Marcel Aymé

9. La lettre et la tournée de Déodat

La jument verte — Résumé 🇫🇷 Français

Dans son bureau, le vétérinaire rédige avec soin une longue lettre destinée à son frère Honoré. Il y défend l'idée d'une union politique pragmatique autour du général Boulanger afin de faire face au péril de la guerre, quitte à soutenir un candidat de compromis comme Z... pour la mairie de Claquebue. Il tente également de justifier et de relativiser l'attitude de cet homme compromettant ainsi que le drame vécu par leur mère durant l'occupation, avant de confier sa missive à la poste avec une pointe d'anxiété. Pendant ce temps, le facteur Déodat effectue sa tournée matinale vers Claquebue d'un pas régulier et méthodique. Tout en marchant, il philosophe sur la noblesse de son métier, salue les habitants avec bienveillance et lit une lettre à la veuve Dominé qui ne sait pas déchiffrer les nouvelles de sa fille Angèle. Son professionnalisme et son allure posée caractérisent son habitude de servir le village. En approchant de Claquebue, Déodat tombe sur une troupe d'enfants en train de se disputer violemment à propos d'un oiseau aperçu dans la haie. La querelle dégénère rapidement en insultes politiques entre les partisans de la République et les cléricaux. Subitement emporté par la ferveur et l'ambiance belliqueuse de la bagarre, le paisible facteur oublie sa dignité professionnelle, se joint aux jeunes républicains et participe activement aux échauffourées en rossant Tintin Maloret. La bataille apaisée, Déodat reprend ses esprits et réalise qu'il a perdu une lettre dans la cohue. Les enfants se mettent alors à fouiller les fossés et les buissons pour retrouver le courrier égaré, tandis que leurs adversaires s'éloignent en reprenant leurs chants provocateurs au loin. La lettre égarée et les tourments du vétérinaire Déodat, découvrant la disparition de sa meilleure lettre, interroge les jeunes du village et apprend par Jude Messelon et Clotilde Haudouin que Tintin Maloret l’aurait volée. Malgré sa nature paisible de facteur, il perd patience et court affronter l'accusé avant de se confier à Juliette Haudouin, qui le conseille avec pragmatisme. Déodat se rend alors chez Zèphe Maloret pour réclamer le courrier perdu. Bien qu'une fouille minutieuse de Tintin ne donne aucun résultat, le père du garçon le soumet à un châtiment sévère dans l'écurie pour le contraindre à dire la vérité sur son acte. La narration s'oriente ensuite vers la psychologie complexe d'Honoré, qui savoure l'amour paternel à travers ses enfants turbulents, y voyant le prolongement de ses propres désirs et joies de vivre. Cette conception naïve et spontanée de la famille contraste violemment avec la pudeur maladive et les tourments moraux de son frère Ferdinand, le vétérinaire. Ce dernier, hanté par des obsessions secrètes, la peur du péché et le souvenir de sa propre jeunesse troublée, s'épuise à persécuter sa femme et ses enfants sous le joug d'une rigueur excessive et d'une suspicion permanente. Incapable de trouver l'apaisement spirituel malgré ses voyages lointains et ses confessions infructueuses auprès de prêtres distraits, le vétérinaire s'enferme dans une rigueur maniaque. Il surveille ses fils Antoine et Frédéric ainsi que sa fille Lucienne avec une sévérité intolérable, espérant racheter par une respectabilité de façade les fantômes impurs qui hantent son imagination. Cloué par une angoisse intérieure constante, il impose à sa maisonnée un climat de morosité étouffante où personne n'échappe à son regard inquisiteur et soupçonneux. Le silence de fin de chapitre Le texte s'achève sur la conclusion de cette section romanesque, marquant la fermeture officielle du chapitre. Les derniers repères textuels confirment la fin de la narration en cours sans introduire de nouveaux éléments factuels ou narratifs. L'ensemble de l'extrait se résume ainsi à la transition textuelle finale.