
Résumé : The Odyssey / Rendered into English prose for the use of those who cannot read the original
Homer
1.Présentation de l'édition numérique de l'Odyssée
Ce texte constitue la section de présentation et les pages de garde de l'édition numérique de l'œuvre classique intitulée L'Odyssée. Il précise que le livre électronique est mis à la disposition des lecteurs situés aux États-Unis ainsi que dans la majorité des autres régions du monde. L'utilisation, la copie, la distribution ou la réutilisation de ce document sont gratuites et soumises aux termes définis par la licence Project Gutenberg. Les utilisateurs résidant en dehors des États-Unis sont invités à vérifier les lois relatives aux droits d'auteur spécifiques à leur pays avant de télécharger ou d'utiliser cet ouvrage.
Le document fournit également diverses données bibliographiques et administratives concernant cette publication numérique spécifique. L'œuvre originale a été écrite par Homère et traduite en prose anglaise par Samuel Butler afin de la rendre accessible aux personnes ne lisant pas le texte original en grec. La date de publication initiale sous forme de livre électronique remonte au premier avril 1999 avec l'identifiant numérique 1727, tandis que la dernière mise à jour mentionnée date du deux décembre 2023. Les crédits pour la préparation du fichier sont attribués à Jim Tinsley et David Widger.
Enfin, cette section comprend la table des matières détaillée du document qui s'ouvre par le début officiel du projet. Le sommaire annonce la présence d'une préface à la première édition ainsi d'une préface à la seconde édition. La structure principale de l'épopée est ensuite énumérée de manière séquentielle, couvrant l'intégralité du texte divisé du livre I au livre XXIV. La section s'achève par une mention indiquant la présence de notes de bas de page associées à l'ensemble du texte.
2.Présentation de l'édition numérique de l'Odyssée
Ce texte constitue la section de présentation et les pages de garde de l'édition numérique de l'œuvre classique intitulée L'Odyssée. Il précise que le livre électronique est mis à la disposition des lecteurs situés aux États-Unis ainsi que dans la majorité des autres régions du monde. L'utilisation, la copie, la distribution ou la réutilisation de ce document sont gratuites et soumises aux termes définis par la licence Project Gutenberg. Les utilisateurs résidant en dehors des États-Unis sont invités à vérifier les lois relatives aux droits d'auteur spécifiques à leur pays avant de télécharger ou d'utiliser cet ouvrage.
Le document fournit également diverses données bibliographiques et administratives concernant cette publication numérique spécifique. L'œuvre originale a été écrite par Homère et traduite en prose anglaise par Samuel Butler afin de la rendre accessible aux personnes ne lisant pas le texte original en grec. La date de publication initiale sous forme de livre électronique remonte au premier avril 1999 avec l'identifiant numérique 1727, tandis que la dernière mise à jour mentionnée date du deux décembre 2023. Les crédits pour la préparation du fichier sont attribués à Jim Tinsley et David Widger.
Enfin, cette section comprend la table des matières détaillée du document qui s'ouvre par le début officiel du projet. Le sommaire annonce la présence d'une préface à la première édition ainsi que d'une préface à la seconde édition. La structure principale de l'épopée est ensuite énumérée de manière séquentielle, couvrant l'intégralité du texte divisé du livre I au livre XXIV. La section s'achève par une mention indiquant la présence de notes de bas de page associées à l'ensemble du texte.
3.Origines et principes d'une nouvelle traduction
L'auteur Samuel Butler présente sa traduction en prose de l'Odyssée, conçue comme un complément à son ouvrage antérieur publié en 1897 et intitulé The Authoress of the Odyssey. Il rappelle les deux thèses principales qu'il y défendait sans avoir reçu de réfutation convaincante. Selon lui, le poème a été entièrement composé à Trapani, sur la côte ouest de la Sicile, lieu dont s'inspirent les décors de la Phéacie et d'Ithaque, tandis que les voyages d'Ulysse correspondent à un périple autour de la Sicile. La seconde thèse affirme que l'œuvre a été rédigée par une très jeune femme vivant à Trapani, qui s'est incarnée dans le récit sous les traits du personnage de Nausicaa.
Cette préface détaille également les principes méthodologiques et les choix éditoriaux adoptés pour cette édition. L'auteur explique que la conversion de la poésie en prose exige des libertés d'adaptation pour garantir la lisibilité du texte. Il illustre son propos en insérant un extrait de soixante lignes traduit par Butcher et Lang. Bien qu'il ait renoncé à utiliser des caractères typographiques distincts pour signaler les nombreux passages empruntés à l'Iliade afin de ne pas alourdir la lecture, il indique avoir déposé au British Museum des exemplaires annotés montrant ces correspondances. Il suggère aussi d'étudier le plan de la maison d'Ulysse inclus en annexe et commente la structure narrative du poème, qu'il divise en deux parties distinctes réassemblées par l'artiste originelle.
4.Ajustements et précisions de la seconde édition
Cette préface rédigée par Henry Festing Jones présente les détails entourant la renumérotation et la réimpression de la traduction de l'Odyssée par Samuel Butler. Publié à l'origine en 1900, cet ouvrage fait l'objet d'une nouvelle édition harmonisée avec les autres écrits de l'auteur. Le format des pages a été réduit pour maintenir une uniformité visuelle, tout en conservant la pagination originale grâce à l'utilisation d'une typographie plus petite. Les erreurs évidentes ainsi que les coquilles de la première publication ont été corrigées sans pour autant modifier ni moderniser le texte de fond.
Le document détaille les différentes modifications matérielles apportées à cette nouvelle mouture de l'ouvrage. L'index a été révisé et plusieurs en-têtes ont été raccourcis en tirant profit des annotations personnelles laissées par Samuel Butler dans ses propres exemplaires. Les illustrations occupent désormais une page entière chacune au lieu d'être regroupées par deux, et le plan représentant la maison d'Ulysse a été réduit. L'éditeur souligne également une évolution dans la pensée de Samuel Butler concernant une métaphore épique, comparant la manière dont l'auteur traduisait l'agitation d'Ulysse face aux prétendants dans ses différents ouvrages.
Enfin, l'auteur de la préface exprime sa gratitude envers M A T Bartholomew et M Donald S Robertson pour leur aide précieuse durant la préparation des épreuves. M Donald S Robertson a notamment vérifié et corrigé l'ensemble des citations et des références bibliographiques liées à l'Iliade et à l'Odyssée. L'éditeur conclut en rappelant les liens d'amitié historiques qui unissaient Samuel Butler au père de M Donald S Robertson lorsqu'ils étaient tous deux étudiants en art à Londres.
5.Conseil des dieux et réveil de Télémaque
Dans l'Olympe, les dieux se rassemblent en l'absence de Neptune, parti banqueter chez les Éthiopiens. Jove évoque le destin d'Égisthe, tué par Oreste pour avoir assassiné Agamemnon malgré les avertissements divins. Minerva profite de cet instant pour plaider la cause d'Ulysse, retenu depuis des années par la nymph Calypso sur l'île boisée d'Ogygie alors qu'il ne désire que revoir sa patrie. Jove rappelle que la colère de Neptune découle de l'aveuglement du Cyclope Polyphème par Ulysse, mais accepte d'organiser le retour du héros. Minerva propose alors d'envoyer Mercury sommer Calypso de libérer son prisonnier, tandis qu'elle-même se rendra à Ithaque pour inspirer du courage à Télémaque, le fils d'Ulysse.
Revêtue de ses sandales d'or et armée de sa lance, Minerva descend sur Ithaque sous les traits de Mentes, chef des Taphiens. Elle trouve le palais envahi par de nombreux prétendants insolents qui dissipent les biens d'Ulysse en banquets et jeux. Télémaque, qui rêvait au retour de son père, aperçoit l'étranger, l'accueille avec égards et l'installe à l'écart du bruit. Durant le repas, la déesse sous son déguisement affirme être un ami de longue date d'Ulysse et assure qu'il n'est pas mort, mais retenu sur une île. Face au désespoir du jeune homme devant le pillage de son domaine, Minerva lui conseille de convoquer l'assemblée des Achéens le lendemain pour sommer les prétendants de partir, puis de prendre un navire pour s'informer auprès de Nestor à Pylos et de Ménélas à Sparte.
Inspiré par cette rencontre où il reconnaît la présence d'une divinité, Télémaque fait preuve d'une autorité nouvelle. Il intervient d'abord auprès de sa mère Pénélope, venue en pleurs demander au bard Phemius de cesser son chant douloureux sur le retour des Achéens, en lui rappelant que le chant n'est pas responsable du sort des hommes et en la renvoyant à ses appartements. Il s'adresse ensuite fermement aux prétendants pour leur ordonner de cesser leurs excès et leur annoncer l'assemblée du lendemain. Malgré les répliques ironiques et curieuses d'Antinous et d'Eurymachus sur l'identité du visiteur, Télémaque garde son calme tout en cachant la vérité. La soirée se termine dans le calme et le jeune homme gagne sa chambre, escorté par sa fidèle nourrice Euryclea, pour passer la nuit à planifier son futur voyage.
6.Assemblée d Itaque et départ de Télémaque
Télémaque convoque l assemblée des citoyens d Itaque au lever du jour. Un vieillard nommé Aegyptius prend la parole en premier pour exprimer son étonnement, car aucune réunion officielle n a été tenue depuis le départ d Ulysses. Télémaque se lève alors et expose clairement les raisons de sa démarche. Il explique que sa maison est menacée de ruine par la présence permanente de prétendants arrogants qui dévorent ses biens. Il dénonce également le harcèlement dont fait l objet sa mère, Penelope, contrainte au mariage contre son gré. Submergé par la colère et l impuissance face à la lâcheté de la foule, le jeune homme jette son sceptre à terre et fond en larmes.
En réponse, Antinous attribue la responsabilité de la situation à Penelope. Il raconte comment elle a dupé les prétendants pendant plus de trois ans en tissant le linceul de Laertes le jour pour en défaire la trame chaque nuit. Il exige que Télémaque renvoie sa mère chez son père Icarius afin qu un époux lui soit désigné, affirmant que les prétendants ne quitteront pas les lieux avant son choix. Télémaque refuse catégoriquement de chasser sa mère. Deux aigles envoyés par Jove fondent soudain sur l assemblée en se battant. Halitherses interprète cet présage comme un avertissement d un retour imminologique d Ulysses et d un châtiment imminent. Cependant, Eurymachus se moque ouvertement des prophéties, rejetant les menaces et promettant de continuer la dilapidation des biens du palais.
Face à ce refus de justice, Télémaque réclame un navire et vingt équipiers afin de se rendre à Pylos et à Sparta pour chercher des nouvelles de son père disparu. Malgré les reproches adressés aux citoyens par Mentor, un ami fidèle d Ulysses, la séance est dissoute par Leiocritus sans qu aucune mesure soit prise. Télémaque se retire au bord de la mer pour implorer Minerva. La déesse apparaît sous les traits de Mentor, le rassure sur son courage naissant et lui promet son aide matérielle. Pendant que le jeune prince retourne au palais affronter les moqueries des prétendants et charger la gouvernante Euryclea de préparer en secret des provisions pour le voyage, Minerva parcourt la ville sous l apparence de Télémaque. Elle rassemble un équipage volontaire, emprunte un navire à Noemon et plonge les prétendants dans un sommeil lourd pour faciliter le départ.
La nuit tombée, Minerva conduit Télémaque et ses compagnons jusqu au port. L équipage embarque la nourriture et le vin préparés en cachette avant de prendre place aux rames. Minerva s assoit à la poupe aux côtés de Télémaque et envoie un vent d ouest favorable qui pousse l embarcation sur les vagues sombres. Après avoir hissé la voile et effectué des libations en l honneur de la déesse aux yeux pers, tous naviguent à travers la nuit jusqu à l aube.
7.Accueil de Télémaque à Pylos et révélations de Nestor
Télémaque et Minerva, toujours déguisée sous les traits de Mentor, arrivent à Pylos au lever du soleil et y découvrent le peuple rassemblé sur la plage pour sacrifier des taureaux noirs en l'honneur de Neptune. Encouragé par la déesse à surmonter sa timidité face à des hommes plus âgés, le jeune prince aborde la foule et est chaleureusement accueilli par Pisistratus, le fils du roi Nestor. Pisistratus les invite immédiatement à prendre part au banquet sacré, leur offre du vin dans une coupe d'or et prie pour leur salut. Après le repas, Nestor s'enquiert enfin de l'identité de ses invités, et Télémaque lui révèle avec assurance qu'il est le fils d'Ulysse et qu'il cherche désespérément à connaître le sort tragique de son père.
Rappelant les immenses souffrances subies par les Achéens devant Troie et la perte de héros illustres comme Achille, Ajax et son propre fils Antilochus, Nestor loue la grande sagesse d'Ulysse, dont Télémaque possède l'éloquence. Le vieux roi explique qu'après la prise de Troie, une querelle provoquée par Minerva a divisé Agamemnon et Ménélas. Tandis qu'Agamemnon souhaitait rester pour apaiser la déesse, d'autres chefs dont Nestor, Diomède et Ménélas ont pris la mer, avant qu'Ulysse ne rebrousse chemin pour rejoindre Agamemnon. Nestor indique qu'il ignore tout du destin d'Ulysse depuis lors, mais il confirme le retour rapide d'autres guerriers et retrace le sombre assassinat d'Agamemnon par Égisthe, suivi de la vengeance d'Oreste.
Alarmé par la situation à Ithaque où les prétendants pilleurs menacent le jeune prince, Nestor presse Télémaque de ne pas rester trop longtemps éloigné de chez lui et lui conseille de rendre visite à Ménélas à Sparte pour obtenir de plus amples informations. Alors que la nuit tombe, Minerva refuse de dormir à terre et s'envole soudainement sous la forme d'un aigle, révélant sa nature divine à la stupeur générale. Émerveillé par cette protection céleste accordée à Télémaque, Nestor promet un sacrifice d'une génisse aux cornes dorées en l'honneur de la déesse et héberge le jeune homme dans son propre palais pour la nuit.
Le lendemain matin, Nestor réunit ses fils pour accomplir le sacrifice promis avec l'aide d'un orfèvre et d'un prêtre, puis fait préparer un banquet somptueux. Après avoir été lavé et vêtu magnifiquement par Polycaste, la plus jeune fille de Nestor, Télémaque prend place aux côtés du souverain. Nestor ordonne alors d'atteler de puissants chevaux à un char et charge son fils Pisistratus d'escorter le jeune prince jusqu'à Sparte. Les deux jeunes hommes s'élancent à travers la campagne, font une halte nocturne chez Diocles à Phères, puis reprennent leur route le jour suivant à travers les plaines jusqu'au coucher du soleil.
8.Nouvelles révélations et embuscade contre Télémaque
Télémaque et Pisistratus arrivent au palais de Ménélas à Lacédémone alors que le roi célèbre les noces de son fils Megapenthes et de sa fille, fiancée au fils d'Achille. Accueillis avec de grands égards après que Ménélas a réprimandé son serviteur Eteoneus pour son hésitation, les jeunes gens admirent l'éclat exceptionnel de la demeure, parée d'or, d'argent et d'ivoire. Ménélas leur explique que cette immense richesse a été acquise au prix de huit années d'errance sur mer et d'immenses souffrances, marquées par le meurtre tragique de son frère Agamemnon. Ému aux larmes au souvenir d'Ulysse et de la détresse de sa famille, Télémaque dissimule son visage sous son manteau, ce qui attire l'attention de la reine Hélène. Celle-ci reconnaît immédiatement les traits d'Ulysse chez leur jeune invité, confirmation rapidement appuyée par Pisistratus.
Face à la tristesse générale, Hélène verse discrètement un remède apaisant originaire d'Égypte dans le vin pour dissiper l'amertume des convives. Elle raconte ensuite comment Ulysse s'était autrefois infiltré dans Troie sous les guenilles d'un mendiant pour transmettre de précieuses informations aux Achéens. Ménélas confirme la bravoure d'Ulysse en se remémorant son rôle crucial à l'intérieur du cheval de bois, où il empêcha les guerriers cachés de céder à la ruse d'Hélène. Le lendemain matin, Télémaque expose le motif de sa venue à Ménélas: les prétendants dévastent son domaine à Ithaque et il recherche désespérément des nouvelles de son père. Indigné par l'insolence des prétendants, Ménélas promet de lui rapporter fidèlement les révélations de Proteus, le vieillard de la mer.
Ménélas détaille alors son propre périple et son blocage forcé de vingt jours sur l'île de Pharos en raison de l'absence de vents favorables. La déesse Idothea, fille de Proteus, lui vint en aide en lui enseignant une ruse pour capturer son père alors que ce dernier venait dormir parmi ses phoques au milieu de la journée. Malgré les métamorphoses successives de la divinité sous forme d'animaux, de feu et d'eau, Ménélas et trois de ses meilleurs compagnons ont maintenu leur prise jusqu'à ce que le vieillard reprenne sa forme originale. Proteus lui a révélé qu'il devait accomplir des sacrifices en Égypte pour rentrer chez lui, puis lui a appris la mort d'Ajax, l'assassinat d'Agamemnon et la captivité d'Ulysse sur l'île d'Ogygie chez la nymphe Calypso. Fort de ces informations, Ménélas invite Télémaque à séjourner chez lui quelques jours.
À Ithaque, les prétendants découvrent avec stupeur le départ de Télémaque pour Pylos. Réunis sous la direction d'Antinous et d'Eurymachus, ils décident de lui tendre un piège mortel en plaçant un navire de vingt hommes en embuscade dans le détroit entre Ithaque et Same. Informée du complot et du voyage secret de son fils par le héraut Medon, Pénélope sombre dans un profond désespoir et reproche à ses servantes d'avoir dissimulé ce départ. La fidèle Euryclea avoue avoir fourni les vivres tout en jurant le secret à la demande du prince. Après avoir prié Minerva, la reine trouve le repos grâce à une vision rassurante envoyée par la déesse sous les traits de sa sœur Iphthime, tandis que les prétendants prennent la mer pour exécuter leur sombre dessein.
Embuscade des prétendants et réconfort de Pénélope
À Lacédémone, Ménélas poursuit le récit de sa rencontre avec Proteus, le vieillard de la mer. Après l'avoir capturé grâce au stratagème des peaux de phoques et de l'ambroisie fourni par Idothea, le roi apprend qu'il doit retourner sur le fleuve d'Égypte et y offrir de saintes hécatombes aux dieux avant de pouvoir regagner sa patrie. Proteus lui révèle également le destin tragique des autres chefs achéens: Ajax le Petit s'est noyé après avoir défié la colère de Neptune, tandis qu'Agamemnon a été lâchement assassiné lors d'un banquet par Égisthe avec la complicité d'un veilleur. Enfin, le vieillard apprend à Ménélas qu'Ulysse est retenu captif et en pleurs sur l'île d'Ogygie par la nymphe Calypso, avant d'annoncer à Ménélas qu'il ne mourra pas à Argos mais sera emmené par les dieux dans les Champs Élysées.
Une fois son récit terminé, Ménélas offre de précieux présents à Télémaque, dont une magnifique coupe à mélanger le vin en argent pur bordée d'or, façonnée par Vulcan et reçue du roi Phaedimus de Sidon. Pendant ce temps à Ithaque, les prétendants découvrent avec stupeur le départ secret de Télémaque grâce aux révélations de Noemon, qui cherchait à récupérer son navire. Antinous et Eurymachus, furieux de cette audace, rassemblent un équipage de vingt hommes afin de tendre une embuscade au jeune prince dans le détroit rocheux d'Asteris, entre Ithaque et Samos, dans l'intention explicite de l'assassiner à son retour.
Le héraut Medon surprend le complot des prétendants et s'empresse d'en informer Pénélope. Effondrée et rongée par le chagrin, la reine reproche amèrement à ses servantes de lui avoir caché le départ de son fils unique. La nourrice Euryclea avoue lui avoir fourni les vivres tout en prêtant serment d'en garder le secret pour lui épargner cette douleur. Suivant les conseils d'Euryclea, Pénélope se lave, change de vêtements et monte prier Minerva d'épargner son fils. La déesse entend sa prière et envoie à la reine endormie une vision rassurante sous les traits de sa sœur Iphthime. L'apparition céleste réconforte la reine en lui assurant que Télémaque viendra sans mal grâce à la protection divine, tandis que les prétendants prennent la mer pour exécuter leur piège mortel.
Ce bref passage conclut la séquence narrative en décrivant la mise en place finale de l'embuscade par les Achéens. Les guerriers achéens s'installent à cet endroit précis afin d'attendre leur cible et de mener à bien leur stratégie. Ils prennent position dans la plus grande discrétion pour surprendre leurs ennemis.
L'action se concentre ainsi entièrement sur l'aboutissement de cette manœuvre tactique. En se dissimulant sur les lieux choisis, les Achéens achèvent leurs préparatifs et se tiennent prêts à intervenir. Cet épisode marque l'attente active des combattants postés en embuscade.
9.Départ d'Ogygie et tempête sur mer
Minerva plaide une nouvelle fois la cause d'Ulysse lors d'une réunion des dieux sur l'Olympe, rappelant l'injustice de sa captivité chez la nymphe Calypso et les menaces qui pèsent sur son fils Télémaque. Jove ordonne alors à Mercury de se rendre sur l'île d'Ogygie pour annoncer le décret divin exigeant la libération du héros. Mercury s'envole aussitôt au-dessus des mers, atteint la demeure luxuriante de Calypso et lui transmet l'ordre suprême de laisser partir Ulysse. Bien que furieuse contre la jalousie des dieux, Calypso se soumet à la volonté de Jove et informe Ulysse, qu'elle trouve en pleurs sur le rivage, qu'elle lui donne la liberté et les moyens de construire un râteau pour regagner sa patrie.
Après avoir exigé un serment solennel de la nymphe garantissant ses intentions bienveillantes, Ulysse fabrique sa charpente en coupant vingt arbres et en assemblant les pièces avec soin. Le cinquième jour, doté de provisions et guidé par des vents favorables accordés par Calypso, le héros prend la mer et navigue pendant dix-sept jours en se repérant aux constellations. Alors qu'il aperçoit enfin les côtes de la Schérie, la terre des Phéaciens, Neptune le repère du haut des montagnes des Solymes. Furieux de constater les décisions prises en son absence, le dieu de la mer déclenche une violente tempête qui brise le mât du râteau et précipite Ulysse dans les flots.
Secouru par la déesse marine Ino Leucothea, qui lui remet un voile enchanté lui garantissant la vie à condition d'abandonner son râteau et ses vêtements lourds, Ulysse hésite avant de se résoudre à plonger quand sa frêle embarcation est pulvérisée par les vagues. Après deux jours et deux nuits passés à lutter contre la mer déchaînée sous la protection de Minerva qui apaise les vents, le héros parvient à la côte escarpée et rocheuse de Schérie. Il évite de justesse d'être broyé contre les récifs et réussit à nager jusqu'à l'embouchure d'un fleuve, dont la divinité répond à sa prière en rendant les eaux calmes pour lui permettre d'accoster.
Exténué, le corps meurtri et enflé par l'eau salée, Ulysse rend le voile magique à la mer conformément aux instructions d'Ino. Craignant à la fois le froid mortel de la nuit au bord de l'eau et la menace des bêtes sauvages dans la forêt, il choisit de se réfugier dans un bosquet sur les hauteurs. Il s'installe sous deux oliviers entrelacés et se recouvre d'un d'épais lit de feuilles mortes pour se protéger du froid. Minerva répand alors un sommeil réparateur sur ses yeux pour lui faire oublier ses longues souffrances.
10.Rencontre entre Ulysse et la princesse Nausicaa
Pendant qu'Ulysse dort sous son abri de feuilles, Minerva se rend dans la cité de Schérie chez les Phéaciens, un peuple autrefois chassé d'Hypereia par les Cyclopes et désormais gouverné par le roi Alcinous. La déesse s'introduit dans la chambre de Nausicaa, la fille du roi, en prenant les traits de sa grande amie, la fille du capitaine Dymas. Elle lui suggère en songe d'emporter le linge familial au fleuve dès le lendemain matin afin de le laver, lui rappelant que ses noces approchent et qu'elle doit paraître sous son meilleur jour ainsi que ses proches. Au réveil, Nausicaa convainc son père de lui prêter une charrette et des mulets sans lui parler directement de son mariage. Accompagnée de ses servantes, elle emporte les vêtement souillés, ainsi qu'un panier de vivres et une fiole d'huile d'olive préparés par sa mère.
Arrivées aux lavoirs du fleuve, les jeunes filles détellent les mulets, lavent le linge en le foulant dans l'eau, puis l'étalent sur le galet du rivage. Après s'être baignées et enduites d'huile, elles prennent leur repas avant de jouer à la balle en chantant sous la direction de Nausicaa, qui surpasse ses servantes en beauté comme Diana surpasse les nymphes. Pour réveiller Ulysse, Minerva fait en sorte qu'une balle lancée par la princesse manque sa cible et tombe dans l'eau profonde, provoquant les cris des jeunes filles. Émergé de son buisson, nu et dissimulant sa nudité derrière un rameau feuillu, Ulysse s'avance vers le groupe. Alors que les servantes s'enfuient effrayées par son aspect sauvage et salé, Nausicaa, enhardie par Minerva, demeure immobile.
Ulysse choisit de s'adresser à elle de loin avec prévenance pour ne pas l'offenser. Il la compare à la déesse Diana ou à un jeune pousse de palmier aperçu autrefois à Délos, lui retrace brièvement ses vingt jours d'impitoyable dérive depuis l'île d'Ogygie et implore sa pitié pour obtenir des vêtements et l'accès à la ville. Touchée par ses paroles sages, Nausicaa lui garantit protection et lui explique qu'il se trouve chez les Phéaciens, un peuple paisible et chéri des dieux. Elle rappelle ses servantes, leur ordonne de fournir un manteau, une tunique et de l'huile au naufragé, puis de le laisser se laver à l'écart. Une fois baigné, Ulysse est sublimé par Minerva qui lui donne une stature plus haute, une musculature imposante et des cheveux bouclés, suscitant l'admiration de la princesse.
Nausicaa fait replier le linge et prépare le retour. Elle demande à Ulysse de marcher derrière sa charrette avec les servantes à travers les campagnes, mais lui conseille de se séparer d'elle à l'approche de la ville pour éviter les bavardages médisants des habitants du port. Elle lui décrit précisément le chemin à suivre: il devra patienter dans un bois de peupliers consacré à Minerva, puis rejoindre seul le palais d'Alcinous. Elle lui recommande de dépasser le roi et de déposer immédiatement ses mains sur les genoux de la reine Arete, car sa bienveillance est la clé pour obtenir un navire et regagner sa patrie. Ulysse suit les instructions et s'arrête dans le bois sacré au coucher du soleil pour adresser une prière à Minerva, qui l'écoute sans toutefois lui apparaître ouvertement par crainte de Neptune.
11.Arrivée d'Ulysse au palais d'Alcinous
Tandis que la princesse Nausicaa gagne le palais familial où sa nourrice Eurymedusa lui prépare un repas, Ulysse se met en marche vers la ville. Minerva l'enveloppe d'une épaisse brume pour le protéger d'éventuelles insultes de la part des Phéaciens, puis prend l'apparence d'une jeune fille portant une cruche pour le guider. La déesse lui recommande d'avancer en silence sans observer les habitants, un peuple de marins peu enclin à l'accueil des étrangers. En chemin, Ulysse contemple avec admiration la beauté de la cité, ses ports, ses navires et ses imposants remparts. Minerva lui explique la généalogie de la famille royale, descendant directement de Neptune, et l'assure que s'il parvient à s'attirer la bienveillance de la reine Arete, femme très honorée et écoutée, il aura la certitude de revoir ses proches et sa patrie, avant que la déesse ne s'envole vers Athènes.
Immobilisé sur le seuil de bronze, Ulysse contemple l'extraordinaire splendeur du palais royal paré de murs de bronze, de portes d'or et de piliers d'argent, gardé par des chiens d'or et d'argent façonnés par Vulcan. L'intérieur abrite des statues de jeunes hommes tenant des torches pour éclairer les banquets des chefs, tandis que cinquante servantes s'activent au moulin ou au tissage d'une étoffe d'une qualité exceptionnelle. En dehors de la cour, un verger de quatre acres produit en abondance des poires, des grenades, des pommes, des figues et des olives qui mûrissent en toute saison grâce à un climat doux, alimenté par deux sources d'eau pure. Après avoir admiré ces lieux, Ulysse franchit le seuil, toujours dissimulé par la nuée divine, et traverse la grande salle où les notables célèbrent des libations en l'honneur de Mercury.
Le héros s'avance jusqu'au centre de la pièce et embrasse les genoux de la reine Arete, moment où la brume divine se dissipe soudainement sous les yeux médusés de l'assemblée. Ulysse implore la reine de lui accorder un escorte pour regagner sa patrie, puis va s'asseoir humblement dans les cendres du foyer. Le vieil érudit Echeneus intervient alors pour rappeler au roi Alcinous qu'il n'est pas digne de laisser un suppliant dans la cendre. Le souverain relève immédiatement Ulysse, lui offre la place de son fils préféré Laodamas et fait servir un repas abondant, avant d'ordonner au héraut Pontonous de préparer du vin pour les libations à Jove. Alcinous invite ensuite les conseillers à regagner leur demeure et annonce qu'une assemblée élargie se tiendra le lendemain pour organiser le départ sans encombre de l'étranger.
Une fois les convives partis, Ulysse reste seul dans la salle avec Arete et Alcinous. La reine, ayant reconnu que la tunique et le manteau portés par le naufragé ont été confectionnés par elle-même et ses servantes, l'interroge sur son identité et l'origine de ses vêtements. Ulysse retrace alors longuement ses sept années de captivité chez Calypso sur l'île d'Ogygie, sa traversée éprouvante sur un râteau, la tempête déclenchée par Neptune qui a brisé son embarcation, son arrivée pénible à l'embouchure du fleuve et sa rencontre providentielle avec Nausicaa. Le roi Alcinous regrette que sa fille ne l'ait pas conduit directement au palais, mais Ulysse la défend avec tact. Impressionné par la noblesse du héros, Alcinous propose même d'en faire son gendre s'il accepte de rester, tout en lui garantissant une escorte maritime infaillible dès le lendemain s'il préfère rentrer chez lui. Rempli de gratitude, Ulysse prie Jove que cette promesse se réalise, puis gagne un lit douillet préparé par les servantes sous le portique du palais.
12.Banquets, jeux et chants chez les Phéaciens
Dès l'aube, le roi Alcinous et Ulysse se rendent à l'assemblée des Phéaciens située près des navires. Minerva parcourt la ville sous les traits d'un serviteur royal pour inviter les citoyens à venir admirer l'étranger, auquel elle donne une stature plus imposante. Devant le peuple réuni, Alcinous annonce la préparation d'un navire neuf armé par cinquante-deux jeunes marins pour raccompagner le suppliant, puis invite les notables et les marins à un grand banquet en son palais. Le roi fait immoler douze moutons, huit porcs et deux bœufs, tandis que le héraut Pontonous installe le célèbre bard aveugle Demodocus. Après le repas, le poète chante la querelle célèbre entre Ulysse et Achille devant Troie, ce qui pousse Ulysse à dissimuler son visage sous son manteau pour pleurer en silence, une émotion que seul le roi Alcinous remarque.
Afin de distraire son hôte, le souverain propose de passer aux épreuves athlétiques. Une foule nombreuse assiste aux courses à pied remportées par Clytoneus, à la lutte gagnée par Euryalus, au saut par Amphialus, au lancer de disque par Elatreus et à la boxe par Laodamas. Ce dernier invite poliment Ulysse à participer, mais le héros décline en invoquant ses nombreuses souffrances et son désir de rentrer chez lui. Euryalus l'insulte alors en le traitant de simple marchand incapable au lieu d'un athlète. Piqué au vif, Ulysse réplique fermement, saisit un disque plus lourd que tous les autres et le lance bien au-delà des marques précédentes, performance validée par Minerva sous une apparence humaine. Fort de ce succès, Ulysse défie quiconque au tir à l'arc, au lancer de javelot ou au combat, précisant qu'il n'excepte que Laodamas en raison des lois de l'hospitalité.
Alcinous apaise les esprits en vantant les véritables talents de son peuple pour la course, la navigation, le chant et la danse. Neuf juges préparent la piste et Demodocus entonne le chant des amours de Mars et Venus, piégés dans le lit de Vulcan par des liens invisibles avant d'être délivrés sous les rires des dieux. Après une démonstration de danse au ballon par Halius et Laodamas, Ulysse exprime son admiration. Réjoui, le roi ordonne aux douze chefs phéaciens et à lui-même d'offrir chacun un manteau, une tunique et un talent d'or au héros, tout en exigeant qu'Euryalus présente des excuses formelles. Euryalus s'exécute et lui offre une épée de bronze à la poignée d'argent avec son fourreau d'ivoire. Les présents sont rassemblés dans un magnifique coffre préparé par la reine Arete, qu'Ulysse scelle soigneusement avant de prendre un bain chaud. En regagnant la salle du banquet, le héros salue Nausicaa en lui promettant de l'honorer comme une divinité pour lui avoir sauvé la vie.
Durant le repas, Ulysse fait porter une part de viande au bard et lui demande de chanter l'histoire du cheval de bois construit par Epeus. Lorsque Demodocus décrit l'infiltration des guerriers et le sac de Troie mené par Ulysse et Menelaus chez Deiphobus, le héros fond à nouveau en larmes. Constatant une fois de plus ce profond chagrin, Alcinous interrompt le poète et s'adresse directement à son invité. Il lui demande de révéler enfin son nom, sa patrie et sa ville afin que les navires magiques phéaciens, dépourvus de gouvernail et capables de naviguer dans le brouillard, puissent le raccompagner. Le roi rappelle une prophétie de son père prédisant que Neptune détruirait un navire phéacien et isolerait la cité sous une montagne pour punir leur hospitalité maritime, puis presse Ulysse de raconter ses voyages et de détailler les causes de ses pleurs.
13.Révélations d'Ulysse et aventures de départ
Ulysse révèle enfin son identité à Alcinous et aux Phéaciens, vantant la beauté de sa patrie, Ithaque, dont le souvenir ne l'a jamais quitté malgré les charmes de Calypso et de Circe. Il entame le récit de ses péripéties depuis son départ de Troie, à commencer par le sac de la cité d'Ismarus chez les Cicons. Malgré ses avertissements, ses hommes ont refusé de repartir immédiatement et ont passé la nuit à festoyer sur le rivage. Les Cicons sont revenus en force le lendemain matin avec le renfort de leurs voisins de l'intérieur des terres, infligeant de lourdes pertes aux Achéens, qui ont perdu six hommes par navire avant de réussir à prendre la fuite en mer.
Après avoir essuyé une violente tempête déclenchée par Jove et dévié de leur route au niveau du cap Malée, Ulysse et son équipage atteignent le pays des Lotophages. Les habitants offrent leur nourriture fleurie, le lotos, aux envoyés d'Ulysse; ces derniers, ayant goûté à ce fruit délicieux, en oublient immédiatement le désir de rentrer chez eux. Ulysse doit les ramener de force en pleurs jusqu'aux navires et les enchaîner sous les bancs pour reprendre la mer. La flotte gagne ensuite la terre des Cyclopes, des géants bruts et sans lois. Ulysse fait escale sur une île voisine peuplée de chèvres sauvages où ses hommes se ravitaillent, puis décide de traverser le détroit avec son seul navire pour explorer la côte et rencontrer ses habitants.
Accompagné de douze de ses meilleurs marins et muni d'une outre de vin très fort offert par Maron, prêtre d'Apollo à Ismarus, Ulysse pénètre dans la caverne du géant Polyphemus pendant son absence. Lorsque le monstre revient avec ses troupeaux, il scelle l'entrée avec un rocher intransportable et massacre froidement plusieurs compagnons pour les dévorer. Ne pouvant le tuer sous peine de rester bloqués dans la grotte, Ulysse enivre Polyphemus avec son vin pur, prétendant s'appeler Personne. Une fois le Cyclope endormi par l'ivresse, Ulysse et quatre marins lui enfoncent un épieu d'olivier brûlant dans son œil unique. Lorsque le géant hurle de douleur et appelle ses voisins, il leur crie que Personne le tue, ce qui incite les autres Cyclopes à repartir sans lui porter assistance.
Le lendemain matin, Ulysse et ses hommes s'échappent de la caverne en s'accrochant sous le ventre des moutons et du grand bélier lorsque le géant aveuglé leur ouvre le passage. Après avoir rejoint leur navire avec le bétail volé, Ulysse ne peut s'empêcher de railler Polyphemus depuis le large. Furieux, le Cyclope manque de détruire le bâtiment en jetant d'immenses rochers, puis apprend de la bouche d'Ulysse son véritable nom, accomplissant une ancienne prophétie du devin Telemus. Polyphemus implore alors son père Neptune de faire périr Ulysse ou, à défaut, de ne le laisser rentrer chez lui que tardivement, privé de tous ses compagnons et sur un navire étranger. La flotte rejoint le reste de l'équipage sur l'île voisine, partage les troupeaux et reprend sa route la mort dans l'âme.
14.L'outre des vents, les Lestrygons et l'île de Circé
Ulysse poursuit son récit devant les Phéaciens, rapportant son arrivée sur l'île d'Éole, maître des vents. Éole l'accueille avec hospitalité pendant un mois, puis, pour faciliter son retour à Ithaque, lui confie une outre enfermant tous les vents contraires. Seul le vent d'ouest, favorable, est laissé libre. La flotte navigue pendant neuf jours et s'approche des côtes d'Ithaque. Cependant, alors qu'Ulysse s'est endormi d'épuisement, ses compagnons, croyant que l'outre contient de l'or, l'ouvrent par cupidité. La tempête qui s'échappe de l'outre repousse les navires vers l'île d'Éole. Cette fois, le maître des vents chasse Ulysse sans ménagement, le jugeant maudit par les dieux.
Les marins rament péniblement pendant six jours avant d'atteindre Télépyle, la cité des Lestrygons, des géants cannibales dirigés par le roi Antiphatès. Ulysse a l'intuition de laisser son propre navire à l'extérieur du port, un abri naturel cerné de falaises, tandis que le reste de la flotte s'y engage. Lorsque les géants attaquent, ils massacrent les équipages et détruisent les navires en jetant d'immenses rochers depuis les falaises. Seul le navire d'Ulysse parvient à s'échapper in extremis.
Le navire survivant accoste ensuite sur l'île d'Ééa, où vit la redoutable magicienne Circé. Ulysse divise ses hommes en deux groupes; celui d'Euryloque explore l'île et découvre la demeure de Circé, entourée d'animaux sauvages ensorcelés et pacifiques. Invitant les marins à l'intérieur, Circé leur offre un repas empoisonné avant de les transformer en cochons d'un coup de baguette magique. Euryloque, resté à l'extérieur par prudence, retourne prévenir Ulysse. Déterminé à sauver ses hommes, Ulysse s'enfonce dans la forêt où il rencontre le dieu Hermès, qui lui offre le moly, une plante magique noire à fleur blanche, capable de le prémunir contre les enchantements de Circé. Il lui conseille également de menacer la magicienne de son épée pour l'obliger à prêter un serment de non-agression avant d'accepter ses avances.
Le plan fonctionne : immunisé par le moly, Ulysse effraie Circé qui le supplie, jure de ne plus lui nuire et accepte de rendre forme humaine à ses compagnons. Ulysse retourne chercher le reste de l'équipage, malgré les réticences d'Euryloque. L'équipage passe ensuite une année entière chez Circé, festoyant et se reposant. Mais les hommes finissent par rappeler à Ulysse leur désir de rentrer chez eux. Lorsqu'il demande à Circé de tenir sa promesse de l'aider à repartir, elle lui annonce qu'il doit d'abord accomplir un voyage périlleux vers les Enfers pour consulter l'ombre du devin thébain Tirésias. Elle lui explique en détail les rites à accomplir pour invoquer les morts. L'équipage se prépare au départ dans l'angoisse, endeuillé par la mort accidentelle d'Elpénor, qui, ivre, s'est brisé la nuque en tombant du toit. Circé a discrètement déposé les animaux nécessaires au sacrifice près du navire, tandis qu'Ulysse et ses hommes prennent la mer, la mort dans l'âme.
15.Invocation des morts : la descente aux Enfers
Suite aux instructions de Circé, Ulysse et ses hommes s'embarquent pour rejoindre les confins du monde, là où réside le peuple des Cimmériens. À l'embouchure du fleuve Océan, Ulysse accomplit les rites sacrificiels et creuse une fosse pour y verser les offrandes, incluant le sang des brebis. Aussitôt, les spectres affluent autour du sang, provoquant l'effroi d'Ulysse qui maintient son épée tirée pour les empêcher de boire avant l'arrivée du devin Tirésias. Le premier esprit à se manifester est celui d'Elpénor, qui supplie Ulysse d'enterrer son corps resté à Ithaque et de dresser un tumulus sur sa tombe en souvenir de sa vie. Ulysse promet d'exaucer son vœu, mais refuse d'abord de le laisser s'approcher davantage, craignant de perdre sa chance de parler à Tirésias.
Le spectre de la mère d'Ulysse, Anticlée, s'approche, mais Ulysse, bien qu'ému aux larmes, la repousse également, gardant le sang pour le devin. Tirésias arrive enfin, s'abreuve du sang et prophétise les épreuves futures d'Ulysse : le retour par l'île des bœufs du Soleil, la nécessité de ne pas y toucher, la destruction de son navire et de ses hommes s'ils désobéissent. Il annonce aussi la vengeance d'Ulysse sur les prétendants à son retour, son pèlerinage pour offrir un sacrifice à Neptune, et sa mort paisible entouré de son peuple. Ulysse lui demande alors comment permettre à sa mère de le reconnaître, et Tirésias lui explique qu'il suffit de laisser chaque esprit s'abreuver du sang.
Le spectre d'Anticlée, après avoir bu, reconnaît son fils et lui confie que sa femme Pénélope l'attend, fidèle et endeuillée. Elle lui apprend que son père Laërte vit en reclus dans la pauvreté, accablé par le chagrin, et que son fils Télémaque gère tant bien que mal ses domaines. Enfin, elle révèle qu'elle n'a succombé à aucune maladie, mais qu'elle est morte de douleur en raison de l'absence prolongée de son fils. Ému, Ulysse tente par trois fois de l'enlacer, mais elle s'évapore chaque fois, lui expliquant que la mort détruit l'enveloppe charnelle et que son esprit n'est qu'une ombre insaisissable.
Ulysse interroge ensuite de nombreuses héroïnes et femmes célèbres. Il rencontre d'abord la fille de Salmonée, Tyro, amante de Neptune et mère de Pélias et Nélée, puis Antiope, mère d'Amphion et Zéthos, les fondateurs de Thèbes. Il aperçoit aussi Alcmène, la mère d'Héraclès, et Mégare, l'épouse d'Amphitryon. Il rencontre également Épicaste, mère d'Œdipe, qui s'est pendue après avoir découvert son union incestueuse. Le spectre de Chloris, l'épouse de Nélée et la mère de Nestor, apparaît, de même que Léda, la mère des jumeaux Castor et Pollux, dotés de la vie éternelle partagée. Ulysse interroge enfin Iphimédie, mère des géants Otus et Éphialte.
Ulysse au royaume des ombres
Dans le royaume des morts, Ulysse aperçoit plusieurs figures célèbres de la mythologie. Il contemple le châtiment des géants Otus et Ephialtes qui ont tenté d escalader l Olympus en empilant les monts Ossa et Pelion avant d être tués par Apollo. Il croise également Phaedra, Procris et Ariadne, fille du magicien Minos, tuée par Diana sur l île de Dia alors que Theseus l emmenait vers Athens. Après avoir vu Maera, Clymene et la perfide Eriphyle, Ulysse interrompt son récit en expliquant au roi Alcinous et à la reine Arete qu il est temps de dormir. Émerveillée par ses paroles, la reine Arete invite les Phéaciens à offrir de généreux présents à leur hôte avant son départ. Le vieil Echeneus soutient la reine, et Alcinous confirme qu il réunira tous les présents promis et demande à Ulysse de poursuivre son récit. Ulysse accepte d évoquer le destin tragique des héros grecs morts à leur retour de Troy.
Le spectre d Agamemnon s avance en pleurant et raconte son assassinat par Aegisthus et sa propre épouse Clytemnestra lors d un banquet. Agamemnon décrit le carnage au milieu des tables chargées de nourriture et le meurtre de la princesse Cassandra. Il avertit Ulysse de ne jamais accorder une confiance aveugle à une femme, tout en reconnaissant la grande vertu et la fidélité de Penelope. Agamemnon s informe ensuite sur son fils Orestes, mais Ulysse avoue ignorer s il est toujours en vie. Surgissent alors les ombres d Achilles, Patroclus, Antilochus et Ajax. Achilles déplore sa condition dans le séjour des morts, affirmant qu il préférerait être un simple serviteur sur Terre plutôt que le roi des ombres. Ulysse le réconforte en lui rapportant les prouesses extraordinaires de son fils Neoptolemus lors du siège et du sac de Troy. En revanche, l ombre d Ajax conserve une rancune tenace envers Ulysse à cause du jugement des armes d Achilles et refuse de lui parler, s éloignant silencieusement vers l Erebus.
Ulysse contemple ensuite le jugement des morts rendu par Minos, armé de son sceptre d or, puis le géant Orion chassant les ombres des bêtes sauvages qu il a tuées sur les montagnes. Il voit le supplice de Tityus, dont le foie est dévoré sans relâche par deux vautours pour avoir violenté Leto. Il observe la détresse de Tantalus, plongé dans un lac dont l eau s efface dès qu il s penche pour boire, tandis que des arbres fruitiers s éloignent dès qu il tend la main. Ulysse assiste aussi au calvaire de Sisyphus, condamné à pousser éternellement un rocher gigantesque jusqu au sommet d une montagne avant de le voir rouler vers la plaine. Il aperçoit enfin le fantôme du puissant Hercules, vêtu de son baudrier d or sculpté de scènes de chasse et de bataille. Hercules évoque les labeurs éprouvants imposés par son ancien maître, notamment sa descente dans le royaume des morts pour capturer le chien d enfer sous la protection de Mercury et Minerva. Soudain, des milliers d ombres poussent des cris effroyables, ce qui remplit Ulysse de terreur à l idée que Proserpine n envoie la tête de la monstrueuse Gorgon.
À la suite de ces événements, le narrateur se hâte de retourner vers son navire. Il donne aussitôt l ordre à ses hommes de monter à bord sans attendre et de détacher les amarres. Les membres de l équipage obéissent à la commande, embarquent promptement et prennent leurs positions respectives.
Une fois tout le monde installé et l embarcation libérée, le navire s engage sur le cours du fleuve Oceanus en descendant le courant. Dans un premier temps, les marins sont contraints de ramer pour faire avancer le bâtiment le long des eaux.
Cette tâche pénible prend bientôt fin grâce à un changement favorable des conditions de navigation. En effet, un vent favorable finit rapidement par se lever pour faciliter leur progression au fil du fleuve.
16.Périls maritimes et fureur du Soleil
Après avoir quitté le fleuve Oceanus, Ulysse et ses hommes rejoignent l île d Aeaea. Ils procèdent immédiatement aux funérailles d Elpenor en brûlant son corps et son armure, en élevant un cairn de pierres et en y plantant son aviron. Informée de leur retour de chez Hades, la déesse Circe leur apporte du pain, de la viande et du vin. Elle leur conseille de banqueter toute la journée et s entretient en privé avec Ulysse à la nuit tombée pour lui décrire les pièges de la suite de son voyage. Circe le met en garde contre les Sirens, dont le chant mélodieux attire les marins vers la mort. Elle lui ordonne de boucher les oreilles de ses compagnons avec de la cire et de se faire attacher fermement au mât s il souhaite les écouter sans danger. Circe décrit ensuite deux itinéraires : les roches redoutables appelées Wanderers, puis un détroit resserré bordé par deux écueils. Sur le premier pic baigné de nuages vit Scylla, un monstre à six têtes qui dévore un homme par bouche à chaque navire. Sur le second rocher, surmonté d un figuier, se trouve Charybdis, qui engloutit et renumère la mer trois fois par jour. Circe recommande de raser le roc de Scylla à toute vitesse, préférant sacrifier six hommes plutôt que la totalité de l équipage. Enfin, elle le prévient de ne pas toucher aux troupeaux sacrés du dieu Hyperion sur l île Thrinacie, sous peine de perdre son navire et l ensemble de ses compagnons.
Dès l aube, l équipage reprend la mer grâce à un vent favorable envoyé par Circe. Ulysse partage fidèlement les avertissements de la déesse avec ses hommes. À l approche de l île des deux Sirens, le vent tombe brutalement. Ulysse bouche les oreilles de ses marins avec de la cire pétrie et se fait lier au mât par Eurylochus et Perimedes. Malgré ses supplications pour être délivré lorsqu il entend le chant des Sirens, ses hommes resserrent ses liens jusqu à ce que le danger soit écarté. Peu après, l apparition de vagues monstrueuses et un rugissement effrayant provoquent la terreur à bord. Ulysse encourage ses hommes et dissimule l existence de Scylla pour éviter qu ils ne s abandonnent à la panique. Il revêt son armure et se poste à la proue. Alors que l équipage contemple avec effroi le gouffre bouillonnant de Charybdis, Scylla surgit soudainement de sa grotte et capture six marins, qu elle dévore aussitôt au bord de sa tanière sous les yeux impuissants d Ulysse.
Échappant aux monstres, le navire atteint l île Thrinacie. Entendant les mugissements des vaches et les bêlements des moutons, Ulysse se rappelle les prophéties de Teiresias et de Circe et ordonne de dépasser l île sans y débarquer. Eurylochus s y oppose vivement, soutenu par le reste de l équipage épuisé. Ulysse cède mais exige un serment solennel interdisant de toucher aux animaux sacrés. Des tempêtes continuellement entretenues par les vents du Sud et de l Est bloquent le navire sur l île durant un mois entier. Lorsque les réserves de vivres s épuisent, Ulysse s isole à l intérieur des terres pour prier les dieux, qui le plongent dans un sommeil profond. Pendant son absence, Eurylochus convainc les marins de sacrifier les plus belles bêtes au dieu du soleil pour échapper à la famine, leur promettant d élever un temple magnifique à Ithaque. À son réveil, Ulysse sent l odeur des viandes grillées et déplore ce sacrilège. Averti par sa fille Lampetie, Hyperion exige la vengeance de Jove sous peine de descendre éclairer le royaume des morts. Les chairs sacrifiées se mettent alors à meugler sur les broches et les peaux à ramper.
Au bout de six jours de banquet sacrilège, le vent se calme et les marins reprennent la mer. Dès qu ils s éloignent des côtes, Jove déclenche une tempête d une violence inouïe. Le mât s effondre sous un coup de vent d Ouest, écrasant le crâne du timonier, avant qu un foudre de Jove ne frappe le navire et ne le réduise en miettes. Tous les marins tombent à la mer et périssent dans les flots. Ulysse parvient à attacher le mât et la quille ensemble à l aide d une sangle en cuir. Entraîné par les vagues toute la nuit, il repasse devant le rocher de Scylla et le gouffre de Charybdis au lever du soleil. Il se cramponne aux branches du figuier suspendu au-dessus du gouffre jusqu à ce que le tourbillon rejette ses épaves. Ulysse se laisse alors tomber à l eau, récupère son radeau improvisé et rame à la force des bras. Après neuf jours de dérive, les dieux le poussent sur l île Ogygian chez la déesse Calypso, achevant ainsi son récit devant le roi Alcinous et son épouse.
17.Arrivée d Ulysse à Ithaque et conseils d Athéna
Les Phéaciens, fascinés par le récit d Ulysse, écoutent le roi Alcinoos. Ce dernier invite les nobles présents à offrir chacun un grand trépied et un chaudron au héros pour compléter ses cadeaux, précisant que ces dépenses seront compensées par une taxe publique. Le lendemain matin, les objets sont scrupuleusement rangés à bord du navire sous la supervision du roi. Après un banquet d adieu où le barde Démodocos chante pour l assemblée, Ulysse observe le soleil avec impatience, désirant ardemment prendre la mer. Une fois le soir venu, il exprime sa gratitude envers Alcinoos, la reine Arété et leur peuple, puis adresse ses voeux de bonheur aux Phéaciens. Les serviteurs transportent ses effets à bord et préparent une couche sur le pont. Dès que l embarcation quitte le rivage, Ulysse sombre dans un sommeil profond. Le navire fend les vagues avec une rapidité extraordinaire, surpassant le vol du faucon. À l aube, l équipage touche enfin au havre de Phorcys à Ithaque, une baie abritée où se trouve une grotte consacrée aux Naiades. Les Phéaciens déposent le héros endormi sur le sable avec tous ses trésors au pied d un olivier, puis repartent.
Le dieu Neptune, irrité par ce retour triomphal, se plaint auprès de Jove. Il regrette que les Phéaciens aient accordé une telle escorte et offert tant de richesses à Ulysse, gâchant ainsi la punition qu il voulait lui imposer. Jove l autorise à agir à sa guise. Alors que le navire des Phéaciens approche de son port d origine, Neptune le transforme en rocher et le fixe au fond de la mer avant de s éloigner. En voyant ce miracle se produire sous leurs yeux, les Phéaciens comprennent que la prophétie racontée autrefois par le père d Alcinoos s accomplit. Le roi Alcinoos ordonne immédiatement de cesser d escorter les étrangers et d immoler douze taureaux pour apaiser Neptune afin d éviter que la montagne ne recouvre la ville. Pendant ce temps, Ulysse s éveille sur sa terre natale mais ne la reconnaît pas. La déesse Minerva a répandu un épais brouillard sur l île afin d empêcher son entourage de l identifier avant qu il ne se venge des prétendants. Croyant avoir été trompé et abandonné dans un pays inconnu par les Phéaciens, Ulysse déplore son sort. Il vérifie toutefois ses richesses et constate qu aucune pièce de bronze ou d or ne manque.
C est alors que Minerva apparaît sous les traits d un jeune berger raffiné. Ulysse l aborde avec respect et s informe sur le lieu où il se trouve. La déesse lui révèle qu il est bel et bien à Ithaque. Malgré la joie qui l anime, Ulysse préfère dissimuler son identité et invente une fausse histoire. Il prétend être un fugitif de Crète ayant tué Orsilochus, le fils d Idomeneus, parce que ce dernier voulait lui dérober ses dépouilles de Troie. Il explique avoir ensuite convaincu des Phéniciens de le transporter, mais que ces derniers l ont laissé sur cette rive pendant son sommeil. Amusée et bienveillante face à cette ruse, Minerva reprend la forme d une femme majestueuse et salue sa grande habileté au mensonge. Elle se fait reconnaître comme la fille de Jove qui l a toujours protégé. La déesse dissipe le brouillard, révélant la baie, l olivier et les montagnes environnantes. Ulysse, enfin convaincu, embrasse la terre d Ithaque et adresse une prière aux nymphs. Ensemble, ils cachent les trésors dans la grotte des Naiades et en bloquent l entrée avec une grande pierre. Assis au pied de l olivier, ils planifient le châtiment des prétendants qui occupent la demeure du héros depuis trois ans.
Minerva informe Ulysse de la situation désastreuse dans son palais et de la fidélité de Pénélope. Pour garantir sa sécurité, elle transforme l apparence du roi. Elle le couvre de rides, retire ses cheveux blonds, ternit ses yeux et le vêt d un chiffon déchiré, dégoûtant et sali par la fumée, complété par une peau de cerf et un bâton. Minerva lui ordonne de se rendre d abord chez le porcher, resté loyal envers la famille royale, qui garde ses bêtes près de la fontaine Aréthuse. La déesse explique qu elle va se rendre à Lacedaemon pour rappeler Télémaque, parti chercher des nouvelles de son père chez Ménélas. Alors qu Ulysse s inquiète des risques pris par son fils, Minerva le rassure en affirmant que les pièges tendus par les prétendants échoueront. La déesse frappe Ulysse de sa baguette pour parfaire son déguisement de mendiant, puis part immédiatement chercher Télémaque.
18.Ulysse chez son fidele porcher Eumee
Ulysse quitte le havre et emprunte un sentier escarpe a travers la montagne boisee pour rejoindre l endroit ou vit Eumee, le plus fidele de ses serviteurs. Arrive aux etables qu Eumee a construites lui-meme en l absence de son maitre, Ulysse se retrouve encercle par quatre chiens feroces. Le héros a le reflexe de s asseoir et de lâcher son bâton pour apaiser la meute, mais Eumee intervient rapidement en jetant des pierres pour faire fuir les animaux. Le porcher accueille le vieillard vagabond dans sa demeure, le fait asseoir sur un lit de joncs recouvert d une peau de chamois et lui offre du pain et du vin. Tout en ignorant la véritable identite de son hôte, Eumee se lamente sur la disparition de son maitre Ulysse et sur les exces des pretendants impudents. Ces derniers consomment sans vergogne les meilleures bêtes de l elevage royal, tandis que les vrais serviteurs craignent pour leur avenir. Eumee tue ensuite deux jeunes cochons, les fait griller sur des broches et les sert a Ulysse en piquant la viande de farine d orge.
Au cours du repas, Ulysse demande a Eumee qui etait ce maitre si riche dont il pleure la perte. Le serviteur repond qu aucun voyageur ne convaincra plus Penelope ni Telemaque, car de nombreux vagabonds racontent des mensonges pour obtenir des vêtements. Il affirme qu Ulysse est certainement mort, devore par les poissons ou les oiseaux, et qu aucun maitre ne sera plus jamais aussi bon avec lui. Ulysse jure alors solemnellement que le roi reviendra dans l annee, sous peu, pour se venger des prétendants qui pillent sa maison. Il refuse tout cadeau d avance et demande seulement un manteau quand sa prophétie se réalisera. Eumee demeure tres sceptique et demande a l etranger de changer de sujet, confiant son inquietude pour Telemaque qui est parti a Pylos et que les pretendants attendent au tournant pour l assassiner. Le porcher invite ensuite le vieillard a raconter son propre parcours et son origine.
Ulysse invente alors un long récit mensonger pour masquer son identite. Il pretend etre originaire de Crete, fils d un riche citoyen nomme Castor et d une concubine. Il explique avoir hérité d une petite part de biens mais avoir epouse une femme riche grâce a sa bravoure militaire. Apres avoir combatte pendant neuf ans a Troie et etre rentre chez lui, il aurait monte une expedition navale vers l Egypte. La, ses hommes auraient pille les campagnes egyptiennes, declenchant une riposte armee foudroyante. Pour sauver sa vie, il se serait rendu directement au roi d Egypte qui l aurait epargne et protege pendant sept ans. Il raconte ensuite avoir ete entraine par un perfide Phenicien, puis avoir echappe a un naufrage provoque par la foudre de Jove pres de la Crete. Sauve sur le mât du navire, il aurait echoue en Thesprotie ou le roi Pheidon l aurait recueilli. C est la qu il aurait entendu dire qu Ulysse etait passe par ce royaume et qu il etait parti consulter l oracle de Jove a Dodone. Enfin, Ulysse prétend avoir ete vendu comme esclave par l equipage thesprotien qui le transportait, mais s etre evade lors d une escale sur les côtes d Ithaque.
Eumee exprime une grande compassion pour les souffrances subies par le vagabond, mais refuse fermement de croire la partie concernant le retour d Ulysse, affirmant qu un autre imposteur etolien l a deja trompe autrefois avec des histoires similaires. Ulysse propose alors un pari : si le maitre revient, Eumee lui donnera un manteau et une tunique ; s il ne revient pas, Eumee pourra le faire jeter du haut d une falaise. Le porcher refuse poliment de tuer un hôte qu il a accueille dans sa maison. Les autres porchers rentrent avec le reste du troupeau. Eumee fait sacrifier un porc gras de cinq ans en l honneur des dieux et offre les meilleurs morceaux de la echine a Ulysse pour lui rendre hommage. La nuit tombant, sombre, pluvieuse et balayee par un vent d ouest glacial, Ulysse teste la generosite d Eumee en lui racontant une fausse anecdote sur une embuscade devant Troie ou la ruse d Ulysse lui avait permis de trouver un manteau pour la nuit. Comprenant la demande implicite, Eumee prepare un lit pres du feu avec des peaux de brebis et couvre Ulysse de son propre grand manteau de rechange. Enfin, loyal et prevoyant, Eumee s equipe d une epee, d un javelot et d une peau de chevre pour aller dormir dehors, a l abri d un rocher, afin de veiller sur les pourceaux de son maitre absent.
19.Le voyage de Télémaque et son retour à Ithaque
Minerve se rend à Lacédémone afin de sommer Télémaque de rentrer promptement chez lui. Elle le trouve éveillé et lui conseille de ne plus abandonner ses biens aux prétendants qui consument son héritage. L déesse l avertit que sa mère Pénélope est poussée par sa famille à épouser Eurymaque et lui conseille d confier sa maison à une servante de confiance. Elle le prévient également de l embuscade tendue par les prétendants dans le détroit entre Ithaque et Samos. Pour éviter ce piège, elle lui ordonne de naviguer de nuit, de s affranchir des îles et de se rendre directement chez le porcher Eumée avant de faire avertir Pénélope. Dès l aube, Télémaque insiste auprès de Ménélas pour qu il le laisse partir. Le roi de Sparte accepte avec courtoisie et prépare de riches présents pour son hôte. Ménélas offre un grand cratère en argent bordé d or, tandis qu Hélène offre une robe magnifiquement brodée destinée à la future épouse du jeune homme.
Après un repas et un toast d adieu, un présage apparaît dans le ciel sous la forme d un aigle emportant une oie. Hélène interprète ce signe comme le présage du retour imminent d Ulysse et de sa vengeance contre les prétendants. Télémaque et Pisistrate reprennent la route et font étape à Phères avant d atteindre Pylos. Soucieux de gagner du temps et d éviter d être retenu par Nestor, Télémaque demande à Pisistrate de le conduire directement à son navire. Pisistrate charge les présents à bord et exhorte l équipage à lever l ancre sans tarder pour éviter la colère de son père. Alors que Télémaque accomplit des libations sur le navire, Théoclymène, un devin en fuite après avoir commis un meurtre à Argos, sollicite sa protection. Télémaque accepte de l accueillir à son bord et l équipage prend la mer sous le vent favorable envoyé par Minerve.
Pendant ce temps à Ithaque, Ulysse teste la bienveillance d Eumée en feignant de vouloir aller mendier en ville auprès des prétendants. Le porcher l en dissuade vivement en raison de l insolence de ces derniers et lui propose de rester dans sa cabine jusqu au retour de Télémaque. Interrogé par Ulysse sur le sort des parents du héros, Eumée révèle que sa mère est morte de chagrin et que son père Laërte vit isolé et accablé par la douleur. Le porcher raconte ensuite sa propre histoire. Fils du roi de l île de Syra, il fut enlevé dans son enfance par des marchands phéniciens avec la complicité d une servante de son palais. Après la mort subite de la servante durant le voyage, les marchands le vendirent à Laërte qui l éleva dans sa demeure.
Au matin, le navire de Télémaque touche enfin les côtes d Ithaque. Le jeune prince ordonne à ses hommes de ramener le bâtiment au port de la ville tandis qu il débarque seul pour inspecter ses domaines. Il confie Théoclymène à son fidèle compagnon Pirée après qu un nouvel augure favorable, un faucon plumant une colombe, a confirmé la puissance future de sa lignée. Télémaque prend ses armes et se met en marche vers la cabine du porcher Eumée.
20.La révélation d ulysse à télémaque
Alors que Télémaque arrive à la bergerie d Eumée, il retrouve le voyageur qui s y abrite. Ignorant encore sa véritable identité, Télémaque l accueille avec bienveillance et discute avec lui des ravages commis par les prétendants qui assiègent son palais et convoitent sa mère Pénélope. Le jeune homme envoie ensuite le porcher annoncer secrètement son retour à la reine.
Demeurée seule avec eux, la déesse Minerve intervient et redonne à Ulysse son apparence royale et vigoureuse. Bouleversé par cette métamorphose divine, Télémaque reconnaît enfin son père et tous deux s étreignent en versant des larmes de joie. Ulysse expose alors son plan pour châtier les prétendants et demande à son fils de dresser la liste de leurs effectifs.
Pendant ce temps, les prétendants apprennent le retour inattendu de Télémaque par la mer et mesurent l échec de leur guet-apens. Réunis en assemblée, Antinoüs préconise un nouveau complot pour éliminer le jeune prince, mais Amphinomus s y oppose sagement. Informée de ces menaces par le héraut Médon, Pénélope descend réprimander publiquement les coupables, avant de regagner ses appartements où Minerve l endort.
21.Le retour discret d'Ulysse à Ithaque
À l'aube, Télémaque s'apprête à se rendre en ville pour retrouver sa mère Pénélope et lui annoncer son retour, confiant Ulysse aux soins du porcher Eumée. De retour chez lui, le jeune prince est chaleureusement accueilli par la nourrice Euryclée et par Pénélope, soulagée de le revoir sain et sauf. Télémaque se rend ensuite à l'assemblée où il accueille le devin Théoclymène, qui prophétise l'imminence du retour d'Ulysse à Ithaque.
Pendant ce temps, Ulysse et Eumée prennent la route vers la ville et s'arrêtent près d'une fontaine publique. Ils y croisent le chevrier Mélanthios, qui abreuve les prétendants et accable le vieil Ulysse d'insultes et d'un coup de pied. Témoin impassible de cette provocation, le héros se maîtrise et poursuit son chemin. En arrivant au palais, son vieux chien Argos le reconnaît sur un tas de fumier avant de pousser son dernier soupir, tandis qu'Ulysse franchit le seuil en mendiant.
Dans la grande salle, les prétendants banquent bruyamment et se moquent des mendiants. Athéna pousse Ulysse à tendre la main pour tester leur cruauté. Alors que la plupart des convives accèdent à sa requête, le cruel Antinoos l'injurie violemment et lui lance un tabouret qui l'atteint à l'épaule sans le faire vaciller. Indignée par cette agression inacceptable au sein de son propre foyer, Pénélope apprend l'incident et demande à Eumée de lui amener immédiatement l'étranger afin de l'interroger sur le sort de son époux disparu.
22.Victoire d Ulysse et tension au palais
Le mendiant Arnaeus, surnommé Irus en raison des courses qu il accomplit pour les habitants, arrive au palais d Ithaque et insulte Ulysse. Il tente de le chasser du seuil en le menaçant de le faire déguerpir par la force. Ulysse conserve son calme et lui fait remarquer que le seuil est assez grand pour deux. Il l avertit de ne pas le provoquer sous peine de conséquences sanglantes. Antinous, très amusé par cette dispute entre vagabonds, propose aux autres prétendants de les faire s affronter. Il promet au vainqueur la liberté de manger à leur table et une panse de chèvre farcie de sang et de graisse. Ulysse accepte le défi mais exige un serment afin que personne ne l frappe en traître pour favoriser Irus. Télémaque confirme que la sécurité de l étranger est garantie, soutenu par Antinous et Eurymachus. Ulysse retrousse alors ses guenilles, révélant une carrure athlétique et des bras puissants que la déesse Minerva fortifie encore. Effrayé, Irus tente de se dérober, mais Antinous le menace de l expédier chez le roi Echetus pour y être mutilé s il perd. Ulysse choisit de lui porter un coup mesuré sous l oreille afin de ne pas révéler sa véritable identité. Le choc brise la mâchoire d Irus qui s effondre en crachant du sang. Ulysse le traîne hors de la cour par le pied, le relie contre le mur avec son bâton et lui ordonne d éloigner désormais les chiens et les porcs.
Les prétendants félicitent Ulysse en riant et Antinous lui offre la panse de chèvre promise. Amphinomus lui apporte deux pains, lui verse du vin dans une coupe en or et lui souhaite un avenir meilleur. Sensible à la bienveillance d Amphinomus, Ulysse le met en garde en soulignant la fragilité de la condition humaine. Il évoque sa propre prospérité passée et prévient le jeune homme du retour imminent d Ulysse. Il l invite à regagner sa demeure pour éviter le massacre sanglant qui se prépare contre les prétendants. Bien qu impressionné et inquiet, Amphinomus retourne s asseoir, car Minerva l a déjà voué à périr de la main de Télémaque. La déesse inspire ensuite à Pénélope l idée de se montrer aux prétendants afin de raviver leur désir et d accroître son prestige. Eurynome lui suggère de se laver et d oindre son visage au préalable, mais la reine refuse en expliquant que les dieux l ont privée de sa beauté le jour du départ de son époux. Pendant que Pénélope s endort un instant, Minerva rehausse sa taille, purifie son teint et lui donne la grâce de Venus. Pénélope se réveille régénérée et descend dans la salle, escortée de deux servantes et drapée d un voile.
L apparition de la reine émerveille les prétendants qui désirent tous l épouser. Pénélope s adresse d abord à Télémaque pour lui reprocher d avoir laissé un étranger subir des mauvais traitements dans sa maison. Télémaque reconnaît la justesse de ses remarques mais explique sa difficulté à s imposer face à la foule impudente. Il se réjouit néanmoins de la défaite d Irus et souhaite un sort similaire à tous les prétendants. Eurymachus complimente alors la reine sur sa beauté inégalée. Pénélope répond que toute son allure s est évanouie avec le départ d Ulysse. Elle rappelle que son mari, en la quittant, lui avait demandé de prendre soin de ses parents et d épouser l homme de son choix dès que Télémaque serait barbu. Elle déplore le comportement outrageant des prétendants qui ruinent sa demeure sans lui offrir de présents selon l usage. Ulysse se réjouit en secret de voir son épouse soutirer des cadeaux aux prétendants. Antinous déclare qu aucun prétendant ne quittera les lieux sans mariage, puis ordonne d apporter des présents. Il offre une robe richement brodée avec douze agrafes d or, Eurymachus donne une chaîne d or et d ambre, Pisander apporte un collier et Eurydamas offre des boucles d oreilles brillantes. La reine remonte dans ses appartements avec ces présentations.
Le soir venu, trois brasiers sont allumés dans la salle pour éclairer les danses des prétendants. Ulysse propose aux servantes de maintenir les torches pour qu elles puissent rejoindre la reine et filer la laine. La servante Melantho, élevée par Pénélope mais maîtresse d Eurymachus, l insulte et le traite d insensé ou de buveur. Ulysse la menace d avertir Télémaque de ses propos insolents, ce qui fait fuir les femmes terrifiées. Ulysse reste près des brasiers pour surveiller la salle. Soucieuse d attiser la colère du héros, Minerva incite Eurymachus à se moquer de la calvitie d Ulysse. Eurymachus propose ironiquement au vagabond de travailler pour lui aux champs en échange de nourriture et de vêtements. Ulysse lui répond fermement qu il le surclasserait au fauchage, au labourage ou sur le champ de bataille, et dénonce son arrogance. Furieux, Eurymachus lui jette un tabouret. Ulysse s abrite auprès des genoux d Amphinomus et le projectile frappe l échanson au bras droit, provoquant un tumulte parmi les convives. Télémaque intervient avec autorité pour inviter les prétendants ivres à regagner leurs demeures. Sur le conseil d Amphinomus, les convives accomplissent des libations puis se retirent paisiblement pour la nuit.
23.Retrait des armes et confidence a Penelope
Ulysse, reste seul dans le palais avec Telemaque, prepare sa vengeance avec l aide de Minerva. Il ordonne a son fils de ranger toutes les armes dans la chambre au trésor. Telemaque demande a Euryclea d enfermer les servantes pour accomplir cette tâche sans temoins, puis transporte les boucliers, casques et lances. Minerva marche devant eux avec une lampe d or qui illumine la piece d une lumiere merveilleuse, ce qui remplit Telemaque d etonnement. Une fois les armes mises a l abri, le jeune homme se retire dans sa chambre, tandis qu Ulysse attend Penelope dans la salle. La reine descend dans la piece et s assoit pres du feu sur un siege incruste d ivoire et d argent fabrique par Icmalius. Les servantes nettoient les tables des pretendants et rallument les brasiers. Melantho insulte une nouvelle fois Ulysse, lui reprochant d epier les femmes. Ulysse la met en garde, rappelant qu il a ete riche autrefois avant de tout perdre et avertissant que Telemaque veille désormais sur la conduite de la maison. Penelope réprimande severement la servante, puis demande a Eurynome de preparer un siège recouvert d une peau pour le mendiant afin de l interroger.
Penelope demande a l etranger de decliner son nom et ses origines. Ulysse loue d abord la vertu de la reine, puis la prie de ne pas raviver ses douloureux souvenirs. Penelope explique alors la detresse qui l accable depuis le depart de son epoux pour Troie, harcelee par les pretendants de Dulichium, Same, Zacynthus et Ithaque qui ruinent sa demeure. Elle revele la ruse du grand voile destine au linceul de Laertes, qu elle tissait le jour et desfaisait la nuit pendant trois ans, jusqu a ce que des servantes la trahissent et l obligent a le terminer. Pressée par ses parents et voyant son fils s indigner du pillage de ses biens, elle se voit contrainte d epouser l un des pretendants. Ulysse accepte alors de repondre en inventant un récit mensonger. Il prétend se nommer Aethon, originaire de Crete, fils de Deucalion et frere cadet d Idomeneus. Il affirme avoir accueille Ulysse chez lui a Cnossus lorsque des vents contraires l avaient pousse vers le port d Amnisus en route pour Troie. Ulysse retrace avec precision ces douze jours d hospitalite offerts aux troupes.
A ces mots, Penelope fond en larmes, profondement emue par ce récit. Pour s assurer de la veracite de ses propos, elle exige des détails sur l apparence d Ulysse et de ses compagnons. Le héros decrit alors avec exactitude un manteau de laine pourpre a double doublure, attache par une agrafe en or representant un chien terrassant un faon, ainsi qu une tunique brillante et douce comme une peau d oignon. Il mentionne également l epee de bronze qu il lui avait offerte et decrit son ecuyer Eurybates, un homme aux epaules voûtees, au teint sombre et aux cheveux crepus. Reconnaissant ces objets qu elle avait elle-meme plies et ranges, Penelope redouble de sanglots et promet au mendiant de l honorer et de le traiter en hôte illustre. Ulysse la rassure en affirmant qu Ulysse est vivant, actuellement chez les Thesprotiens avec d immenses richesses, apres avoir perdu son navire et son equipage sur l ile Thrinacie pour avoir blesse le troupeau du Soleil. Il assure que le roi Pheidon lui a montre le navire pret a reconduire Ulysse a Ithaque.
Reconnaissance d Ulysse et vision de Penelope
L etranger garantit a la reine qu Ulysse est sain et sauf chez les Thesprotiens, qu il a amasse d immenses richesses et qu il reviendra au cours de cette meme annee. Penelope reste tres sceptique mais, reconnaissante pour ces paroles, ordonne a ses servantes de lui laver les pieds, de lui preparer un lit douillet et de prendre soin de lui pour le petit-déjeuner avec Telemaque. Ulysse refuse les couvertures moelleuses et exige que seule une vieille servante respectable touche a ses pieds. Penelope charge alors la nourrice Euryclea de s en occuper, remarquant que l etranger a l âge et la stature de son mari disparu. Euryclea pleure sur le sort de son maitre et note la ressemblance frappante entre l etranger et Ulysse. Elle prepare le bassin d eau chaude pour la toilette. En s approchant du feu, Ulysse se detourne pour cacher une cicatrice a la jambe, mais la vieille femme la remarque immediatement en lui saisissant le membre.
Cette cicatrice provient d une blessure infligee par un sanglier lors d une chasse au mont Parnasse aux côtes des fils d Autolycus, le grand-pere maternel d Ulysse. Le récit rappelle qu Autolycus avait nomme son petit-fils Ulysse lors d une visite a Ithaque. Plus tard, le jeune Ulysse etait alle recevoir les presents promis par son grand-pere. Pendant la chasse, le sanglier l avait blesse au-dessus du genou avant d etre terrasse. Soigne par Autolycus et ses fils, Ulysse etait ensuite retourne a Ithaque au grand soulagement de ses parents. En reconnaissant la cicatrice, Euryclea laisse tomber la jambe dans le bassin, ce qui fait basculer le récipient. Sous le coup de la joie et de la douleur, elle attrape la barbe d Ulysse et s ecrie qu il est bien son maitre. Alors qu elle cherche le regard de Penelope, Minerva distrait l attention de la reine. Ulysse saisit la nourrice a la gorge et exige son silence absolu sous peine de mort lors du châtiment des servantes infideles. Euryclea promet de garder le secret.
Apres s etre lave, Ulysse se rapproche du feu pour se réchauffer. Penelope lui confie son insomnie et le tourment qui l agite entre rester auprès de son fils ou épouser l un des pretendants qui ruinent son palais. Elle raconte un reve ou un aigle gigantesque a tue ses vingt oies avant de lui declarer d une voix humaine qu il etait son epoux revenu pour châtier les pretendants. Ulysse affirme que ce reve annonce la destruction inevitable de ses ennemis. Penelope repond avec doute, expliquant que les reves trompeurs passent par la porte d ivoire tandis que les reves prophetiques franchissent la porte de corne. Elle annonce qu elle va organiser le lendemain le concours des douze haches : elle épousera celui des pretendants qui saura bander l arc d Ulysse et traverser toutes les haches d une fleche. Ulysse l encourage a maintenir cette epreuve sans attendre, assurant que son epoux sera présent avant qu un seul pretendant ne parvienne a bander l arc.
Penelope monte ensuite dans ses appartements superieurs, accompagnee de ses servantes, pour se reposer sur son lit. Elle continue d y pleurer son epoux disparu depuis son depart pour Troie. Ses lamentations se prolongent jusqu ce que la deesse Minerva verse un doux sommeil sur ses paupieres pour apaiser sa peine.
24.Le songe d'Ulysse et les présages de mort
Ulysse passe une nuit blanche étendu sur une peau de bœuf et des peaux de brebis dans le parvis, ruminant sa vengeance contre les prétendants tout en entendant ricaner les servantes infidèles. Voyant son tourment, Athéna descend de l'Olympe pour l'apaiser et le rassurer sur le succès de son entreprise, avant de lui procurer un profond sommeil. Pendant ce temps, Pénélope s'éveille en pleurs et prie Diane de mettre fin à ses jours ou de l'emporter, hantée par le souvenir et la vision récente de son époux.
Au petit matin, Ulysse se réveille et implore un signe divin, obtenant aussitôt un coup de tonnerre de Zeus et les paroles d'une meunière épuisée qui souhaite que ce jour soit le dernier repas des prétendants. Télémaque inspecte la maison et se rend à l'assemblée, tandis que le porcher Eumée et le bouvier Philéties rejoignent le palais avec du bétail. Les prétendants se rassemblent de nouveau pour festiner et trament le meurtre de Télémaque, mais un présage funeste les en dissuade provisoirement.
Dans la grande salle, les provocations continuent et Ctéssippe lance un pied de bœuf en direction d'Ulysse, qui l'évite de justesse. Alors que le jeune prince prend fermement la défense de son hôte et recadre ses agresseurs, les prétendants sont saisis d'un rire sardonique et délirant tandis que la nourriture se couvre de sang. Le devin Théoclymène, témoin de cette vision effroyable de mort et de ténèbres, annonce l'extermination imminente des coupables et quitte la maison, sous les moqueries des convives qui ignorent leur fin prochaine.
25.Epreuve de l arc et revelation d Ulysse
Minerva inspire a Penelope l idee d organiser le concours de l arc et des haches en fer afin de sceller le destin des pretendants. La reine se rend dans la chambre au trésor avec le trousseau de clés en bronze et ivoire pour y prendre l arc d Ulysse ainsi que le carquois rempli de fleches mortelles. Cet arme historique lui avait ete offerte autrefois par Iphitus, fils d Eurytus, lorsqu ils s etaient rencontres en Messene. Iphitus cherchait alors douze cavales et des mulets qui lui coûterent la vie, tue par Hercules dans son palais. Penelope retire l arc de son etui en versant de chaudes larmes, puis rejoint la salle des banquets accompagnee de ses servantes qui transportent un coffre rempli de fer et de bronze. Devant l assemblee, Penelope annonce qu elle epousera celui qui saura bander l arc d Ulysse et traverser les douze haches d une fleche. Elle ordonne a Eumaeus de presenter l arme et les fers aux pretendants. Eumaeus et le bouvier Philoetius pleurent en rechantant l arc de leur maitre, ce qui leur attire les réprimandes d Antinous. Ce dernier feint la confiance tout en redoutant la difficulte de l epreuve.
Telemaque prend la parole avec une ironie feinte et annonce qu il veut lui-meme tenter l epreuve pour empêcher sa mere de quitter le palais. Il creuse une longue tranchee dans le sol, y aligne parfaitement les douze haches et tasse la terre autour. Il tente a trois reprises de bander l arc sans y parvenir. Alors qu il s apprete a réussir a la quatrieme tentative, un signe discret d Ulysse l arrête. Telemaque repose l arc et invite les prétendants a prendre leur tour de gauche a droite. Le prêtre Leiodes, fils d Oenops, est le premier a essayer. Ses mains douces s epuisent rapidement sans fléchir le bois. Il renonce en declarant que cet arc coutera la vie a bien des chefs et conseille aux pretendants d renoncer a Penelope. Antinous le réprimande vivement et ordonne au chevrier Melanthius d allumer un feu et d apporter un bloc de graisse pour assouplir le bois. Malgré ce soin, aucun des prétendants ne parvient a bander l arme. Seuls Antinous et Eurymachus diffèrent encore leur passage.
Pendant ce temps, Eumaeus et Philoetius sortent du palais. Ulysse les rejoint a l exterieur et sonde leur loyauté en leur demandant s ils prendraient le parti de leur ancien maitre si un dieu le ramenait soudainement. Les deux serviteurs prient passionnément pour le retour du roi. Assure de leur devouement, Ulysse leur revele sa veritable identite et leur montre la cicatrice a la jambe causee autrefois par un sanglier sur le mont Parnasse. Émus aux larmes, les deux hommes l enlacent et le couvrent de baisers. Ulysse interrompt leurs effusions pour éviter d attirer l attention. Il leur fixe leurs rôles respectifs pour la suite : Eumaeus devra lui apporter l arc dans la salle malgré les protestations et ordonner aux femmes de fermer leurs portes sans en sortir, tandis que Philoetius verrouillera les portes de la cour exterieure avec un câble de navire en fibre de byblus.
De retour dans la salle, Eurymachus tente vainement de chauffer l arc pres du feu mais ne parvient pas a le bander. Il exprime sa honte face a cette faiblesse qui tordra la réputation des prétendants auprès des générations futures. Antinous propose alors d interrompre le concours en raison de la fête consacree a Apollo et de reporter les essais au lendemain apres de nouvelles immolations commandees a Melanthius. L assemblee approuve et les serviteurs versent le vin pour les libations. Ulysse intervient alors poliment et demande a tester la force de ses bras sur l arc. Antinous le menace violemment, rappelant l histoire du centaure Eurytion rendu fou par le vin chez Peirithous, et le menace de le faire livrer au roi Echetus s il persiste. Penelope intervient pour défendre l etranger, affirmant qu aucune crainte de mariage n est fondée et promettant de lui offrir des vêtements, des armes et des sandales s il réussit. Telemaque s interpose alors avec autorite, affirmant qu il est le seul maitre du palais habilité a disposer de l arc, et invite sa mere a regagner ses appartements. Penelope s exécute, admirative de la résolution de son fils, et s endort grâce a Minerva.
Eumaeus ramasse l arc pour le donner a Ulysse malgré les cris d intimidation des prétendants. Encouragé par les menaces de Telemaque, le porcher depose l arme entre les mains du roi, puis demande a Euryclea de verrouiller les appartements des femmes. Philoetius sort discretement pour attacher les portes de la cour exterieure. Ulysse examine l arc sous les moqueries des convives qui le traitent d connaisseur d puces ou d armurier de fortune. Sans le moindre effort, Ulysse bande l arc comme un barde tend la corde d une lyre. La corde vibre d un son clair comme le chant d une hirondelle. Un coup de tonnerre claque alors dans le ciel, signe envoye par Jove que le héros accueille avec joie. Toujours assis, Ulysse ajuste une fleche posees sur la table, tire la corde et traverse d un seul coup net le trou des douze haches jusqu a la cour. Il se tourne vers Telemaque pour lui declarer que son hôte ne l a pas honni. Sur un signe de sourcil de son père, Telemaque ceint son épée, empoigne sa lance et se poste armé aux côtés d Ulysse.
26.Massacre des pretendants et purification du palais
Ulysse se dépouille de ses guenilles, s élance sur le seuil avec son arc et décoche une première flèche mortelle à la gorge d Antinous. Ce dernier s effondre alors qu il portait une coupe d or à ses lèvres. Les prétendants croient d abord à un tir accidentel, mais Ulysse leur révèle son identité, dénonçant le pillage de ses biens et la souillure de sa maison. Pris de panique, Eurymachus tente de rejeter la faute sur le défunt Antinous, promettant d d d compenser les pertes. Devant le refus inflexible d Ulysse, Eurymachus s élance épée en main mais se fait percer le foie par une flèche. Amphinomus tente à son tour d attaquer le héros, mais Télémaque le frappe dans le dos avec sa lance. Télémaque court ensuite chercher des boucliers, des casques et des lances dans la réserve pour en équiper son père, Éumée, Philœtius et lui-même.
Durant l affrontement, le chevrier Melanthius s infiltre dans la réserve par des passages secrets et rapporte douze boucliers, casques et lances aux prétendants. Voyant les ennemis s armer, Ulysse charge Éumée et Philœtius de surprendre le traître. Les deux serviteurs capturent Melanthius dans la réserve, lui lient les membres dans le dos et le suspendent aux poutres de la charpente. Ils rejoignent ensuite Ulysse au moment où la déesse Minerva apparaît sous les traits de Mentor. Malgré les menaces d Agelaus contre Mentor, la déesse réprime Ulysse pour raviver sa vaillance avant de se transformer en hirondelle et de se percher sur une poutre. Les javelots lancés par les prétendants sont détournés par Minerva, permettant à Ulysse, Télémaque, Éumée et Philœtius de riposter avec efficacité et d abattre leurs adversaires. Minerva brandit alors son égide mortelle, plongeant les survivants dans la terreur et achevant le massacre.
Ulysse fait deux exceptions parmi les victimes. Il refuse la grâce du prêtre Leiodes et lui tranche la tête, mais il épargne le barde Phemius et le héraut Medon sur les interventions de Télémaque. Une fois la salle débarrassée de tous ses assaillants, Ulysse convoque la nourrice Euryclée. Devant le spectacle des cadavres, il lui interdit de pousser des cris de joie par respect pour les morts. Euryclée lui révèle que douze des cinquante servantes du palais ont failli à leur devoir. Ulysse ordonne alors à Télémaque, Éumée et Philœtius de faire nettoyer les tables et le sol par ces servantes infidèles. Une fois le nettoyage terminé, les femmes sont conduites dehors et Télémaque les pend à un câble de navire. Melanthius est ensuite extrait de la cour pour subir d atroces mutilations. Ulysse fait brûler du soufre pour purifier entièrement le palais, puis accueille les servantes fidèles qui viennent l enlacer et le saluer en larmes.
27.Retrouvailles d Ulysse et Penelope
Euryclea monte dans les appartements de Penelope pour lui annoncer le retour d Ulysse et la mort des pretendants. Penelope refuse de la croire, pensant que la vieille nourrice a perdu la raison ou qu un dieu a chastie les intrus. Euryclea insiste, évoquant le secret garde par Telemachus et la cicatrice au genou qu elle a reconnue lors du bain. Intriguee et hesitante, Penelope descend dans la salle et s assoit en face d Ulysse, immobile et silencieuse. Elle observe cet homme couvert de sous-vêtements miserables sans oser le saluer. Telemachus lui reproche vivement l insensibilite de son cœur face a un epoux absent depuis vingt ans. Penelope repond qu ils sauront se reconnaître grâce a des signes secrets que seuls eux deux connaissent. Ulysse sourit et ordonne a Telemachus de preparer une fausse fête de mariage avec le barde Phemius afin de tromper les habitants de la ville et de cacher le massacre le temps de se réfugier a la campagne.
Apres s etre lave et revetu de beaux habits par Eurynome, Ulysse retrouve une stature majestueuse grâce a Minerva. Il s assoit en face de sa femme et s etonne de sa froideur, demandant a Euryclea de lui dresser un lit isole. Penelope éprouve alors son epoux en ordonnant de sortir le lit conjugal hors de la chambre. Furieux, Ulysse explique que ce lit est inamovible car il l a sculpte lui-meme dans le tronc d un olivier enracine autour duquel il a bati la chambre. Convaincue par cette preuve incontestable, Penelope fond en larmes, se precipite dans ses bras et lui demande pardon pour sa prudence. Le couple pleure d emotion, et Minerva prolonge la nuit en retenant l aube. Ulysse lui confie qu il doit encore accomplir un ultime voyage prescrit par Teiresias pour apaiser Neptune avant de connaître une vieillesse paisible. Ils se retirent ensuite dans leur chambre pour s unir et se raconter leurs epreuves mutuelles, Penelope evquant les abus des pretendants et Ulysse retraçant toutes ses aventures depuis Troie jusqu a son arrivee chez les Pheaciens.
Au matin, Minerva fait lever l aube. Ulysse se réveille et charge Penelope de garder la maison et de rester isolee dans ses appartements avec ses servantes pour se protéger des rumeurs. Le héros ceint ses armes et reveille Telemachus, Philoetius et Eumaeus pour qu ils s equipent egalement. Ensemble, ils ouvrent les portes du palais et quittent la ville sous la conduite d Ulysse, tandis que Minerva les dissimule dans l obscurite pour assurer leur fuite vers les domaines ruraux.
28.Reconciliation ultime et paix a Ithaque
Mercury convoque les ames des pretendants tues et les guide en poussant des cris stridents vers le royaume des morts. Apres avoir franchi les eaux d Oceanus, le roc Leucas, les portes du soleil et le pays des reves, ils arrivent a la prairie d asphodèle ou se rassemblent les ombres. Ils y retrouvent le spectre d Achilles entoure de Patroclus, Antilochus et Ajax. Agamemnon les rejoint egalement, deplorant sa mort disgraceuse orchestree par Aegisthus et sa propre epouse, tout en louant la glorieuse fin d Achilles devant Troie, les honneurs funebres rendus par les Grecs et Thetis, ainsi que sa renommee immortelle. Agamemnon aperçoit alors Amphimedon, qu il a autrefois connu a Ithaque. Il lui demande quelle disgrace a pu frapper une si brillante jeunesse. Amphimedon raconte alors en detail la ruse du grand voile de Penelope pour retarder son mariage, le retour cache d Ulysse sous les traits d un mendiant, puis l epreuve de l arc ayant conduit au massacre implacable des pretendants dans le palais. Agamemnon célèbre aussitôt la vertu et la fidelité exceptionnelles de Penelope, opposant sa gloire a la trahison de Clytemnestre.
Pendant ce temps, Ulysse, Telemachus, Eumaeus et Philoetius quittent la ville pour se rendre a la ferme de Laertes. Ulysse envoie ses compagnons preparer le repas dans la maison et decide d aborder seul son pere pour eprouver sa reconnaissance. Il trouve Laertes isole dans le vignoble, vêtu de guenilles sales et plongé dans une profonde tristesse. Ému jusqu aux larmes par l apparence négligée de son pere, Ulysse feint d abord d etre un hôte nomme Eperitus venant d Alybas, affirmant avoir accueilli Ulysse avec generosite cinq ans plus tôt. Voyant Laertes succomber a la douleur et se couvrir la tête de poussiere, Ulysse ne peut contenir son emotion. Il se revele a lui, lui baisant le visage et annonçant la mort des pretendants. Pour convaincre son pere hésitant, Ulysse lui montre la cicatrice de sa blessure de sanglier au mont Parnasse et lui énumere avec précision les arbres que Laertes lui avait donnes autrefois dans le verger. Subjugue par ces preuves, Laertes s effondre dans les bras de son fils avant de rendre grâce aux dieux. Ils rejoignent la maison ou Laertes est lave, oint et revetu d un grand manteau par la servante sicilienne, tandis que Minerva lui rend une stature majestueuse. Dolius et ses fils arrivent du travail, reconnaissent Ulysse avec joie et partagent leur repas.
Pendant le banquet, la Renommee répand dans toute la ville la nouvelle du massacre. Les habitants s assemblent en foule devant le palais pour pleurer et enterrer leurs morts. Eupeithes, le pere d Antinous, prend la parole devant l assemblee et exhorte le peuple a se venger d Ulysse avant qu il ne s enfuie vers Pylos ou Elis. Medon et le barde Phemius surviennent alors pour avertir la foule qu un dieu immortel assistait Ulysse lors du combat. Le devin Halitherses rappelle aux habitants qu ils sont responsables du drame pour n avoir pas freine les exces de leurs fils. Malgré ces avertissements, plus de la moitie des citoyens s arment sous la conduite d Eupeithes. Dans l Olympus, Minerva interroge Jove sur le sort d Ithaque. Jove decree que la vengeance est accomplie et qu un pacte de paix perpetuelle doit retsablit le regne d Ulysse.
Minerva descend sur Terre au moment ou les assaillants approchent du domaine de Laertes. Avertis par un fils de Dolius, Ulysse, Telemachus, Laertes, Dolius et leurs hommes ceignent leurs armes pour faire face a la foule. Minerva prend l apparence de Mentor, encourage Laertes et lui insuffle une vigueur nouvelle. Laertes lance sa lance et transperce le casque d Eupeithes qui s effondre mort. Ulysse et Telemachus s élancent sur les premiers rangs ennemis pour les exterminer, mais Minerva fait retentir sa voix pour ordonner l arrêt immediat du carnage. Pris d une terreur panique, les assaillants jettent leurs armes et fuient vers la ville. Alors qu Ulysse s apprete a fondre sur eux comme un aigle, Jove lance un foudre enflamme devant Minerva. La deesse ordonne a Ulysse d interrompre la guerre sous peine d attirer la colere divine. Ulysse obeit avec joie, et Minerva, sous les traits de Mentor, scelle une paix durable entre les deux parties.
29.Notes explicatives et analyses philologiques de l Odyssee
Ce recueil de notes marginales, d analyses linguistiques et de remarques geographiques offre un éclairage critique sur le texte de l Odyssee. L auteur des notes examine de manière tres detaillée les usages culturels, l architecture des demeures, la geographie mediterraneenne et les choix stylistiques faits par le redacteur du poeme, qu il soupçonne frequemment d etre une jeune femme originaire de Sicile, familiere de la region de Trapani et du mont Eryx. Les remarques couvrent aussi bien l usage des meubles, comme les tabourets et les sieges hauts, que les materiaux precieux comme l ambre sicilien et le cuivre de Temesa. L auteur analyse egalement les divergences de vocabulaire et de perspective morale entre l Iliade et l Odyssee, soulignant une attention particuliere portee a la dignite des femmes, au respect du foyer et aux conditions de vie des serviteurs.
Sur le plan geographique et economique, les notes remettent en question la rigueur topographique de certains recits de voyage, notamment les trajets impossibles en char a travers des chaines montagneuses ou les erreurs d orientation maritime. Les îles ioniennes, l île de Favognana chez les Cyclopes, Scheria et le port d Ithaque sont rapproches de lieux reels de Sicile occidentale. De plus, plusieurs annotations mettent en lumiere les emprunts textuels directs faits a l Iliade, expliquant les incoherences narrative par un phenomene de cerebration inconsciente de l auteur. Enfin, les notes analysent les sacrifices rituels, la preparation des viandes sur des broches, les lois de l hospitalite divine ainsi que la nature prophetique des visions et des reves qui jalonnent l œuvre.
Analyses philologiques et explications textuelles de l Odyssee
Ce texte regroupe un ensemble de notes critiques, topographiques et litteraires portant sur les derniers livres de l Odyssee. L auteur des annotations poursuit son analyse approfondie de l œuvre en s appuyant sur des elements d histoire, de géographie et d observances sociales. Il continue d étayer sa thèse selon laquelle le poème aurait été composé par une jeune femme issue de la région de Trapani en Sicile. Les notes traitent de détails matériels variés, tels que l artisanat des sandales, l usage des outils agricoles comme les pelles a vanner, la nature des monnaies ou objets d echange avant l apparition de la monnaie frappee, ainsi que l aménagement intérieur des palais mycéniens. Plusieurs remarques soulignent avec humour ou ironie les imprecision narratives du texte, notamment l anachronisme relatif a l âge de Telemaque au début des pérégrinations d Ulysse, ou encore l impossibilité physique de l execution par pendaison simultanée des douze servantes infidèles suspendues a un seul câble de navire.
Sur le plan de la composition et de la psychologie des personnages, l annotateur examine les hésitations du récit et les ajouts ultérieurs faits par le poète. Il analyse la double identité attribuee a la nourrice, oscillant entre Euryclea et Eurynome, la retenue prudente de Penelope face au retour de son epoux, ainsi que les parallèles marques entre les figures féminines du poème comme Penelope, Helen et Clytemnestra. Les explications topographiques cherchent a localiser les étapes du voyage d Ulysse, associant la grotte des Naiades, le roc des Corbeaux, les rochers des Cyclopes et le havre de Phorcys a des sites réels de la côte sicilienne et des îles Égades. Enfin, les notes mettent en lumière la sensibilité de l auteur du poème envers la dignité humaine, le respect des serviteurs et le gaspillage des ressources du foyer.
Ce passage conclut la note explicative finale de l ouvrage. Il mentionne une anecdote personelle observee sur le mont Eryx en Sicile, ou un habitant etait surnomme de maniere ironique Sonza Malizia ou Sans Malice en raison de sa grande ruse. Cette observation conclut la serie d annotations critiques et ethnographiques sur le poeme.
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