Posie Parker examine avec fébrilité une vieille bouillotte retrouvée dans le logement d’Elsie Moncrieff, espérant y trouver des indices sur la vie secrète de la défunte. Après avoir essayé sans succès de l’ouvrir, elle découpe finalement le caoutchouc avec ses ciseaux et découvre plusieurs objets soigneusement dissimulés à l’intérieur. Le premier est une alliance féminine en or, qui confirme qu’Elsie avait bien été mariée contrairement à ce que beaucoup ignoraient. Posie observe attentivement la bague, mais l’inscription gravée à l’intérieur, To the Fire from the Jackal, suivie du code WH 8977, ne lui apporte aucune explication. Elle ressent une légère déception, car elle espérait trouver une preuve plus directe permettant de comprendre le passé d’Elsie.
Elle découvre ensuite deux anciennes photographies de studio attachées par un ruban usé. La première montre un jeune garçon blond d’environ six ou sept ans, vêtu d’une tenue élégante et sombre, assis dans un fauteuil en osier avec un grand ours en peluche aux yeux étranges. La seconde représente une fillette du même âge, ou légèrement plus jeune, photographiée dans le même décor. La petite fille fixe l’objectif avec assurance, ses cheveux blonds soigneusement tressés, tenant une poupée luxueuse habillée comme pour une cérémonie. Au dos de cette image figure seulement la date 1890. Posie comprend que si cette enfant est Elsie, elle aurait été plus âgée qu’elle d’environ huit ans et aurait eu près de quarante ans au moment de sa mort. Ces visages d’enfants, probablement ceux d’un frère et d’une sœur, éveillent chez elle une profonde mélancolie. Elle pense à leurs vies perdues, aux rêves oubliés et aux ravages de la Grande Guerre qui a pu emporter tant de personnes de cette génération.
Elle est surprise par l’émotion qui la gagne et se demande pourquoi cette découverte la touche autant.
Le dernier objet retrouvé est un morceau de papier bleuâtre provenant d’un feuillet carbone. Posie constate que l’encre s’est presque entièrement effacée à cause des conditions de conservation dans la bouillotte. Elle parvient seulement à lire une date de janvier 1924 et un titre qui semble être Agreement, ainsi que quelques mots comme Fees et Holidays. Elle suppose qu’il pourrait simplement s’agir du contrat de travail d’Elsie comme gouvernante, ce qui la frustre car le document semble presque inutile. Alors qu’elle rassemble les objets, elle remarque toutefois une minuscule carte qu’elle avait manquée. Il s’agit d’un fragment de télégramme portant trois mots en allemand, Schneider, Aber Rot, Der Engel. Ces termes inconnus provoquent immédiatement une réaction chez Posie, car ils lui rappellent Max. Elle se demande si ce lien avec l’Allemagne est une simple coïncidence ou si Elsie avait une histoire cachée avec ce pays.
Elle s’interroge sur la possibilité qu’Elsie ait parlé allemand, qu’elle ait connu Max lorsqu’il se trouvait dans la région déguisé en prêtre, ou qu’un autre secret relie leurs deux existences. Convaincue qu’elle tient enfin une piste importante, Posie range les objets dans son sac, quitte le studio et retourne à White Shaw.
À son retour, Posie rencontre Tony Stone, qui lui demande si elle a trouvé ce qu’elle cherchait dans l’ancien logement d’Elsie. Elle lui rend la clé et profite de l’occasion pour demander à consulter les références des employés dans l’ancien bureau de la gouvernante. Tony accepte, mais Posie apprend rapidement que personne dans la maison ne vérifiait réellement ces documents. Les nouveaux employés étaient engagés sur la confiance, et Elsie était devenue l’intermédiaire indispensable entre tous. Posie comprend que la défunte avait gagné une confiance absolue auprès de ses employeurs. Tony lui explique ensuite que les préparatifs du défilé de mode sont presque terminés et que les couturières vont repartir vers la gare de Douvres. En traversant la maison, Posie remarque l’expression triste de Tony lorsqu’il aperçoit ses fils dîner avec Ruth tandis qu’il continue à travailler.
Il semble regretter de ne pas pouvoir partager ce moment avec eux, mais affirme que le travail est nécessaire car les bénéfices viendront après le spectacle.
Posie pense alors à la camionnette de Tony, soigneusement fermée et contenant les vêtements du défilé ainsi que des objets dont elle ignore la nature. Elle soupçonne que cette camionnette pourrait bientôt disparaître avec Tony et décide de tenter une approche. Elle prétend chercher une robe de mariée et affirme qu’elle pourrait offrir une importante publicité au créateur grâce à ses contacts dans la presse. Elle demande à visiter la camionnette pour voir les modèles disponibles, tout en laissant entendre qu’elle respecterait d’éventuels objets personnels qui pourraient s’y trouver. La réaction de Tony attire immédiatement son attention. Il devient nerveux et refuse de lui montrer l’intérieur du véhicule, proposant plutôt de lui apporter lui-même une robe plus tard à l’hôtel. Posie remarque la panique fugitive dans ses yeux et comprend que son refus cache peut-être quelque chose.
Avant le départ des couturières, Posie décide de les interroger. Elle leur révèle qu’elle enquête sur la mort d’Elsie et leur demande si elles ont remarqué un comportement étrange ou une rencontre inhabituelle pendant leur séjour. Une couturière autoritaire répond avec mépris qu’elles ne savaient rien d’Elsie et qu’elles n’avaient aucun lien avec elle. Elle critique la gouvernante, la décrivant comme distante, prétentieuse et trop distinguée pour elles. Elle ajoute avec cruauté que l’orgueil précède la chute, faisant allusion à la mort d’Elsie. Certaines femmes rient, mais d’autres semblent choquées et mal à l’aise. Posie comprend alors que certaines d’entre elles cachent probablement des informations. Elle leur laisse sa carte, promet de protéger leur identité et leur propose même une récompense si elles peuvent l’aider. Elle rappelle qu’Elsie avait été infirmière pendant la Grande Guerre et qu’elle méritait que la vérité soit découverte.
Une jeune couturière lui adresse un regard hésitant avant de partir, laissant penser qu’elle pourrait parler plus tard.
Après le départ du groupe, Posie retourne dans le petit bureau d’Elsie et découvre Mickey O’Dowd occupé à préparer les paiements des couturières. Elle est stupéfaite de voir avec quelle maîtrise cet homme imposant utilise la machine à écrire. Malgré ses grandes mains, Mickey tape avec une rapidité exceptionnelle, prépare les copies carbone avec précision et semble accomplir cette tâche comme un employé expérimenté. Après avoir terminé un document, il fume une cigarette avec soulagement puis remarque enfin la présence de Posie. Il se redresse aussitôt, cache le dernier papier qu’il vient de taper en le plaçant sur la pile des autres documents et lui demande, avec une prudence visible, ce qu’elle vient encore chercher auprès de lui.