L. B. Hathaway

35. Trois morts, un secret

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Dans la Bay Bungalow, l’Incident Room reste en pleine effervescence lorsque Posie est appelée par Sergeant Fox, qui lui apporte plusieurs réponses aux demandes qu’elle avait formulées la veille. La vérification des employés de White Shaw ne révèle aucune fausse identité, mais l’histoire personnelle d’Elsie Moncrieff commence à apparaître comme une construction presque entièrement mensongère. L’architecte Jolyon Peterson, qui avait conçu White Shaw et fourni les références permettant à Elsie de se présenter sous une identité respectable, a reconnu avoir été payé par elle pour ce service. Son propre cabinet connaissait déjà de graves difficultés financières et il se trouve encore dans une situation précaire, ce qui explique qu’il ait accepté l’argent avant de partir se cacher en Argentine. Le prétendu foyer pour prêtres dirigé par Elsie et financé par l’Archevêque de Canterbury est également suspect, car les services de l’archevêché n’en ont jamais entendu parler. Aucune trace officielle du mariage d’Elsie n’est davantage retrouvée. Fox apporte en revanche une information concernant Petronella Douglas. Trois semaines auparavant, un administrateur de Douglas & Stone avait demandé que tous les dossiers de la société soient envoyés au Bay Hotel, à la demande de Bruce Douglas, le père de Petronella, qui devait arriver sur place. Cette démarche montre que Bruce avait préparé son séjour à l’avance et qu’il s’intéressait probablement aux affaires financières de sa fille. Alors que Fox s’apprête justement à révéler d’autres informations financières, Lovelace arrive avec Mr Potterton, Smallbone et Dr Poots, et l’atmosphère change brutalement. Lovelace annonce qu’il ferme le Bay Hotel aux nouveaux clients, car un nouveau décès vient d’être découvert. La victime est Bruce Douglas, retrouvé après avoir été drogué au sherry. Dr Poots considère qu’il s’agit très probablement d’un empoisonnement et teste encore la puissance des substances utilisées afin de déterminer si elles correspondent aux mélanges qui auraient pu être administrés à d’autres personnes. Lovelace part immédiatement de l’hypothèse que Petronella a tué son propre père, volontairement ou accidentellement, puisqu’elle se trouve déjà détenue dans le bungalow pour son implication possible dans un autre meurtre. Les policiers réagissent avec enthousiasme à cette perspective, mais Lovelace les rappelle à la prudence. Il refuse que Petronella apprenne immédiatement la mort de son père et annonce également qu’un autre Chief Inspector de Scotland Yard prendra bientôt la direction de l’enquête sur les morts d’Elsie, de Harriet Neame et de Bruce. Cette nouvelle semble inquiéter les hommes présents, tandis que Richard, sans que son équipe le sache, concentre désormais ses efforts sur la recherche de son Inventor disparu. Lovelace revient ensuite aux informations financières que Fox devait transmettre à Posie. La banque de Petronella confirme qu’elle avait obtenu un prêt colossal de près de vingt mille livres, somme qui représente presque la valeur totale de White Shaw et de ses terres. Pourtant, le prêt a été remboursé très rapidement, en moins d’un mois. Lorsque Posie demande qui a fourni une somme aussi considérable, Fox révèle que le remboursement provenait d’une source étrangère non identifiée, par l’intermédiaire d’une banque privée située à l’étranger. Rutherford’s, la banque de Petronella, refuse de donner davantage de précisions. Posie est de plus en plus convaincue que Petronella a pu accepter de l’argent en échange de services clandestins et que ses activités sont liées à quelque chose de beaucoup plus grave qu’une simple affaire financière. Toutefois, elle reconnaît avec Lovelace que cette découverte ne constitue pas encore une preuve de trahison. Lovelace ordonne donc à Fox d’identifier la banque étrangère et lui demande d’insister auprès du directeur de Rutherford’s en invoquant, si nécessaire, la sécurité nationale. Cette expression confirme aux yeux de Posie que l’affaire dépasse désormais largement les trois morts survenues à White Shaw. Pourtant, malgré les meurtres, les soupçons de trahison et les nouvelles accusations possibles contre Petronella, son esprit revient aux détails qui pourraient permettre de comprendre le passé immédiat d’Elsie. Elle pense à la note de Max qui prouve son lien avec Elsie et avec sa mort, ainsi qu’au reçu de la bijouterie Simpkins. Ce dernier détail la trouble particulièrement. Si Elsie s’apprêtait à quitter St Margaret’s Bay, pourquoi avait-elle fait réparer ou préparer un bijou juste avant son départ. Alors que Lovelace l’attend près des portes-fenêtres, Fox se souvient soudain qu’une femme de Londres a téléphoné pour Posie environ une demi-heure plus tôt. Cette femme avait dit que Posie lui avait demandé de rappeler et qu’elle téléphonerait de nouveau dans l’après-midi, lorsqu’elle aurait terminé son travail dans sa « current house ». Elle n’avait pas laissé son nom, mais Fox l’avait décrite comme une femme de condition modeste, polie et nerveuse, qui ne ressemblait pas aux relations habituelles de Posie. Posie comprend alors qu’il ne s’agit probablement pas d’une employée de maison, mais d’une couturière travaillant dans une Fashion House. Elle pense aussitôt aux femmes recrutées par Tony Stone pour confectionner les modèles de robes de mariée qui attendent toujours dans le van, destinés au spectacle du samedi. Elle se rappelle une jeune femme au chapeau cloche couleur moutarde délavée, dont le regard semblait déjà chercher une occasion de parler. L’idée que cette femme puisse enfin rompre le silence qui entoure White Shaw enthousiasme profondément Posie, car elle a l’impression qu’un témoin détient peut-être une information décisive. Alors que Posie rejoint Richard sur le balcon, elle découvre que les portes-fenêtres sont bloquées par un grand panier ouvert rempli d’objets colorés. Elle demande à un très jeune policier de l’aider à le déplacer. Le garçon explique que le panier appartenait au bungalow et contenait normalement des jeux destinés aux clients, notamment des équipements de boules et de croquet, ce qui explique son poids. Il révèle surtout qu’il a été utilisé ce matin pour débarrasser rapidement la pièce de divers objets laissés par les derniers occupants, puisque les policiers devaient remettre les lieux en ordre. Parmi ces objets se trouvent des filets de pêche, des cartes, des chaussures et même une petite selle de bicyclette en tweed. Le jeune homme ajoute que quelqu’un avait déjà nettoyé les sols à l’eau de Javel avant leur arrivée, au point que l’odeur était insupportable et qu’il avait fallu maintenir les fenêtres ouvertes pendant une heure. Posie ne manifeste aucune inquiétude et le remercie simplement pour son travail, mais les informations qu’il vient de donner prennent une importance particulière dans le contexte de l’enquête. Le panier contient en effet des affaires diverses provenant des derniers visiteurs, tandis que le bungalow a été rapidement nettoyé et débarrassé avant que les enquêteurs ne puissent tout examiner. Au terme du chapitre, Posie n’a donc pas encore retrouvé la mystérieuse couturière, ni identifié la banque étrangère liée à Petronella, mais de nouvelles pistes se sont ouvertes dans plusieurs directions. Le décès de Bruce Douglas renforce les soupçons qui pèsent sur Petronella, les finances de celle-ci suggèrent des opérations secrètes, le passé d’Elsie apparaît de plus en plus fabriqué, et l’appel d’une femme de la Fashion House laisse espérer qu’un témoin jusque-là silencieux pourrait enfin révéler ce qu’il sait.