort d’Amyas Lyle. Pourtant, son voyage avec Dolly Cardigeon et sa famille lui a laissé un sentiment de malaise. Les plaintes de Dolly au sujet de Rufus, les pleurs du bébé Raymond, les difficultés avec les petites filles Bunny et Trixie et l’agitation constante des enfants ont fait comprendre à Posie à quel point elle se sent étrangère au monde de la maternité. Elle se demande comment elle pourrait un jour s’occuper d’un enfant, alors que l’avenir de Katia Lyle pèse déjà sur sa conscience.
Durant le trajet, Posie a tenté de ne pas penser au meurtre, mais elle n’a pu se débarrasser de l’impression troublante d’être suivie ou observée. Elle essaie de se convaincre qu’il ne s’agit que de fatigue, mais cette sensation demeure. Ce qu’elle souhaite avant tout, c’est retrouver Max, un homme qu’elle connaît peu malgré leur lien particulier. Max est un espion allemand employé par le gouvernement britannique, un expert des questions de sécurité et des poisons grâce à son ancienne formation médicale. Son travail l’empêche d’avoir une véritable vie privée et fait de lui une sorte de fantôme. Posie sait qu’il ne peut pas lui offrir une relation normale, mais elle reste attachée à leurs rares moments ensemble et aux lettres qu’il lui envoie. Lorsqu’il lui a proposé de la rejoindre à Whitley Bay, dans une note concise indiquant simplement l’hôtel Margaret et la date du 9 juillet, elle a accepté malgré ses doutes. Elle se demande toutefois si cette rencontre ne sera pas peut-être leur dernière.
Le soir de son arrivée, Posie découvre une station balnéaire pleine de visiteurs. Les touristes se promènent sur la promenade, les cafés sont bondés, les musiciens jouent dehors et les familles profitent des attractions. Elle observe le célèbre Spanish City au loin, avec son dôme blanc visible depuis la plage, mais décide de garder cette découverte pour plus tard. Elle apprécie cette parenthèse estivale et cette impression de renouveau, même si Max n’est pas encore arrivé. La chambre voisine de la sienne a été réservée pour lui, mais la soirée avance sans qu’il apparaisse. Posie reste pourtant confiante, persuadée qu’il peut encore la rejoindre.
Le lendemain matin, sous un soleil éclatant, Posie se prépare pour une journée à la plage. Elle a bien dormi et se réjouit presque de l’absence de Max, car cela signifie qu’elle pourra encore espérer son arrivée. Lorsqu’elle découvre que la chambre voisine n’a toujours pas été utilisée, la femme de chambre lui confirme que personne n’y a séjourné. Malgré son inquiétude croissante, Posie choisit de ne pas laisser de message à la réception, car elle et Max ont toujours privilégié la discrétion. Elle décide de profiter de la journée, tout en gardant avec elle son sac contenant les documents liés à Amyas Lyle, au cas où l’enquête reprendrait.
Après quelques heures au soleil, Posie se rend finalement au Spanish City pour poursuivre ses recherches. Elle est impressionnée par ce lieu spectaculaire, avec son immense dôme blanc, ses tours décorées, ses cafés, ses boutiques et l’Empress Ballroom qui attire désormais les foules. Elle apprend grâce aux guides locaux l’histoire de cet endroit, autrefois créé comme une attraction inspirée de l’Espagne par un entrepreneur et sa troupe de spectacles appelée les Toreadors. Le site, devenu un symbole du tourisme de Whitley Bay, a évolué avec le temps, et les visiteurs viennent désormais surtout pour les bals et les spectacles.
Posie compare ensuite la carte postale envoyée à Amyas Lyle avec le paysage réel devant elle. Elle remarque quelques différences et se concentre sur l’image d’un homme solitaire devant l’entrée du Spanish City, portant un chapeau de paille et une tenue de vacances. Intriguée, elle interroge un vendeur de cartes postales installé à proximité. Celui-ci lui explique qu’il ne possède pas cette carte et qu’elle date probablement de l’année précédente. Il lui apprend cependant qu’un autre homme lui a posé exactement les mêmes questions quelques mois plus tôt. Cet homme, un gentleman distingué à la voix semblable à celle de Posie, cherchait également à savoir si cette carte existait et qui était l’homme représenté dessus. Posie comprend immédiatement qu’il s’agissait de William Dawney, confirmant qu’il avait mené des recherches approfondies à Whitley Bay avant elle.
Le vendeur raconte ensuite que Dawney avait été envoyé vers la direction du Spanish City pour obtenir des informations, mais qu’il était ressorti peu après, visiblement contrarié, car la direction était absente. Posie décide alors de tenter sa chance elle-même. Elle entre dans le bâtiment et découvre un immense hall animé, rempli de visiteurs. Cherchant un endroit pour manger, elle pénètre dans un café Lyons Corner House, où elle se retrouve rapidement prise dans la foule et la confusion. Avec son plateau en équilibre, son chapeau à la main et ses cheveux défaits par la chaleur, elle avance entre les tables occupées. C’est alors qu’elle remarque, de l’autre côté de la salle, une paire d’yeux bleus qui la fixe avec attention. Elle reconnaît immédiatement ce regard familier.
27.Les révélations du déjeuner
Posie découvre avec stupeur qu’elle n’est pas seule à enquêter à Whitley Bay lorsque, après être entrée dans un café de la Spanish City, elle se retrouve face à l’inspecteur Oats. Elle reconnaît immédiatement ses yeux bleus au-dessus de sa moustache brune et comprend qu’il est là en vacances avec sa femme, Tilly. Son cœur se serre en réalisant qu’elle vient de perdre la tranquillité qu’elle espérait trouver loin de Londres. Oats, toujours imposant malgré sa tenue de vacancier maladroite, traverse la salle pour l’inviter à rejoindre sa table sur l’insistance de son épouse. Posie tente de rester polie et accepte, même si elle aurait préféré éviter cette rencontre. Tilly Oats se montre immédiatement expansive, curieuse et sans la moindre retenue, tandis que son mari semble embarrassé par son comportement et par l’attention qu’elle attire sur eux.
Installée avec eux, Posie observe le couple et comprend rapidement leur dynamique. Tilly, femme imposante au caractère affirmé, mène la conversation avec une énergie débordante, tandis que l’inspecteur Oats paraît gêné et peu à l’aise. Elle révèle que son mari l’a vue entrer dans le café et qu’elle a insisté pour qu’il aille lui parler, car elle voulait rencontrer la célèbre détective. Plusieurs clients voisins entendent cette remarque, ce qui embarrasse fortement Oats et pousse Posie à se concentrer sur son thé et son sandwich pour supporter la situation. Malgré cela, elle choisit de rester courtoise, se souvenant du respect que l’inspecteur Lovelace avait montré envers Oats lors de leur récente collaboration. La conversation devient plus sérieuse lorsque Tilly demande ouvertement si Posie est venue dans le nord pour travailler sur une affaire. Posie finit par reconnaître qu’elle cherche effectivement une possible connexion avec Whitley Bay dans l’affaire du meurtre d’Amyas Lyle. Elle remarque qu’Oats connaît déjà le dossier et comprend qu’il a été impliqué par Lovelace quelques jours auparavant.
La curiosité de Tilly conduit alors à une révélation qui bouleverse Posie. Elle explique que, selon ce qu’elle a appris, le chef inspecteur Lovelace serait sur le point de quitter Scotland Yard pour devenir commissaire de police en Nouvelle-Zélande. Cette annonce frappe Posie avec une violence inattendue. Elle réalise soudain que les attitudes étranges de Lovelace ces derniers temps trouvent une explication. Son empressement à régler les affaires correctement, ses efforts inhabituels pour obtenir la reconnaissance de certains supérieurs et son comportement plus distant prennent désormais un nouveau sens. Elle se souvient également des paroles de Sergeant Rainbird, de ses allusions aux moutons et à l’avenir de Lovelace loin de l’Angleterre. La nouvelle lui fait comprendre qu’elle risque de perdre définitivement la présence de Richard Lovelace dans sa vie, ainsi que celle de sa filleule Phyllis. Elle se demande pourquoi il ne lui a rien dit directement et s’interroge sur le sens de son invitation récente à déjeuner et à dîner. Peut-être avait-il voulu lui annoncer son départ, mais elle ne peut pas en être certaine.
Malgré son trouble intérieur, Posie parvient à reprendre contenance devant les Oats. Elle prétend connaître déjà la nouvelle et félicite Lovelace pour cette opportunité, tout en laissant entendre qu’elle n’est pas certaine que la décision soit encore définitive. Tilly poursuit alors ses révélations en évoquant les rumeurs qui circulent parmi les épouses des policiers. Elle affirme qu’une femme appelée Ella Brown, qui s’occupe de la fille de Lovelace, serait prête à partir en Nouvelle-Zélande avec lui si une relation officielle se dessinait entre eux. Oats tente de faire taire sa femme, mais Posie comprend que cette discussion révèle surtout les ambitions personnelles de l’inspecteur. Tilly explique ensuite que le départ de Lovelace laisserait un poste de chef inspecteur vacant et qu’elle considère son mari comme le candidat idéal pour l’obtenir. Posie saisit alors la véritable raison de l’attitude récente d’Oats. Il cherche à gagner les faveurs de Lovelace et espère obtenir une recommandation qui favoriserait sa promotion. Elle comprend également pourquoi il avait soudainement accepté de collaborer plus facilement avec elle.
Cette découverte amène Posie à réfléchir à ses propres intérêts. Elle sait que sa stabilité financière dépend parfois des affaires menées avec Scotland Yard et qu’une bonne relation avec le futur responsable pourrait être importante pour son activité de détective. Même si elle n’apprécie pas particulièrement Oats, elle décide de jouer la carte de la coopération. Elle lui assure qu’elle pense qu’il est bien placé pour obtenir la promotion et promet même de parler favorablement de lui auprès de Lovelace, tout en reconnaissant que son influence est limitée. Cette proposition enthousiasme immédiatement Tilly, qui considère la rencontre comme une réussite. Posie profite alors de la situation pour obtenir l’adresse de la pension où séjourne Oats, prétextant qu’elle pourrait lui transmettre une piste liée à son enquête. En réalité, elle n’a aucune intention d’utiliser cette information de cette manière, mais elle apprécie d’avoir repris le contrôle de la conversation. Elle quitte finalement le café sous le regard de l’inspecteur, affichant une assurance qu’elle est loin de ressentir. Elle repart avec de nouvelles informations sur Lovelace, sur les ambitions d’Oats et sur les liens possibles entre son enquête et Whitley Bay.
28.La piste du directeur absent
Après sa rencontre bouleversante avec les Oats, Posie quitte le café de la Spanish City en se sentant épuisée et découragée. Elle est troublée par la disparition possible de Lovelace vers la Nouvelle-Zélande, par les remarques de Matilda Oats sur Ella Brown et par ses propres réactions inattendues. Elle se demande pourquoi cette nouvelle la touche autant alors qu’elle n’est pas amoureuse de Richard Lovelace et qu’elle ne se voit absolument pas abandonner sa vie à Londres pour une existence domestique ou un départ à l’autre bout du monde. Refusant de céder à la tristesse, elle décide de se concentrer sur son enquête. Apercevant un panneau indiquant le bureau de la direction de la Spanish City, elle choisit d’explorer cette piste, consciente qu’elle suit probablement le même chemin que William Dawney avant elle, mais préférant chercher des réponses plutôt que rester seule avec ses pensées.
Posie monte dans la grande coupole blanche de la Spanish City, récemment aménagée avec des bureaux supplémentaires. Elle découvre un espace encore imprégné de l’odeur du bois neuf, où deux jeunes femmes aux coiffures identiques travaillent derrière des machines à écrire. Elle remarque rapidement que leur activité semble loin d’être intense, les employées étant davantage occupées par des magazines et des photographies personnelles que par les dossiers devant elles. Pourtant, Posie décide de ne pas les juger et engage la conversation avec prudence. Elle apprend que le directeur, Wilfred Dance, est absent pour cause de maladie. Les deux femmes expliquent que ses absences sont fréquentes depuis son retour de la Grande Guerre, car il serait devenu un homme fragilisé par son expérience. Les propriétaires auraient choisi de conserver son poste par compassion, mais dans les faits il ne dirige presque plus rien. À sa place, Aiden Vannelly, un ami de Dance, assure désormais la direction par intérim et fait fonctionner l’établissement avec efficacité.
Intriguée par cette organisation étrange, Posie remarque que la porte du bureau porte deux noms, celui de Wilfred Dance et celui d’Aiden Vannelly. Elle demande si Vannelly est disponible, mais apprend qu’il est absent depuis une semaine pour des vacances. Elle décide alors de montrer aux employées la carte postale envoyée à Amyas Lyle, cherchant à savoir si elles reconnaissent cette image qui n’est apparemment pas vendue officiellement par les vendeurs de la Spanish City. Les deux femmes observent la carte avec attention. Freda, la plus jeune et la plus ouverte, révèle qu’un autre homme est déjà venu poser les mêmes questions quelques mois auparavant. Elle décrit un homme du sud, blond et séduisant, ressemblant à l’acteur Ivor Novello, qui semblait frustré de ne trouver aucune réponse. Cet homme avait parlé de « fausses pistes » et de « voies sans issue », avant de repartir très mécontent. Posie comprend immédiatement qu’il s’agit de William Dawney et constate qu’il avait mené des recherches beaucoup plus approfondies qu’elle ne l’avait imaginé.
Alors que Posie pense que cette piste risque de ne mener à rien, Violet, l’autre employée, se lève et fouille dans le bureau du directeur. Elle revient avec une boîte rouge contenant de nombreuses cartes postales identiques à celle envoyée à Amyas Lyle. Posie tente de cacher son excitation et examine cette découverte avec prudence. Violet explique que cette photographie a été prise l’année précédente par Aiden Vannelly lui-même, qui était passionné de photographie avant de travailler à la Spanish City. Les propriétaires avaient refusé de la vendre au public, jugeant l’image trop artistique et peu susceptible d’intéresser les touristes. Pourtant, Wilfred Dance avait financé une impression privée de ces cartes afin de pouvoir envoyer des messages personnels. La photographie représentait l’entrée de la Spanish City et un homme debout devant le bâtiment, que Violet identifie comme étant Dance lui-même. Elle explique que l’image avait probablement été réalisée tôt le matin par Dance et Vannelly, avant l’arrivée des visiteurs.
Posie sent qu’elle tient enfin une piste importante. Elle aide à ranger les cartes postales et observe le petit bureau du directeur. Sur un mur se trouvent des affiches de groupes célèbres, tandis qu’un bureau massif porte une photographie encadrée d’une unité militaire de la Grande Guerre, montrant des hommes jeunes et confiants avant les horreurs des combats. Alors qu’elle s’apprête à partir, une autre photographie attire son attention sur un second bureau. Malgré le désir évident de Violet d’éteindre la lumière et de fermer la pièce, Posie saisit le cadre et l’examine. Elle découvre l’image d’un homme d’une trentaine d’années, élégant et séduisant, portant une robe universitaire et un chapeau de diplômé, tenant par la taille une femme plus âgée qui lui ressemble fortement. Violet lui apprend qu’il s’agit d’Aiden Vannelly avec sa mère décédée. Elle précise qu’il était auparavant maître dans une école préparatoire appelée St Gillies Prep School.
Cette révélation bouleverse Posie, qui comprend soudain qu’un élément essentiel vient de se mettre en place. Elle demande immédiatement si l’on connaît l’adresse de Vannelly. Violet se montre méfiante et affirme ne pas l’avoir, mais Freda intervient avec enthousiasme. Elle indique que Vannelly habite non loin de là, sur Marine Avenue, dans une petite maison mitoyenne avec une porte bleu vif et des jardinières bleues désormais vides. Malgré l’avertissement de Violet selon lequel Vannelly est absent et ne doit revenir que la semaine suivante, Posie quitte précipitamment les bureaux. Elle est convaincue qu’elle trouvera quelque chose chez lui et repart avec la certitude que cette découverte rapproche enfin plusieurs éléments de son enquête.
29.Un jumeau retrouvé dans l’ombre
Posie quitte le Spanish City profondément troublée après sa découverte de la veille et par les révélations de Matilda Oats concernant Richard Lovelace et son possible départ pour la Nouvelle-Zélande. Elle se sent déstabilisée par l’idée qu’une autre femme, Ella Brown, puisse occuper une place auprès de Lovelace et de sa fille Phyllis, alors qu’elle-même n’a jamais été faite pour une vie domestique. Refusant de se laisser envahir par ces pensées, elle décide de poursuivre son enquête et se rend à l’adresse d’Aiden Vannelly, convaincue que les différents indices réunis jusqu’ici convergent vers lui. La petite maison au portail bleu, avec ses fenêtres négligées et ses jardinières vides, correspond exactement à la description donnée par Freda. Pour Posie, tout s’éclaire soudainement : la photographie trouvée dans le bureau du Spanish City, les cartes postales envoyées à Amyas Lyle et les impressions étranges qu’elle ressentait depuis son arrivée dans le nord semblent toutes liées à cet homme.
Lorsqu’elle frappe à la porte, Aiden Vannelly lui ouvre et la surprise est immense. Posie découvre un homme qui ressemble trait pour trait à Amyas Lyle, à l’exception de quelques détails comme ses cheveux plus longs et son accent du nord. Elle comprend immédiatement qu’il est le frère jumeau disparu d’Amyas. Aiden ne cherche pas à nier son identité et semble même avoir attendu cette visite. Il explique qu’il était bien à Londres récemment, qu’il avait retrouvé la trace de son frère, mais qu’il était arrivé trop tard pour empêcher son meurtre. Il invite Posie à entrer dans sa maison, où il vit encore dans un intérieur en travaux après la mort de sa mère. L’atmosphère sombre et négligée du reste de la demeure contraste avec la cuisine lumineuse qu’il a rénovée, ouverte sur la mer et le paysage de Whitley Bay. Posie remarque chez lui une douceur et une humanité qui le distinguent fortement de l’image ambitieuse et froide qu’elle associe à Amyas.
Au cours de leur conversation, Posie interroge Aiden au sujet de la carte postale du Spanish City qui l’a conduite jusqu’à lui. Aiden reconnaît l’avoir envoyée à son frère, avec plusieurs autres cartes similaires. Il explique qu’il avait lui-même pris la photographie et qu’il avait fait imprimer une petite série pour son ami Wilfred Dance, mais il nie avoir écrit les messages menaçants accompagnant certaines cartes. Il affirme n’avoir envoyé que des cartes vierges, sans aucun mot. Posie lui demande alors si Amyas savait qu’il avait un frère jumeau, et Aiden répond qu’il pense que non. Il commence ensuite à raconter l’histoire douloureuse de leur naissance et de leur séparation, une histoire transmise à travers les souvenirs de sa mère Martha.
Aiden explique que sa mère était une jeune domestique du château de Bane Castle lorsqu’elle eut une relation avec le jeune maître de la maison, Amyas Llewellyn-Jones. À dix-sept ans, elle tomba enceinte et fut rapidement éloignée du domaine. Le jeune homme fut envoyé en Inde tandis que Martha donna naissance à deux garçons, Amyas et Aiden. Refusant d’abandonner ses enfants, elle négocia avec la famille Llewellyn-Jones afin d’obtenir un soutien financier, puis s’installa avec eux dans la maison de Marine Avenue, près de la mer. Les premières années furent difficiles, mais Martha éleva ses deux fils avec courage, partageant avec eux des souvenirs heureux sur les plages de Whitley Bay et de Cullercoats. En entendant Aiden décrire le sable qui cède sous les pieds et l’eau salée sur la peau, Posie remarque avec inquiétude que ses mots ressemblent étrangement à ceux des messages anonymes reçus par Amyas, ce qui renforce ses soupçons sans qu’elle interrompe toutefois son récit.
Avec le temps, l’argent de Martha s’épuisa et elle dut reprendre des travaux de couture et de blanchisserie. Lorsqu’elle demanda de l’aide aux Llewellyn-Jones, ceux-ci lui proposèrent une solution cruelle : confier l’un de ses fils à un couple sans enfant, les Lyle, qui souhaitaient adopter. Ils la menacèrent également de faire intervenir leurs relations dans la police pour la faire passer pour une femme indigne et lui retirer les deux enfants. Finalement, Mr et Mrs Lyle vinrent à la maison avec Sir James Llewellyn-Jones et choisirent Amyas. Martha fut contrainte de laisser partir son fils préféré, tandis qu’Aiden resta auprès d’elle. Pour Posie, cette histoire révèle une profonde injustice, mais Aiden insiste surtout sur les conséquences émotionnelles qu’elle eut sur toute sa vie.
Après le départ d’Amyas, Martha ne cessa jamais de regretter la perte de son fils et de rappeler à Aiden qu’il n’avait pas été celui qu’elle avait voulu garder. Elle comparait constamment les réussites d’Amyas avec la vie plus modeste de son frère, laissant à Aiden le sentiment d’être inférieur et rejeté. Posie découvre ainsi un homme marqué par des années de souffrance silencieuse, hanté par l’ombre de son jumeau. À la fin de leur échange, Aiden referme l’album contenant les souvenirs de sa famille, puis invite Posie à le suivre dans une autre pièce de la maison. En ouvrant la porte et en tirant les lourds rideaux, il lui révèle quelque chose qui la laisse stupéfaite.
30.La chambre aux souvenirs et le secret des jumeaux
Le petit salon de la maison de Whitley Bay, autrefois occupé par Martha, conserve une atmosphère singulière avec ses vieux fauteuils et ses lampes à huile inutilisées. Ses murs sont entièrement tapissés de coupures de presse, de photographies et d'articles relatant la carrière et la vie d'Amyas Lyle, le frère jumeau d'Aiden. Posie observe avec stupéfaction ces archives accumulées au fil des ans, qui témoignent de l'obsession de la mère pour cet enfant placé et élevé loin d'eux. Aiden rejoint Posie et lui explique que Martha, malgré un accord d'éloignement strict exigé par la famille adoptive, n'a jamais cessé d'écrire pour réclamer son fils. Finalement, la mère adoptive a accepté d'envoyer de rares bulletins scolaires et photographies en échange du silence total de Martha. Cette dernière a ainsi érigé une véritable galerie à la gloire de son fils absent, dépensant ses maigres économies en journaux londoniens tandis qu'Aiden grandissait dans l'ombre et l'amertume.
Aiden se confie sur son propre parcours, marqué par la frustration d'être ignoré par sa mère malgré ses efforts et sa brillante scolarité. Il évoque ensuite la Grande Guerre, un événement libérateur qui lui a permis de s'engager, de parcourir la France et de s'épanouir dans le corps photographique militaire grâce à son ami Wilfred Dance. Après le conflit, il est revenu s'occuper de sa mère devenue infirme, avant de l'assister jusqu'à sa mort survenue peu avant Noël. À présent libéré de ce lourd fardeau familial, Aiden affirme avoir repris contact avec son passé et tenté d'initier une réconciliation par l'intermédiaire de cartes postales énigmatiques envoyées à Londres. Il raconte à Posie son voyage récent dans la capitale, son arrivée fortuite le lendemain de l'assassinat d'Amyas et sa découverte macabre apprise auprès d'un technicien de la police scientifique.
Malgré la sympathie qu'éprouve Posie pour Aiden, de nombreux détails de son récit la laissent perplexe et éveillent ses soupçons. Elle relève des incohérences temporelles et s'interroge sur les motivations réelles qui l'ont poussé à agir précisément maintenant, après des décennies de silence. Troublée par cette rencontre et cherchant à dissiper ses doutes, elle revient sur ses pas et s'approche de l'atelier photographique situé dans le jardin. En entrant dans le cabanon par la porte restée entrouverte, elle découvre Aiden en proie à des sanglots violents devant un mur où est affichée une photographie d'Amyas lacérée de coups de couteau. Des dizaines de brouillons de notes haineuses jonchent le sol, rédigées dans la même écriture que les menaces reçues par la victime.
La terreur s'empare de Posie lorsqu'elle aperçoit également un sac contenant une tenue maculée et un chapeau de porteur, ainsi que des étagères garnies de produits chimiques portant des têtes de mort. L'étalage de matériel scientifique et un manuel de chimie ouvert rappellent immédiatement les propos tenus à Londres sur la fabrication de l'acide nitrique utilisé pour le meurtre. Réalisant l'ampleur du danger et la vraie nature de cet homme qu'elle croyait inoffensif, Posie prend conscience, horrifiée, qu'Aiden pourrait bien être l'assassin de son propre jumeau. Saisie d'une panique soudaine, elle s'enfuit en courant de la propriété.
31.Une course poursuite vers la justice
Posie Parker aperçoit par hasard l'inspecteur Oats et sa femme assistant à un spectacle de marionnettes sur la promenade. Elle l'interpelle pour lui révéler qu'elle a découvert l'adresse et l'identité d'Aiden Vannelly. L'inspecteur change immédiatement d'attitude et prend le contrôle de l'affaire pour alerter la police locale. Malgré les avertissements de Posie concernant la santé fragile d'Aiden, Oats refuse qu'elle contacte l'inspecteur Lovelace et part précipitamment.
Déterminée à rectifier le tir, Posie se précipite dans un restaurant italien pour utiliser le téléphone public. Elle appelle Scotland Yard et informe le chef inspecteur Lovelace de ses découvertes concernant Aiden et la séparation des jumeaux. Lovelace la rassure, lui indique qu'il va encadrer l'intervention pour éviter qu'Oats ne commette d'impairs et lui annonce que les funérailles d'Amyas Lyle auront lieu le lundi quatorze.
Posie rentre ensuite à pied par la plage pour tenter de calmer son mal de crâne tout en espérant retrouver Max à l'hôtel Margaret. À son arrivée, la réceptionniste lui remet un message urgent de la part de Thea Elleridge. Posie rappelle ce numéro et se dispute avec cette femme mystérieuse qui se présente comme la supérieure de Max à Londres. Thea lui ordonne de rentrer immédiatement le soir même par le train de nuit pour se rendre le lendemain matin à Whitehall.
La voix autoritaire de Thea lui apprend que Max ne viendra pas et qu'elle attendra en vain à Whitley Bay si elle décide de rester. Submergée par un profond sentiment de désespoir et de tristesse, Posie raccroche le combiné avec le cœur lourd. Elle annonce à la réceptionniste que son séjour s'arrête brutalement et lui demande de commander immédiatement un taxi pour son départ anticipé.
32.La verite au sujet de Max et Amyas
Posie Parker rentre a Londres apres des vacances gachees et se rend a un rendez-vous secret a Whitehall avec une femme nommee Thea Elleridge. Cette derniere lui annonce que Max, l’amant de Posie, est probablement mort car il a disparu en mission. Thea confie a Posie qu’elle dirige un service secret pour lequel Max etait un agent extremement competent depuis de nombreuses annees. Bien que Posie tente de cacher sa peine et sa colere, elle realise rapidement que l’organisation gouvernementale a besoin d’elle pour recuperer un colis que Max aurait du lui envoyer avant de disparaitre.
Avant que Posie ne parte, Thea lui remet une enveloppe adressee a l'inspecteur Richard Lovelace concernant l'affaire du meurtre d'Amyas Lyle. A la grande surprise de Posie, Thea revele qu'Amyas etait egalement un espion au service du gouvernement depuis son epoque universitaire. Il avait mene de nombreuses enquetes contre les sympathisants allemands, les racketteurs de guerre et le parti fasciste britannique. Bien qu'Amyas souhaitait arreter ses activites d'agent secret pour devenir juge et fonder une famille, il a trouve la mort en meme temps que Max, liant tragiquement les deux hommes par leur double vie secrete.
De retour a son agence de detectives, Posie retrouve Prudence qui s'occupe des locaux en l'absence des autres employes et commente l'actualite concernant l'arrestation du frere jumeau d'Amyas pour meurtre. Posie examine son courrier a la recherche d'un colis envoye par Max, mais ne trouve rien d'inhabituel pour le moment. En discutant avec Prudence, elle remarque un changement significatif chez sa secretaire qui ne porte plus de vetements noirs de deuil, mais une robe mauve. Posie se retire ensuite dans son bureau pour reflechir a ces bouleversements et a la perte de ces deux hommes.
33.Espions, pertes et révélations
Posie sort bouleversée d'un entretien dans un bâtiment officiel de Whitehall, sous une pluie battante qui accompagne son état d'esprit. Avant même cette rencontre, elle était pratiquement certaine que Max était mort, ou au moins disparu. Depuis des mois, elle conservait précieusement un numéro de téléphone que Max lui avait demandé d'utiliser uniquement en cas d'extrême urgence si elle craignait réellement pour sa sécurité. Elle n'avait jamais éprouvé le besoin de s'en servir, même lorsqu'il ne s'était pas présenté à leur rendez-vous à Whitley Bay, pensant encore qu'il pouvait avoir une explication. Désormais, après la conversation qu'elle vient d'avoir, elle comprend que ses pires craintes étaient fondées. Les couloirs austères du siège où elle a été reçue ne l'ont pas intimidée, pas plus que la femme qui s'est présentée sous le nom de Thea Elleridge, même si Posie devine immédiatement que cette identité n'est qu'une couverture. Ce qui la glace véritablement est la manière froide et professionnelle avec laquelle Max est évoqué. Thea lui annonce sans détour que les services considèrent Max comme disparu et très probablement mort. Après sept années passées à travailler pour eux comme agent, il n'avait jamais cessé de donner des nouvelles, ce qui rend cette disparition sans précédent. Les responsables admettent qu'il est théoriquement possible qu'il soit entré dans une clandestinité plus profonde, mais ils jugent cette hypothèse peu crédible et estiment qu'ils ne connaîtront sans doute jamais la vérité sur son sort.
Thea reproche ensuite à Posie que Max lui ait révélé la nature de son travail, ce qui était strictement interdit. Pourtant, elle reconnaît également que Max avait parlé de Posie à ses supérieurs quelques mois auparavant, une confidence qui les avait surpris puisqu'il n'avait jamais laissé entendre, durant toutes ses années de service, qu'une personne occupait une place importante dans sa vie. Les services connaissaient même les projets de vacances du couple, car Max signalait méthodiquement ses déplacements futurs. Posie est choquée par cette surveillance constante mais cherche surtout à comprendre pourquoi elle a été convoquée. Lorsqu'elle demande pourquoi personne ne remplace Max dans sa mission, Thea explique qu'il possédait des compétences exceptionnelles et qu'aucun autre agent n'est capable d'évoluer dans le même environnement que lui. Cette réponse ne satisfait pas Posie, qui comprend progressivement que cette entrevue n'a pas été organisée par compassion mais parce que les services attendent quelque chose d'elle. Elle confronte directement Thea, qui finit par révéler leur véritable objectif. Ils pensent que Max, peu avant sa disparition, a expédié un colis à Posie. Le dernier témoignage le concernant le situe dans un bureau de poste où il aurait envoyé un paquet qui lui était destiné. Posie est déconcertée. Si Max prévoyait réellement de la rejoindre deux jours plus tard à Whitley Bay, pourquoi lui envoyer un colis au lieu de le lui remettre en personne. Cette contradiction lui fait comprendre qu'il devait déjà pressentir le danger et envisager la possibilité de ne jamais parvenir à leur rendez-vous. Elle affirme n'avoir encore rien reçu, ni à son domicile ni à l'hôtel, mais promet seulement d'y réfléchir, refusant de s'engager à prévenir les services si un envoi arrive. Lorsque Thea lui rappelle son devoir envers le Roi et le pays, Posie ressent une profonde colère. Elle a déjà perdu tant de personnes au nom de cette cause qu'elle ne supporte plus qu'on invoque ce patriotisme pour justifier de nouveaux sacrifices.
Alors qu'elle quitte enfin le bureau, Thea la rappelle pour lui remettre une enveloppe destinée à l'inspecteur Richard Lovelace. Cette demande ouvre une conversation inattendue qui bouleverse une nouvelle fois Posie. Thea sait que Richard enquête sur la mort d'Amyas Lyle et révèle que ce dernier travaillait lui aussi depuis de longues années pour les services secrets. Sans appartenir à la même catégorie d'agents que Max, Amyas constituait un espion particulièrement précieux parce que sa position sociale lui permettait d'accéder naturellement aux milieux les plus influents. Il fréquentait notamment les Roades ainsi que d'autres membres de l'élite, tout en transmettant des informations sur les tricheurs professionnels, les cercles de jeu frauduleux et diverses activités criminelles. Recruté dès sa sortie de l'université, il avait consacré environ quinze années à cette mission discrète. Lorsqu'on lui avait demandé pourquoi il acceptait un tel travail, Amyas avait simplement répondu qu'il cherchait à expier des erreurs commises dans sa jeunesse, ce qui rappelle immédiatement à Posie son passé sous le nom d'Harold Robertsbridge. Thea explique qu'elle ne s'est jamais intéressée à ces anciennes fautes, car les renseignements fournis par Amyas ont permis de déjouer un nombre considérable de complots. Pendant la Grande Guerre, il a infiltré des groupes favorables à l'Allemagne, dénoncé des profiteurs de guerre et signalé parfois même certains de ses propres clients. Posie réalise avec stupeur que tous ceux qui le jugeaient sévèrement parce qu'il n'avait pas combattu au front ignoraient complètement qu'il servait son pays autrement, dans le plus grand secret. Plus récemment encore, Amyas surveillait l'évolution du Parti fasciste britannique en transmettant des noms, des lieux de réunion et des dates. Thea ajoute qu'avant sa mort il avait annoncé son intention de quitter définitivement ce travail clandestin afin de commencer une nouvelle existence, portée par sa nomination comme juge à la Haute Cour mais surtout par son désir de construire une nouvelle famille. Elle demande à Posie de garder ces révélations secrètes, soulignant avec amertume qu'elle vient de perdre deux agents en une seule semaine. Elle remarque enfin que Max et Amyas n'avaient finalement qu'un seul véritable lien entre eux, Posie elle-même, une observation qui laisse cette dernière profondément déstabilisée.
En quittant Whitehall, Posie traverse Londres en réfléchissant à cette incroyable succession de révélations. Deux hommes qu'elle aimait ou estimait profondément, appartenant à des univers totalement différents, travaillaient en réalité pour le même service secret et semblent avoir disparu le même jour, chacun à un bout du pays. Ce rapprochement lui paraît presque irréel. De retour à l'agence de détectives, elle espère retrouver un peu de calme. Prudence l'accueille avec chaleur et s'étonne de son retour anticipé. Elle lui apprend qu'un homme a été arrêté pour le meurtre d'Amyas Lyle, son propre frère jumeau, et évoque les informations publiées dans les journaux ainsi que les funérailles prévues quelques jours plus tard. Posie cherche aussitôt à savoir si un colis ou une lettre de Max est arrivé. Prudence ne lui remet que quelques documents ordinaires, des factures, un catalogue et une carte postale, sans aucune trace du mystérieux paquet attendu. Elle promet cependant de surveiller attentivement les distributions suivantes. La conversation prend ensuite un tour plus personnel lorsque Prudence présente des excuses pour les paroles qu'elle avait prononcées auparavant à propos du deuil. Elle confie enfin l'histoire de ses propres souffrances, révélant qu'elle était fiancée au sergent Binny avant que celui-ci ne meure. Elle reconnaît que sa douleur est mêlée à la perte de l'avenir qu'elle imaginait pour elle-même et au sentiment qu'elle ne retrouvera jamais un tel bonheur. Posie lui répond avec une compassion discrète, tout en contenant sa propre détresse, avant de se réfugier dans son bureau pour échapper à d'autres confidences. C'est seulement une fois la porte refermée qu'elle remarque un détail chargé de sens. Pour la première fois depuis une année entière, Prudence n'est plus vêtue de noir mais porte une robe d'un violet éclatant, signe silencieux qu'après un long deuil la vie commence enfin à reprendre sa place.
34.Entre deuils et incertitudes
Après son retour précipité de Whitley Bay, Posie tente de retrouver un semblant de normalité en se plongeant dans les tâches administratives de son agence de détectives. Elle règle des factures, prépare des annonces publicitaires pour les magazines de l'automne et s'efforce d'occuper son esprit afin de ne plus penser à Max, à sa disparition probable ni à l'étrange entretien qu'elle a eu à Whitehall. Elle évite également de s'attarder sur le sort d'Aiden Vannelly et imagine malgré elle les experts de la police scientifique en train de fouiller méthodiquement la maison familiale de Marine Avenue. La cuisine récemment repeinte est désormais une scène de crime, tandis que les photographies et souvenirs soigneusement conservés par Martha Vannelly sont décrochés et placés sous scellés. L'agence reste inhabituellement silencieuse, ce qui s'explique par les vacances supposées de Posie et de Len. Le courrier de la journée n'apporte rien d'important, seulement de nouvelles factures et quelques invitations mondaines, alors que l'automne lui paraît désormais très lointain. Pendant ce temps, Sid s'occupe avec application en recyclant du papier d'emballage, de la ficelle et des timbres usagés, tout en réorganisant les livres de la salle d'attente. Posie remarque tous les efforts qu'il déploie pour se rendre utile et décide qu'elle parlera à Len d'une augmentation de salaire pour le jeune homme. À la fin de l'après-midi, incapable de rester plus longtemps inactive, elle prend un taxi pour New Scotland Yard. Durant le trajet, elle contemple les rues humides de Londres tout en ressentant une urgence qu'elle ne peut expliquer. Une fois arrivée, elle traverse presque sans s'arrêter le hall d'entrée, aidée involontairement par la présence du sergent Rainbird, puis monte directement jusqu'au bureau de l'inspecteur Lovelace.
En entrant, Posie surprend Lovelace au téléphone avec Ella. La conversation laisse apparaître des tensions domestiques. Il lui annonce qu'il rentrera encore tard et insiste sur le fait qu'elle devra s'occuper seule de Phyllis, laissant deviner un climat difficile entre eux. Lorsqu'il aperçoit Posie, il interrompt rapidement l'appel. Celle-ci l'interroge aussitôt, avec une froideur teintée de rancœur, sur son projet de partir en Nouvelle-Zélande, information qu'elle a apprise par d'autres personnes avant qu'il ne la lui annonce lui-même. Lovelace reconnaît qu'il envisage sérieusement d'accepter cette promotion mais affirme n'avoir pas encore pris sa décision définitive, promettant une réponse après la fin de l'affaire Amyas Lyle. Il explique qu'il souhaitait lui en parler lui-même mais n'en avait jamais trouvé l'occasion, tout en évoquant les avantages que représenterait ce départ pour la santé fragile de sa fille Phyllis. Posie, blessée, lui rappelle l'importance de son travail et de Londres, mais il répond qu'il ne voit plus grand-chose qui le retienne réellement. La conversation revient ensuite sur l'enquête. Lovelace félicite Posie pour avoir retrouvé Aiden Vannelly et lui annonce que celui-ci a été officiellement arrêté pour le meurtre prémédité de son frère Amyas. Selon lui, tout indique une obsession ancienne devenue haine. Bill Oats se vante déjà d'avoir arrêté un dangereux déséquilibré et considère l'affaire pratiquement résolue, sans reconnaître le rôle essentiel joué par Posie. Pourtant, celle-ci ne parvient pas à concilier cette image d'un meurtrier violent avec l'homme calme et profondément meurtri qu'elle a rencontré la veille. Elle se souvient de ses confidences sur la guerre, de la disparition de sa haine envers son frère et de ses sanglots solitaires dans son atelier. Elle éprouve toujours de la compassion pour lui et refuse intérieurement de croire que tout puisse être aussi simple. Lorsqu'elle entend Lovelace préciser qu'Aiden risque de ne jamais comparaître devant un tribunal, elle demande des explications. L'inspecteur raconte alors que le prisonnier est arrivé sans incident depuis Newcastle mais qu'au moment d'être enfermé dans une cellule il a paniqué devant l'exiguïté des lieux. Dans le tumulte qui a suivi, il a été victime d'une grave crise, probablement une attaque cardiaque. Posie est bouleversée car elle avait pourtant averti la police des problèmes de cœur d'Aiden. Lovelace lui apprend qu'il est désormais soigné à Guy's Hospital et que les médecins ignorent encore s'il survivra ou conservera toutes ses capacités. Lui considère surtout que les preuves accumulées suffiront à établir sa culpabilité, même si un procès ne peut finalement avoir lieu, tandis que Posie reste profondément troublée par cette évolution tragique.
Se souvenant alors de sa rencontre avec Thea Elleridge, Posie remet à Lovelace l'enveloppe destinée à son attention. Lorsqu'il l'ouvre, elle découvre avec embarras qu'elle est complètement vide. Elle craint un instant d'avoir été manipulée et que toutes les révélations concernant Amyas aient été inventées. Pourtant, lorsque Posie évoque le nom de Thea Elleridge, Lovelace éclate de rire et confirme qu'il la connaît bien. Il lui révèle qu'elle l'a appelé très tôt le matin et qu'ils ont longuement discuté, notamment du passé clandestin d'Amyas. Lui aussi se dit stupéfait d'apprendre que cet homme travaillait depuis des années pour les services secrets. Cette découverte modifie profondément son jugement sur le défunt. Sans nier les défauts d'Amyas, il reconnaît désormais qu'il a servi loyalement son pays et qu'il l'avait probablement condamné avec trop de sévérité auparavant. Lovelace invite ensuite Posie à assister aux funérailles qui auront lieu le lundi suivant dans la chapelle de Lincoln's Inn, près des bureaux où Amyas exerçait comme juge, suivies d'une réception organisée par ses collègues. Il lui apprend également que Selwyn Pickle est devenu chef de son cabinet et que son fils a finalement été innocenté de toute implication dans l'affaire. Posie se réjouit d'abord en pensant que cette épreuve a peut-être réconcilié le père et le fils, mais Lovelace la détrompe. Selwyn a refusé de rendre visite à son fils lorsqu'il était soupçonné et n'a manifesté aucun désir de renouer avec lui. Cette absence d'affection familiale contraste avec l'attachement destructeur de Martha Vannelly envers ses propres enfants. Tous deux concluent que les familles obéissent souvent à des logiques incompréhensibles. Posie quitte finalement l'inspecteur sans accepter la moindre confidence supplémentaire, consciente que Whitehall lui a certainement déjà parlé de Max et incapable d'aborder ce sujet avec lui.
Le week-end suivant se déroule volontairement dans le calme. Posie refoule autant que possible sa douleur liée à Max, remettant à plus tard le moment d'affronter pleinement cette perte. Le samedi matin, elle rend visite à deux hôpitaux. Elle commence par Great Ormond Street Hospital où est soignée Katia Lyle. Derrière une grande vitre, elle découvre avec émotion le service des nourrissons les plus fragiles, rempli de minuscules bébés installés dans des incubateurs ou des lits chauffants. Une infirmière lui montre enfin Katia, appelée affectueusement Katie par le personnel. Le bébé est sorti de son incubateur et son état s'améliore progressivement. L'infirmière explique que la petite est une battante et qu'elle a désormais de bonnes chances de survivre. Elle ajoute qu'on lui donne un prénom plus simple en attendant qu'une famille l'accueille, voire qu'elle soit confiée à un orphelinat. Cette idée provoque chez Posie une réaction immédiate et instinctive. Sans encore savoir comment, elle affirme avec conviction que l'enfant aura un foyer. L'infirmière lui apprend également que plusieurs visiteurs sont déjà venus voir le bébé ce jour-là. Posie reconnaît sans peine la vieille femme étrangère comme étant Masha, mais demeure incapable d'identifier les deux hommes élégants mentionnés. Elle se rend ensuite à Guy's Hospital pour prendre des nouvelles d'Aiden. Deux policiers gardent sa chambre et personne n'est autorisé à entrer. Le sergent Rainbird lui apprend qu'Aiden est toujours inconscient et que son état reste stable sans qu'on puisse prédire son évolution. Posie sent qu'il manque encore un élément essentiel dans le récit qu'Aiden lui a confié avant son arrestation, mais elle ignore si elle pourra un jour obtenir cette réponse. Avant son départ, Rainbird lui présente des excuses pour ne pas lui avoir parlé plus tôt du projet de départ de Lovelace, puis lui révèle une nouvelle beaucoup plus heureuse. Il raconte qu'il admirait depuis longtemps Prudence Smythe mais qu'il avait attendu une année complète de deuil avant de l'inviter à prendre le thé. Ils sont désormais officiellement en couple et il souhaite rassurer Posie sur le sérieux de ses intentions. En repensant à la robe violette que Prudence portait récemment à la place du noir du deuil, Posie comprend enfin ce changement. Cette annonce apporte une rare note d'espoir au milieu des nombreuses tragédies qui l'entourent, tandis qu'elle regagne seule son appartement pour terminer un week-end placé sous le signe de la réflexion et de la solitude.
35.Le dernier message de Max
Le jour des funérailles d'Amyas Lyle s'ouvre sous un ciel gris et frais, annonçant de nouvelles pluies. Posie s'habille avec soin pour la cérémonie, choisissant une robe noire agrémentée de quelques touches de rose et un chapeau orné d'une grande rose noire. Avant de rejoindre la chapelle, elle passe par son agence où Sid trie le courrier du matin. Malgré son espoir, aucune lettre ni aucun colis de Max n'est arrivé. En observant le garçon, elle remarque soudain que le costume noir qu'elle lui avait acheté un an plus tôt est devenu beaucoup trop petit. Touchée par cette évidence qu'elle avait négligée, elle lui promet de lui acheter de nouveaux vêtements après la cérémonie. Sur un coup de tête, elle l'invite également à assister aux funérailles afin qu'il puisse observer discrètement ce qui s'y passera et peut-être leur être utile. Tous deux retrouvent ensuite l'inspecteur Lovelace devant la chapelle de Lincoln's Inn bien avant le début de l'office. Le bâtiment, perché au-dessus d'arches de pierre autrefois connues pour accueillir les enfants abandonnés, est déjà rempli de fleurs et de fidèles. Posie et Lovelace s'installent près de l'avant tandis que Sid reste au fond. Posie passe en revue les personnes présentes. Elle aperçoit William Dawney accompagné de Sheila, Lady Antonia avec ses deux fils et son père, Lord Justice Roade, visiblement nerveux, ainsi que Selwyn Pickle entouré de nombreux avocats de son cabinet. Au fond de la chapelle prennent place Masha, profondément émue, et George, mal à l'aise. Rufus apparaît également à la dernière minute. Posie est frappée par le manque apparent de véritable chagrin chez la plupart des participants. Elle songe que ceux qui auraient réellement pleuré Amyas, ses parents adoptifs, sa mère biologique Martha, Olga ou encore Thea Elleridge, sont tous absents ou déjà morts. Personne, ou presque, ne connaît la véritable vie clandestine qu'il a menée pendant quinze années au service de son pays.
Peu avant le début de l'office, une femme à l'allure sévère et aux vêtements inhabituels entre dans la chapelle. Lovelace l'identifie comme Rotha Lintorn-Orman, fondatrice du mouvement fasciste britannique. Il s'inquiète de voir une telle personnalité assister aux obsèques d'un homme qui espionnait secrètement son organisation sans qu'elle en ait jamais eu conscience. Cette présence risque, selon lui, de transformer les funérailles en scandale public si la presse s'en mêle. La cérémonie commence. Posie observe les deux jeunes fils d'Amyas, immobiles et dignes malgré leur très jeune âge. Elle pense à la distance qui existait entre eux et leur père, ainsi qu'aux paroles d'Aiden Vannelly qui disait les considérer comme des étrangers malgré les liens du sang. Lady Antonia demeure parfaitement maîtresse d'elle-même. Posie se rappelle alors que le testament d'Amyas n'a jamais été modifié et que son épouse héritera de tout, laissant la petite Katia sans aucune protection légale. Elle s'interroge sur l'éventuelle générosité d'Antonia mais doute profondément qu'elle manifeste la moindre compassion envers l'enfant illégitime. Son regard se porte ensuite sur Masha, qui pleure sincèrement sous son voile noir. Au moment où l'évêque commence son éloge en rappelant qu'Amyas n'était pas un homme religieux, quelque chose bascule brusquement dans l'esprit de Posie. Les multiples éléments de l'enquête, jusque-là dispersés et contradictoires, s'assemblent soudain avec une parfaite logique. Une intuition fulgurante lui révèle enfin ce qui s'est réellement produit et pourquoi. Elle comprend que la clé du mystère ne se trouve pas dans la cérémonie elle-même mais dans un détail auquel elle n'avait pas prêté attention auparavant. Sans attendre, elle quitte discrètement son siège, rejoint Sid au fond de l'église puis l'entraîne à l'extérieur, sous le regard médusé de Lovelace. Là, elle l'interroge avec insistance sur le courrier arrivé pendant son absence. Sid lui explique qu'il a aidé Prudence à trier les lettres, celle-ci étant distraite depuis quelques jours par son nouveau bonheur sentimental. D'abord incapable de se souvenir d'un élément inhabituel, il se rappelle soudain qu'un vieux livre épais et bleu est bien arrivé pour Posie le jeudi précédent. Le colis avait été retardé parce que l'expéditeur n'avait pas collé suffisamment de timbres. Pensant qu'il s'agissait d'un cadeau d'un ancien client, Prudence et lui s'en étaient amusés avant que Sid ne range l'ouvrage sur les étagères après avoir réorganisé la bibliothèque. Posie comprend immédiatement qu'il s'agit du paquet envoyé par Max avant sa disparition. Convaincue que le livre contient un message capital, elle demande à Sid de le rapporter sans l'ouvrir ni l'abîmer. Lovelace, bien qu'il ne saisisse pas encore le raisonnement de Posie, prend sa conviction au sérieux et met immédiatement une voiture de police à la disposition de Sid afin que le livre soit récupéré rapidement et à l'abri de la pluie.
Pendant que Sid part chercher le mystérieux ouvrage, Posie expose une nouvelle demande à Lovelace. Elle veut que toutes les personnes importantes présentes aux funérailles, à l'exception des avocats du cabinet et de Selwyn Pickle avec son épouse, soient réunies après la cérémonie dans une seule pièce. Elle cite notamment Masha, Rotha Lintorn-Orman, Rufus, Lord Justice Roade et même l'évêque. L'inspecteur accepte malgré les difficultés que cela représentera. Après l'office, les invités traversent la pluie jusqu'aux locaux du cabinet d'Amyas, préparés pour une réception. En attendant leur arrivée, Posie remarque que la plaque portant le nom d'Amyas a déjà été remplacée par celle de Selwyn Pickle, désormais chef du cabinet, symbole brutal de la rapidité avec laquelle les vivants remplacent les morts. Lorsque les invités pénètrent dans le bâtiment, Lady Antonia se montre immédiatement exigeante et critique l'organisation du buffet. Posie lui révèle alors discrètement qu'elle connaît désormais son secret et comprend enfin le véritable mobile de toute cette affaire. La réaction d'Antonia est instantanée. Hors d'elle, elle gifle violemment Posie au visage avec ses lourdes bagues serties de diamants, lui ouvrant le nez et faisant naître un impressionnant œil au beurre noir. William Dawney intervient aussitôt pour maîtriser Antonia, examine les blessures de Posie et la rassure en lui confirmant que son nez n'est pas cassé. Il attribue l'explosion de violence d'Antonia à l'alcool mais aussi à une importante consommation de cocaïne destinée à lui permettre d'affronter cette journée. Profitant de cet instant, Dawney informe discrètement Posie qu'il a discuté avec Antonia au sujet de Katia. Comme il le craignait, celle-ci refuse catégoriquement d'apporter la moindre aide à l'enfant. Olga étant morte et sa maison sur le point d'être vendue, Masha va devoir quitter les lieux. Dawney annonce toutefois qu'il a déjà réglé les frais d'hospitalisation de Katia et commencé à organiser l'avenir de la petite afin qu'elle soit protégée. Profondément touchée, Posie le remercie chaleureusement. Peu après, Sid revient enfin avec le livre bleu. Malgré la douleur de son visage tuméfié, Posie l'ouvre fébrilement. En tournant les pages, elle découvre une carte glissée entre les feuillets, semblable à un formulaire de télégramme, couverte de l'écriture précipitée de Max. En lisant ce dernier message rédigé dans l'urgence avant sa disparition, elle comprend aussitôt qu'il confirme exactement l'intuition qui vient de s'imposer à elle. Convaincue d'avoir enfin trouvé la pièce manquante du puzzle, elle s'élance sans attendre vers l'étage où tous les protagonistes sont désormais réunis, prête à révéler la vérité.
36.Le voile commence à tomber
Réunis après les funérailles d'Amyas Lyle dans une grande salle donnant sur Old Square, les principaux protagonistes de l'affaire attendent en silence que Posie prenne la parole. L'atmosphère est lourde, seulement troublée par le bruit de la pluie contre les vitres et par les gestes nerveux des personnes présentes. L'inspecteur Lovelace, posté devant la cheminée, affiche une autorité inhabituelle pour soutenir l'initiative de Posie, tout en laissant transparaître son inquiétude. Lui-même ignore où son raisonnement va conduire et espère secrètement qu'elle ne s'est pas trompée. Posie, le visage meurtri par la gifle reçue de Lady Antonia, s'avance avec le vieux livre bleu envoyé par Max entre les mains, comme si cet objet lui donnait le courage nécessaire. Lovelace la présente brièvement en expliquant qu'elle souhaite revenir sur la vie et la mort d'Amyas. Lady Antonia proteste aussitôt avec colère contre cette nouvelle intervention policière, estimant qu'elle et les autres invités ont été contraints de rester contre leur gré. Posie l'ignore et commence son exposé en rappelant les qualités exceptionnelles d'Amyas, son ambition et la brillante carrière qu'il avait bâtie avant d'être assassiné. Elle rappelle également que tout le monde sait désormais qu'il avait un frère jumeau, Aiden Vannelly, arrêté comme principal suspect. Lovelace intervient alors pour rappeler que cette arrestation repose sur des preuves extrêmement solides et qu'en l'état du dossier, Aiden serait presque certainement condamné s'il était jugé. C'est précisément cette certitude que Posie décide de renverser. À la stupeur générale, elle affirme qu'Aiden est innocent et qu'il a été victime d'une machination minutieusement préparée. Selon elle, le véritable meurtrier n'a pas seulement tué Amyas mais a aussi construit un piège parfait destiné à envoyer un homme innocent à la potence. Elle explique qu'Aiden lui-même avait fini par comprendre qu'on l'avait manipulé, mais que l'accumulation de preuves fabriquées contre lui l'avait privé de tout moyen crédible de se défendre. Lovelace, bien qu'il découvre cette théorie en même temps que les autres, garde son calme et laisse Posie poursuivre son raisonnement.
Posie revient alors aux origines de l'histoire. Elle raconte qu'Amyas, adopté très jeune, ignorait presque tout de sa mère biologique, alors que celle-ci avait suivi son existence de loin avec une admiration silencieuse. Son frère Aiden, resté auprès d'elle, avait longtemps souffert de cette séparation avant de finir par accepter son destin. Après la mort de leur mère, il avait voulu entrer en contact avec Amyas de manière discrète, en lui envoyant régulièrement des cartes postales de Whitley Bay comme autant d'indices sur sa propre vie, dans l'espoir que son frère comprenne leur signification. Rufus et Selwyn Pickle tournent cette idée en dérision, mais Posie insiste sur le fait qu'il s'agissait du seul véritable geste entrepris par Aiden envers son frère. Au même moment, explique-t-elle, Amyas entamait lui aussi une nouvelle existence. Depuis le début de l'année, il s'était installé avec sa maîtresse Olga, qui attendait leur enfant, et envisageait un avenir différent de celui qu'il menait jusque-là. Ces révélations provoquent un profond malaise parmi l'assistance, particulièrement chez Lady Antonia, Lord Justice Roade et plusieurs juristes présents, choqués que ces détails intimes soient évoqués publiquement. Posie poursuit néanmoins sans hésiter. Elle affirme que le meurtrier observait cette évolution et comprit qu'elle menaçait directement son propre bonheur et les projets qu'il avait bâtis. La découverte des cartes postales de Whitley Bay lui fournit alors un moyen idéal de détourner les soupçons. Lovelace comprend aussitôt le mécanisme. Le criminel a retrouvé l'expéditeur des cartes, identifié Aiden, puis imaginé toute une mise en scène destinée à faire croire qu'un frère abandonné, nourrissant depuis toujours de la rancœur, avait finalement décidé de tuer son jumeau. Sheila s'étonne qu'un meurtrier consacre autant d'efforts à un plan aussi complexe alors qu'un assassinat plus simple aurait été possible. Posie répond que cette complication était précisément indispensable. Il fallait détourner définitivement l'attention de toute personne susceptible de regarder du côté de l'entourage immédiat d'Amyas. Une histoire de vengeance fraternelle, soigneusement construite, constituait une diversion beaucoup plus convaincante qu'un mobile intime lié à la vie londonienne de la victime. William Dawney reconnaît alors que lui-même, lorsqu'il recherchait l'expéditeur des cartes, n'avait jamais réussi à retrouver Aiden avant le drame.
Posie décrit ensuite la manière dont le véritable meurtrier a exploité toutes les informations recueillies auprès d'Aiden. Après avoir localisé le jumeau à Whitley Bay, il l'a écouté raconter son histoire familiale afin de reproduire ensuite fidèlement certains détails. Il s'est familiarisé avec sa maison et a commencé à lui envoyer des billets anonymes de plus en plus menaçants. Ces messages, rédigés à la main et déposés directement, évoquaient constamment la mer, l'eau salée, les secrets enfouis et la mère biologique d'Amyas. Posie souligne toutefois que leur auteur ne connaissait pas parfaitement l'histoire familiale puisqu'il attribuait à Amyas une culpabilité envers sa mère qu'il n'avait jamais réellement pu éprouver, ayant été séparé d'elle dès son plus jeune âge. Ce détail trahit une connaissance superficielle des faits. William Dawney comprend alors que cette obsession de l'eau servait également à préparer l'utilisation de l'acide nitrique qui avait joué un rôle dans le meurtre. Posie confirme cette intuition. Elle explique que lorsque le moment est venu de tuer Amyas, le meurtrier s'est assuré qu'Aiden quitterait Whitley Bay pour Londres au moment opportun, pendant que son domicile était discrètement investi afin d'y déposer des vêtements compromettants, des produits chimiques et de nouvelles lettres de menace destinées à l'accuser. Rufus raille Posie en insinuant qu'elle se croit plus intelligente que le criminel, mais elle répond qu'elle n'a pu parvenir à cette reconstitution qu'en combinant les confidences d'Aiden avec les nombreuses incohérences qu'elle avait relevées. L'une d'elles concernait précisément la raison de son voyage à Londres. Aiden lui avait dit qu'il était venu parce que le moment était enfin venu de rencontrer son frère, mais cette explication ne tenait pas puisqu'il aurait pu entreprendre cette démarche plusieurs mois auparavant. Posie comprend désormais que le calendrier avait été entièrement imposé par le meurtrier. Elle révèle également avoir vérifié les réservations ferroviaires. Les billets d'Aiden avaient été achetés plusieurs semaines avant les faits, en espèces, à Londres, par une femme inconnue. De plus, Aiden lui avait laissé entendre que sa maison avait été visitée en son absence, sans jamais oser développer davantage devant la police. William Dawney demande pourquoi il n'a pas dénoncé ces éléments pour se défendre. Posie suppose qu'il se croyait perdu face à l'accumulation des preuves fabriquées contre lui et qu'on l'avait également réduit au silence en le menaçant de révéler publiquement un aspect compromettant de la vie d'Amyas. Son regard se tourne alors vers Rotha Lintorn-Orman lorsqu'elle avance que cette menace concernait probablement les liens d'Amyas avec le Parti fasciste britannique, même si ceux-ci relevaient en réalité de ses activités clandestines. Rotha demeure silencieuse tandis que Lord Justice Roade se lève avec indignation, dénonçant un discours fondé uniquement sur des suppositions et reprochant à Lovelace de cautionner une telle démonstration. Il exige que la réunion cesse afin que chacun puisse enfin rendre hommage à Amyas. Posie lui répond avec une virulence inattendue que cette affaire le concerne personnellement et qu'il porte une part de responsabilité dans ce qui est arrivé.
Face à la colère de Lord Justice Roade, Posie dévoile enfin ce qui a provoqué son illumination pendant les funérailles. Ce n'est ni l'histoire des jumeaux, ni les cartes postales, ni la mer, ni les faux indices qui constituent le véritable cœur de l'affaire. Tous ces éléments n'étaient que des écrans de fumée destinés à détourner l'attention. En entendant l'évêque déclarer au cours de son homélie qu'Amyas n'était pas un homme religieux, elle a soudain compris que cette remarque anodine révélait la véritable logique du crime. L'évêque confirme paisiblement qu'Amyas fréquentait très peu l'Église, sans comprendre où Posie veut en venir. Lovelace lui-même avoue ne pas encore saisir le lien entre cette observation et le meurtre. Posie explique alors qu'il faut abandonner toutes les fausses pistes qui ont occupé l'enquête depuis le début. Selon elle, les véritables moteurs de cette tragédie sont l'ambition et la religion, deux forces étroitement liées dans cette histoire. C'est seulement en revenant à ces fondements que le meurtre d'Amyas Lyle peut enfin être compris dans toute sa logique.
37.Le masque de Dawney tombe
Posie poursuit méthodiquement son raisonnement devant l'assemblée réunie après les funérailles d'Amyas Lyle. Elle rappelle qu'un détail confié par Dr Dawney quelques jours auparavant, selon lequel Amyas avait évoqué un divorce, a complètement changé sa compréhension de l'affaire. Cette intention ne s'était jamais concrétisée juridiquement, mais elle révélait qu'Amyas était résolu à quitter définitivement son ancienne existence pour construire une nouvelle vie avec Olga et leur enfant à naître. Posie explique également qu'Amyas avait préparé un nouveau testament en faveur d'Olga et du bébé, excluant Lady Antonia et les jumeaux, mais qu'il avait été assassiné avant de pouvoir le signer. Cette découverte permet de comprendre pourquoi le meurtrier a choisi d'agir précisément à ce moment-là. Tant que le mariage demeurait intact, certains projets restaient possibles, mais un divorce imminent menaçait de détruire des ambitions soigneusement entretenues depuis des années. Lorsque Rotha Lintorn-Orman minimise l'importance d'un divorce, Posie répond que ce n'est pas la séparation elle-même qui était dangereuse, mais les secrets qu'elle aurait révélés et les conséquences qu'elle aurait eues sur les projets du véritable assassin. Elle revient ensuite sur l'intérêt soudain d'Amyas pour ses origines biologiques. Selon elle, la grossesse d'Olga lui avait fait craindre de transmettre la maladie cardiaque dont il souffrait, ce qui l'avait poussé à rechercher des informations sur sa famille de naissance. Rufus fait remarquer qu'Amyas aurait dû s'en préoccuper lors de la naissance des jumeaux. Cette remarque permet à Posie de dévoiler une révélation encore plus stupéfiante. Les deux garçons ne sont pas les fils biologiques d'Amyas. Ils lui étaient étrangers par le sang, ce qui explique son absence d'inquiétude concernant leur santé et la distance qu'il avait toujours conservée avec eux. En repensant aux propos de Lady Antonia, qui avait affirmé qu'Amyas l'avait épousée par devoir alors qu'elle était enceinte, Posie comprend qu'il avait accepté bien davantage qu'un simple mariage de convenance. Il avait accepté d'élever les enfants d'un autre homme en échange d'une carrière exceptionnelle que Lord Justice Roade lui avait promise. Son ambition l'avait conduit à conclure ce marché, sacrifiant son bonheur personnel au profit d'une ascension professionnelle remarquable.
Le silence s'abat sur la salle lorsque Posie cherche ensuite l'identité du véritable père des jumeaux. Interrogé par le Bishop, elle explique que cet homme aimait sincèrement Antonia, appartenait au même milieu social et possédait un brillant avenir. Pourtant, le mariage n'avait jamais eu lieu pour une raison exclusivement religieuse. Antonia était protestante, tandis que cet homme appartenait à une famille catholique qui n'aurait jamais accepté une telle union. Rufus identifie soudain William Dawney comme le père des enfants, ce que Dawney nie immédiatement. Posie confirme pourtant cette intuition. Elle reconstitue leur passé commun. Étudiant et ami d'Amyas, Dawney fréquentait les mêmes réceptions mondaines où il avait rencontré Antonia. Après la grossesse, ses parents catholiques lui avaient interdit de l'épouser. Antonia avait alors été mariée à Amyas, tandis que Dawney restait discrètement présent dans leur existence. Il rendait régulièrement visite à la famille sous prétexte de voir Amyas, surveillait Antonia et ses fils, et demeurait profondément amoureux d'elle. Posie affirme qu'il lui fournissait également la cocaïne qui avait fini par l'asservir complètement, la rendant dépendante de lui. Elle pousse ensuite ses accusations beaucoup plus loin. Selon elle, Dawney dirige un vaste trafic de stupéfiants organisé grâce à un réseau de médecins corrompus répartis dans plusieurs hôpitaux. Ce commerce clandestin, associé à son goût du jeu, lui a permis d'accumuler une immense fortune. Sheila tente de le défendre, mais Posie poursuit son raisonnement. Dawney espérait désormais épouser Antonia, surtout depuis la mort de ses propres parents qui l'avait libéré de certaines contraintes familiales. Son projet initial consistait probablement à provoquer discrètement la mort d'Amyas en exploitant sa faiblesse cardiaque, mais ce plan pouvait attendre. En revanche, lorsque Dawney a compris qu'Amyas envisageait réellement le divorce, tout s'est accéléré. Lovelace saisit alors l'importance de cette révélation. Un catholique pouvait épouser une veuve, mais pas une femme divorcée. Si Amyas divorçait avant de mourir, Antonia deviendrait définitivement inaccessible à Dawney. Le meurtre devenait donc urgent.
Interrogé directement, Dawney reconnaît que la logique de Posie paraît cohérente tout en contestant sa capacité à prouver son implication matérielle. Posie reprend alors toute la mécanique du crime. Elle rappelle que Dawney avait prétendu être remonté dans le nord pour rechercher la famille biologique d'Amyas sans succès. Pourtant, comme elle-même plus tard, il avait fini par découvrir l'existence d'Aiden Vannelly. Grâce à son prestige de médecin, il avait gagné la confiance du frère jumeau, lui avait promis qu'Amyas souhaitait retrouver sa famille et lui avait donné de l'argent afin qu'il effectue le voyage vers Londres au moment choisi par le meurtrier. Pendant cette rencontre, Dawney avait observé la maison d'Aiden, son laboratoire photographique et tous les éléments qui lui permettraient ensuite de fabriquer de fausses preuves. Aiden, honteux d'avoir accepté cet argent, n'avait jamais osé raconter cette manipulation lorsque les soupçons s'étaient abattus sur lui. Lovelace objecte encore que Dawney aurait eu besoin de complices puisqu'il se trouvait officiellement à Édimbourg au moment du crime. Posie désigne alors Sheila comme la femme ayant acheté les billets de train d'Aiden sous une fausse apparence. Elle ajoute que Dawney disposait d'une multitude d'étudiants en médecine prêts à tout pour obtenir ses faveurs. L'un d'eux a probablement préparé l'acide nitrique, déguisé en porteur de Billingsgate pour livrer la caisse piégée, et rédigé les lettres de menace en croyant participer à une simple plaisanterie. Dawney lui-même aurait ensuite profité de son itinéraire vers l'Écosse pour faire un détour par Whitley Bay afin de déposer les preuves compromettantes dans la maison d'Aiden. Lady Antonia refuse toujours d'accepter cette théorie, affirmant que Dawney était l'ami d'Amyas. Posie réplique que leur amitié était purement intéressée et qu'Amyas surveillait même probablement les activités criminelles de Dawney. L'amour obsessionnel que celui-ci éprouvait pour Antonia surpassait largement toute fidélité envers son ancien camarade. Sheila, blessée, comprend alors qu'elle n'a été qu'un instrument au service de cet homme.
Pour achever sa démonstration, Posie remet enfin à Lovelace le gros livre bleu envoyé par Max avant sa disparition. Elle lui révèle que Whitehall considère désormais Max comme probablement mort et que cet ouvrage constitue une preuve capitale. À l'intérieur se trouve une carte rédigée à la hâte par Max. Celui-ci y explique que sa couverture est compromise, qu'il enquête à Édimbourg sur un vaste réseau de médecins trafiquant principalement de la cocaïne et de l'héroïne transportées dans des sacs médicaux, et qu'il faut absolument identifier leur chef. Max précise également avoir entendu ce chef se vanter d'avoir assassiné sa propre épouse grâce à un narcotique quasiment indétectable, uniquement pour pouvoir retrouver une femme qu'il aime depuis longtemps. Il demande enfin à Posie de transmettre ces informations à Thea Elleridge. Lovelace découvre que cette carte est glissée précisément à la page consacrée aux médecins dont les noms commencent par la lettre D, où figure en bonne place l'entrée détaillée consacrée au Dr William Dawney. Cette preuve transforme immédiatement les soupçons en certitude. Devant tous les témoins, Lovelace procède à l'arrestation de Dawney pour le meurtre prémédité d'Amyas Lyle, celui de son épouse Kate, la manipulation ayant conduit à l'accusation d'Aiden Vannelly, la mort présumée de l'agent infiltré Max, ainsi que pour trafic de stupéfiants. Alors que la salle demeure sous le choc, Lady Antonia découvre avec horreur que Dawney a réellement tué sa femme afin de pouvoir l'épouser. Sans la moindre honte, il lui avoue que tous les obstacles disparaissaient progressivement et qu'il aurait également fini par éliminer son père. Lord Justice Roade explose de colère, l'accusant d'avoir détruit la vie de sa fille en l'enfermant dans la drogue et la dépendance. Dawney reste pourtant parfaitement calme, convaincu d'avoir toujours agi pour le bien d'Antonia et persuadé qu'elle aurait fini par devenir son épouse. Alors que Constable Fox s'avance pour le menotter, Posie comprend que les événements prennent une tournure qu'elle n'avait absolument pas anticipée, annonçant que deux faits imprévus vont immédiatement bouleverser la situation.
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39.Un avenir enfin apaisé
Une semaine après les événements qui ont bouleversé leur vie, Londres retrouve peu à peu son activité habituelle tandis que l'été semble toucher à sa fin. Les Londoniens reviennent de vacances écourtées par la pluie, les rues et les transports se remplissent de travailleurs, et la ville reprend son rythme quotidien. Pourtant, derrière cette apparente normalité, les conséquences de l'affaire récente continuent de peser sur Posie. William Dawney, transporté à l'hôpital après avoir été blessé par Rufus, est dans un état critique après avoir contracté une septicémie à la suite de la perte de sa main. Personne ne sait s'il survivra, s'il reprendra conscience ou s'il pourra être jugé. Lovelace pense même qu'il pourrait être considéré comme irresponsable de ses actes en raison de son état mental. De son côté, Aiden Vannelly, officiellement innocenté du meurtre de son frère jumeau par Scotland Yard, reste lui aussi entre la vie et la mort. Posie lui rend visite à l'hôpital Guy's et observe qu'il semble malgré tout avoir trouvé une certaine sérénité. Le livre bleu contenant les informations compromettantes a été remis à 66 Whitehall, entre les mains de Thea Elleridge, qui doit enquêter sur le trafic de médicaments et les médecins impliqués. En revanche, aucune nouvelle de Max ne parvient à Posie, qui commence à accepter qu'elle pourrait ne plus jamais entendre parler de lui.
Malgré les perspectives professionnelles qui s'offrent à elle, Posie n'arrive pas à retrouver son équilibre. Elle apprend avec bonheur les fiançailles du sergent Rainbird et de Prudence Smythe, mais ne parvient pas à se réjouir pleinement de la célébration prévue en leur honneur. Deux nouvelles affaires arrivent pourtant sur son bureau, l'une concernant la disparition d'un mannequin, l'autre une demande d'enquête sur une maison récemment construite qui serait hantée. Ces dossiers pourraient lui permettre de reprendre son activité et de gagner de l'argent, mais son esprit reste ailleurs. La carte postale de San Gimignano, envoyée par Jacinta Glaysayer et proposant un séjour en Toscane, attire toujours son attention, et Posie commence à envisager sérieusement de quitter Londres quelque temps pour changer d'air. Ses journées restent cependant dominées par une inquiétude persistante, tandis que ses nuits sont hantées par un même rêve. Elle se retrouve à Cambridge, à l'âge de dix-huit ans, mais cette fois sa rencontre avec Amyas Lyle se déroule comme elle l'avait espéré. Elle marche avec lui sur King's Parade, heureuse, tandis que son frère Richard lui crie quelque chose derrière elle sans qu'elle puisse comprendre ses paroles. Chaque matin, elle se réveille en sueur, obsédée par ce message impossible à entendre. Elle croit même percevoir la voix de Richard dans les couloirs, dans la ru
40.Repères historiques et libertés romanesques
Cette note historique présente les choix documentaires qui accompagnent le roman et explique la part de réalité et de fiction dans son univers. L’autrice précise que les personnages sont inventés, sauf lorsqu’ils sont explicitement mentionnés comme existants, mais que les dates, les événements politiques, les conditions météorologiques et de nombreux lieux correspondent à la réalité historique. Elle présente notamment Amyas Lyle comme un barrister, terme anglais désignant un avocat plaidant, qui dirige un ensemble fictif de chambres d’avocats au 20 Old Square à Londres, alors que Lincoln’s Inn et Old Square sont de véritables lieux. Elle explique également l’usage du titre de King’s Counsel dans le contexte de 1924, ainsi que celui de l’expression Great War pour désigner la Première Guerre mondiale. L’autrice précise que Richard Lovelace est appelé Inspector Lovelace dans le récit bien qu’il soit en réalité Chief Inspector, afin de conserver une narration plus naturelle, et rappelle que les adresses londoniennes de Posie, à Grape Street et Museum Chambers, s’inspirent de lieux existants.
Les premières notes détaillent le contexte général de l’année 1924. Le temps décrit dans le roman correspond aux variations climatiques de juillet 1924 en Angleterre, avec une période initiale de chaleur extrême suivie d’un temps froid, pluvieux et orageux. Certains éléments du décor sont confirmés comme historiquement plausibles, comme les parties de tennis organisées dans Lincoln’s Inn Fields dans les années 1920 ou l’existence d’Ede and Ravenscroft, fournisseur de perruques et robes juridiques à Londres. D’autres détails sont signalés comme des inventions ou des adaptations artistiques, notamment le Copper Kettle de Cambridge, qui n’existait pas encore en 1924. La note rappelle aussi que les Jeux olympiques de Paris de 1924 ont réellement eu lieu durant cette période, avec les victoires des athlètes britanniques Harold Abrahams et Eric Liddell, plus tard rendues célèbres par le film Chariots of Fire. L’autrice replace également certaines références politiques du roman dans leur contexte, notamment la création du British Fascist Party en 1924 par Rotha Lintorn-Orman et l’influence grandissante des mouvements fascistes européens. Elle explique que le procès d’Adolf Hitler en février 1924, après sa tentative avortée de renverser la République de Weimar, lui permit d’obtenir une importante visibilité publique et attira l’attention des gouvernements sur les activités des groupes fascistes.
La note poursuit avec des explications sur différents aspects de la société britannique des années 1920. L’expression silly season est définie comme la période estivale où les journaux, en l’absence de grandes actualités politiques ou judiciaires, publiaient souvent des informations secondaires, des rumeurs ou des histoires sensationnelles. L’autrice précise aussi que l’introduction de moutons dans certains espaces verts de Londres était une pratique réelle destinée à réduire les coûts d’entretien. Elle identifie l’origine du parapluie jaune en soie de Posie, fabriqué par Thomas Brigg and Son, et donne des informations sur plusieurs lieux médicaux du roman. Le Royal Waterloo Hospital for Children and Women, où Olga Karloff est admise, a réellement existé avant de fermer en 1976. Le French Hospital de Londres, où travaille le docteur Dawney, était également un véritable établissement destiné aux étrangers nécessitant des soins, modernisé avant la Grande Guerre puis utilisé pendant le conflit. L’autrice souligne aussi que le système d’adoption britannique de l’époque était très insuffisant : les adoptions existaient mais n’accordaient aucun véritable droit aux enfants ou aux familles adoptives, ce qui provoqua des appels à une réforme avant l’adoption d’une loi en 1926.
Les dernières notes concernent surtout les lieux et les détails culturels utilisés dans la seconde partie du roman. L’autrice évoque Gordon’s Wine Bar à Londres, les Fish Porters de Billingsgate et leur uniforme caractéristique comprenant un chapeau de cuir spécial appelé bobbin hat. Elle explique que certains lieux de Whitley Bay sont réels, tout en précisant les libertés prises avec leur histoire. Le Rendezvous Café, célèbre établissement art déco, n’existait pas encore en 1924 sous cette forme et son apparition dans le récit relève donc d’une adaptation romanesque. Le Margaret Hotel est entièrement fictif, contrairement au Rex Hotel, qui était alors considéré comme le meilleur hôtel de Whitley Bay. La Spanish City est présentée comme un lieu authentique dont l’histoire générale est respectée : en 1924, elle connaissait son âge d’or avec son Empress Ballroom, ses spectacles et ses émissions radiophoniques. Toutefois, les événements liés à sa direction et les personnages qui y sont associés dans le roman sont des créations de fiction. L’autrice indique avoir néanmoins cherché à respecter l’architecture et l’organisation intérieure du bâtiment. Elle précise enfin que Bane Castle est imaginaire, même s’il s’inspire des châteaux de la côte du Northumberland, et que la chapelle de Lincoln’s Inn, où se déroule l’enterrement d’Amyas Lyle, est un véritable édifice historique conçu par Inigo Jones. La tradition de faire sonner une cloche en hommage à un barrister décédé est également réelle, bien que son placement le jour des funérailles ait été modifié pour les besoins du récit.
41.Remerciements et présentation de l’autrice
Cette section remercie les lecteurs d’avoir accompagné Posie Parker et ses amis, encourage les avis sur le livre et indique où trouver les autres enquêtes de la série ainsi que les actualités liées aux prochaines parutions. Elle présente également L B Hathaway, autrice britannique de fiction historique formée à Cambridge et ancienne avocate à Lincoln’s Inn, en évoquant son parcours, ses passions et la série Posie Parker qui mêle mystères des années 1920, ambiance de l’âge d’or du crime et héroïne indépendante.
42.Portrait d’une autrice passionnée
Cette présentation biographique décrit le parcours de L B Hathaway, autrice britannique de romans historiques formée à Cambridge. Avant de devenir écrivaine à plein temps, elle a travaillé pendant près de dix ans comme avocate à Lincoln’s Inn à Londres. Passionnée depuis toujours par les romans policiers de l’âge d’or du crime et admiratrice d’Agatha Christie, elle puise également son inspiration dans de nombreux centres d’intérêt comme le ski alpin rapide, le théâtre, l’histoire des Tudor, les châteaux et les découvertes culturelles.
L’autrice vit en Suisse avec son mari et sa jeune famille. Sa série Posie Parker, composée de romans policiers chaleureux situés dans les années 1920, associe une enquête centrale, l’atmosphère élégante et audacieuse de cette époque ainsi qu’une héroïne vive et attachante que les lecteurs pourraient apprécier comme une amie proche. La présentation invite enfin les lecteurs à suivre L B Hathaway à travers ses différents espaces en ligne pour découvrir ses actualités, ses nouvelles publications et ses offres spéciales.
