VIE ET AVENTURES DE MARTIN CHUZZLEWIT - Tome I — Résumé 🇫🇷 Français
Dans ce deuxième chapitre, le récit quitte les considérations généalogiques du chapitre précédent pour introduire les premiers personnages importants de l’histoire.
L’action s’ouvre dans un petit village du Wiltshire, près de Salisbury, à la fin de l’automne. Le paysage est décrit avec une grande richesse : le soleil couchant perce un instant le brouillard qui a couvert la journée entière et illumine les champs, les haies, les ruisseaux et les arbres. Cette lumière passagère semble rendre à la nature une jeunesse momentanée avant que l’hiver ne reprenne ses droits. Peu à peu, le soleil disparaît derrière les collines, l’obscurité tombe, les oiseaux se taisent et le vent du soir se lève.
Le village s’anime alors autour de la forge, dont le feu éclatant contraste avec la nuit et le froid. Le forgeron et ses compagnons travaillent au milieu des étincelles tandis que plusieurs habitants demeurent fascinés devant ce spectacle chaleureux. Le vent, présenté comme une force capricieuse et malveillante, s’acharne sur les feuilles mortes qu’il disperse dans tous les sens. Il finit par pousser une troupe de feuilles jusque dans la maison de M. Pecksniff au moment où la porte s’ouvre.
Cette bourrasque provoque un incident comique. M. Pecksniff, qui rentre chez lui, reçoit la porte violemment contre lui et tombe au bas des marches. Étourdi par le choc, il reste allongé sans réagir tandis que sa fille, entendant du bruit, croit qu’un garnement est venu frapper à la porte avant de s’enfuir. Elle menace l’intrus imaginaire de la police et de la prison sans comprendre que son propre père est étendu devant elle. Ce n’est qu’après avoir entendu un éternuement qu’elle reconnaît enfin sa voix.
Les deux filles de M. Pecksniff accourent aussitôt et relèvent leur père. Elles sont très inquiètes en voyant son apparence pitoyable : son chapeau a disparu, ses vêtements sont couverts de boue et il paraît complètement désorienté. Cependant, ses blessures se révèlent bénignes. Les jeunes femmes le ramènent dans le salon où elles le soignent avec sollicitude. On applique des remèdes improvisés sur ses contusions tandis qu’il reprend ses esprits grâce à un mélange d’eau-de-vie et d’eau.
Le chapitre présente alors en détail les deux filles de M. Pecksniff. La plus jeune se nomme Mercy, souvent appelée Merry. Elle est décrite comme vive, espiègle, pleine de gaieté et d’énergie. Son tempérament spontané et sa fraîcheur lui donnent un charme particulier. Elle porte ses cheveux dans un style libre et naturel et affiche une simplicité affectée qui contribue à son image de jeune fille naïve et séduisante. Son père lui a donné le prénom de Mercy, symbole de miséricorde et de douceur.
Sa sœur aînée s’appelle Charity, surnommée Cherry. Elle représente le contraste parfait avec Mercy. Plus sérieuse, plus réfléchie et plus pratique, elle possède un bon sens solide et une gravité modérée par la douceur. Les deux sœurs s’aiment sincèrement et semblent se compléter mutuellement. Chacune admire les qualités de l’autre tout en conservant un caractère très différent. Leur relation est présentée comme harmonieuse et exemplaire.
Le narrateur consacre ensuite une longue description à M. Pecksniff lui-même. Celui-ci apparaît comme un homme qui affiche constamment des principes moraux élevés. Il se présente comme un modèle de vertu, de sagesse et de respectabilité. Sa conversation est remplie de maximes édifiantes et de réflexions morales. Son apparence entière semble conçue pour inspirer confiance : son cou soigneusement dégagé, sa cravate blanche, ses cheveux ordonnés, ses manières douces et son expression onctueuse donnent l’impression d’une parfaite honnêteté. Cependant, le ton ironique du narrateur laisse entendre que cette moralité ostentatoire cache une grande hypocrisie. Pecksniff aime les beaux discours plus que la véritable vertu et se complaît dans une image avantageuse de lui-même.
Professionnellement, il se présente comme architecte et arpenteur. Une plaque sur sa porte l’annonce fièrement. Pourtant, il est précisé qu’on ne lui connaît pratiquement aucune réalisation architecturale. Son activité principale consiste à accueillir des élèves désireux d’apprendre l’architecture. Il attire les parents et les tuteurs grâce à sa réputation puis encaisse les frais de pension. Une fois installés chez lui, les étudiants passent des années à réaliser des dessins et des projets théoriques sans grande utilité pratique. Sous sa direction, ils imaginent quantité de cathédrales, de palais, de bâtiments publics et de monuments qui ne verront jamais le jour. La véritable compétence de Pecksniff semble être moins l’architecture que l’art de profiter financièrement de ses pensionnaires.
Après le repas du soir, la famille se réunit autour du feu. Fidèle à ses habitudes, M. Pecksniff transforme les objets les plus ordinaires en sujets de méditation morale. Même le thé, le jambon, les œufs et la nourriture en général deviennent sous sa plume des leçons sur la fragilité des plaisirs humains et les dangers de l’excès. Ses filles l’écoutent avec respect tandis qu’il développe ses réflexions grandiloquentes.
Une fois installé confortablement près du feu, il annonce une nouvelle importante : un nouvel élève va bientôt rejoindre la maison. Il présente cette arrivée comme une occasion exceptionnelle pour ce jeune homme de bénéficier à la fois d’une formation architecturale incomparable et de la compagnie d’une famille moralement irréprochable. Mercy plaisante aussitôt, laissant entendre qu’elle s’intéresse davantage à l’apparence du futur pensionnaire, tandis que Charity pose des questions plus pratiques, notamment sur le montant de la pension.
La réponse de leur père surprend les deux jeunes femmes. Il explique qu’il ne recevra pas immédiatement les frais de pension du nouvel arrivant. Cette perspective les inquiète un instant, mais Pecksniff profite de l’occasion pour prononcer un nouveau discours sur le désintéressement, la générosité et la bienveillance. Il affirme que tout ne doit pas être guidé par le calcul ou l’intérêt matériel et se présente comme un homme prêt à aider autrui même au détriment de son propre profit. Ses filles semblent rassurées par cette démonstration de vertu.
L’atmosphère devient alors plus légère. Mercy se montre particulièrement affectueuse envers son père, allant jusqu’à s’asseoir sur ses genoux et à l’embrasser à plusieurs reprises. Les trois personnages partagent un moment de bonne humeur familiale, même si le narrateur continue de souligner subtilement le caractère théâtral et intéressé des attitudes de Pecksniff.
La conversation se tourne ensuite vers un ancien pensionnaire nommé John Westlock. Pecksniff croyait que celui-ci avait quitté définitivement la maison la veille, puisque sa pension était arrivée à son terme et que ses affaires étaient préparées. Charity lui apprend cependant qu’il a passé la nuit à l’auberge du Dragon Bleu. Elle ajoute qu’il a invité à dîner M. Pinch et que les deux hommes ont passé la soirée ensemble. Au moment où Mercy s’apprête à fournir davantage de détails sur les événements de la matinée, le chapitre s’interrompt, laissant présager l’introduction prochaine de nouveaux personnages et de nouveaux développements dans l’intrigue.