L auteur expose que si l art doit enraciner l individu dans son milieu social, le cœur humain oscille en permanence entre l égoïsme et la charité, reliant les profondeurs du moi à celles de l humanité. Pour parvenir à la pitié, l âme humaine doit parcourir une route difficile dont les étapes marquent le passage de l égoïsme vital à la conscience des relations sociales. La terreur naît d abord de causes extérieures telles que la magie, le destin ou des accidents fortuits, avant de devenir intérieure par la folie, la suggestion ou la quête de sensations extrêmes.
Cette exploration des angoisses conduit l homme à traverser divers états de conscience, oscillant entre l ironie nerveuse, la placidité matérielle et les tourments persistants de la superstition. En reconnaissant la misère et la souffrance chez ses semblables, l homme parvient à chasser ses propres effrayantes visions pour ne plus éprouver que de la pitié. Cette trajectoire se reflète dans l histoire de l humanité à travers la longue série des crimes commis par les simples et les gueux, alimentés par la superstition, la soif de l or ou la recherche de sensations violentes menant inévitablement vers l échafaud.
Pour tenter d abolir définitivement ces terreurs sociales et d éliminer la pauvreté, certains mouvements cherchent à refondre entièrement la société en employant la violence méthodique, l explosion raisonnée et la guillotine. Néanmoins, cet idéal utopique se heurte à la contradiction intime du cœur humain, car la pitié immédiate envers les victimes directes l emporte souvent sur la pitié abstraite pour un avenir meilleur. Ainsi, en cheminant du monde intérieur de l émotion vers l histoire collective de la terreur, l esprit comprend que les événements extérieurs font écho aux passions profondes de l âme.