Dans la loge de Silvia Hanro, Posie examine enfin la raison de son appel précipité. L'actrice lui remet une feuille arrachée à un scénario sur laquelle un message, écrit à l'encre verte, annonce sans ambiguïté qu'elle mourra le lendemain, le jeudi 26 juillet, présenté comme sa « dernière grande entrée ». Une postface ajoute qu'il ne s'agit pas d'une plaisanterie et promet une preuve destinée à convaincre la victime. Silvia explique que cette lettre lui a été remise le matin même, glissée dans une enveloppe cachetée avec son café par Elaine, sa costumière et assistante. Posie, qui a déjà traité des affaires de chantage mais jamais de véritables menaces de mort, prend immédiatement la situation au sérieux, même si elle s'efforce de ne pas alarmer davantage son interlocutrice. Dolly, beaucoup plus émotive, manifeste son horreur et sa compassion. En enquêtrice méthodique, Posie commence aussitôt à interroger Silvia. Elle veut savoir si cette lettre est la première, si elle peut n'être qu'une mauvaise plaisanterie, et surtout pourquoi l'actrice a préféré faire appel à une détective privée plutôt qu'à la police. Silvia rejette aussitôt cette possibilité. Elle refuse de voir les policiers envahir les studios, craignant que les journalistes ne suivent aussitôt et que le scandale ne compromette le tournage. Elle précise que Brian Langley supporterait très mal une telle publicité au moment le plus critique de la production.
Silvia révèle ensuite que cette troisième lettre n'est pas un incident isolé. Deux autres messages identiques lui sont déjà parvenus les lundi et mardi précédents. Tous annonçaient qu'elle mourrait précisément le jeudi 26 juillet, sans exiger d'argent ni proposer le moindre marché. Les enveloppes ont disparu et ne portaient aucun cachet postal, ce qui conduit Silvia à penser qu'elles ont été déposées directement sur place. Posie s'étonne que l'actrice n'ait attendu que le dernier moment pour demander de l'aide. Elle insiste sur cette contradiction, persuadée que quelque chose a changé depuis la veille. Silvia répond seulement qu'à présent l'échéance est devenue beaucoup plus proche et que la peur est devenue insupportable, mais cette justification laisse Posie sceptique. Elle croit percevoir chez la vedette une inquiétude plus profonde, voire un secret qu'elle ne souhaite pas encore dévoiler. Pour mieux comprendre les enjeux, Posie demande pourquoi cette date du 26 juillet est si importante. Silvia explique que ce jour correspond à la fin du tournage de Henry the King, un film monumental réalisé depuis près de trois mois à Worton Hall. Brian Langley loue les studios depuis longtemps à leur propriétaire Bertie Samuelson, mais cette location coûte si cher qu'il ne peut plus prolonger son contrat. L'équipe doit donc impérativement terminer le film le lendemain. Silvia décrit alors les énormes enjeux financiers qui pèsent sur toute la production. Brian Langley a investi toutes ses ressources personnelles et convaincu plusieurs investisseurs de financer cette œuvre ambitieuse, avec des centaines de figurants, des costumes prestigieux fournis par Nathan's Costumiers et un budget considérable. Toute l'équipe travaille sans relâche, parfois toute la nuit, parce que chacun considère ce film comme la dernière chance de sauver Sunstar Films. Face à la concurrence des productions hollywoodiennes et au recul du cinéma britannique depuis la guerre, Henry the King doit devenir un succès capable d'être vendu également aux États-Unis. En cas d'échec, Langley risque la faillite et son studio pourrait disparaître.
Tout en poursuivant cette conversation, Silvia continue calmement sa préparation devant son miroir. Elle ajuste une longue perruque blonde tandis que Dolly, ravie de retrouver l'univers du cinéma, l'aide spontanément à la mettre en place avec l'habileté d'une ancienne habituée des coulisses. Posie remarque que, malgré la pression, Silvia reste professionnelle et garde suffisamment de recul pour parler de Brian Langley avec une certaine affection. Elle reconnaît son mauvais caractère, mais affirme que son agressivité cache un homme passionné uniquement par les films, les vedettes et même les orchidées qu'il cultive avec soin grâce à un jardinier spécialisé. Elle précise qu'il n'est pas marié et ne partage sa maison qu'avec une gouvernante nommée Cleeves. Revenant à son enquête, Posie demande si d'autres événements particuliers sont prévus le lendemain. Silvia évoque alors la traditionnelle fête de fin de tournage, la Wrap Party, organisée dans la demeure et les jardins de Worton Hall. Le déjeuner commencera à midi avant de se prolonger tout l'après-midi. Tous les investisseurs, Bertie Samuelson, les principales vedettes de Sunstar Films, des représentants des distributeurs britanniques et américains ainsi qu'une foule de personnalités mondaines y assisteront. Brian Langley compte profiter de cette réception pour convaincre les acheteurs de soutenir son film, même si celui-ci n'est pas encore totalement terminé. Posie comprend immédiatement que cette célébration offrira un cadre idéal à quiconque souhaiterait assassiner Silvia au milieu d'une foule immense, d'autant plus que l'actrice refuse catégoriquement toute intervention policière. En relisant les mots « votre dernière grande entrée », elle imagine que Silvia et Robbie Fontaine feront une arrivée remarquée devant les invités, ce qui pourrait constituer un moment particulièrement vulnérable.
Posie s'intéresse enfin à la dernière phrase de la menace, celle qui promet une preuve destinée à convaincre la victime que le danger est réel. Silvia admet que cet élément est précisément ce qui a poussé Brian Langley à faire venir une détective. Elle se lève, traverse la loge jusqu'à une petite glacière placée sur une console, puis en sort un minuscule paquet soigneusement enveloppé dans un papier argenté. Avant de le remettre à Posie, elle prévient que son contenu est répugnant et qu'il lui a fait perdre son sang-froid au point de lui faire vomir son petit déjeuner, alors qu'elle ne se considère pas comme une personne impressionnable. Malgré cette mise en garde, Posie accepte de l'examiner. Son cœur bat plus vite lorsqu'elle déballe le paquet. À peine le contenu apparaît-il qu'elle le laisse aussitôt tomber sous le choc. Dolly pousse un cri d'horreur. Le prétendu gage envoyé avec la lettre n'est pas un simple objet symbolique, mais un véritable doigt humain, preuve terrifiante que l'auteur des menaces est prêt à passer de l'intimidation à une violence bien réelle.