L. B. Hathaway

18. Le studio aux secrets fabriqués

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

En allumant la lumière, Posie et Rainbird découvrent le studio d’Elsie Moncrieff, un logement minuscule, froid, humide et presque inhabitable. Il ne possède qu’une fenêtre donnant sur le balcon, une petite kitchenette sans véritable installation pour se chauffer ou se laver, un lit, une table et quelques chaises. Le mur est couvert de moisissure et l’humidité imprègne tout, ce qui contraste fortement avec l’image d’une femme employée comme gouvernante et apparemment correctement rémunérée. Pourtant, le studio est extraordinairement désordonné. Des journaux, des magazines, des vêtements, des objets divers et près d’une centaine de disques sont éparpillés partout. Briggs explique qu’il a trouvé les lieux dans cet état et qu’il n’y a découvert ni sac à main, ni portefeuille, ni argent important, ni papiers personnels, ni testament. La seule photographie d’Elsie qu’il ait trouvée était fixée au miroir. Posie est immédiatement frappée par ces absences. Une femme comme Elsie aurait normalement dû posséder un sac, des vêtements, des chaussures, des produits de toilette et des objets personnels. Elle remarque notamment un rouge à lèvres français coûteux et une belle brosse à cheveux, mais rien qui corresponde au reste de la vie d’une jeune femme. Lorsque Briggs quitte le studio sur ordre de Rainbird, Posie comprend déjà que quelque chose ne va pas, même si elle ne peut encore déterminer quoi. La découverte la plus importante survient lorsque Posie et Rainbird entendent une conversation provenant du studio voisin, dont les murs extrêmement minces rendent chaque parole parfaitement audible. Deux hommes, Sidney et Alf, prennent le thé pendant une pause dans le rangement de White Shaw. Alf apprend que le chargement prévu pour Londres ne comprend pas seulement des robes, mais aussi plusieurs valises appartenant à Tony, des malles remplies de documents et de grandes chemises noires contenant des dessins destinés à une exposition. Sidney révèle alors à Alf que ces bagages signifient, selon lui, que Tony quitte définitivement Petronella, la maison, les garçons et l’entreprise. Cette information lui vient d’Elsie elle-même. Le dimanche précédent, après avoir laissé Tony à la gare de Dover Priory, Sidney était revenu à White Shaw et avait rencontré Elsie devant son studio. Elle lui avait expliqué que Tony allait partir très bientôt, probablement au moment où la nouvelle collection serait envoyée à Londres. Elle l’avait averti parce qu’il travaillait pour Tony et risquait donc de perdre son emploi, tout en affirmant qu’elle-même saurait quoi faire et qu’elle n’aurait pas de difficulté à s’en sortir. Sidney raconte surtout que Petronella se trouvait alors cachée dans son studio voisin et qu’elle avait tout entendu à travers les murs. Après le départ d’Elsie, Petronella avait attendu quelques minutes, puis s’était précipitée dans le studio d’Elsie avec son passe-partout. Elle y était restée environ dix minutes, pendant lesquelles Sidney l’avait entendue hurler et crier. Lorsqu’elle était ressortie, elle était redevenue parfaitement calme. Elsie, revenue une heure plus tard, ne semblait apparemment pas savoir que quelque chose s’était passé. Cette révélation trouble profondément Posie et Rainbird, car elle établit un lien possible entre ce qu’Elsie avait annoncé à Sidney, la réaction violente de Petronella et la mort de la jeune femme. Alf demande même si l’accident d’Elsie n’aurait pas un rapport avec cette conversation, mais Sidney refuse de tirer des conclusions et préfère laisser l’affaire aux enquêteurs. Après le départ des deux hommes, Posie examine le studio avec une attention renouvelée. Elle constate que le désordre paraît artificiel. Les magazines sont beaucoup trop nombreux, trop variés et surtout trop récents pour correspondre aux habitudes d’Elsie. Certains exemplaires sont même en double, tandis qu’ils portent sur des sujets comme la mode, la cuisine, le tricot, les voyages ou le jardinage, sans rapport avec la vie dans ce petit logement. Plus troublant encore, malgré l’humidité générale, les magazines restent relativement secs et croustillants, comme s’ils n’avaient été déposés là que depuis quelques jours. Posie en conclut que quelqu’un a probablement acheté de grandes quantités de magazines afin de fabriquer précipitamment une scène de désordre. Le manque absolu de lettres, de photographies, de notes et d’autres effets personnels renforce son impression que le studio a été vidé ou soigneusement préparé pour donner une fausse apparence. Elle pense que plusieurs personnes ont pu intervenir et comprend que l’enquête dépasse désormais leurs moyens. Elle demande à Rainbird de contacter Richard Lovelace afin qu’il vienne rapidement avec les spécialistes de la police scientifique. Elle sait qu’ils doivent obtenir des mandats pour fouiller White Shaw, interroger certains occupants et examiner le véhicule utilisé pour le transport. Elle s’interroge surtout sur ce que Petronella a découvert dans le studio pour réagir avec une telle violence, puis écrire une lettre mettant fin à l’emploi d’Elsie, et pourquoi elle n’en a rien révélé au coroner. Rainbird, de plus en plus mal en point physiquement, part chercher du thé chaud et entreprendre les démarches nécessaires auprès du Chief Commissioner, tandis que Posie reste seule dans le studio. Elle se sent épuisée et vaincue par la complexité de l’affaire. Elle repense à Elsie, qu’elle considérait encore comme une femme intègre, soucieuse de protéger ses collègues et suffisamment déterminée pour savoir ce qu’elle devait faire après avoir découvert la situation de Tony. De nouvelles questions surgissent alors sur la mystérieuse lettre qu’Elsie avait envoyée à Posie durant l’été, sur son prétendu mal de tête le soir de la fête, sur ce qui s’est produit dans le studio le dimanche après-midi, sur l’endroit où Elsie s’est rendue ensuite et sur l’empreinte retrouvée dans son dos. Malgré une recherche frénétique dans chaque recoin du studio, Posie ne trouve aucun nouvel indice, seulement la conviction grandissante que tout ce qu’elle voit a été arrangé pour dissimuler la véritable histoire.