Charles Dickens

Chapitre 5

VIE ET AVENTURES DE MARTIN CHUZZLEWIT - Tome IRésumé 🇫🇷 Français

Le chapitre s’ouvre sur une description du Dragon bleu, l’auberge du village dont l’enseigne représente un vieux dragon usé par les intempéries. Jadis éclatant, l’animal peint est désormais décoloré et déformé, mais demeure suspendu devant l’établissement, comme un symbole familier et presque vivant de l’endroit. Cette longue évocation introduit le cadre où vont se dérouler de nouveaux événements. Un soir, une agitation inhabituelle règne dans l’auberge. Des domestiques montent et descendent les escaliers, des lumières s’allument partout, le feu est entretenu avec empressement et l’on prépare à la hâte une chambre. La cause de ce tumulte est l’arrivée inattendue d’un vieux gentleman et d’une très jeune femme voyageant seuls dans une vieille voiture. En chemin, le vieillard a été frappé d’une violente crise de santé et a dû interrompre son voyage pour chercher refuge au Dragon bleu. Le malade souffre de terribles spasmes et de douleurs aiguës. Malgré la gravité apparente de son état, il refuse catégoriquement toute assistance médicale. Plus il souffre, plus il se montre obstiné. Il menace même de quitter l’auberge plutôt que de se laisser examiner par un médecin. La seule chose qu’il accepte est d’être mis au lit. Son caractère apparaît immédiatement comme énergique, autoritaire et profondément méfiant. L’hôtesse de l’établissement, mistress Lupin, tente de lui venir en aide. Ne trouvant aucun médecin dans le village, elle fait chercher l’apothicaire local, qui est malheureusement absent. Inquiète, elle envoie également chercher M. Pecksniff, réputé pour sa sagesse et son influence morale. Lui non plus n’est pas chez lui au moment où on le demande. En attendant, le malade est installé dans la meilleure chambre de l’auberge. Au fil des heures, les crises diminuent progressivement. Les douleurs deviennent moins fréquentes puis cessent presque entièrement, même si le vieillard reste extrêmement faible. Profitant d’un moment d’accalmie, il demande du papier, de l’encre et des plumes. Avec beaucoup d’efforts, il commence à écrire quelque chose. Son comportement révèle une grande inquiétude et un désir de secret. Pendant qu’il écrit, il observe son entourage avec une vigilance presque paranoïaque. Dans la chambre se trouvent également la jeune femme qui l’accompagne et mistress Lupin. L’aubergiste est décrite comme une veuve robuste, chaleureuse, pleine de vitalité et de bonne humeur. Elle possède un caractère bienveillant, un physique avenant et une curiosité naturelle. Tandis qu’elle contemple sa chambre avec satisfaction, son attention se porte bientôt sur la jeune voyageuse. Cette dernière apparaît comme une jeune femme d’environ dix-sept ans. Elle est discrète, réservée et d’une grande maîtrise de soi. Malgré son âge, elle fait preuve d’un calme remarquable dans les circonstances difficiles. Elle a soigné le malade avec compétence grâce à une boîte de remèdes qu’elle transporte constamment avec elle. Sa beauté est simple et délicate, rehaussée par une expression de douceur et de dignité. Son inquiétude pour le vieillard est visible, mais elle contrôle soigneusement ses émotions. Mistress Lupin engage alors la conversation avec elle. Elle apprend que les remèdes sont toujours prêts parce que leurs voyages les exposent régulièrement à ce genre de situation. Cette remarque éveille la curiosité de l’aubergiste, qui suppose naturellement un lien familial entre les deux voyageurs. Elle croit d’abord que le vieillard est le grand-père de la jeune femme. Celle-ci la corrige. L’hôtesse pense ensuite qu’il s’agit de son père, puis de son oncle. Chaque fois, la réponse est négative. La révélation est surprenante : les deux voyageurs ne sont absolument pas parents. Ils n’ont aucun lien de sang. Cette information intrigue davantage encore l’aubergiste. Lorsqu’elle envisage la possibilité d’un lien matrimonial, elle remarque l’absence d’alliance au doigt de la jeune femme. Celle-ci précise avec une certaine gêne qu’ils ne sont liés ni par le mariage ni par la famille. Le mystère entourant leur relation s’épaissit ainsi considérablement. À ce moment, le vieillard interrompt leur conversation. Il croit avoir entendu son nom et cache précipitamment sous ses couvertures le papier sur lequel il écrivait. Son attitude devient agressive et soupçonneuse. Il reproche à la jeune femme de le regarder comme s’il était contagieux et se plaint que tout le monde ait peur de lui. Ses paroles révèlent une profonde amertume. Il semble persuadé d’être abandonné, trahi ou haï par son entourage. Lorsque mistress Lupin tente de le rassurer, il réagit avec irritation. La moindre remarque lui paraît suspecte. Sa méfiance atteint un niveau presque maladif. Il interprète les paroles les plus innocentes comme des allusions cachées ou des manœuvres dirigées contre lui. En observant attentivement l’aubergiste, il va jusqu’à lui demander qui la paie pour l’espionner. Il laisse entendre qu’elle agit pour le compte de ses ennemis. La jeune femme, appelée Mary, intervient aussitôt pour calmer le vieillard. Elle lui rappelle qu’ils viennent tout juste d’arriver à l’auberge et que personne ne connaît même son identité. Le vieil homme semble sur le point de l’accuser elle-même de trahison, mais il se retient finalement. Le souvenir de ses soins dévoués ou l’affection qu’il lui porte l’empêchent d’aller plus loin dans ses soupçons. Mistress Lupin continue néanmoins à essayer de l’apaiser. Elle affirme que tous ceux qui l’entourent sont ses amis. Cette idée provoque une nouvelle explosion de pessimisme. Le vieillard répond qu’il ne sait plus distinguer ses amis de ses ennemis. Selon lui, même l’amitié de Mary n’est pas certaine, puisqu’un être humain peut toujours changer d’avis. Cette déclaration souligne son isolement moral et son absence totale de confiance. Peu après, il demande qu’on le laisse dormir. Une fois seul avec les deux femmes à distance du lit, il reprend le document qu’il avait rédigé avec tant d’efforts. À la surprise générale, il le brûle entièrement à la flamme de la chandelle. Après avoir détruit son écrit, il éteint la lumière et se couche en silence. Ce geste mystérieux intrigue fortement mistress Lupin, qui ne comprend pas pourquoi il a passé tant de temps à écrire un texte destiné à être immédiatement réduit en cendres. Mary, en revanche, ne manifeste aucune surprise. Habituée visiblement aux comportements étranges du vieillard, elle demande simplement à rester seule auprès de lui durant la nuit. Elle explique qu’elle veillera en lisant. Respectant ce souhait, mistress Lupin quitte la chambre. Bien qu’elle soit extrêmement curieuse de percer le mystère de ces voyageurs, elle décide de se retirer. De retour dans son petit salon, l’aubergiste médite sur les événements de la soirée. C’est alors qu’arrive enfin M. Pecksniff. Fidèle à son caractère, il se présente avec une douceur affectée et une assurance morale inébranlable. Mistress Lupin l’accueille avec soulagement et lui raconte qu’un voyageur est tombé gravement malade dans son établissement. Pecksniff répond par des remarques banales mais prononcées avec tant de componction et de bienveillance apparente qu’elles produisent un effet rassurant sur son interlocutrice. Informé que le malade va mieux et repose tranquillement, il accueille la nouvelle avec satisfaction et se prépare ainsi à prendre part aux événements qui entourent le mystérieux vieillard et sa jeune compagne.