Épuisé par une longue veille, monsieur Lorry s'endort au poste de garde avant d'être réveillé par le soleil matinal. En regardant dans la pièce du docteur Manette, il constate avec stupéfaction que le banc et les outils de cordonnerie ont disparu et que le docteur lit calmement près de la fenêtre. Après un premier moment d'incertitude, il réalise que son ami a pleinement recouvré ses esprits après une rechute de neuf jours et nuits. Mademoiselle Pross confirme la situation, et tous deux conviennent d'attendre l'heure du petit-déjeuner pour aborder le médecin comme si de rien n'était.
Durant le repas, le docteur Manette se montre mesuré et lucide, bien qu'il croie d'abord que le mariage de sa fille a eu lieu la veille. Une fois le déjeuner terminé, monsieur Lorry consulte habilement le docteur en présentant le cas sous couvert d'un cher ami anonyme. Le docteur Manette analyse la situation avec perspicacité, expliquant que cette rechute a été déclenchée par la réactivation d'associations d'idées douloureuses liées à son ancien traumatisme. Il se montre toutefois optimiste pour l'avenir, estimant que les circonstances susceptibles de provoquer une telle crise sont désormais épuisées et que le surmenage intellectuel ne risque pas de déclencher un nouvel épisode.
Abordant ensuite la question délicate du maintien de l'établi, monsieur Lorry suggère de s'en débarrasser pour éliminer toute tentation ou peur persistante. Le docteur Manette, après une vive hésitation et trahissant la terreur secrète d'abandonner ce vieux compagnon qui l'a autrefois soulagé, finit par céder au nom de sa fille et donne son accord. Le quatorzième jour, le docteur part rejoindre Lucie et son mari. Le soir même, monsieur Lorry et mademoiselle Pross détruisent méthodiquement le banc de cordonnerie, brûlent les morceaux dans la cheminée et enterrent les outils dans le jardin, agissant avec un tel secret qu'ils se sentent presque comme des complices de crime.