L. B. Hathaway

32. Les trois espions de Firebird

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Richard Lovelace raconte à Posie comment le second meurtre a été découvert à l’aube, lorsque l’équipe de Scotland Yard est arrivée devant le Bay Hotel avec plusieurs voitures de police et un fourgon de médecine légale. Leur progression vers White Shaw était bloquée par les restes fumants du grand feu de joie de la veille, que des habitants commençaient à démonter. C’est alors qu’un homme aperçoit une main dépassant du bois et donne l’alerte. Le docteur Poots se précipite sur les lieux et découvre le corps d’une petite femme presque entièrement détruit par les flammes. Un sac en cuir turquoise et une petite bague de fiançailles en or, sertie d’une pierre rouge, sont cependant reconnaissables. Posie comprend immédiatement qu’il s’agit de Harriet Neame, la femme de chambre qu’Elsie avait recrutée comme informatrice. Peu après, Alf, le fiancé de Harriet, arrive sur place et reconnaît la bague, avant de s’évanouir sous le choc. Poots estime que Harriet était probablement déjà morte lorsqu’elle a été placée sous le feu, car il soupçonne une blessure par arme blanche dans son dos. Le meurtrier aurait ensuite utilisé le feu pour faire disparaître rapidement le corps et les preuves, mais une main restée visible a permis sa découverte. Richard explique que la mer, pourtant toute proche, aurait été moins fiable à cause des courants et des marées imprévisibles autour des falaises, qui auraient pu ramener le cadavre sur le rivage. Posie se souvient alors de la remarque pessimiste de Rainbird sur les accidents qui surviennent traditionnellement autour de Guy Fawkes Night et reconnaît que la mort de Harriet n’a rien d’un accident. Même si elle n’appréciait guère la jeune femme, elle estime qu’elle ne méritait pas une telle fin et que la justice doit aussi protéger les indiscrets et les espions amateurs. Posie rappelle que Harriet était encore vivante vers sept heures et demie la veille au soir et qu’elle s’était disputée avec Sidney Sherringham. Elle évoque également le mystérieux sac turquoise, mais Richard refuse de croire que le nouveau meurtre puisse être simplement lié à cet objet. Pour Posie, Harriet s’était aventurée bien au-delà de ses capacités. Elle était une excellente espionne occasionnelle, mais elle cherchait probablement aussi à devenir maîtresse chanteuse sans posséder l’intelligence nécessaire pour comprendre les dangers auxquels elle s’exposait. Richard veut maintenant savoir ce qu’elle savait réellement. Posie lui révèle qu’Harriet connaissait l’existence du « November Drop » et prétendait détenir des informations à ce sujet dans un carnet noir, sans toutefois en comprendre elle-même la signification. Elle savait également qu’Elsie venait chaque semaine à l’hôtel et téléphonait sous le nom de code « Burning Dog ». Cette information pouvait être extrêmement dangereuse, même si Harriet n’avait probablement jamais compris qu’Elsie était une espionne professionnelle. Richard décide de faire interroger Ruth au sujet du sac turquoise et de rechercher le carnet noir disparu dans la chambre que les deux jeunes femmes partageaient. Il demande à Posie de mener elle-même cette recherche, puisqu’elle connaît les éléments à retrouver. Avant qu’elle ne parte, Richard reste cependant absorbé par les photographies sépia d’un petit garçon et d’une petite fille qu’Elsie avait conservées. Il finit par révéler à Posie une information strictement secrète obtenue de Whitehall. Trois espions britanniques de très haut niveau avaient travaillé sur cette partie de la côte du Kent depuis 1917. Ils étaient chargés d’opérations importantes, disposaient de gros budgets et bénéficiaient d’une grande autonomie. Après avoir entendu les découvertes de Posie, Richard est désormais convaincu qu’Elsie était l’une de ces trois personnes. Les missions concernaient notamment la surveillance des côtes britanniques, la lutte contre la contrebande, la recherche d’espions étrangers et l’observation des personnes manifestant des sympathies inhabituelles pour des régimes étrangers. Les trois agents travaillaient étroitement ensemble et utilisaient les noms de code « the Angel », « the Jackal » et « the Flame ». Leur opération actuelle s’appelait « Operation Firebird », et Whitehall estime qu’au moins deux des trois agents sont probablement morts. Cette révélation conduit Richard et Posie à reconsidérer tout ce qu’ils savent d’Elsie et de Max. Posie avait soupçonné qu’Elsie pouvait être allemande à cause de son accent et du fragment de télégramme retrouvé parmi ses affaires. Richard lui confirme maintenant qu’elle avait probablement vu juste. Le lien avec Max devient alors particulièrement troublant. Richard explique qu’une photographie du petit garçon conservée par Elsie lui rappelle une image que Max lui avait montrée trois ans auparavant. À l’époque, Max avait prétendu que le garçon était son fils illégitime, fruit d’une liaison avec une femme mariée vivant à St Margaret’s Bay. Mais Richard comprend désormais que cette histoire était probablement entièrement inventée. L’enfant photographié est beaucoup trop âgé pour avoir été le fils de Max à l’époque où celui-ci racontait cette histoire, et les vêtements ainsi que le style de la photographie semblent appartenir à une époque beaucoup plus ancienne. Posie réalise alors que Max n’avait peut-être fait que montrer une photographie de lui-même enfant. En comparant l’image avec celle de la petite fille, elle propose une hypothèse encore plus bouleversante. Les deux enfants pourraient être frère et sœur, et la fillette pourrait être Elsie elle-même. Leur ressemblance initiale, qui avait autrefois troublé Posie, prend ainsi un nouveau sens. Si Max était l’un des trois espions, il aurait pu travailler avec Elsie dans le cadre d’Operation Firebird, même s’il était souvent envoyé sur d’autres missions en Europe et en Grande-Bretagne. Il aurait alors pu aider Elsie à distance. Richard traduit le fragment allemand du télégramme, dont la signature « Der Engel » signifie « the Angel ». Les autres mots, « Schneider. Aber rot », donnent une indication qui semble d’abord évoquer un tailleur, mais Posie comprend qu’ils pourraient plutôt faire référence aux « Taylors » qui ont remboursé le prêt de Petronella. Elsie aurait ainsi demandé à l’agent Angel de vérifier cette information financière. Si Max était Angel, il aurait donc confirmé à distance les renseignements obtenus par sa sœur. Posie comprend avec émotion que ce télégramme pourrait être l’un des derniers services rendus par Max à Elsie avant sa mort en juillet. Cependant, Richard lui rappelle qu’Elsie n’était peut-être pas réellement seule. Le nom de code « Burning Dog » pourrait être une combinaison des deux autres noms, « the Jackal » et « the Flame », puisque le chacal évoque un chien et la flamme évoque le feu. Posie comprend alors qu’Elsie travaillait probablement avec un second agent et que « Burning Dog » désignait peut-être leur collaboration plutôt qu’une seule personne. Ils ignorent toutefois lequel des deux noms, « the Jackal » ou « the Flame », correspondait à Elsie et qui était leur troisième partenaire. Avant de partir, Posie raconte à Richard son étrange expérience nocturne, l’intrus qu’elle avait cru voir dans sa chambre et le témoignage similaire de Rainbird. Elle lui montre la torche désormais complète, qui pourrait avoir été manipulée pendant cette intrusion. Richard décide immédiatement de la faire examiner pour relever d’éventuelles empreintes, tout en manifestant une inquiétude qu’il tente de dissimuler. Puis il révèle à Posie la véritable raison de sa présence à White Shaw. Il n’est pas venu uniquement pour l’aider dans l’enquête sur Elsie et Harriet. Il travaille en réalité sur une autre affaire, considérée comme une priorité nationale, qui explique pourquoi Whitehall et MI5 ont accepté de lui révéler l’existence des trois espions. Le meurtre de Harriet lui offre même une couverture idéale, puisqu’il peut officiellement prétendre enquêter sur cette affaire tout en poursuivant secrètement son véritable objectif. Posie se sent trahie et indignée, car elle ne comprend pas comment une autre enquête pourrait être plus importante que deux jeunes femmes assassinées. Richard refuse cependant de lui révéler davantage dans le couloir et lui demande de se taire, car des personnes approchent.