Grâce à sa solide expérience de coureur des bois, le Cèdre-Rouge choisit un emplacement stratégique pour installer le campement de sa troupe avant de s'enfoncer dans le Far West.
Encore marqué par une récente et dangereuse embuscade tendue par les Pawnies, le squatter refuse de poursuivre son voyage sans s'assurer d'alliés fiables dans la prairie. Prévoyant secrètement de les duper dès qu'il aura obtenu leur aide, il décide de s'absenter quelques jours pour recruter des renforts, laissant sa cuadrilla temporairement derrière lui.
Pour garantir la sécurité de ses hommes en son absence, il sélectionne une île boisée et escarpée sur le Rio-Gila. Ce refuge naturel, ceinturé de fourrés inextricables et de lianes, offre une protection idéale contre les attaques tout en constituant un observatoire discret pour surveiller les deux rives. Les gambusinos s'y installent sans laisser de traces, puis le Cèdre-Rouge réunit ses lieutenants, dont le moine Fray Ambrosio, Andrès Garote, les Canadiens Dick et Harry, ses propres fils, et le sachem des Coras nommé la Plume-d'Aigle. Il leur annonce son départ immédiat pour deux ou trois jours afin de ramener dix tireurs émérites ainsi que l'appui du grand chef apache Stanapat. Confiant le commandement collectif au moine et aux autres chefs, il leur ordonne de ne sous aucun prétexte quitter l'île, avant de franchir le fleuve à cheval vers dix-huit heures.
À la nuit tombée, tandis que la troupe dort sous la surveillance des sentinelles canadiennes, Fray Ambrosio, Garote et la Plume-d'Aigle s'entretiennent discrètement près d'un abri de branchages. Une silhouette mystérieuse se glisse hors de la cabane pour espionner leur conversation. Connaissant l'hostilité cachée entre l'Indien et le Cèdre-Rouge, le moine révèle de manière percutante qu'il a percé à jour le déguisement du sachem, reconnaissant en lui Moukapec, le grand cacique des Coras. Fray Ambrosio tente de le faire chanter en le menaçant de le dénoncer comme traître, une révélation qui signerait son arrêt de mort. Impassible et méprisant, le guerrier refuse de se laisser intimider par les intimidations du prêtre, qu'il accuse d'avoir orchestré le massacre de son peuple. Moukapec rejette toute alliance avec ses anciens ennemis et s'éloigne fièrement.
Dépités par cette résistance farouche, le moine et Garote choisissent de temporiser à l'égard du chef indien. Leur discussion s'oriente ensuite vers doña Clara, la prisonnière du squatter. Fray Ambrosio confie que la présence de cette femme le perturbe profondément, tandis que le gambusino minimise la situation, affirmant qu'elle est en sécurité sur l'île et ne fera pas obstacle à leur quête d'un placer d'or incalculable. Garote finit par s'endormir, abandonnant le moine à ses sombres projets de trahison, au moment même où l'espionne regagne silencieusement la hutte des femmes.