Posie poursuit son enquête auprès de Harriet, la jeune domestique qui partage avec la cuisinière Ruth un petit studio voisin de celui d’Elsie Moncrieff. Harriet explique que le logement et la salle de bains commune lui ont permis d’observer de nombreux détails sur la mystérieuse gouvernante, jusqu’à lui fournir des informations qu’elle avait ensuite utilisées pour obtenir de l’argent ou des faveurs. La première énigme concerne l’apparence d’Elsie, qui ne se coiffait ni ne se teignait jamais les cheveux à White Shaw, malgré sa coiffure blonde impeccable. Harriet pense également qu’Elsie était mariée, car elle l’aurait vue porter une alliance lors de son entretien d’embauche, avant que celle-ci ne disparaisse. Elsie avait évoqué des origines néerlandaises et une mère hollandaise, ainsi qu’un ancien emploi de gouvernante dans un établissement lié à une église. Harriet est surtout convaincue qu’Elsie avait été infirmière pendant la Grande Guerre. Elle le déduit d’un accident dont Alf, son compagnon, avait été victime : couvert d’acide de batterie, il risquait de perdre un œil, mais Elsie avait immédiatement su comment le soigner, et l’hôpital avait reconnu qu’elle lui avait probablement sauvé la vue, voire la vie. Malgré cela, Elsie refusait de parler de son passé d’infirmière.
Harriet affirme ensuite qu’Elsie n’avait pratiquement aucun visiteur, son studio constituant une sorte de sanctuaire auquel personne n’avait accès. Tony Stone, le maître des lieux, entretenait avec elle de bonnes relations professionnelles et semblait dépendre fortement de son travail administratif. Elsie contrôlait les commandes de tissus, les paiements aux fournisseurs et le travail des couturières, des tâches bien plus étendues que celles d’une gouvernante ordinaire. Tony répétait qu’il ne savait pas ce qu’il ferait sans elle, ce qui renforce pour Posie l’idée qu’il n’avait aucune raison évidente de vouloir sa mort. Big Mickey O’Dowd, au contraire, n’était pas proche d’Elsie. Cet homme irlandais, catholique, bagarreur et souvent ivre, lui déplaisait profondément. Harriet raconte même qu’Elsie l’avait réprimandé à propos de son médaillon religieux, avant que Mickey ne conserve malgré tout son Saint-Christophe. Leur seul point de contact était parfois la promenade des jumeaux, où Elsie incarnait la discipline et la bienséance tandis que Mickey devait surtout pouvoir les maîtriser physiquement. Harriet dénonce aussi Petronella Douglas comme une mère négligente, constamment absente de la vie de ses fils. Elle révèle surtout que Petronella consommait régulièrement de la cocaïne, ce qui explique à Posie son comportement imprévisible, sa paresse, ses fêtes extravagantes et son usage apparent de drogues au milieu du défilé. Il devient également crédible que le prétendu Veronal pris par Petronella puisse en réalité être de la cocaïne.
La conversation prend un tournant décisif lorsque Harriet parle de Sidney, le nouveau chauffeur. Contrairement aux autres hommes de la maison, il avait été autorisé à entrer dans le studio d’Elsie pour boire avec elle. Harriet les avait entendus rire, écouter de la musique et peut-être danser, toujours dans une pièce plongée dans l’obscurité ou éclairée uniquement à la bougie. Elle pense qu’Elsie avait elle-même fait venir Sidney à White Shaw, quelques mois seulement avant sa mort, alors qu’un ancien chauffeur venait de prendre sa retraite. Posie envisage alors l’hypothèse d’un « honey-trap » : Sidney aurait pu être recruté pour obtenir des informations sur Petronella, grâce à son charme et à sa proximité avec elle. Cette idée prend du poids lorsque Harriet révèle avoir surpris, à la mi-juin, une conversation téléphonique entre Petronella et son banquier. La maison de couture était acculée par ses créanciers et Petronella voulait la réhypothéquer, affirmant qu’elle pourrait rembourser le prêt intégralement en quelques semaines. Après que Harriet eut rapporté cette information à Elsie, celle-ci devint très active au téléphone, se rendit à plusieurs reprises à St Margaret’s-at-Cliffe pour envoyer ou récupérer des télégrammes, puis Sidney arriva de Londres à la fin du mois de juin. Posie soupçonne donc qu’Elsie l’avait recruté pour suivre une affaire qu’elle ne pouvait pas surveiller elle-même.
Harriet révèle enfin qu’elle avait espionné les déplacements d’Elsie durant ses dimanches libres. Celle-ci quittait régulièrement White Shaw vers deux heures, soit pour téléphoner depuis les salons de thé de Mrs Morse, soit depuis le Bay Hotel. Elle peignait aussi sur la plage, souvent avec une autre femme artiste qui possédait une toile et un chevalet. Posie s’interroge sur cette relation, mais comprend qu’il ne s’agissait pas nécessairement d’une aventure amoureuse. Les aquarelles accrochées dans le studio prennent alors une nouvelle importance, d’autant que Harriet affirme que quelqu’un a bouleversé la pièce après la mort d’Elsie. Elle décrit la défunte comme une femme extrêmement ordonnée, élégante et soigneuse, qui confectionnait elle-même de beaux vêtements et portait, pendant ses congés, du turquoise assorti à un sac en cuir italien de la même couleur. Or ce sac ne figure ni parmi les effets retrouvés avec le corps ni sur la falaise ou la plage. Ses produits de maquillage, ses peintures et ses vêtements ont également disparu. Harriet explique qu’en revenant de son jour de congé, elle a découvert que l’incinérateur du jardin brûlait encore. En fouillant les cendres, elle a trouvé une boîte de peinture dont le métal avait résisté aux flammes, mais dont le contenu avait été détruit. Pour elle, cette découverte prouvait qu’Elsie n’était pas morte accidentellement. Avant de partir, Harriet réclame à nouveau une récompense pour ses informations et évoque un événement appelé « November Drop ». Puis elle revient donner un dernier détail : chaque fois qu’Elsie téléphonait depuis les salons de thé ou l’hôtel, elle commençait la conversation par les mots « Burning Dog ». Posie reste seule avec cette expression incompréhensible et une accumulation de nouveaux mystères : le mariage possible d’Elsie, ses contacts téléphoniques secrets, l’artiste inconnue, Sidney, les difficultés financières de Petronella, les pièges destinés à obtenir des informations, les objets disparus ou brûlés et cette énigmatique formule. Plus elle avance, plus l’enquête semble s’éloigner d’une explication simple, et Posie ne sait même plus si elle peut faire confiance à Harriet, dont la curiosité et la cupidité ont manifestement guidé les indiscrétions.