Amulets and Alibis: A Historical Mystery Romance in 1920s Egypt — Résumé 🇫🇷 Français
La folie de la convergence
Clarissa et Hassan avancent difficilement dans la chambre intérieure du temple, désormais largement inondée, tandis que la résonance harmonique est devenue une souffrance physique presque insupportable. Les vibrations traversent leurs corps, la pression acoustique menace leurs tympans et les anciennes colonnes présentent déjà des fissures inquiétantes. Ils découvrent le professeur Montague installé sur une plateforme au centre de la salle, entouré des artefacts retrouvés au fil de leur enquête. Le bâton de mesure, les tablettes, le sistre et les autres objets sont disposés selon une figure géométrique précise autour du disque circulaire incrusté de lapis-lazuli, disparu près de six semaines plus tôt au matin du solstice d’hiver. Mrs. Pemberton est toujours attachée à un pilier antique, bâillonnée et incapable de se défendre. Clarissa fait discrètement signe à Hassan de rester hors de vue afin qu’il puisse tenter de rejoindre le panneau de contrôle. Montague, sans même se retourner, annonce qu’il attendait leur arrivée et révèle qu’il avait calculé avec précision le temps qu’il leur faudrait pour atteindre cette salle. Lorsqu’il fait enfin face à Clarissa, celle-ci découvre un homme dont l’intelligence brillante s’est transformée en obsession délirante. Il affirme qu’elle aurait été sa meilleure élève et qu’il souhaitait qu’elle soit le témoin privilégié de l’aboutissement de toute sa carrière. Refusant de flatter sa folie malgré les recommandations de Quinn, Clarissa lui répond que ce qu’il appelle un accomplissement ressemble surtout à la destruction imminente du temple. Elle lui montre les fissures qui parcourent déjà les colonnes, mais Montague balaie ses inquiétudes en prétendant que la pierre s’adaptera aux fréquences. Clarissa réplique avec colère qu’une structure vieille de trois mille ans ne peut supporter un tel traitement et qu’elle s’effondrera inévitablement. Pendant qu’ils discutent, elle tente de gagner du temps afin de permettre à Hassan de s’approcher des commandes capables d’interrompre le processus.
En observant les motifs géométriques dessinés par les vibrations dans le sable, Clarissa comprend soudain que les artefacts ont été disposés conformément au schéma représenté sur le disque central. Montague accueille cette déduction avec enthousiasme et explique que Jasper Thorne avait lui aussi compris l’importance de cette pièce, même s’il s’était trompé en la qualifiant de Sphère astrale alors qu’il s’agit simplement d’un disque. Clarissa l’accuse ensuite d’avoir orchestré le vol du disque par Harrison Foster dans le domaine de Lady Blackwood et d’être responsable de la mort d’Elias Hawke. Montague admet que Foster n’était qu’un outil entre ses mains et que Hawke n’était qu’un autre pion, tout en niant avoir personnellement commis ce meurtre, laissant entendre qu’une autre membre de son organisation s’en est chargée. Clarissa relie alors toute l’affaire à la palette de scribe disparue lors de sa fouille à Gizeh. Montague confirme que cette découverte constitue l’origine de tout son projet. Il raconte que Clarissa avait identifié la palette comme appartenant au scribe Amenemhat, ce qui lui avait révélé son exceptionnelle perspicacité. Sutherland avait également compris une partie de son importance avant de transmettre l’objet à Hawke, qui le lui avait finalement remis. Montague révèle alors qu’Amenemhat n’était pas un simple scribe, mais un gardien d’un savoir sacré. Tous les objets retrouvés provenaient de son atelier et partageaient une caractéristique unique, l’emploi de véritable pigment de lapis-lazuli plutôt que du traditionnel bleu égyptien. Selon lui, Amenemhat avait fabriqué chacun de ces artefacts comme une composante d’un système unique destiné à être reconstitué uniquement par une personne capable d’en comprendre le sens. Persuadé d’être cet héritier légitime, Montague affirme avoir consacré des années à réunir ces pièces en utilisant tous les moyens nécessaires. Clarissa comprend alors que l’Opération Indigo était son œuvre. Grâce à ses fonctions dans les services de renseignement britanniques, il avait mobilisé des ressources officielles pour retrouver les véritables artefacts, les remplacer par des copies et financer secrètement ses recherches. Il se réjouit même de l’ironie d’avoir utilisé les moyens du gouvernement pour restaurer un savoir que celui-ci cherchait, selon lui, à maintenir caché.
Clarissa poursuit son interrogatoire afin de maintenir Montague occupé tout en surveillant discrètement l’aiguille de son appareil, qui continue de grimper vers une zone critique. Montague reconnaît qu’il est à l’origine de son invitation à bord de la croisière et du contact avec Bradford. Depuis longtemps, il admire les méthodes de Clarissa pour authentifier les pigments anciens et espérait la convaincre d’abandonner l’archéologie académique afin de rejoindre son entreprise. Interrogé sur Quinn, il révèle avec amusement que celui-ci dépend indirectement de son autorité au sein des multiples ramifications des services britanniques et que l’Opération Indigo possède une influence bien plus vaste que Quinn ne peut l’imaginer. Clarissa l’interroge ensuite sur les nombreux meurtres. Montague les qualifie froidement de sacrifices regrettables mais indispensables. Faraj avait découvert la séquence mathématique reliant les artefacts et devait être réduit au silence. Mullen menaçait de révéler leurs travaux avant leur aboutissement. Quant à Albert Pemberton, il s’opposait aux modifications apportées au temple et voulait les dénoncer. Même la douleur de Mrs. Pemberton ne suscite chez lui aucun remords. Il affirme que tout grand progrès implique des risques et annonce que les autres membres de la Fraternité arriveront bientôt pour assister à leur réussite. Clarissa aperçoit alors Hassan progresser discrètement vers le panneau de contrôle et redouble d’efforts pour retenir l’attention de Montague. Celui-ci annonce que Lord Ashford, le colonel Hartwell, le docteur Waverly et les autres membres sont attendus dans quelques minutes. Selon lui, lorsque la fréquence harmonique atteindra le seuil indiqué par son appareil, le phénomène deviendra irréversible. Profitant de son orgueil, Clarissa lui demande de présenter une dernière fois sa théorie comme s’il donnait un cours.
Montague retrouve aussitôt le ton passionné du professeur qu’il fut autrefois et explique que les anciens Égyptiens auraient conçu ces salles comme de véritables instruments de résonance. Chaque artefact contient des rapports mathématiques précis et leur assemblage crée un système harmonique capable de produire une puissance exceptionnelle. Lorsque Clarissa lui demande quel est le véritable objectif de cette puissance, il répond qu’elle permettra une transformation de la conscience et ouvrira l’accès à un savoir inaccessible par les moyens ordinaires. Pour lui, la convergence harmonique constitue une révélation dépassant les limites humaines. Clarissa répond avec ironie en évoquant la possibilité de détacher Mrs. Pemberton pour assister à cet instant, mais leur échange est interrompu par l’arrivée progressive des autres participants. Le docteur Waverly pénètre dans la chambre dans un état proche de la transe, les yeux perdus, récitant sans cesse des suites mathématiques qui résonnent avec les vibrations du temple. Marcus la suit, bouleversé, et la supplie de quitter immédiatement les lieux en lui rappelant que l’édifice est en train de s’effondrer. Waverly refuse de l’écouter, convaincue qu’ils sont au seuil d’une transcendance unique. Lord Ashford arrive à son tour et perd son calme en constatant l’ampleur des dégâts. Il reproche à Montague d’avoir dépassé tout ce qui avait été envisagé, mais celui-ci lui répond avec assurance que les pierres retrouveront leur stabilité une fois la convergence accomplie, persuadé que les anciens maîtrisaient parfaitement ces principes. Depuis le couloir obscur, le colonel Hartwell résume la situation en dénonçant une folie absolue. Au même instant, l’indicateur de résonance franchit le seuil de quatre-vingts pour cent, confirmant que le processus approche rapidement d’un point critique tandis que la tension atteint son maximum.