L. B. Hathaway

23. Le piège de l’Ange

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Posie Parker s’efforce de maîtriser sa peur lorsqu’elle se retrouve face au canon d’un luxueux pistolet Luger Parabellum de 1906. Son visiteur est Sidney Sherringham, un homme d’une trentaine d’années, remarquablement séduisant, que Posie reconnaît comme l’appât choisi par Elsie Moncrieff pour s’approcher de Petronella Douglas. Pourtant, malgré son arme et son apparente assurance, Sidney semble lui aussi nerveux. Il finit par baisser le pistolet et lui demande si elle est « l’Ange », une mystérieuse personne dont Elsie lui avait parlé et qui devait intervenir si les choses tournaient mal. Posie comprend qu’il la prend pour quelqu’un chargé de faire disparaître des documents compromettants. Elle lui montre alors sa carte de détective privée et la lettre qu’Elsie lui avait envoyée, expliquant qu’elle cherche à comprendre les circonstances de sa mort et qu’elle regrette profondément de ne pas avoir pu l’aider à temps. Rassuré, Sidney accepte de parler, et Posie lui fait comprendre qu’elle soupçonne également que son identité et son emploi à la prison de Pentonville sont entièrement fabriqués. Sidney reconnaît que Sherringham n’est pas son véritable nom, mais refuse de révéler celui-ci. Il explique qu’il est en réalité danseur professionnel à l’Embassy Club de Bond Street, où il sert de partenaire aux femmes seules. Il a été loué par Elsie pour plusieurs mois parce qu’elle voulait engager le meilleur homme possible pour séduire Petronella et obtenir indirectement des informations qu’elle ne pouvait pas recueillir elle-même. Sidney assume ce rôle avec amusement et fierté, tout en précisant qu’il ne se considère pas comme un simple gigolo. La mission de Sidney consistait surtout à surveiller les finances de Petronella. Celle-ci possédait une ligne téléphonique privée dans sa chambre, où elle conservait également ses papiers professionnels sous clé, ce qui permettait à Sidney d’écouter certaines conversations et de fouiller les documents lorsqu’elle dormait ou était sous l’effet de drogues. Il avait rapidement découvert qu’un prêt hypothécaire avait été remboursé au début du mois de juillet, peu après son arrivée. En entendant Petronella parler à son directeur de banque, il avait appris que le paiement provenait de « Taylors », une référence que Petronella elle-même semblait avoir reçue d’un interlocuteur précédent. Au cours de cet autre appel, elle s’était montrée soulagée et avait surtout insisté pour que son père ne découvre pas la transaction. Sidney pense avoir entendu cet interlocuteur être appelé « Mr Tell ». Il avait d’abord supposé qu’il s’agissait d’un comptable ou d’un intermédiaire ayant organisé un nouvel emprunt pour rembourser l’ancien, mais Elsie avait jugé l’information suffisamment importante pour lui demander de surveiller les appels suivants. Ces conversations avec Mr Tell étaient peu fréquentes, environ une par mois, mais elles étaient devenues plus nombreuses récemment et portaient notamment sur le mystérieux « November Drop ». Sidney ignore ce que cette expression signifie et suppose simplement qu’il s’agit d’un nouveau versement d’argent dont Petronella aurait besoin pour maintenir son train de vie coûteux. Posie, elle, comprend que ces éléments financiers pourraient être bien plus importants qu’ils n’en ont l’air, même si elle ne possède encore aucune explication certaine sur leur origine ou leur destination. La conversation révèle ensuite une situation familiale particulièrement sombre. Sidney affirme que Petronella craignait avant tout que son père apprenne ses arrangements financiers et qu’elle ne semblait pas redouter la réaction de Tony Stone, probablement parce que Tony ignorait tout de ces opérations. Selon lui, Petronella exploite son mari sans scrupules. Tony accomplit tout le travail de l’entreprise et en rapporte beaucoup d’argent, mais il ne reçoit pratiquement rien en échange. Plus grave encore, il n’est même pas administrateur de la société qui porte son nom. Les seuls administrateurs sont Petronella et son père, resté aux États-Unis, tandis que Tony n’apparaît pas dans les documents officiels. Sidney a découvert ces informations en consultant les papiers conservés dans une boîte chinoise en laque rouge et or dont il connaît la clé. Il décrit également la relation conjugale comme une coexistence glaciale. Tony dort dans une petite pièce près des salles de couture et, depuis l’arrivée de Sidney, n’est jamais entré dans la chambre de Petronella. Les deux époux se tolèrent à peine, et Sidney perçoit entre eux une haine ancienne dont il attend l’explosion. Posie pense alors aux deux garçons qu’elle a vus dans la cuisine et s’inquiète de leur situation, mais Sidney révèle qu’ils sont adoptés. Petronella et Tony les avaient recueillis dans un orphelinat de Douvres lorsqu’ils étaient encore de très jeunes enfants. Les documents conservés par Petronella montrent que l’adoption était surtout son initiative. Dans sa lettre à l’orphelinat, elle expliquait que son plus grand regret était de ne pas avoir eu d’enfants avec Tony, devenu incapable d’en avoir après avoir contracté les oreillons dans sa jeunesse. Sidney estime que Petronella a probablement rendu Tony responsable de cette absence d’enfant pendant des années, ce qui aurait contribué à leur ressentiment réciproque. Tony semble d’ailleurs peu attaché aux jumeaux et s’en occupe seulement lorsqu’il en a envie. Posie comprend ainsi progressivement que derrière les difficultés financières se trouvent des humiliations, des secrets et des rancœurs familiales profondes. Elle demande enfin si Tony sait que Sidney entretient une liaison avec Petronella. Sidney pense que oui et suppose même que Tony en est soulagé. Pour lui, quelque chose de dangereux couvait depuis longtemps entre les deux époux. Il termine en révélant que cette haine a finalement éclaté le dimanche même où Elsie Moncrieff est morte.