L.B. Hathaway

30. Les apparences se fissurent

05 Murder of a Movie StarRésumé 🇫🇷 Français

Posie est saisie d’angoisse après avoir reçu un télégramme d’Alaric dont le contenu lui semble annoncer une catastrophe imminente. Son mauvais pressentiment des derniers jours, ainsi qu’un rêve inquiétant, prennent soudain une signification terrifiante. Elle reste incapable de pleurer ou d’exprimer sa peur, d’autant qu’elle a des invités à la maison, jusqu’à ce que Dolly apparaisse et lise le message. Dolly tente de la rassurer en interprétant différemment les mots d’Alaric, soulignant qu’il l’a appelée « darling » et qu’il a annoncé son retour. Selon elle, il a probablement écrit le télégramme à la hâte sans réfléchir à la portée de ses paroles. Elle pousse Posie à ne pas se torturer davantage et décide plutôt de lui préparer une surprise pour le retour d’Alaric et la fête prévue le lendemain. Dolly transforme alors la soirée en séance de beauté improvisée. Elle installe Posie près de la fenêtre, sort des serviettes, un bol d’eau et des produits de coiffure, puis lui propose de devenir blonde pour quelques jours. Posie hésite devant l’idée de modifier ses cheveux courts et bruns, mais accepte finalement. Dolly utilise une teinture spéciale venue d’Amérique qu’elle a empruntée à l’actrice Silvia Hanro, affirmant qu’elle donnera à Posie une couleur de blonde argentée digne d’une vedette de cinéma. L’application du produit est désagréable, l’odeur chimique est forte et la teinture endommage même le fauteuil en osier sur lequel Posie est assise. Pendant le temps de pose, Posie remarque que Dolly cache une fatigue profonde derrière son agitation constante et profite de l’occasion pour l’interroger sur le bébé dont elle attend la naissance. Dolly finit par avouer qu’elle traverse une période de grande souffrance intérieure depuis la naissance de ses jumelles. Dolly confesse qu’elle aime ses filles mais qu’elle n’a jamais réussi à ressentir la joie maternelle qu’elle imaginait devoir éprouver. Depuis plus d’un an, elle vit dans une tristesse persistante, avec l’impression d’être une mauvaise mère. Elle apprécie les moments passés avec les enfants, mais ressent aussi un soulagement lorsqu’elle quitte leur chambre. Elle a honte de ces sentiments et n’a jamais osé les exprimer, préférant faire semblant que tout allait bien. Maintenant qu’elle est enceinte d’un autre enfant, elle redoute de revivre la même expérience et pense ne pas pouvoir supporter une nouvelle période de désespoir. Posie lui demande si elle en a parlé à Rufus, mais Dolly explique qu’il est presque toujours absent, partagé entre ses responsabilités à la Chambre des Lords et ses inquiétudes concernant son père malade à Rebburn Abbey. Dolly raconte également que sa relation avec le père de Rufus s’est étonnamment améliorée depuis la naissance des jumelles. Alors qu’elle l’avait autrefois détesté, elle reconnaît qu’il s’est montré affectueux et attentionné envers les enfants, bien plus qu’elle ne se sent capable de l’être elle-même. Elle ajoute qu’elle lui sera profondément attachée malgré leurs anciennes tensions. En poursuivant ses confidences, elle évoque Violette, l’ancienne nounou française qui l’a aidée à traverser cette période difficile. Violette venait de Paris, parlait français avec Dolly et avait commencé à apprendre quelques mots de cette langue aux enfants. Dolly regrette de n’avoir jamais visité Paris malgré ses origines françaises et raconte qu’elle avait prévu d’y aller avec Violette. Lorsque Posie lui demande ce qui est arrivé à la nounou, Dolly révèle que Rufus l’a renvoyée environ un mois auparavant. Posie comprend que cette décision doit être liée aux menaces reçues par Rufus et aux mesures prises pour surveiller et protéger sa famille, même si elle ne peut pas expliquer ses soupçons à Dolly. Tout en terminant la transformation de Posie, Dolly affirme que Rufus est surtout préoccupé par la possibilité que le français devienne la langue de la famille et que son futur héritier parle cette langue. Elle pense aussi que Rufus veut absolument que le prochain bébé soit un garçon, car la maladie de son père l’a forcé à réfléchir à la succession, au titre de comte et à l’avenir de Rebburn Abbey. Posie doute que Rufus puisse être aussi obsédé par ces questions, mais Dolly insiste sur le fait que l’arrivée d’un héritier masculin est devenue une priorité pour lui. Elle révèle ensuite un secret personnel en annonçant qu’elle a quarante et un ans, bien plus âgée que Posie ne le croyait et plus âgée que Rufus ne le savait lorsqu’ils se sont rencontrés. Pour Dolly, ses grossesses sont des miracles qui risquent de ne pas se reproduire. Lorsqu’elle montre enfin le résultat à Posie, celle-ci découvre un visage presque étranger, entouré d’une chevelure argentée qui accentue son air inquiet. Elle prétend aimer cette nouvelle apparence pour ne pas décevoir Dolly, mais intérieurement elle ne se reconnaît pas. Après cette longue journée, Posie peine à trouver le sommeil malgré son épuisement. Tandis que l’orage continue dehors et que les rideaux bougent dans le vent, elle repense aux personnes qu’elle a perdues au cours de sa vie. Elle songe à son père, à son frère Richard, à son premier fiancé Harry Briskow, mais aussi aux liens brisés avec sa mère Zelda, partie lorsqu’elle avait douze ans, avec Len Irving, son ancien associé devenu presque un compagnon, et avec son neveu Harry, fils illégitime de son frère défunt. Ses pensées reviennent ensuite vers Alaric et la photographie qu’elle garde près de son lit. Elle aime cette image où il apparaît heureux et rayonnant, mais elle remarque avec tristesse qu’elle n’a jamais réussi à provoquer chez lui un sourire aussi libre. Elle associe cette photographie à l’époque où Alaric était lié à Cosima Catchpole, une femme qui avait été sa maîtresse pendant plusieurs années et dont la relation avec lui avait laissé derrière elle un sentiment de trahison. Alors qu’elle commence enfin à sombrer dans le sommeil, l’image d’Alaric est remplacée dans son esprit par celle d’un acteur mystérieux, Mark Paris, également appelé Tom Moran. Cette vision insistante la réveille brutalement. Posie se souvient alors de la photographie de Mark Paris qu’elle avait vue dans la chambre de Mrs Thynne, la cuisinière de Worton Hall, entourée de découpages de magazines sur les mariages et les robes. Elle se rappelle aussi les paroles du chauffeur Fred, qui lui avait appris que Mrs Thynne était mariée à un garde-chasse de Richmond Park depuis plusieurs années. Une incohérence qui l’avait déjà troublée lui apparaît maintenant clairement. Posie ne comprend pas pourquoi une femme mariée, d’âge mûr et apparemment sans goût particulier pour le romantisme, conserverait un album consacré aux mariages et vouerait une telle fascination à une vedette de cinéma morte. Ce détail lui semble désormais révéler un mystère qu’elle doit chercher à comprendre.