Marcel Aymé

7. La Chaleur De La Moisson Et Les Rancœurs Du Passé

La jument verte — Résumé 🇫🇷 Français

Honoré Haudouin fauche le blé sous le soleil ardent de l'été. Il rentre chez lui pour se rafraîchir et trouve sa femme, l'Adélaïde, occupée à récurer le carrelage en prévision de la visite de leur fils Ferdinand. Un moment distrait par la pénombre et par l'illusion passagère d'une présence étrangère en observant sa femme, Honoré se dispute bientôt avec elle au sujet de leur condition modeste et de leurs regrets mutuels. La querelle s'apaise cependant lorsque l'Adélaïde lui rappelle avec tendresse d'oublier son chapeau, provoquant chez son mari un soudain remords. Peu après, le cabriolet de Ferdinand débouche sur la route. Le vétérinaire est venu annoncer qu'il ne pourra pas venir le lendemain, mais il profite surtout de l'occasion pour aborder une question politique délicate. Il tente de persuader Honoré de soutenir la candidature de Zèphe Maloret à la mairie de Claquebue, appuyée par le député Valtier. Honoré refuse catégoriquement d'aider un homme qu'il méprise et dont les opinions et le passé lui répugnent. Devant l'insistance de son frère qui minimise de vieux conflits, Honoré finit par céder à une violente colère et lui révèle la vérité sur un épisode de la guerre franco-prussienne. Il raconte comment un jeune franc-tireur terrifié avait cherché à se cacher dans leur maison, risquant de faire fusiller toute la famille, et comment Zèphe Maloret avait été le témoin de cette fuite. Ferdinand, surpris et bouleversé par ces révélations, mesure enfin la profondeur de la rancœur qui sépare les deux hommes. Le Sacrifice et la Rancœur Le vétérinaire tente de convaincre son frère Honoré d'appuyer la candidature de Zèphe Maloret à la mairie de Claquebue, espérant ainsi s'attirer les bonnes grâces du député Valtier pour la carrière de son propre fils. Honoré refuse net, motivé par un profond mépris pour cet homme. Pour justifier son implacable hostilité, Honoré finit par révéler à son frère un lourd secret de famille datant de la guerre contre les Prussiens. Il raconte comment un jeune franc-tireur terrifié s'était réfugié chez eux pour échapper à l'ennemi, et comment Zèphe Maloret avait conduit les soldats bavarois jusqu'à leur maison. Cette confrontation met en lumière les rancœurs profondes qui divisent les deux frères, exacerbées par le souvenir de leur mère ayant dû se sacrifier pour sauver les siens. Ferdinand, bien qu'ébranlé par ces révélations et conscient de la lâcheté de Maloret, reste prisonnier de ses ambitions personnelles et tente vainement de faire plier son aîné. Mme Haudouin se repent amèrement de sa faute commise lors de l'occupation bavaroise. Ce remords constant pèse lourdement sur sa conscience et altère profondément sa santé physique. Elle dépérit peu à peu au fil du temps dans le village de Claquebue. Cette culpabilité incommensurable finit par l'emporter irrémédiablement. Elle décède ainsi en moins de trois années après les faits.