L. B. Hathaway

19. Les mystères d’Elsie Moncrieff

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Posie Parker fouille la chambre d’Elsie Moncrieff avec un profond sentiment de malaise. Les quelques objets laissés sur la table de nuit, comme une bouillotte rouge, une petite soucoupe contenant des pièces, une bougie de voyage, des pelotes de laine raffinée et du matériel de couture, ne lui apprennent presque rien sur la véritable personnalité de la jeune femme. Au contraire, Posie a l’impression que quelqu’un a volontairement effacé les traces d’Elsie et tenté de remplacer son existence réelle par une image insignifiante faite de magazines bon marché et d’objets ordinaires. Elle pense à Richard, son fiancé, et espère qu’il pourra l’aider à comprendre ce qui s’est passé lorsqu’il arrivera avec l’expérience de Scotland Yard derrière lui. Elle se sent dépassée par l’affaire, car elle a la sensation qu’Elsie n’a pas seulement disparu dans la mort, mais qu’elle a aussi été effacée de son vivant. En cherchant à rassembler des indices, Posie s’allonge un instant sur le lit d’Elsie, épuisée par la journée et encore incommodée par un malaise qui ne la quitte pas. Elle remarque une odeur particulière dans la pièce, mélange d’humidité, de fleurs légères et peut-être de produits pour les cheveux, qui lui rappelle les visites de Dolly chez le coiffeur. Cette senteur est la seule chose qui lui semble réellement appartenir à Elsie, mais elle est trop fragile pour constituer une preuve. Alors qu’elle se repose, elle sent soudain quelque chose sous la couverture, au niveau de ses jambes. Elle découvre une deuxième bouillotte, bleue et encore pleine d’eau, et se demande pourquoi Elsie possédait deux bouillottes. En examinant la bouillotte rouge vide, Posie entend un bruit à l’intérieur. Elle comprend qu’elle pourrait cacher quelque chose et prépare des aiguilles à tricoter ainsi que des pinces pour l’ouvrir. Cependant, avant de pouvoir découvrir ce qu’elle contient, quelqu’un frappe à la porte. La visiteuse est Harriet Neame, la jeune femme de chambre de White Shaw que Posie avait aperçue plus tôt. D’abord, Posie la considère comme une employée effacée et sans importance, avec son uniforme noir et blanc, son apparence terne et son attitude discrète. Pourtant, elle remarque rapidement une intelligence et une ruse inattendues dans son regard. Harriet affirme qu’elle pourrait aider Posie, et peut-être aussi aider Elsie Moncrieff, même si Posie lui rappelle que la défunte ne peut plus être sauvée. La jeune femme explique alors qu’elle n’était pas une amie proche d’Elsie, mais qu’elle lui devait beaucoup. Trois ans auparavant, Elsie lui avait obtenu son emploi à White Shaw, ainsi qu’un poste pour Alf, son compagnon, et pour Ruth, la tante d’Alf qui travaillait comme cuisinière. Posie apprend également que Mickey O’Dowd n’avait pas été engagé par Elsie mais choisi par le maître de maison, qui l’avait rencontré lors d’une sortie à Dover. Harriet révèle ensuite la raison véritable pour laquelle Elsie l’avait engagée. Son passé était difficile : elle avait grandi dans un orphelinat à Dover, puis avait perdu plusieurs emplois après des accusations de vol et de comportements malhonnêtes. Dans un hôtel de Dover, on lui reprochait notamment d’écouter les conversations des clients et d’utiliser les informations obtenues de manière sournoise. Elsie avait pourtant décidé de lui donner une chance, déclarant que chacun avait le droit de renaître comme un phénix. Mais elle savait aussi que Harriet possédait une compétence particulière : savoir écouter et recueillir des secrets. C’est précisément pour cela qu’elle l’avait choisie. Harriet sort alors un petit carnet noir de sa poche et explique son rôle auprès d’Elsie. Pendant près de trois ans, elle espionnait les conversations des habitants de White Shaw et des invités lors des réceptions. Elle écoutait derrière les portes, près des murs ou en servant des boissons à des hommes qui ne faisaient pas attention à elle. Elle notait ensuite ce qu’elle entendait et remettait ses rapports à Elsie. Certaines périodes étaient calmes, mais lors des grandes séries de fêtes, elle pouvait fournir des informations chaque semaine. Elsie ne discutait jamais avec elle du contenu des carnets, mais Harriet recevait parfois une demi-souveraine cachée dans son pot de brosse à dents, qu’elle interprétait comme une récompense pour un travail réussi. Posie est bouleversée par cette découverte. Elle comprend qu’Elsie avait créé un réseau d’informations clandestin et qu’Harriet avait été ses yeux et ses oreilles dans des endroits où elle ne pouvait pas aller. Elle demande à la jeune femme ce qu’elle compte faire du carnet qu’elle n’avait pas encore remis à Elsie avant sa mort. Harriet répond qu’il contient des informations particulièrement intéressantes, notamment au sujet de Lord Boxwood, et laisse entendre que ces renseignements pourraient avoir une grande valeur. Elle propose implicitement de les échanger contre quelque chose, mais Posie refuse de participer à un chantage. Elle lui explique qu’elle ne peut pas négocier pour obtenir ces informations, mais qu’elle pourrait peut-être lui trouver une nouvelle possibilité d’emploi en échange du carnet. Harriet n’est pas entièrement satisfaite, mais reconnaît que Posie a été honnête. Lorsque Posie demande ce qu’il est advenu des anciens carnets, Harriet répond qu’elle les avait tous remis à Elsie, qui les avait probablement lus puis détruits. Posie réalise que cette découverte ouvre une piste inattendue, même si Harriet lui inspire toujours de la méfiance. Elle comprend néanmoins que cette femme pourrait être la seule personne capable de lui révéler la vérité sur Elsie Moncrieff. Lorsqu’elle lui demande enfin si elle sait quelque chose d’autre sur la défunte, Harriet reste silencieuse avant d’affirmer avec assurance qu’Elsie était une femme pleine de mystères.