L. B. Hathaway

29. La lampe, les traces et le doute

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Posie découvre au centre de la table de sa chambre une torche jaune et noire portant la marque EVER-READY, en excellent état malgré une importante bosse et une longue rayure. Elle pense immédiatement à la torche de Tony Douglas, le cadeau venu d’Amérique, que Elsie Moncrieff aurait peut-être utilisée la nuit de sa mort. Enfilant ses gants pour ne laisser aucune empreinte, elle examine l’objet et constate avec stupeur que son ampoule est toujours en place et fonctionne parfaitement lorsqu’elle appuie sur le bouton rouge. Cette découverte la déroute, car une ampoule identique avait été retrouvée par l’observateur d’oiseaux près de l’endroit où Elsie était tombée des falaises. La présence de cette seconde ampoule, ou de cette torche qui ne semble pas correspondre à celle retrouvée sur les lieux, lui paraît donc volontaire. Elle se demande si quelqu’un cherche à créer une fausse piste ou à lui adresser un avertissement. Incapable pour l’instant de résoudre cette énigme, elle va prendre un bain, cherchant dans l’eau chaude un rare moment de solitude et de soulagement. C’est précisément dans ce calme que survient son intuition décisive. Sous l’eau, elle comprend soudain ce qu’Elsie faisait réellement et a l’impression que plusieurs éléments jusque là séparés viennent enfin de s’ordonner. Elle sort précipitamment du bain, s’habille en toute hâte dans sa robe bleu bleuet, se parfume et se maquille rapidement, puis note sur son carnet les idées qui viennent de lui traverser l’esprit. Cependant, alors qu’elle s’apprête à partir, elle découvre que la chaise près du lit est entièrement mouillée et glacée. Cette sensation réveille aussitôt les souvenirs de la conversation qu’elle avait surprise entre Richard Lovelace et le docteur Poots, le médecin légiste de Scotland Yard. Richard avait effectivement signalé que la chambre était humide à son arrivée à l’aube et que les fenêtres étaient ouvertes. Posie repense alors à son étrange rêve de la nuit précédente, dans lequel un intrus était entré dans sa chambre, avait ouvert les fenêtres et les portes-fenêtres, puis s’était installé à sa table en produisant des bruits de cliquetis. Elle se demande si ce rêve n’était pas en réalité le souvenir déformé d’un événement véritable. La lumière éclatante qu’elle avait aperçue pourrait avoir été celle de la torche allumée par l’homme, tandis que les bruits entendus pourraient provenir de quelqu’un qui réparait ou remontait l’appareil. Elle se souvient également avoir vu cet homme fouiller dans son sac de voyage, ce qui rend l’ensemble encore plus inquiétant. Elle associe enfin cette expérience à ce que le docteur Poots avait raconté au sujet de Rainbird, qui prétendait lui aussi avoir vu un intrus fouiller ses affaires. Le fait que deux personnes puissent avoir décrit une expérience presque identique la trouble profondément, surtout si Rainbird était réellement victime d’une illusion comme le médecin le pensait. Le temps presse, car Posie sait que Richard Lovelace reviendra exactement à l’heure annoncée. Elle prend alors sous son oreiller les objets appartenant à Elsie qu’elle avait conservés dans un mouchoir, les glisse dans son sac et court jusqu’à la chambre voisine de celle de Rainbird. Elle frappe avec insistance, puis découvre que la porte est ouverte. La petite chambre de Rainbird possède elle aussi des portes-fenêtres donnant sur le balcon commun de l’hôtel, et Posie comprend que les deux chambres sont reliées par cette longue galerie extérieure. Elle ouvre les rideaux et les voilages, laissant entrer la lumière sur une mer agitée et déserte. Rainbird, encore alité et vêtu d’une tenue de nuit empruntée à l’hôtel, confirme alors une partie de ses soupçons. Il raconte avoir été réveillé par les portes-fenêtres du balcon qui claquaient comme si quelqu’un venait d’entrer. Il pense avoir vu un homme près du bureau, occupé à fouiller son sac et son dossier gris. Il n’avait pas pu se lever pour l’affronter, car son corps était alors incapable de bouger, ce qu’il avait d’abord attribué à la grippe. Posie se précipite vers le bureau et constate que le dossier contenant le rapport du médecin légiste est ouvert sur le passage consacré à la marque de main retrouvée sur le dos d’Elsie. Rainbird affirme catégoriquement qu’il ne l’avait pas laissé ouvert. Plus troublant encore, la couverture et les pages du dossier paraissent humides et commencent à se recourber en séchant. Posie examine ensuite la mallette de police noire posée au sol et y retrouve le sac portant la mention EVIDENCE, celui qui contenait la veille l’ampoule récupérée à Ness Point. Le sac est maintenant vide. Rainbird, horrifié à l’idée d’avoir perdu une pièce à conviction, craint les conséquences auprès de sa hiérarchie et rappelle qu’il est déjà suffisamment en difficulté. Posie le rassure en lui affirmant qu’il n’a rien perdu et qu’il ne sera pas sanctionné, car elle possède elle-même l’ampoule, qui a mystérieusement réapparu ailleurs. Elle refuse toutefois de lui expliquer immédiatement comment cela est possible, car elle ne comprend pas encore tous les éléments et doit d’abord rassembler ses conclusions. Avant de quitter la chambre, Posie remarque également un plateau d’argent posé sur le sol, avec une bouteille de Harvey’s Bristol Cream Sherry, un verre contenant encore un résidu brun et un mot froissé accompagné d’une ficelle. Le message est signé Petronella Douglas et présente la bouteille comme un témoignage de reconnaissance pour le travail accompli par l’inspecteur. Posie accueille cette formule avec ironie, car elle se souvient que Briggs avait lui aussi été abondamment approvisionné en alcool le matin de la découverte du corps d’Elsie. Ce détail renforce son impression que certaines personnes cherchent à influencer ou à neutraliser ceux qui enquêtent. Elle retourne finalement dans sa chambre, toujours plus inquiète et consciente que chaque réponse semble faire surgir une nouvelle menace. Elle tente de retrouver la logique et la confiance qu’elle avait ressenties dans son bain, s’installe à sa table et prend le café qu’elle avait fait monter, mangeant quelques biscuits pour se donner une contenance. Lorsque Richard Lovelace et le sergent Fox arrivent deux minutes plus tard, elle s’efforce d’écarter de son esprit les événements de la nuit, l’identité possible de l’intrus, les fenêtres ouvertes, les traces d’humidité, le dossier déplacé, l’ampoule disparue et la mystérieuse torche. Elle fait asseoir les deux hommes et cache ses mains tremblantes, tandis que chacun sort son carnet. Richard adopte alors une attitude officielle de Chief Commissioner, signe qu’il considère désormais la situation avec une gravité particulière. Il se met même à faire craquer méthodiquement les doigts de sa main droite, une habitude que Posie déteste et qu’il ne manifeste, à sa connaissance, que lorsqu’il est réellement inquiet ou sous tension. Posie décide pourtant de ne rien laisser paraître de son trouble. Elle annonce qu’elle va enfin leur parler d’Elsie Moncrieff, consciente que les deux hommes s’apprêtent à entendre une histoire importante et que les éléments qu’elle vient de découvrir pourraient changer profondément leur compréhension de l’affaire.