Dans le quartier populeux de Saint Antoine à Paris, le vin aigre du cabaret de Monsieur Defarge rassemble des hommes silencieux et taciturnes qui murmurent et observent l'atmosphère tendue des rues. Madame Defarge préside imperturbablement le comptoir, occupée à son tricot incessant pendant que les clients boivent ou dessinent des figures énigmatiques. Vers midi, Monsieur Defarge arrive enfin, accompagné d'un modeste cantonnier coiffé d'un bonnet bleu et venu de sa province lointaine. Les habitués du lieu les accueillent dans un silence lourd avant que certains ne sortent discrètement pour observer les environs. Monsieur Defarge conduit ensuite le cantonnier et trois conjurés dans un grenier isolé, le même lieu où un vieillard fabriquait autrefois des souliers. Dans cette assemblée clandestine aux allures de tribunal secret, le cantonnier est invité à raconter par le menu les événements dont il a été le témoin un an auparavant sur sa route de village.
Le cantonnier relate avec force détails comment il a vu le marquis et son carrosse, ainsi que l'homme grand comme un spectre suspendu sous la voiture, qui fut plus tard capturé, emprisonné et pendu de manière spectaculaire à une haute potence au-dessus du village. Tout le monde écoute ce récit macabre avec une intensité sombre, tandis que les conjurés, désignés par les pseudonymes de Jacques un, deux et trois, évaluent la gravité des faits. Monsieur Defarge et ses complices décident alors d'inscrire formellement le château du marquis et toute sa lignée sur leur registre secret, consigné par les symboles invisibles et indélébiles tricotés par Madame Defarge. Le cantonnier, bien que naïf et impressionnable, est pris en charge par Defarge qui veille à ce qu'il ne comprenne pas la portée réelle de ces manœuvres tout en le préparant aux événements à venir.
Quelques jours plus tard, le cantonnier est emmené par Monsieur et Madame Defarge à Versailles pour assister aux somptueuses réjouissances de la cour royale. Madame Defarge continue de tricoter ostensiblement dans les transports publics et au milieu de la foule immense rassemblée pour apercevoir le carrosse du roi et de la reine. Ébloui par le faste, les bijoux et l'élégance de la noblesse, le cantonnier se laisse emporter par l'enthousiasme général et crie sa joie avant d'être recadré par ses accompagnateurs. Monsieur Defarge lui explique habilement que cette apparente adoration sert à abuser les puissants pour les rendre plus arrogants et hâter leur chute prochaine. Madame Defarge compare le peuple crédule à des oiseaux ou des poupées qu'on dépouille pour son propre avantage, confirmant que le piège se referme inexorablement sur la cour insouciante.