Gustave Aimard

Chapitre 10

LES PIRATES DES PRAIRIESRésumé 🇫🇷 Français

Au cœur d'une nuit calme et sereine, alors que toute l'île dort profondément, Ellen rejoint les deux sentinelles canadiennes, Dick et Harry. Ces derniers confessent que leur présence au sein de cette bande de criminels leur pèse lourdement, expliquant qu'ils ne les ont rejoints que pour rester auprès d'elle. Jusqu'alors, la jeune fille avait toujours rejeté leurs offres d'évasion par loyauté filiale, espérant un changement chez ses proches. Cependant, elle déclare avoir perdu tout espoir. Elle révèle surtout aux chasseurs une conviction intime : le féroce Cèdre-Rouge n'est pas son véritable père. Elle conserve le souvenir embrumé d'une tout autre enfance, marquée par l'affection d'un couple mystérieux, des cris, des flammes et un enlèvement nocturne. Les deux coureurs des bois la confortent dans ses doutes et jurent solennellement sur leur honneur de la protéger comme leur propre sœur jusqu'au retour à la civilisation. Profitant de l'absence du squatter, l'évasion est planifiée sur-le-champ. Harry devine et approuve immédiatement le souhait d'Ellen d'emmener avec elle la prisonnière mexicaine, doña Clara, afin de la soustraire à ses ravisseurs et de la rendre à sa famille. Ellen retourne en hâte à la hutte et trouve son amie totalement éveillée, consumée par l'anxiété. Durant de brefs préparatifs, Ellen découvre dans un vieux coffre une petite cassette en palissandre sculpté et incrusté d'argent. Poussée par un pressentiment impérieux, elle s'en empare et la dissimule contre sa poitrine avant de guider Clara vers la berge. Pendant ce temps, les deux Canadiens préparent minutieusement leur fuite. Dick rassemble les quatre chevaux les plus vigoureux du camp tandis qu'Harry sabote les montures des gambusinos en jetant leurs selles et leurs harnais dans le fleuve. Ce stratagème astucieux doit leur garantir une avance confortable de douze à quatorze heures, le temps que les bandits s'aperçoivent de la disparition et fabriquent de nouveaux équipements. Une fois réunie sur le rivage, la petite troupe se met en selle et traverse le Gila sans encombre malgré la force du courant. À onze heures du soir, les fuyards foulent la terre ferme et s'abritent temporairement dans les hautes herbes pour laisser souffler les chevaux. Interrogée sur l'itinéraire à suivre, Ellen ordonne de mettre le cap droit vers le nord-ouest. Elle explique alors à ses guides que le sachem Moukapec a quitté l'île avant eux dans le but de lever les guerriers de sa tribu et de venir sécuriser leur trajet. Enthousiasmés par cette précaution, les quatre cavaliers lancent leurs montures au galop et s'enfoncent à toute vitesse dans les ténèbres de la prairie, laissant les pirates dormir paisiblement.