L. B. Hathaway

6. Un mariage aux signes inquiétants

Marriage Is Murder?Résumé 🇫🇷 Français

Posie Parker, célèbre détective privée londonienne, s’apprête à épouser Richard Lovelace, Chief Commissioner de Scotland Yard. Le matin de son mariage, dans son appartement du dernier étage, elle se prépare avec l’aide de sa meilleure amie, Dolly, Countess of Cardigeon. Après un bain parfumé à la rose, quelques pages d’un roman d’Agatha Christie et deux sandwiches au fromage et aux cornichons, Posie enfile sa robe de mariée blanche en soie et velours, élégante mais suffisamment confortable pour lui permettre de rester elle-même. Elle n’a pas vu Richard depuis deux jours, conformément à leur arrangement, et ignore même où il a passé sa dernière nuit de célibataire. Elle se réjouit pourtant à l’idée de le retrouver à l’autel de la Swiss Church d’Endell Street, non loin de son propre appartement. À deux minutes seulement de l’heure prévue, sa Rolls-Royce Silver Ghost décorée de rubans arrive devant l’église, sous une légère neige de décembre. Une foule de journalistes et de photographes l’attend, heureuse de saisir les images de cette femme détective devenue mariée. Posie, qui n’a ni demoiselle d’honneur ni homme pour la conduire jusqu’à l’autel, assume cette entrée seule avec une confiance qu’elle doit cependant soutenir par de profondes respirations. La façade blanche de l’église, ses colonnes doriques et la musique d’orgue qui s’en échappe lui donnent d’abord l’impression rassurante d’un mariage parfaitement ordinaire. Mais dès qu’elle franchit le vestibule, une anomalie bouleverse cette impression. Posie avait commandé des roses blanches, en quantité et à grands frais, pour décorer l’église. Or une odeur douceâtre et poudrée envahit les lieux, évoquant plutôt la Riviera et les vacances estivales. Les fleurs qui garnissent chaque extrémité de banc et s’amoncellent autour de l’autel sont des mimosas jaunes. Cette substitution inexplicable fait naître en elle une inquiétude croissante, tandis que les invités se tournent pour admirer la mariée et que les appareils photographiques crépitent. Lorsque l’orgue entame le Bridal Chorus de Wagner, Posie avance malgré ses nerfs, essayant de maîtriser la panique qui monte en elle. L’église est petite, blanche et très haute, avec l’autel installé sur une estrade et deux portes blanches dans l’abside. Elle aperçoit alors les nombreux invités venus partager son bonheur. Prudence, sa secrétaire, est assise auprès de son fiancé, Sergeant Rainbird, immobilisé sur des béquilles et affligé d’une jambe lourdement bandée. Len Irving, son associé à la Detective Agency de Grape Street, est présent avec sa femme Aggie, tandis que Sidney, le jeune garçon de bureau, est accompagné de sa mère. Richard est représenté par sa gouvernante, Masha, et sa petite fille Phyllis, qui sourient à Posie sans soupçonner son malaise. La mariée remarque aussi Katie, le bébé qu’elle et Richard viennent d’adopter. Encore trop fragile et malade pour rentrer chez eux, l’enfant séjourne à Great Ormond Street Hospital et a exceptionnellement obtenu la permission de passer une heure à l’église afin d’assister au mariage de ses parents. D’anciens clients de Posie, notamment Jacinta Glaysayer et Felicity Fyne, sont également là, ainsi qu’Evangeline Greenwood, dont la beauté singulière et l’allure exotique attirent les regards. Plusieurs collègues de Richard à Scotland Yard occupent les premiers rangs, parmi lesquels Sergeant Fox, Constable Smallbone, Chief Inspector Oats et son épouse Matilda, ainsi que Dr Poots, le pathologiste de Scotland Yard. Des policiers plus haut placés et quelques journalistes familiers de Posie complètent l’assemblée, dominée par des couleurs sombres et conventionnelles. Au milieu de cette foule, Dolly, vêtue de velours corail et coiffée de plumes roses, apporte une touche éclatante de couleur aux côtés de ses enfants, de leur nursemaid et de Rufus, Earl of Cardigeon, ancien ami du frère défunt de Posie. Cette présence amicale devrait être rassurante, mais Posie ne cherche qu’une personne, celle qui doit être son point d’ancrage ce jour-là. Richard n’est pas devant l’autel. Plus Posie avance vers l’autel, plus les détails inquiétants se multiplient. Rhoddy Brown, le best man de Richard et son ancien compagnon pendant la Great War, est présent avec les alliances, mais il paraît extrêmement nerveux, marche sans cesse et évite soigneusement le regard de Posie. Cette attitude contraste violemment avec la sérénité attendue d’un témoin de mariage. Posie se tourne alors vers le Vicar, espérant au moins retrouver l’homme qu’elle et Richard avaient rencontré une semaine auparavant pour organiser leurs noces. Mais il ne s’agit pas de Father René Hoffman, le pasteur francophone suisse, grand et mince, d’une cinquantaine d’années, qui les avait accueillis avec chaleur et accepté leur mariage dans cette église protestante. À sa place se tient un homme radicalement différent, plutôt jeune, petit, corpulent et bespectaclé, avec des yeux fatigués, une abondante chevelure brune et une démarche étrange qui suggère un problème aux pieds. Son comportement et son apparence accroissent encore le sentiment que quelque chose ne va pas. Arrivée à quelques pas de l’autel, Posie remarque ensuite que ses doigts épais manipulent quelque chose dans une poche de sa soutane. Lorsqu’il tire légèrement sur le tissu, elle aperçoit un chapelet en bois noir. Ce détail lui paraît particulièrement incongru dans une église protestante suisse et, dans son état de tension, prend une dimension menaçante. Elle se retrouve alors enfermée dans une situation qu’elle ne comprend pas, au milieu d’un mariage qui semble avoir été mystérieusement transformé sans qu’elle en soit informée. La neige, les fleurs inhabituelles, le célébrant inconnu, l’agitation de Rhoddy et surtout l’absence de Richard composent un ensemble de signes qu’elle ne peut plus ignorer. Cherchant désespérément un visage familier, Posie se tourne vers Dolly, dont l’expression révèle à son tour une inquiétude difficile à dissimuler. Elle lui demande à voix basse où se trouve Richard. Les larmes lui montent aux yeux et menacent de ruiner son maquillage soigneusement préparé. Sa peur se concentre immédiatement sur la possibilité la plus douloureuse, celle d’avoir été abandonnée devant tous ses invités. Dolly lui demande si elle veut dire qu’il l’a laissée tomber, mais elle ne peut lui apporter aucune explication rassurante. Elle avoue qu’elle n’a pas vu Richard et ajoute, avec une inquiétude à peine contenue, qu’elle ne pense pas que quiconque l’ait vu. Au terme de l’extrait, Posie se tient donc seule devant un autel étrange, entourée de ses proches et de collègues, face à un officiant qu’elle ne reconnaît pas, tandis que son futur mari, pourtant censé l’attendre, demeure introuvable.