A Christmas Case: A Posie Parker Novella — Résumé 🇫🇷 Français
Posie commence à raconter son mystérieux souvenir de 1903, lorsqu’elle avait onze ans et que son frère Richard en avait treize. Cet été-là, leur famille passait ses vacances à Broadstairs, dans le Kent, comme chaque année, au prestigieux Hotel Bristol. Leur père, le révérend Parker, pouvait se permettre ces séjours grâce à un héritage qui assurait le confort familial sans les rendre riches. Posie se souvient avec nostalgie de cette époque où elle et Richard profitaient encore pleinement des plaisirs simples de l’enfance : les plages de Viking Bay, les bassins rocheux, les crabes, les vagues, les glaces et les promenades au bord de mer. Leur père aimait une existence paisible, passant ses journées à lire ou à se reposer, tandis que leur mère, Rosa, était une femme beaucoup plus difficile à satisfaire, attirant partout les regards par sa beauté et son caractère extravagant.
Rosa Parker se présentait comme une femme à moitié italienne, bien qu’elle n’ait jamais réellement vécu en Italie ni parlé la langue. Elle cultivait cette image par ses vêtements, ses manières et quelques mots italiens glissés dans ses conversations. Posie se souvient d’elle comme d’une petite femme sombre et élégante, passionnée par la danse et avide de compagnie. Son mariage avec le révérend Parker avait commencé comme une rencontre presque romanesque dans un hôtel de Folkestone, où Rosa travaillait comme danseuse professionnelle. Le jeune pasteur avait été séduit par son charme, tandis qu’elle avait probablement vu en lui une promesse de sécurité et d’évasion. Ils s’étaient mariés rapidement malgré l’opposition de la famille de Parker, puis avaient commencé une vie difficile dans un presbytère du Norfolk. Rosa supportait mal une existence éloignée de l’animation londonienne et des hôtels élégants, tandis que le révérend Parker, brillant mais distrait, peinait à comprendre les besoins de son épouse. Avec le temps, Rosa s’était souvent absentée, prétextant des thés dansants qui l’emmenaient loin de chez elle, laissant ses enfants surtout marqués par ses absences.
À Broadstairs, Rosa avait l’habitude de disparaître chaque après-midi pour danser, mais un samedi de cet été 1903, elle surprit Posie et Richard en venant elle-même les chercher sur la plage. Vêtue entièrement de blanc, comme pour une sortie mondaine plutôt qu’une promenade balnéaire, elle leur demanda de lui montrer un endroit sauvage où ils avaient l’habitude d’aller. Les enfants, étonnés mais heureux de passer enfin du temps avec leur mère, acceptèrent malgré leur faim et leur inconfort. Ils marchèrent longtemps avec leurs vêtements de bain encore humides, traversant la côte jusqu’à Stone Bay puis plus loin vers Joss Bay, près de Margate. Posie ressentit déjà l’impression étrange d’être suivie, une sensation qu’elle conserverait toute sa vie, mais personne ne semblait les accompagner. À Joss Bay, ils découvrirent une plage déserte dominée par les falaises blanches et le nouveau North Foreland Golf Club, dont les drapeaux rouges claquaient dans le vent.
Rosa semblait particulièrement attirée par cet endroit, comme si elle avait cherché précisément ce lieu sans vouloir l’admettre. Elle aperçut un petit commerce sur la falaise et acheta du poisson frit et des œufs marinés pour ses enfants, une chose exceptionnelle puisque Richard dut finalement payer lui-même, sa mère n’ayant pas d’argent sur elle. Ils descendirent ensuite manger dans un petit renfoncement naturel de la falaise, un abri isolé juste sous le terrain de golf. Là, dans le vent froid et le sable qui leur fouettait le visage, Posie sentit que quelque chose changeait. Richard, voyant que leur mère semblait absente à leur présence et uniquement absorbée par ses pensées, finit par se mettre en colère. Pour Posie, ce fut le moment où son frère perdit définitivement une part de son enfance, comprenant qu’un parent pouvait aussi les décevoir profondément.
Alors que Richard décidait d’aller chercher une voiture pour rentrer à l’hôtel, les enfants découvrirent dans le renfoncement voisin un corps dissimulé sous ce qui semblait être de vieux vêtements ou des couvertures. Posie raconte avec précision la découverte de cet homme : il était bien habillé d’un costume de golf en tweed vert flambant neuf, son visage avait été violemment frappé, et un club de golf ensanglanté reposait près de lui. Le choc fut immense. C’était le premier cadavre que Posie voyait. Sa mère s’effondra et dut être emmenée au restaurant de poissons, tandis que Richard partit chercher la police à Broadstairs. Posie resta seule auprès du corps, luttant contre les mouettes attirées par l’odeur du sang et surveillant la montée de la marée qui risquait d’emporter le cadavre avant l’arrivée des secours. Lorsqu’elle se souvient de cette scène, elle explique que la police avait tardé à croire Richard, pensant d’abord qu’il s’agissait d’une plaisanterie d’enfant.
L’enquête révéla plus tard que la victime s’appelait Harry Jones. C’était un fonctionnaire londonien marié, père de deux enfants, qui travaillait au Board of Trade. Il avait annoncé à sa femme qu’il descendait à Broadstairs pour un week-end de golf avec des collègues, mais il était apparu qu’il n’avait jamais eu l’intention de rejoindre ce groupe imaginaire. Ses vêtements de golfeur et son club semblaient avoir été utilisés pour construire une fausse histoire. La police découvrit également qu’il fréquentait régulièrement une pension proche de l’Hotel Bristol, probablement pour des rendez-vous secrets. Son épouse ignorait tout de ses infidélités. L’enquête conclut à un meurtre commis par une ou plusieurs personnes inconnues. Les lunettes de Harry Jones, qu’il ne quittait jamais car il était presque aveugle sans elles, avaient disparu, ce qui poussa les enquêteurs à penser que le meurtrier les avait prises comme trophée.
Posie raconte ensuite qu’elle découvrit bien plus tard dans les archives de police et les journaux qu’un autre homme avait disparu le même jour que Harry Jones : Benito Rossoli, un danseur italien employé à l’Hotel Bristol. La presse avait rapidement fait de lui un suspect idéal, notamment parce qu’il était lié au milieu de la danse et qu’il connaissait probablement Rosa Parker. Un journal, The Morning Legend, avait même offert une récompense pour obtenir des informations permettant son arrestation. Pourtant, Rossoli ne fut jamais retrouvé et l’affaire finit par disparaître. Rufus estime alors que l’histoire semble assez claire, imaginant un meurtre lié à une liaison amoureuse, mais Andromeda Keene remarque un détail qui change toute la compréhension de l’affaire. Les falaises de Joss Bay ne possédaient que de petits renfoncements ouverts, et Posie et Richard auraient forcément vu le corps s’il avait déjà été là lorsqu’ils sont arrivés. Comme le sang était encore frais, Harry Jones a donc dû être tué exactement pendant la demi-heure où les enfants mangeaient leur repas, juste à côté d’eux. Posie admet que c’est précisément cette idée qui l’a hantée toute sa vie : ils étaient là, tout près, pendant qu’un homme était assassiné, sans rien entendre ni pouvoir intervenir. Rufus lui demande alors s’il n’existe pas un autre élément dans cette histoire, tandis que Posie remarque le retour de Dolly dans la pièce.