Dans le village ennuyeux de Claquebue, Jules Haudouin voit naître dans son écurie une jument totalement verte, un événement extraordinaire qui bouleverse la torpeur locale. La nouvelle provoque un tel enthousiasme que plusieurs vieillards meurent de rire ou d'apoplexie, inaugurant une série de décès insolites dans la commune. L'animal attire rapidement la curiosité des environs, enrichit le maquignon et redynamise la vie du village.
La réputation de la bête parvient jusqu'à Paris, incitant même l'Empereur à rendre visite à la ferme lors de son passage dans la région. Séduit par la propriétaire des lieux, le souverain accorde à Haudouin des promesses politiques qui lui permettent de devenir maire et de prospérer durablement. Malgré les décennies, les guerres et les bouleversements politiques, la famille Haudouin continue de s'enrichir et d'asseoir son influence locale.
Après la mort de la jument, un portrait peint par un artiste de passage conserve la mémoire de l'animal dans la salle à manger familiale. Ce tableau, doté d'une conscience mystérieuse, observe attentivement les mœurs et la vie intime de quatre générations de Haudouin. À travers ce regard immobile, le texte dévoile les traditions érotiques, les superstitions paysannes et la pruderie religieuse qui rythment la vie conjugale et quotidienne des habitants de Claquebue.