La situation des fugitifs retranchés sur l'île demeure extrêmement précaire, encerclés par des contingents d'Apaches de plus en plus nombreux sur les deux rives du fleuve.
Après une journée d'attente trompeusement calme, une nuit d'encre s'installe, accompagnée d'un brouillard d'une intensité rare sur le Rio-Gila. Alors que les chasseurs sont plongés dans un silence d'angoisse, Valentin perçoit le clapotis suspect d'une embarcation. En se glissant furtivement à travers les fourrés pour identifier la menace, il découvre avec surprise Rayon-de-Soleil. Cette jeune Indienne comanche, que Valentin a sauvée autrefois, a été envoyée par le chef l'Unicorne. Profitant de la brume, elle apporte une grande pirogue contenant des vivres, deux sacs de balles et six cornes pleines de poudre, redonnant instantanément espoir aux assiégés.
Pendant que doña Clara fait bon accueil à Rayon-de-Soleil, les hommes organisent leur fuite. L'Indienne révèle que trois mille Apaches quadrillent la prairie, ce qui rend une longue navigation suicidaire. Elle suggère de rejoindre les villages comanches en empruntant l'unique voie inattendue : traverser à pied le camp même des Apaches. Bien que Valentin juge ce plan scabreuse, la Plume-d’Aigle soutient cette stratégie, affirmant que l'excès de confiance des Apaches fera leur force pour dérober des chevaux. Doña Clara approuve, puis elle offre son bracelet en or à Rayon-de-Soleil, s'assurant ainsi de sa fidélité indéfectible.
Soudain, Schaw signale des ombres mouvantes sur la rivière. Valentin comprend que l'ennemi tente une surprise nocturne. Un premier radeau apache servant d'avant-garde émerge du brouillard, mais les chasseurs, embusqués, l'accueillent par une fusillade synchronisée et meurtrière. Si le reste de la flottille indienne bat prudemment en retraite, le premier équipage persiste et débarque. Une mêlée acharnée s'ensuit, et les assaillants sont impitoyablement abattus, noyés ou repoussés à coups de crosse. Valentin estime alors que la nuit sera tranquille et ordonne le départ immédiat.
Cependant, alors que Curumilla s'apprête à stabiliser la pirogue, il s'aperçoit qu'elle dérive de manière inhabituelle. Le chef araucan plonge dans les eaux fangeuses et découvre qu'un nageur apache dissimulé tracte le canot entre ses dents par sa corde pour le voler. Un terrible combat subaquatique s'engage. Curumilla poignarde le voleur au cœur, le scalpe et ramène l'embarcation sur la rive. Devant ce trophée sanglant, Valentin salue la vigilance infaillible de son ami. La petite troupe se rassemble rapidement et s'installe à bord. Grâce à une astuce de Curumilla consistant à envelopper les palettes des pagaies avec des feuilles pour étouffer le bruit, les fugitifs entament leur traversée silencieuse, le cœur battant, suspendus entre la peur et l'espoir de réussir cette évasion désespérée.