L. B. Hathaway

7. Un mariage aux signes inquiétants

Marriage Is Murder?Résumé 🇫🇷 Français

L’extrait s’ouvre sur une section intitulée Invitation, qui ne contient aucun texte narratif. Elle est immédiatement suivie du chapitre One, consacré au mariage de Posie Parker, célèbre détective privée londonienne, avec Richard Lovelace, Chief Commissioner de Scotland Yard. Le matin de la cérémonie, Posie se prépare dans son appartement du dernier étage avec l’aide de sa meilleure amie, Dolly, Countess of Cardigeon. Elle aborde cette journée avec une simplicité presque méthodique. Après un bain moussant parfumé à la rose, quelques pages de The Man in the Brown Suit d’Agatha Christie et deux sandwiches au fromage et aux cornichons, elle enfile sa robe de mariée en soie et velours blancs. Sa tenue, à la fois élégante et confortable, suit la mode du moment avec une taille basse, une jupe plus courte devant laissant apparaître ses chaussures Mary-Jane blanches et argentées, et une longue traîne bordée de dentelle. Posie n’a pas vu Richard depuis deux jours, conformément à leur accord, et elle ignore même où il a passé sa dernière nuit de célibataire. Cette séparation ne l’inquiète pas encore, car elle se réjouit à l’idée de le retrouver à l’autel de la Swiss Church d’Endell Street, où leur cérémonie doit commencer à une heure. Sa Rolls-Royce Silver Ghost blanche, décorée de rubans, arrive devant l’église avec seulement deux minutes de retard. Posie découvre alors une foule de journalistes et de photographes qui l’attendent sous la lumière grise de décembre. Ils la félicitent, complimentent sa robe et cherchent à obtenir les meilleures images pour leurs journaux, tandis que la neige recouvre légèrement les trottoirs et les marches. L’église, avec sa façade blanche, ses colonnes doriques et son inscription EGLISE SUISSE, semble d’abord offrir un cadre paisible et solennel. La musique d’orgue, notamment The Wedding Glide de Louis Hirsch puis le Canon de Pachelbel, accompagne son entrée et renforce son excitation. Posie doit toutefois avancer seule, sans demoiselle d’honneur, sans maid of honour et sans homme chargé de la conduire à l’autel. Elle accepte cette situation avec l’assurance d’une femme habituée à dépendre d’elle-même. Une photographe l’aide même à arranger sa traîne avant qu’elle ne franchisse les portes de l’église. Mais dès qu’elle entre dans le petit vestibule, son sentiment de bonheur est brusquement interrompu par une anomalie très précise. L’odeur des fleurs n’est pas celle qu’elle attendait. Posie avait choisi des roses blanches d’hiver, commandées en grande quantité chez Fortnum’s à un prix élevé. Or l’église est remplie de mimosa, dont le parfum doux, poudré et presque estival évoque la Riviera, le soleil, l’huile de bronzage et les chapeaux de paille. Ces fleurs jaunes, totalement incongrues pour un mariage londonien en décembre, garnissent les extrémités des bancs et forment même un grand amas autour de l’autel. Posie ressent alors une première véritable poussée de panique, sans comprendre qui a pu remplacer les fleurs qu’elle avait soigneusement choisies. Malgré cette inquiétude, Posie doit poursuivre sa marche lorsque l’orgue entame le Bridal Chorus de Wagner. Elle avance très lentement, essayant de contenir ses nerfs, dans une petite église blanche et élevée où les bouquets de mimosa semblent désormais omniprésents. Elle cherche du réconfort dans les visages familiers de la cinquantaine d’invités. Elle aperçoit Prudence, sa secrétaire, vêtue de lilas, assise auprès de son fiancé Sergeant Rainbird, dont la jambe est gravement bandée et qui se déplace avec des béquilles. Len Irving, son partenaire de la Detective Agency de Grape Street, est présent avec son épouse Aggie, tandis que Sidney, le jeune office-boy, se tient nerveusement près de sa mère. Du côté de Richard se trouvent sa housekeeper Masha et Phyllis, sa fille âgée de presque trois ans, qui sourit à Posie sans percevoir son malaise. Posie remarque également une infirmière tenant Katie, le bébé qu’elle et Richard viennent d’adopter. Née dans de terribles circonstances et encore trop fragile pour quitter Great Ormond Street Hospital, Katie a exceptionnellement obtenu l’autorisation de passer une heure hors de l’hôpital afin d’assister au mariage de ses parents. Plusieurs anciennes clientes de Posie sont également là, notamment Jacinta Glaysayer, qui dirige un hostel pour Anglais à San Gimignano, en Toscane, et Felicity Fyne, modiste spécialisée dans les chapeaux sur mesure. Evangeline Greenwood, une sorte de parente de Posie, se distingue par sa beauté très particulière, ses longs cheveux noirs, sa peau sombre, ses bijoux et ses épaisses capes de velours oriental. Plusieurs collègues de Richard à Scotland Yard sont également présents, parmi lesquels Sergeant Fox, Constable Smallbone, Chief Inspector Oats, son épouse Matilda et Dr Poots, le Scotland Yard Pathologist. Des policiers plus gradés et quelques journalistes que Posie connaît occupent encore les premiers rangs. Au milieu de cette assemblée dominée par les uniformes et les vêtements sombres, Dolly apporte une touche éclatante avec son ensemble de velours corail et ses plumes rose foncé. Elle est accompagnée de ses trois enfants, de leur nursemaid et de son mari Rufus, Earl of Cardigeon, qui était le plus vieil ami du frère défunt de Posie. Pourtant, malgré tous ces visages familiers, Posie ne cherche réellement qu’une seule personne. Elle veut voir Richard, celui qui doit être son point d’ancrage et son futur époux. Mais il n’est pas à l’autel. Cette absence transforme immédiatement l’inquiétude de Posie en véritable alarme. Elle remarque Richard’s best man, Rhoddy Brown, son ancien compagnon pendant la Great War, qui se tient près de l’autel avec la boîte contenant les alliances. Au lieu de paraître serein, Rhoddy est visiblement nerveux. Il marche sans cesse, regarde autour de lui et évite de croiser les yeux de Posie. Elle se tourne alors vers le Vicar, pensant au moins trouver là une présence attendue. Mais une nouvelle anomalie apparaît. L’homme qui doit célébrer le mariage n’est pas Father René Hoffman, le pasteur francophone suisse que Posie et Richard avaient rencontré une semaine plus tôt pour organiser leurs noces. Father Hoffman était grand, mince, relativement âgé, accueillant et charmant, et avait accepté de célébrer leur mariage dans cette église malgré leur absence de lien préalable avec elle. L’homme qui se trouve maintenant devant Posie est tout son contraire. Il est petit, corpulent, relativement jeune, porte des lunettes et possède des yeux fatigués ainsi qu’une épaisse chevelure brune et bouclée. Sa démarche est étrange, comme s’il souffrait d’un problème aux pieds. Posie, désormais tout près de l’autel, observe chacun de ces détails avec une attention accrue parce que son instinct lui signale que quelque chose est profondément anormal. Elle remarque alors les doigts épais du Vicar qui fouillent une poche de sa soutane. Lorsqu’il tire légèrement sur le tissu, un chapelet en bois noir apparaît. La présence de ce Catholic rosary dans une église protestante suisse lui semble particulièrement déplacée et inquiétante. Tous ces indices s’additionnent dans l’esprit de Posie, qui ne parvient plus à considérer la situation comme une simple série de coïncidences. Elle se retourne finalement vers Dolly, dont le sourire ne parvient plus à masquer la peur. Posie lui demande où se trouve Richard et sent les larmes lui monter aux yeux, menaçant de ruiner son maquillage soigneusement préparé. Elle envisage avec horreur que Richard ait pu la laisser devant l’autel. Dolly comprend immédiatement cette crainte, mais sa réponse ne fait qu’aggraver la situation. Elle avoue qu’elle n’a pas vu Richard et qu’elle ne pense pas que quiconque l’ait vu non plus. Ainsi, au moment même où son mariage devait commencer, Posie se retrouve sans marié, face à un officiant qu’elle ne reconnaît pas, entourée de fleurs qu’elle n’a pas choisies et confrontée à une atmosphère de plus en plus inquiétante.