La section commence par une liste des autres ouvrages de L B Hathaway consacrés à la série des enquêtes de Posie Parker. Elle énumère les différents mystères de la série, depuis Murder Offstage jusqu’à Murder in Tuscany, en passant notamment par The Tomb of the Honey Bee, Murder at Maypole Manor, The Vanishing of Dr Winter, Murder in Venice et The Saltwater Murder. Le neuvième titre, Marriage is Murder?, correspond au livre dont est tiré l’extrait. La table des matières annonce ensuite une structure composée d’une Invitation, de huit parties numérotées, d’un épilogue et d’une Historical Note, avant une page de remerciements et une présentation de l’autrice. L’Invitation elle-même ne contient aucun texte dans l’extrait fourni.
L’histoire commence véritablement avec Posie Parker, présentée comme la principale femme détective privée de Londres, qui s’apprête à se marier. Le matin de la cérémonie, dans son appartement situé au dernier étage de Museum Mansions, elle se prépare avec l’aide de sa meilleure amie, Dolly, Countess of Cardigeon. Malgré l’importance exceptionnelle de la journée, Posie conserve des habitudes simples et familières. Elle prend un long bain parfumé à la rose, lit quelques pages du nouveau roman d’Agatha Christie, The Man in the Brown Suit, puis mange deux sandwichs au fromage et aux cornichons. Elle enfile ensuite une élégante robe de mariée blanche en soie et velours, accompagnée d’une coiffe assortie et d’un voile léger. La tenue est à la fois spectaculaire et confortable, avec une coupe courte à l’avant laissant apparaître ses chaussures Mary-Jane blanches et argentées, tandis que l’arrière se prolonge en une petite traîne bordée de dentelle. Posie n’a pas vu Richard Lovelace depuis plusieurs jours, conformément à leur accord avant le mariage. Richard, Chief Commissioner of Scotland Yard et son fiancé, doit l’attendre à l’autel de la Swiss Church, dans Endell Street. Elle ignore même où il a passé sa dernière nuit avant leurs noces, mais elle se réjouit profondément à l’idée de le retrouver. Son mariage doit commencer à une heure de l’après-midi et sa voiture nuptiale, une Rolls-Royce Silver Ghost blanche décorée de rubans, arrive devant l’église avec seulement deux minutes de retard. Dehors, malgré le froid intense de décembre et la neige qui commence à couvrir les rues de Londres, une foule de journalistes et de photographes attend Posie. Ils la félicitent, lui demandent de se tourner pour mieux montrer sa robe et photographient la future mariée avec enthousiasme. Posie, heureuse et impatiente, contemple la façade classique de la Swiss Church, ses colonnes doriques et l’inscription EGLISE SUISSE. La musique d’orgue, notamment The Wedding Glide puis le Canon de Pachelbel, accompagne son entrée et semble annoncer un mariage plein d’espoir. Elle se rassure en constatant que personne ne l’accompagne comme demoiselle d’honneur ou pour la conduire à l’autel, mais cette absence ne la gêne pas particulièrement, car elle a l’habitude de se débrouiller seule.
Pourtant, dès qu’elle franchit le vestibule, Posie comprend que quelque chose ne va pas. La première anomalie est olfactive. Elle avait choisi des roses blanches d’hiver, commandées chez Fortnum’s à grand prix, mais l’église est envahie par une odeur douceâtre et poudrée de mimosa. Ces fleurs jaunes, totalement incongrues pour un mariage hivernal à Bloomsbury, sont disposées partout, au bout des bancs et en grande quantité devant l’autel. Posie ressent une inquiétude croissante, mais la cérémonie commence et elle doit avancer dans l’allée au son de la marche nuptiale de Wagner. Elle reconnaît alors les invités, ce qui lui apporte un peu de réconfort. Prudence, sa secrétaire, est présente dans une élégante tenue lilas auprès de son fiancé, Sergeant Rainbird, blessé et contraint de marcher avec des béquilles. Len Irving, son associé de l’agence de détectives de Grape Street, est là avec sa femme Aggie, tandis que Sidney, le jeune garçon de bureau, est accompagné de sa mère. Du côté de Richard se trouvent Masha, sa gouvernante, et Phyllis, sa fille âgée de presque trois ans, qui accueille Posie avec enthousiasme. Une infirmière tient également dans ses bras Katie, le bébé que Posie et Richard viennent d’adopter. Née dans des circonstances terribles et encore trop fragile pour rentrer chez eux, Katie est exceptionnellement autorisée à quitter Great Ormond Street Hospital pendant une heure afin d’assister au mariage de ses parents. Plusieurs anciennes clientes de Posie sont aussi présentes, notamment Jacinta Glaysayer, qui dirige un établissement pour Anglais à San Gimignano, Felicity Fyne, modiste de Hampstead, et Evangeline Greenwood, une parente de Posie à la beauté frappante. Les collègues de Richard à Scotland Yard occupent également les premiers rangs, parmi lesquels Sergeant Fox, Constable Smallbone, Chief Inspector Oats, son épouse Matilda et Dr Poots, le pathologiste de Scotland Yard. Enfin, Dolly, vêtue de velours rose corail et coiffée de plumes roses, se trouve à l’avant avec son mari Rufus, Earl of Cardigeon, ainsi que leurs enfants. Malgré la présence rassurante de tous ces proches, Posie ne pense qu’à une seule personne. Elle cherche Richard, son fiancé et l’homme qu’elle doit épouser, mais il est introuvable. Son absence devient d’autant plus troublante que son témoin, Rhoddy Brown, ancien compagnon d’armes gallois de Richard pendant la Grande Guerre, semble extrêmement nerveux et évite son regard.
Arrivée devant l’autel, Posie remarque une seconde anomalie encore plus inquiétante. Le religieux qui l’attend n’est pas Father René Hoffman, le prêtre francophone suisse avec lequel elle et Richard avaient organisé leur cérémonie une semaine auparavant. À sa place se tient un homme complètement différent, plus jeune, petit, corpulent et portant des lunettes. Il a des yeux fatigués, une chevelure brune abondante et bouclée, ainsi qu’une démarche étrange qui semble révéler un problème aux pieds. Posie observe également ses gestes avec une attention accrue. Ses doigts épais fouillent une poche de sa soutane, laissant apparaître un chapelet en bois noir. La présence d’un rosary catholique dans cette église protestante ajoute encore à son sentiment que quelque chose a été profondément bouleversé. À mesure que les détails s’accumulent, son excitation se transforme en véritable panique. Elle cherche alors le visage de Dolly parmi les invités et lui demande à voix basse où se trouve Richard. Dolly avoue qu’elle ne l’a pas vu et qu’elle ne pense pas que quiconque l’ait aperçu. Lorsque Posie envisage avec effroi qu’il puisse l’avoir abandonnée devant l’autel, Dolly comprend immédiatement ce qu’elle redoute. Au moment où la cérémonie devrait commencer, Posie se retrouve donc devant un inconnu à la place du religieux qu’elle connaissait, entourée de fleurs qu’elle n’a jamais choisies, tandis que son futur mari est mystérieusement absent. L’atmosphère de fête se transforme ainsi en situation profondément inquiétante, et Posie, jusque-là impatiente de rejoindre Richard, se retrouve confrontée à une question angoissante sur ce qui lui est arrivé.