Le récit s'ouvre sur une vaste description du Far West, un immense océan de verdure et une nature primitive aux harmonies saisissantes.
Ce paysage grandiose mais redoutable abrite une flore luxuriante et une faune variée où se côtoient bisons, chevaux sauvages, prédateurs et reptiles venimeux sous le regard des aigles. Dans ce désert, l'Indien règne en maître absolu, s'opposant à l'avancée de la civilisation européenne, tandis que tout trappeur isolé s'expose à une mort certaine.
C'est dans ce décor sauvage, près du Rio-Gila, que réapparaît le Cèdre-Rouge après deux mois d'absence. Seul, épuisé et démuni, le squatter se trouve dans une situation critique : il n'a ni cheval, ni vivres, ni fusil, possédant pour unique arme un couteau presque inutile. Face à l'immensité divine du désert, ce vieux coureur des bois ressent une profonde détresse spirituelle et physique. Suivi par son fidèle chien, il marche au hasard pendant toute une journée, ignoré par les animaux sauvages qui semblent ressentir son impuissance. À la nuit tombée, sans possibilité d'allumer un feu pour éloigner les fauves, il s'attache à un arbre pour tenter de dormir, en proie aux délires de la faim et aux tourments de l'insomnie.
Le lendemain, après avoir repris sa marche sous un soleil de plomb et s'être nourri d'une racine de yuca partagée avec son chien, le Cèdre-Rouge remarque une anomalie dans la végétation. Son expérience lui permet d'identifier les traces d'une cache, un trou aménagé par les chasseurs ou les Indiens pour dissimuler leurs marchandises à l'aide de peaux de bison et de gazon arrosé. Conscient que cette découverte représente sa seule chance de salut, il s'agenouille et commence à creuser la terre avec ferveur en utilisant son couteau.
Après des heures d'un travail épuisant qui le pousse au découragement, la pointe de son couteau se brise net contre un objet métallique. Pris de frénésie, il creuse alors avec ses ongles et met au jour une peau de bison. Malgré la crainte de trouver la cache vide, il retire la protection et découvre un véritable trésor de chasseur : des trappes, des fusils, des pistolets, de la poudre, des balles et du tabac. Métamorphosé par cette fortune inespérée, le Cèdre-Rouge retrouve son audace et sa nature implacable. Il s'équipe des meilleures armes, de munitions et de harnais, puis remet méticuleusement les lieux en état par respect pour le propriétaire légitime. Armé et prêt à se venger, il s'éloigne à grands pas, laissant le narrateur s'interroger sur les événements mystérieux qui l'avaient conduit à un tel dénuement.