L.B. Hathaway

11. L’incendie de Hanover Terrace

A Christmas Case: A Posie Parker NovellaRésumé 🇫🇷 Français

Richard Lovelace confie à Rufus, Posie et leurs compagnons l’affaire criminelle qui demeure son souvenir professionnel le plus douloureux. Alors qu’il est habitué aux mystères non résolus de Scotland Yard, il explique que cette enquête particulière l’a profondément marqué à cause de l’horreur du crime, de ses conséquences tragiques et du fait que le responsable a réussi à échapper à la justice. L’affaire remonte à Noël 1903, peu après son arrivée à New Scotland Yard, lorsqu’il était encore un jeune policier ayant quitté les patrouilles de quartier de l’East End londonien pour tenter sa chance dans la division en civil. Il raconte qu’il espérait alors découvrir des crimes spectaculaires, après avoir grandi professionnellement dans l’ombre des anciens crimes de Jack l’Éventreur, mais que ses premières missions furent plutôt consacrées aux troubles liés aux militantes de la Women’s Social and Political Union. La remarque de Lovelace sur ces femmes provoque une réaction d’Andromeda Keene, qui défend vivement leur combat pour les droits politiques des femmes, tandis que l’inspecteur précise qu’il ne voulait pas les offenser et qu’il soutenait leur cause. Durant les fêtes de Noël 1903, Lovelace accepte de travailler afin de montrer son sérieux à ses supérieurs. La nuit du réveillon commence calmement au commissariat, où il passe le temps avec son supérieur, l’inspecteur en chef Friday, un homme proche de la retraite qui aime raconter ses expériences passées. Alors qu’ils jouent aux cartes et mangent des sandwichs au cheddar en attendant la fin du service, un appel urgent arrive peu après minuit depuis Marylebone. Une catastrophe vient de se produire. Lorsque Mrs Fairbanks lui demande ce qui s’est passé, Lovelace répond simplement qu’il s’agissait d’un incendie. Il décrit une grande demeure de Hanover Terrace, au numéro 98, une élégante maison donnant sur Regent’s Park. À l’époque, il ne connaît pas encore le prestige de l’endroit, il ne voit qu’un immense brasier illuminant la nuit, avec des flammes s’échappant de tous les étages. La raison de l’intervention de Scotland Yard apparaît rapidement : le feu a été volontairement déclenché, et il s’agit d’un acte d’incendie criminel. Lovelace revit alors la scène avec une grande intensité devant ses auditeurs. Accompagné de l’inspecteur Friday, il s’était précipité vers la maison en fiacre, suivant la lueur orange du ciel et croisant d’autres policiers, des curieux et des personnes rentrant chez elles. À leur arrivée, les pompiers de Marylebone étaient déjà présents, mais ils étaient incapables de sauver le bâtiment. La maison brûlait entièrement, avec une violence telle que tenter de l’éteindre semblait inutile. Au milieu de ce chaos, trois petites filles apparurent sur le balcon du premier étage, prisonnières des flammes. Il s’agissait de Jemima, Alexa et Theodora, âgées respectivement de trois, cinq et huit ans. Elles avaient réussi à sortir de la pièce où se trouvait le sapin de Noël avec les cadeaux, mais elles étaient désormais coincées entre l’incendie derrière elles et un mur de feu sous leurs pieds. Lovelace leur cria de ne pas sauter et tenta d’obtenir une échelle des pompiers, mais ceux-ci hésitèrent à s’approcher. Alors que Lovelace cherchait encore une solution, l’inspecteur Friday disparut soudainement de ses côtés. Le vieil homme courut seul vers la maison en flammes pour tenter de sauver les enfants. Il n’alla pas plus loin que le hall avant d’être asphyxié par la fumée. Au même moment, les trois fillettes sautèrent ensemble dans le feu et moururent. Lovelace explique que ce moment reste gravé en lui, mais que l’horreur de l’affaire ne s’arrêta pas là. Après une nuit de pluie violente et de vent froid qui accéléra la fin de l’incendie, les enquêteurs purent pénétrer dans les ruines et découvrir la véritable ampleur du drame. Ils établirent que la maison appartenait à Mrs Muriel Wheeler, veuve d’un riche propriétaire de mines de charbon nommé Alfred Wheeler. Elle vivait avec ses trois filles et avait récemment épousé Robert Clampton, un homme plus jeune qu’elle qui passait beaucoup de temps dans un atelier situé dans les anciennes écuries au fond du jardin. L’inspection de la maison révéla un crime méthodiquement préparé. Les policiers découvrirent que plusieurs habitants avaient été enfermés volontairement dans leurs chambres avant que le feu ne soit déclenché. La cuisinière et deux domestiques furent retrouvées mortes dans leurs lits. La gouvernante avait été enfermée de l’extérieur et était morte en tentant de briser sa porte après avoir compris que les enfants avaient disparu. La chambre de Muriel Wheeler était également verrouillée de l’extérieur, et elle était morte dans son sommeil sans avoir pu réagir. Au sous-sol, le majordome, la femme de charge et le chien avaient subi le même sort, enfermés dans leurs pièces. Le seul survivant fut Robert Clampton, qui se trouvait dans son atelier lorsqu’il entendit une clé tourner dans la serrure et comprit qu’il était lui aussi prisonnier. Il affirma avoir assisté impuissant à l’incendie de la maison, incapable de savoir ce qui arrivait aux autres ou si les flammes allaient finir par l’atteindre. Les enquêteurs crurent d’abord à son récit, car Clampton semblait profondément traumatisé. Après le drame, il fut hospitalisé dans un établissement privé et resta pendant plusieurs semaines dans un état de choc, distant, bouleversé et souvent en larmes. Cependant, Posie remarque une anomalie dans le nombre des domestiques retrouvés morts : trois femmes de chambre travaillaient dans la maison, mais seules deux corps avaient été découverts. Lovelace révèle alors que la domestique disparue, la femme de chambre, joua un rôle essentiel dans toute l’affaire. Elle fut retrouvée plus tard et s’avéra avoir participé au crime. Pourtant, elle avait fini par éprouver des remords et avait cherché à se retirer de cette histoire. Selon Lovelace, c’est elle qui aurait appelé Scotland Yard depuis une cabine téléphonique d’un hôtel voisin pour demander de l’aide. Malgré cette tentative tardive de dénoncer l’affaire, Lovelace affirme qu’elle demeurait une meurtrière.