Sidney raconte à Posie ce qui s’est passé le dimanche soir précédant la mort d’Elsie. Il avait rejoint Petronella Douglas dans sa chambre aux tuiles rouges de White Shaw, comme prévu, mais la jeune femme était déjà fortement désinhibée par un mélange de champagne et de cocaïne. Elle faisait les cent pas et appelait sans cesse Tony Stone, qui se trouvait à l’Oberoy Club de Londres, malgré les messages répétés que la réceptionniste lui avait transmis. Sidney, installé sur le grand lit oriental, fumait et feuilletait de vieux exemplaires de Photoplay en faisant semblant de somnoler. Lorsque Tony finit par rappeler, la communication téléphonique semble mauvaise, mais Sidney entend clairement Petronella demander si l’appel est une communication interurbaine. Surtout, il l’entend crier qu’elle se débarrassera d’Elsie « d’une façon ou d’une autre ». Tony semble lui répondre par une menace ou une annonce de départ, car Petronella lui rétorque qu’il n’ira nulle part. Pour Posie, ces paroles constituent un indice particulièrement inquiétant, d’autant plus qu’elles ressemblent aux menaces qu’elle soupçonne déjà dans la relation entre Tony et Petronella. Sidney affirme cependant que Petronella ne pouvait pas avoir tué Elsie cette nuit-là. Il partageait son lit et assure être resté éveillé toute la nuit, notamment parce qu’il a peur des orages depuis son enfance. Il a donc entendu chaque coup de tonnerre et chaque bruit de pluie, et il est certain que Petronella n’a pas quitté la chambre. Il se considère ainsi comme son alibi involontaire. Malgré cette certitude, il reconnaît que la haine de Petronella envers Elsie lui est apparue avec une profondeur nouvelle le lendemain matin.
Au petit matin, un serveur du Bay Hotel arrive à White Shaw vers sept heures trente et réveille toute la maison pour annoncer que le corps d’Elsie a été découvert et que le directeur de l’hôtel appelle la police de Douvres. Petronella réagit immédiatement. Elle téléphone hystériquement à Tony pour lui ordonner de rentrer de Londres, puis demande à Sidney de préparer la voiture. Elle se tourne ensuite vers Mickey O’Dowd, dont le visage est encore plus gris et marqué par l’alcool que d’habitude, et lui ordonne d’allumer l’incinérateur situé à l’arrière de la maison. Sidney comprend bientôt que Petronella entreprend de faire disparaître les affaires d’Elsie. Elle l’envoie avec Mickey dans leur appartement commun, mais tous deux observent depuis une fenêtre Petronella entrer et sortir de l’appartement d’Elsie en emportant divers objets. Elle alimente l’incinérateur avec ses vêtements et ses effets personnels, puis semble également disperser des affaires dans l’appartement afin de donner l’impression que la pièce a été mise sens dessus dessous. Elle et Mickey transportent en outre de gros objets enveloppés dans des draps vers l’arrière de la maison, mais Sidney ignore ce qu’ils deviennent. Ruth, la cuisinière, est la seule autre personne à assister à cette scène. Elle tente même de sauver quelques objets du feu à l’aide d’un bâton, probablement des vêtements d’Elsie. Lorsque Tony arrive en taxi vers dix heures trente, tout est déjà détruit. Mickey surveille encore l’incinérateur en remuant les restes, tandis que Tony, complètement abattu, échange un long regard avec lui. Sidney comprend alors que les deux hommes soupçonnent Petronella d’avoir tué Elsie et qu’ils semblent tacitement accepter de participer à la dissimulation. Pour eux, la destruction des affaires d’Elsie ne peut avoir qu’une explication. Même l’intervention de la police est désastreuse. Le policier, qui est le même agent roux que Posie a rencontré, arrive plusieurs heures après les événements et paraît dépassé. Petronella l’invite à entrer et lui propose même une boisson sucrée et alcoolisée, sans qu’il semble réagir à l’incinérateur ou aux autres signes suspects. Posie est stupéfaite par cette accumulation de négligences.
Sidney explique ensuite pourquoi il est encore à White Shaw alors qu’il aurait déjà dû repartir pour Londres. Il voulait assister à l’enquête sur la mort d’Elsie et voir si Petronella finirait par se compromettre. Il espérait également que le mystérieux « Ange » dont Elsie lui avait parlé apparaîtrait enfin. Il prévoit néanmoins de quitter les lieux dès le lendemain. Posie profite de ce moment pour lui demander s’il était l’amant d’Elsie, notamment parce que Harriet avait réagi avec une jalousie évidente lorsqu’elle avait compris que Sidney comptait particulièrement pour elle. Sidney nie sincèrement toute relation amoureuse. Il affirme cependant avoir été l’un des rares à connaître véritablement Elsie. Il avait d’abord pensé qu’elle travaillait pour Tony, peut-être afin de réunir des preuves de l’infidélité de Petronella et de permettre à Tony d’obtenir un divorce. Mais cette hypothèse lui paraît vite impossible, puisque Tony n’a ni l’organisation ni l’argent nécessaires pour payer Elsie et Sidney. Sidney en était donc venu à soupçonner qu’Elsie travaillait plutôt pour le gouvernement ou pour de puissants intérêts financiers. Il envisage notamment qu’elle ait pu enquêter sur la légalité des activités de la Fashion House. Il sait également qu’elle manquait d’argent et qu’elle allait parfois à Douvres vendre ses propres affaires. Sa lettre à Posie, écrite environ un mois après l’arrivée de Sidney, prouve surtout qu’elle cherchait à faire entrer Posie dans cette affaire, sans que Sidney sache pourquoi.
La dernière partie de leur entretien révèle une facette beaucoup plus intime d’Elsie. Sidney garde d’elle le souvenir d’une femme élégante, vive et profondément attachante. Plusieurs fois par semaine, ils se retrouvaient dans son appartement pour boire un verre et danser. Elsie mettait du rouge à lèvres rouge vif, lançait un disque et éteignait presque toutes les lumières, ne laissant brûler qu’une ou deux bougies. Rien de romantique ne s’était jamais produit entre eux, mais Sidney décrit leurs danses comme des moments où ils avaient l’impression de danser comme si le monde allait finir. Il apprend aussi à Posie qu’Elsie n’était pas originaire d’Angleterre. Elle lui avait confié être née à l’étranger, probablement en Afrique du Sud, et son accent véritable apparaissait lorsqu’elle avait bu un peu de vin et riait après leurs danses. Sidney est profondément bouleversé par sa mort et demande à Posie de découvrir qui lui a fait cela, convaincu qu’elle en est capable. Il raconte enfin les événements de la fête du samedi soir. La soirée avait été chaotique à cause de la météo. Sidney avait dû servir les boissons puis jouer du piano lorsque le musicien prévu ne s’était pas présenté. Petronella avait pris davantage de cocaïne que d’habitude et s’était montrée embarrassante avec Lord Boxwood, célèbre inventeur, tandis que son épouse avait subi un accident provoqué par Mickey O’Dowd, déjà ivre, qui lui avait renversé du café brûlant sur sa robe. Tony, nerveux, quittait régulièrement la fête pour vérifier son travail de couture. Elsie, elle, n’était pas venue, prétextant un mal de tête lié à l’orage. Pourtant, lorsqu’il s’était couché aux premières heures du matin, Sidney avait vu la lumière allumée dans son appartement et entendu sa voix fredonner doucement tandis qu’un disque jouait. Elle semblait heureuse. Avant de partir, Posie lui demande si le Luger avec lequel il l’a menacée appartenait à Elsie. Sidney le confirme. Il l’avait trouvé dans le compartiment situé sous le gramophone d’Elsie le lundi matin, au moment où Petronella et Mickey avaient disparu avec un gros objet. Craignant soudain que le danger soit partout, il avait pris l’arme et ne s’en était plus séparé. En quittant la cour et en regardant l’appartement désormais plongé dans l’obscurité, Posie comprend qu’Elsie demeure une énigme presque totale. Elle ignore toujours ce qu’elle faisait réellement à White Shaw, mais le fait qu’elle ait possédé et dissimulé une arme ajoute une nouvelle dimension inquiétante au mystère.