Marcel Aymé

10. Le départ pour Claquebue

La jument verte — Résumé 🇫🇷 Français

Sur le chemin de la gare, la famille Haudouin se dirige vers le train dans une atmosphère de préparatifs et de tensions familiales. Les garçons marchent en avant en échangeant des propos sur l'école et sur leurs camarades, tandis que le vétérinaire discute avec sa femme d'un projet politique local impliquant leur fille Lucienne. Ferdinand espère que Lucienne jouera de l'harmonium à l'église de Claquebue pour envoyer un signal favorable aux cléricaux et s'assurer des appuis en vue des élections. Hélène, bien qu'ennuyée par ces manœuvres, accepte de jouer un rôle sentimental auprès d'Honoré pour faire avancer la carrière de son fils Frédéric. Dans le compartiment du train cahotant, chacun se perd dans ses réflexions et ses songes intimes. Lucienne s'inquiète de sa robe blanche et de ses bas de coton tout en calculant comment se confesser pour satisfaire ses maîtresses de pension. Ferdinand se laisse emporter par une rêverie grandiose où il s'imagine en chef militaire et en protecteur de la patrie acclamé par les fidèles. Antoine repense amoureusement à la petite Jasmin tout en subissant l'humeur cassante et le regard sévère de son père. Hélène, quant à elle, repense secrètement au lieutenant de hussards Galais et à ses anciens rêves romanesques d'officiers. À l'arrivée à Valbuisson, la famille est accueillie par Mainehal, un débiteur nonchalant qui annonce d'emblée qu'il ne pourra pas payer ce qu'il doit. Tout le monde s'installe ensuite dans la carriole pour achever le trajet. Agacé par l'attitude silencieuse d'Antoine, le vétérinaire l'interroge brusquement sur l'histoire de France afin de le punir de sa rêverie. Acculé et retenant ses larmes, Antoine finit par murmurer la date exacte des traités de Westphalie pour échapper à la colère paternelle.