L. B. Hathaway

39. Les secrets de la bague funèbre

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Posie et Richard Lovelace se rendent à Dover dans une voiture de police, tandis qu’un fourgon transporte les corps de Harriet Neame et Bruce Douglas vers la morgue. Le silence du trajet est seulement rompu par les sandwiches que Posie mange avec appétit, et par la tension liée à l’affaire. Lovelace doit également retourner rapidement pour savoir si son mandat du Home Office est arrivé. Leur destination est une petite bijouterie de Snargate Street, Simpkins Jewellers, dont l’apparence misérable contraste fortement avec le goût supposé d’Elsie Moncrieff pour les objets coûteux. Posie soupçonne d’abord qu’Elsie y aurait peut-être fait réparer quelque chose à peu de frais, mais la découverte de l’artisan et de son atelier révèle rapidement une réalité beaucoup plus importante. Jeremy Simpkins, petit homme discret et apparemment inoffensif, comprend immédiatement la gravité de la présence de Scotland Yard lorsque Lovelace lui montre sa carte et que Posie lui remet le reçu d’Elsie. Il ferme sa boutique, les conduit à l’arrière et leur sert du thé avant de leur remettre une enveloppe conservée dans un meuble métallique. L’atelier lui-même fournit un premier indice essentiel, car Simpkins travaille sur un collier de diamants d’une valeur et d’une qualité qui n’ont rien à voir avec l’apparence modeste de sa boutique. Lovelace comprend alors que l’endroit pourrait être un autre « funk hole », une maison sûre utilisée par le renseignement, et révèle à Simpkins qu’il connaît l’existence de ces refuges et des trois agents impliqués. L’artisan, rassuré de voir que les deux enquêteurs savent déjà une partie de la vérité, explique qu’il a effectivement travaillé pour MI5. Il avait été installé là en 1918, après avoir connu des difficultés financières auprès des créanciers de Hatton Garden, sous prétexte de reprendre son métier de maître joaillier. En réalité, sa boutique devait constituer une solution de repli si la pension de famille pour prêtres située plus loin dans Snargate Street devenait compromise. Il devait également savoir qui contacter en cas de problème touchant Elsie, Jack ou Max. Depuis environ trois ans, il ne travaille officiellement plus pour l’organisation, mais il a conservé sa boutique et bénéficie désormais d’une clientèle prestigieuse qui lui confie des travaux précieux. Cette révélation confirme que les deux établissements étaient liés à une même opération clandestine et que le hasard apparent de leur présence dans cette rue portuaire est très improbable. Simpkins révèle ensuite des éléments importants sur Elsie et Jack Moncrieff. Il ne prétendait pas être leur ami proche, car les agents devaient rester discrets, mais il les connaissait suffisamment pour avoir fabriqué leurs alliances. Selon lui, Elsie et Jack avaient commencé par faire semblant d’être mariés dans le cadre de leur couverture, avant de réellement tomber amoureux et de se marier à Londres lors d’un bref séjour. Les alliances avaient une origine particulièrement remarquable, puisque Simpkins avait dû fondre une ancienne bague médiévale ornée d’un blason, composée d’un or gallois d’une pureté exceptionnelle. Jack lui avait alors expliqué que cet objet appartenait à un passé auquel il ne voulait plus être associé. Pourtant, leur histoire commune s’était terminée à l’été 1921, lorsque Jack était censé être mort et qu’Elsie avait quitté les lieux. Simpkins avait pensé que la fermeture de cette opération entraînerait son propre départ, mais il avait finalement été autorisé à rester et à poursuivre son activité indépendamment. Elsie lui avait cependant rendu visite à une ou deux reprises au cours des trois années suivantes. Elle avait profondément changé d’apparence, avec des cheveux teints en blond et des vêtements très élégants, bien loin de la femme aux longs cheveux roux et à la robe noire qu’il avait connue. Elle disait toujours vivre dans la région, mais Simpkins ignorait si elle avait repris son travail pour l’organisation ou si elle s’était remariée. Lors de ces visites, elle lui apportait parfois des « travaux étranges ». L’un d’eux consistait à refondre l’alliance de Jack pour en faire un collier volontairement bon marché. Simpkins avait trouvé cette demande curieuse, mais Posie y voit d’abord une explication assez logique. Si Elsie voulait conserver le souvenir de son mari tout en continuant à vivre sous une couverture modeste, un bijou ayant l’apparence d’un objet acheté dans une boutique populaire pouvait être beaucoup plus discret qu’une pièce luxueuse. Cependant, les informations de Simpkins font brutalement vaciller Posie. Lorsqu’elle se dirige vers la fenêtre pour reprendre son souffle, l’artisan lui apprend que Jack s’était progressivement enfoncé dans l’alcool avant de boire tous les soirs au pub voisin, The Two Kennels. Il avait fini par mourir noyé dans le port, et son corps avait été retrouvé pris dans des filets de pêche. Elsie, dévastée, avait été sédatée puis emmenée, tandis que la pension avait fermé quelques jours plus tard. Simpkins affirme avoir vu le corps et rejette donc l’idée d’une disparition simplement mise en scène. Pourtant, Posie sait déjà que les documents officiels ne constituent pas une garantie de vérité dans le monde clandestin qu’elle découvre. Le problème devient alors vertigineux, car Jack, officiellement mort à l’été 1921, est pourtant le même homme que Mr Potterton avait vu plus tard cette année-là en train de préparer une opération à White Shaw. Posie comprend qu’elle ne peut pas simplement demander à Simpkins si Jack est encore vivant, car l’artisan, soucieux de préserver sa sécurité et sa position, ne lui révélerait probablement pas la vérité même s’il la connaissait. Enfin, Lovelace pousse Simpkins à montrer ce qu’Elsie lui avait confié avant sa mort. L’artisan ouvre l’enveloppe et en sort une petite pochette de velours rouge contenant une bague en or. Il explique qu’il s’agit de la troisième transformation du même métal, après l’alliance de Jack et le collier qu’Elsie lui avait demandé de fabriquer. Cette nouvelle pièce lui inspire une véritable répulsion, car elle rappelle les bijoux funéraires particulièrement macabres fabriqués par les joailliers de l’époque victorienne. Lovelace, intrigué, demande quel type de pierres Elsie avait choisi. Lorsque Posie observe de près la bague, composée de deux pierres réunies dans un décor travaillé de feuilles et de fleurs, elle comprend soudain la portée de ce qu’elle a sous les yeux. Le bijou, loin d’être une simple commande étrange, semble fournir un élément décisif dans l’enchevêtrement des identités, des morts officielles et des opérations clandestines auquel elle est confrontée. Simpkins, mal à l’aise, lui demande de prendre la bague avec elle, car il ne veut pas la conserver dans sa boutique. Posie, encore bouleversée, se tourne une nouvelle fois vers le pub où Jack était censé avoir sombré dans l’alcool, comme si ce lieu concentrait désormais une partie du mystère. Elle décide qu’il est temps de partir avec Lovelace, mais exige qu’ils s’arrêtent auparavant aux Western Docks afin qu’elle puisse utiliser une cabine téléphonique. Elle veut donner à Fox plusieurs nouvelles tâches, car les informations accumulées commencent enfin à s’assembler. Tout n’est pas encore clair, mais la bague, les deux refuges, Elsie, Jack, Max et les fausses morts forment désormais pour Posie un ensemble de pistes suffisamment cohérent pour qu’elle puisse agir.